Conseil des ministres : place aux hommes, SVP !

«C’est en créant un milieu favorable à la présence masculine qu’on va attirer les hommes en politique. Le meilleur moyen de le faire dès maintenant ? Augmenter la visibilité et le pouvoir des courageux qui y sont déjà !» Un billet humoristique du blogueur Mathieu Charlebois.

PolitiqueLe 7 avril 2014, Philippe Couillard a marqué l’histoire en mettant fin à une dynastie dopée à l’œstrogène, à une longue série de femmes premières ministres s’étendant de Pauline Marois à Pauline Marois. Un homme sur le trône. Enfin.

Il était alors facile de croire les combats pour la place des hommes en politique enfin derrière nous, jusqu’à ce qu’arrive un débat sur la parité femme-homme au Conseil des ministres.

Nommer autant d’hommes que de femmes à des postes de ministres ? Un défi impossible, selon certains, qui ne manquent pas de souligner que le PLQ n’a fait élire que 53 hommes parmi ses 70 députés.

En privé, une connaissance m’a même lancé : «Tu veux quoi ? Qu’il nomme des incompétents juste parce que ce sont des hommes ? Tu voudrais, mettons, que Sam Hamad soit ministre ? Qu’un partisan démagogue comme Gaétan Barrette soit ministre ? Les ministères, ça se donne à la compétence et au mérite. C’est tout.»

Bref, l’équité reviendrait à sacrifier la compétence sur l’autel d’un utopique ratio testicules/ovaires politiquement correct.

Mais aurait-on ce problème de choix si les partis présentaient autant d’hommes que de femmes dès le départ, aux élections ?

Si le PLQ n’a présenté que 73 % d’hommes parmi ses candidats, doit-on s’étonner qu’il ne se retrouve qu’avec 76 % des députés libéraux du sexe de Molière ?

Il serait temps que les partis sortent des girls club et aillent chercher les hommes là où ils se trouvent.

Qu’on commence à recruter des candidats dans les milieux d’affaires et les bureaux d’avocats. Qu’on lâche un peu les infirmières qui s’accumulent au poste de ministre de la Santé depuis des années et qu’on aille chercher un peu du côté des médecins.

Qu’on facilite la conciliation travail-parties de golf avec les chums.

Aussi, en tant que société, il nous faut combattre la dictature de l’image et les préjugés qui nuisent tant aux hommes. Oui, notre premier ministre est barbu, il aime les belles cravates et ne dédaigne pas passer une soirée à regarder le hockey en buvant «une frette». Ça ne l’empêche pas d’avoir de la profondeur.

C’est en créant un milieu favorable à la présence masculine qu’on va attirer les hommes en politique. Le meilleur moyen de le faire dès maintenant ? Augmenter la visibilité et le pouvoir des courageux qui y sont déjà.

Il est temps que nos jeunes garçons puissent voir des modèles qui leur ressemble et les inspire.

Vive les hommes en politique !

ERRATUM : On m’informe tout juste que j’aurais compris le problème à l’envers. Ce sont les femmes qui seraient insuffisamment représentées en politique et dans les postes de pouvoir. Pas les hommes.

Il faudrait penser à prévenir Jean-Jacques Samson, du Journal de Québec, qui ne semble pas d’accord :

«Pour un Conseil des ministres de 24 membres qui serait parfaitement paritaire, une députée a 66 % de chances d’être appelée et son homologue masculin, 23,5 %, soit presque trois fois plus. Qui devrait réclamer l’égalité des chances ?»

Ouin. QUI ?

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il est aussi chroniqueur musique pour le magazine L’actualité depuis 2011 et co-rédacteur en chef du webmagazine culturel Ma mère était hipster, en plus d’avoir participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut le suivre sur Twitter : @OursMathieu.

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Très bon!
Il n’y a rien comme l’absurde pour démontrer l’absurdité d’une situation.
Je partage votre chronique, et peut-être pourrons-nous sauver l’homme politique…

Voilà un petit « smart » qui manie mal le sarcasme. Ce petit comique sait-il que ces hommes « trop » nombreux en politique ont été élus par un électorat de plus de 50% de femmes? Pas assez de candidates? Pour commencer, il faut devenir membre d’un parti, ensuite se présenter à divers postes et ensuite travailler fort pour se faire élire. Toutes ces phases sont ouvertes aux femmes. À elles d’en profiter. Mais c’est si facile de railler ou de se plaindre.

Le petit comique le sait, que l’électorat est composé à 50% de femmes. Mais il ne voit pas trop où vous voulez aller avec ce fait renversant. Il ne pense pas que ce serait une bonne idée de demander aux femmes de voter pour des femmes, à l’encontre des idées défendues par ces candidates.

Vous décrivez un système duquel les femmes n’auraient qu’à « profiter » pour que tout se règle. .Mais si elles n’en « profitent » pas, les femmes, est-ce que ça se pourrait que ce soit parce que le système, l’appareil dans lequel on leur demande de s’inscrire et de se débattre ne soit pas adapté ?

Après tout, il a été conçu par des hommes et pour des hommes.

C’est ce que je veux dire quand je dis que les partis politiques ont leur travail à faire pour aller les chercher, les femmes. Plus il y en aura, plus l’appareil va se métamorphoser jusqu’à être aussi accueillant pour les ovaires que pour les prostates. Ce n’est visiblement pas le cas en ce moment.

Le billet est très drôle et effectivement les femmes sont sous-représentés en politique…mais actuellement moi je suis étudiant au cégep ( oui oui je suis un p’tit vieux pour ce stade d’éducation) en science humaine et dans mes classes je ne vois pratiquement que des femmes…d’ailleurs mes profs sont majoritairements féminins. J’y vois une profonde injustice et je crois qu’il est temps de changer les choses pour que les hommes soient à l’aise de se présenter dans des domaines touchant le côté humain!! Non mais sincèrement l’égalité des sexes je suis plus que pour mais un jour on va devoir en revenir du 50%-50%. Si jamais un gouvernement devait présenter 75% de femmes ministres bien ça serait parfait. Je pense qu’il y a des choses plus importantes dans notre société que de vérifier si chaque poste est à égalité numérique hommes/femmes. L’environnement, l’acroissement entres les pauvres et les riches, des gouvernements qui nous volent impunément, enfin la liste est longue.