Commission Charbonneau : les pistes embrouillées de Bernard Trépanier

Si la commission Charbonneau est cohérente avec elle-même, elle devra demander à la Sûreté du Québec d’enquêter sur le possible parjure de Bernard «Monsieur 3 %» Trépanier, dit Brian Myles.

Si la commission Charbonneau est cohérente avec elle-même, elle devra demander à la Sûreté du Québec d’enquêter sur le possible parjure de Bernard «Monsieur 3 %» Trépanier.
Politique

Lors de son témoignage, au printemps 2013, le vieux roublard des élections gagnées en argent comptant avait juré qu’il n’avait rien à voir, mais absolument rien, avec le financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

C’était déjà difficile à croire à l’époque. Bernard Trépanier a roulé sa bosse trop longtemps pour que ses affirmations soient crédibles. Le principal architecte du financement illégal pour Union Montréal, le parti de la honte de Gérald Tremblay, avait ses entrées dans les cercles libéraux.

Je suis resté très sceptique lorsqu’il a prétendu que son travail d’organisateur s’arrêtait au seuil de l’hôtel de ville. Un autre témoin, très crédible, l’avait contredit. Michel Lalonde, p.-d.g. de Génius et «complice» de Monsieur 3 % dans le financement illégal d’Union Montréal, avait déclaré, au moment de son témoignage, que Bernard Trépanier lui avait demandé 2000 dollars, en 2007, pour le financement de l’ex-ministre libérale Line Beauchamp.

Le témoignage de M. Lalonde ne souffrait d’aucune contradiction. Des preuves indépendantes supportaient ses explications. Entre 2003 et 2009, M. Trépanier et son épouse ont donné quelque 25 000 dollars au PLQ, selon les données officielles du Directeur général des élections. Comment imaginer qu’ils n’ont pas servi de prête-noms ?

Jeudi, à la commission Charbonneau, un homme d’affaires de Laval, Joseph Cristofaro, a déclaré qu’il avait fait un chèque de 3 000 dollars pour le PLQ à la demande de Bernard Trépanier. Il a été remboursé en argent comptant le jour même.

Quatre autres personnes ont déclaré à un enquêteur de la commission, Guy Desrosiers, qu’ils avaient servi de prête-noms pour le PLQ, à l’instigation de Bernard Trépanier.

Ça commence à faire beaucoup de témoins et de preuves indépendantes pour confirmer les soupçons.

Bernard Trépanier a menti lors de son témoignage. Il a embrouillé les pistes pour protéger le PLQ d’un examen de ses finances malpropres. Ses gestes doivent être sanctionnés.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Faut il s’attendre a ce qu’un organisateur politique ,Libéral de surcroit dise la vérité,Charest a demandé a ses ministre de récolté 100,000$ chaque
Même les journaux de l’extérieure sont au courant ,il y a quelques années la revue Maclean avançait que le Québec était l’état le plus corrompue d’Amérique , Charest et autres se sentait insulté de ces calomnies ( On connait la suite )