Compressions fédérales: le supplice de la goutte d’eau

Le gouvernement Harper refuse toujours de révéler les détails des compressions annoncées dans le dernier budget (et les précédents). L’information sort goutte à goutte et de façon éparse, en grande partie grâce aux syndicats et des groupes directement touchés. Il est par conséquent difficile de se faire une idée des effets concrets des réductions de budget et des abolitions de postes, surtout lorsque le couperet s’abat sur des programmes méconnus. À partir d’aujourd’hui, je tenterai , aussi souvent que possible, de vous informer de ces effets en surveillant, entre autres, ce qui s’écrit sur le sujet à travers le pays. Aujourd’hui: la mise sur la glace de deux programmes du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), une décision qui sème la consternation chez les chercheurs.

Les deux programmes, qui coûtent au total à peine plus que ce que le gouvernement dépensera pour le jubilée de la Reine Elizabeth, sont le Programme d’appui aux ressources majeures (PARM) et le Programme de subvention d’outils et d’instruments de recherche (OIR). Le premier avait pour but de faciliter l’accès des chercheurs universitaires canadiens à «des ressources majeures (établies au Canada) et uniques à l’échelle nationale ou internationale de recherche expérimentale ou thématique». Le second visait toujours à soutenir les chercheurs universitaires, mais en les aidant à acquérir des appareils et des installations nécessaires à leur recherche.

Le CRSNG a fait savoir récemment qu’à la suite du dernier budget, il devait refuser toute nouvelle demande de soutien financier dans le cadre du PARM , le programme de 38 millions $ étant sous le coup d’un moratoire à la suite du dernier budget. Il a aussi annoncé que le concours de subventions d’outils et d’instruments de recherche (OIR) de 2013 serait le dernier et que le financement disponible serait inférieur à celui des années précédentes. Le programme bénéficiait jusque-là d’un budget de 32 millions $.

Comme le rapporte Postmedia News, cela signifie, en termes concrets, que la collection de champignons microscopiques vivants de l’Université de l’Alberta, la plus grande au Canada, ne sera plus considérée comme une ressource unique méritant des fonds fédéraux, comme cela était le cas depuis 1990, ce qui pourrait compromettre un projet important avec des chercheurs américains et le Smithsonian Institution, à Washington. Des centres de recherche de grande renommée et des infrastructures de pointe seront touchés, que ce soit en astrophysique, en science des matériaux, en sciences marines ou en géologie. Le CRSNG va respecter les engagements déjà pris, mais n’en prendra plus de nouveaux.

Des scientifiques de tout le pays, 47 en tout, ont protesté par lettre auprès du ministre de l’Industrie, Christian Paradis, de qui relève le CRSNG. Selon un chimiste de l’Université d’Ottawa, David Bryce, «la perte de ces programmes ne serait rien de moins qu’un désastre pour la science au Canada».

Mais le gouvernement Harper n’a jamais caché sa préférence pour la recherche appliquée, menant à la commercialisation de produits. La science fondamentale n’a pas sa faveur.

Laisser un commentaire

La population se fera confirmer à nouveau et au compte-gouttes les lubies conservatrices.

Nos valeureux Ministres nous servirons, sans rapports ni études, que ces programmes étaient couteux ou inéfficaces.

À la lumière des politiques actuelles, tant fédérales que provinciales et québécoises en particulier (je fais référence au conflit étudiant), je crois qu’il faut préparer nos enfants à devoir s’expatrier s’ils veulent poursuivre des études autres que celles qui mènent à renforcer le capitalisme sauvage.

Quant aux chercheurs qui visent à faire du Canada un lieu propice à l’épanouissement intellectuel, je ne voudrais pas être dans leur peau.

Je vois l’avenir à court terme avec pessimisme, mais si la jeunesse actuelle peut réussir à confronter les politiciens sans envergures qui nous gouvernent, alors tout est possible.

jcb

Il faudrait nuancer. Est ce que les »Queers et les Gender Studies » font partie de la science ? Les chercheurs sont-ils redevables devant quelqu’un ? Il faut tenir compte du poid énorme de la rectitude politique ou de la bien pensance dans la rechreche.

Ceci confirme la vision(!)à courte vue de ce gouvernement. L’université est le lieu privilégié de la recherche fondamentale. Bien sûr, toutes les recherches ne débouchent pas sur des applications concrètes, mais c’est le prix à payer pour favoriser l’innovation.

La nanocellulose cristalline, un nouveau produit développé ici même à Québec et qui a le potentiel de donner un très bon coup de pouce à la relance de l’industrie forestière, est un très bon exemple de l’utilité de la recherche fondamentale. . Les connaissances qui ont permis de mettre au point se produit ont été acquises par des recherches fondamentales sur l’ultrastructure de la cellusose, entreprises il y a plusieurs années dans les universités.

Mais peut-on s’atendre à autre chose d’un gouvernement dont certains membres influents sont des créationistes qui croient que el monde a été créé. en six jours il y a 6 000 ans?

Le projet de loi C-38 renferme toutes les mesures fondées sur l’arbitraire des ministres du gouvernement fédéral. Ce projet de loi est aussi appelé « Le mammouth » avec justesse parce qu’il va littéralement faire reculé le Canada à l’ère préhistorique ou la seule science existante était celle de l’empirisme.
En votant cette loi notre pays sera le » buffet à volonté « des pilleurs de ressources sans qu’ils soient contrariés par les études scientifiques.Bravo aux conservateurs et à leur science approximative !!!

Les plus populaires