Compression du jour : certains impacts du pipeline Northern Gateway ne pourront être étudiés à temps

À la suite du dernier budget fédéral, Pêches et océans Canada a sabré dans son personnel et annoncé la fermeture de stations de surveillance et de recherche. Un des effets de cette décision est que le ministère sera incapable de compléter l’examen des impacts de l’oléoduc Northern Gateway sur plusieurs cours d’eau du nord de la Colombie-Britannqiue.

Du moins pas avant la fin des travaux de la commission d’évaluation environnementale. À la fin juillet, le gouvernement Harper a imposé une date butoir à la commission. Elle doit remettre son rapport à la fin de 2013.

Résultat, même si Stephen Harper a soutenu récemment que la décision finale concernant le pipeline ne serait pas que politique, mais aussi fondée sur la science, les compressions décidées par son gouvernement feront en sorte qu’il en manquera de grands bouts.

Comme le rapporte la Presse canadienne, le ministère a écrit à la commission pour l’informer de son incapacité à compléter à temps les évaluations des risques qu’elle lui demandait. La Presse canadienne écrit que «dans une lettre de cinq pages datée du 6 juin 2012, le ministère répond qu’il n’est pas en mesure de satisfaire la demande parce qu’il n’a pas réalisé d’étude complète sur la question. Il ajoute toutefois que le travail est en cours et que, advenant le cas où le projet serait approuvé, il se poursuivrait durant la phase d’obtention de permis».

Ce qui n’arrange rien, le ministère a annoncé récemment que près d’une centaine de ses employés affectés à la surveillance des habitats en Colombie-Britannique verraient leur poste disparaître et que 32 d’entre eux seraient, du coup, mis à pied.

Il ne restera par ailleurs que cinq stations de surveillance dans toute cette province. Parmi celles qui fermeront leurs portes, celles de Prince George et Smithers qui avaient l’oeil sur le territoire même du controversé pipeline.

De plus, le groupe de travail sur les contaminants, qui aurait normalement dû intervenir en cas de déversement, a été démantelé et la Loi sur les pêches, émasculée par la loi de mise en œuvre du dernier budget, le fameux C-38.

(Voici le texte de la Presse canadienne, mais la version anglais, ici, est plus complète.)

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Comment pouvons-nous faire confiance au gouvernement Harper après la loi C-38 et toutes les suppressions de postes dans les agences gouvernementales, surtout au niveau de l’environnement. Ce qui se passe en Colombie-Britannique rejoindra le Québec très bientôt. L’inversion du pipeline d’Enbridge entre Sarnia et Westover (près de Hamilton) approuvée par l’Office nationale de l’énergie constitue le premier pas pour inverser le pipeline entre Portland, Maine et Montréal-Est. Ce projet est sur la table du Ministère de l’Environnement du Québec depuis juillet 2009 (MDDEP)et n’a jamais été retiré par la compagnie Pipe-Lines Montréal ltée. Il faut savoir que ce pipeline de 18 pouces de diamètre est très vétuste, il a été installé en 1950 alors que la technologie était tout autre. Étant donné que ce pipeline est existant, l’étude environnementale pourrait être écourtée malgré les risques évidents. On parle très peu de ce projet au Québec, mais plusieurs groupes environnementaux des états du Vermont, du New Hampshire et du Maine, où passe le pipeline se mobilisent.

On s’étonne parfois que certaines personnes préfèrent vivre dans une province plus petite devenue un pays indépendant, que dans le presque plus grand meilleur pays au monde. Néanmoins disons objectivement et honnêtement : on pourrait peut-être faire mieux et plus simple sur diverses questions, incluant les questions environnementales qui qu’on le veuille ou non touchent les citoyennes et les citoyens directement. Sans passer sous silence que de saines préoccupations écologiques intéressent avec raison une majorité de la population.

Bien que je sois un adepte inconditionnel des finances publiques responsables, je comprends aussi que les coupures ordonnées depuis un an par le gouvernement sont en partie menées suivant quelques vilains principes de déni, cela en dépit du bon sens et que le tout relève quelquefois plus de l’improvisation et de l’amateurisme que du souci vertueux de l’imputabilité qui est en principe la marque de mise en marché distinctive du Parti conservateur du Canada.

Je me demande ce qu’en pense Jack Layton maintenant. I cry for you Ô Canada !

Si le privé accomplissait cette tâche, il y a longtemps que ce serait fait et à moindre coût!

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