Congrès NPD: l’heure du choix

Le compte à rebours vers l’élection du successeur de Jack Layton est commencé. Le vote par anticipation est terminé et le premier tour de scrutin commencera en fin d’après-midi. Entre temps, les sept candidats bénéficieront chacun de 20 minutes pour séduire une dernière fois les membres présents à Toronto et ceux à la maison qui ont préféré voter en ligne, tour après tour.

Pour les membres du NPD, il s’agit peut-être du choix le plus complexe qu’ils n’aient eu à faire pour un chef. Les variables à soupeser sont nombreuses et  le contexte est unique. C’est une évidence, mais elle compte, le parti n’a jamais eu à choisir un chef de l’opposition officielle et leader d’un gouvernement en attente.

Les néo-démocrates doivent garder en tête qui peut le mieux tenir en échec leur principal adversaire, garder à distance leurs concurrents et garder l’appui de leurs alliés.

Les conservateurs sont reconnus pour ne faire aucun quartier. Leur chef est impitoyable et leur machine, féroce. Bien des membres chercheront par conséquent un leader capable de  donner le change à Stephen Harper et son équipe tout en ayant des nerfs d’acier pour faire face à leurs attaques.

Ils regarderont aussi pour une personne capable de contrer à la fois le Parti libéral, qui sait faire campagne à gauche et a un chef intérimaire expérimenté, et le Bloc québécois, qui rogne déjà les appuis du NPD au Québec, fort de son histoire alliant social-démocratie et nationalisme.

Finalement, ils se demanderont qui de Thomas Mulcair, Brian Topp, Peggy Nash, Paul Dewar, Nathan Cullen, Niki Ashton ou de Martin Singh peut garder l’adhésion des néo-démocrates de souche, attachés à la tradition, tout en ralliant les pragmatiques qui souhaitent une modernisation du message afin d’élargir la base électorale et ainsi former un gouvernement progressiste.

Selon que les membres tiennent ou non à prendre le pouvoir,  ils accorderont de l’importance ou ignoreront la capacité des candidats à résoudre l’équation fondamentale à laquelle est confronté le parti et que M. Mulcair a résumée à maintes reprises. Pour faire mieux à la prochaine élection, le parti doit donner des racines aux jeunes pousses du Québec et raviver les racines solides et plus anciennes qui, dans d’autres régions du pays, n’ont donné peu ou pas de fruits depuis des années. Bref, requinquer la base traditionnelle tout en démontrant aux Québécois qu’ils ont encore raison de rester avec le NPD.

Un autre enjeu jouera dans la balance: celui de la modernisation du parti qui résonne différemment d’un candidat à l’autre. Les Nash, Topp et Dewar restent davantage attachés à la tradition, alors que les Mulcair et Cullen se disent plus pragmatiques. M. Mulcair est le candidat qui a donné le plus d’importance à cette question.

Il sera donc intéressant de voir, cet après-midi, quel thème chaque candidat privilégiera, ce qui donnera une idée de ce qu’il croit être sa carte maîtresse.

Pour en avoir une idée, je vous invite à suivre les mises à jour de ce billet tout au long de l’après-midi.

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