Conseil des ministres: risque et audace

Pauline Marois a dévoilé aujourd’hui un conseil des ministres qui a toutes les chances de l’amener aux prochaines élections sans grand remaniement.

Une garde rapprochée ministérielle qui devra rapidement construire un bilan à livrer à la population afin de la convaincre de lui accorder un gouvernement majoritaire au prochain scrutin. Et capable de contrer les obstacles qui vont se profiler à l’horizon.

Au premier coup d’oeil, on décèle un cabinet aussi audacieux que risqué. Certains ministres ont de lourdes tâches, alors qu’ils n’ont jamais occupé un tel siège auparavant. Des régions sont surreprésentées, alors que d’autres sont absentes, malgré les candidats potentiels. Du sang neuf est au rendez-vous, même s’il ne se trouve pas toujours aux endroits prévus.

Bref, voici quelques réflexions sur ce premier conseil des ministres de Pauline Marois.

– La parité homme-femme n’est pas atteinte. Il y a 9 femmes ministres (incluant Mme Marois) sur 24 ministres en tout — sur 26 si on inclus le whip et le président du caucus, qui ont accès au conseil des ministres. Le fait d’avoir une femme au poste de première ministre enlevait toutefois de la pression sur ce plan à Pauline Marois.

– Sur les 8 femmes ministres nommées, deux ont un rôle de premier plan: Martine Ouellet (Ressources naturelles) et Marie Malavoy (Éducation primaire et secondaire).

– La rive-nord de Montréal (Laval et Laurentides) est le parent pauvre de ce conseil des ministres. Aucun député ne sera au cabinet pour la représenter, même si ce sont des régions importantes sur le plan électoral. Même chose pour la Mauricie. En revanche, l’île de Montréal (5), la rive-sud de Montréal (6) et le Saguenay-Lac-Saint-Jean (3 ministres sur 5 députés) sont très (trop?) bien représentés.

– Scinder le ministère de l’Éducation en deux est une bonne idée. Pierre Duchesne hérite de l’Enseignement supérieur (cégeps et universités), alors que Marie Malavoy s’occupera du primaire et du secondaire. Deux réalités très différentes avec des besoins tout aussi différents. Pierre Duchesne aura le mandat de régler le conflit étudiant et de tenir un sommet sur l’éducation. Un test qui arrivera rapidement.

– Nicolas Marceau, économiste, n’a même pas trois années complètes de député dans le corps, et évidemment, aucune expérience de ministre. Il hérite des Finances (prévisible), mais aussi du Développement économique. Une grosse bouchée en ces temps d’incertitude économique et de finances publiques précaires. Il devra non seulement équilibrer les livres du gouvernement, mais aussi attirer des entreprises au Québec.

– Sylvain Gaudreault, que certains ne voyaient même pas au cabinet, hérite de deux ministères casse-gueules en pleine commission Charbonneau: les Transports et les Affaires municipales. Il devra apprendre la gestion de crise. Les problèmes de transport les plus importants étant à Montréal, il se sentira bien loin de sa circonscription de Jonquière.

– Stéphane Bédard, un fidèle de Pauline Marois, devra garder les dépenses à un bas niveau au Conseil du trésor. Une tâche aussi difficile qu’ingrate. Le fait qu’il conserve son rôle de leader parlementaire, un poste névralgique dans un gouvernement minoritaire, est certainement rassurant pour la chef, mais pour marquer un changement de ton et lancer une ère de collaboration comme elle le prétend, c’est un choix difficile à comprendre compte tenu de sa hargne et de sa combativité.

– Alexandre Cloutier, ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, porte aussi le chapeau de ministre de la Gouvernance souverainiste. À Ottawa, le gouvernement fédéral va certainement lui demander régulièrement quel chapeau il porte pour tenter de savoir s’il négocie de bonne foi…

– Martine Ouellet devient ministre des Ressources naturelles. Une tâche importante pour superviser le Plan Nord et les ajustements que le PQ veut y apporter. Elle devra convaincre les résidants des régions ressources qu’une députée de la région de Montréal comprend leur situation.

– Jean-François Lisée atterri sans surprise dans son élément, les relations internationales. Sa tâche la plus délicate sera toutefois celle de ministre responsable de la métropole, qui a plusieurs problèmes. Et il doit rebâtir les ponts avec la communauté anglophone: ce ne sera pas facile avec le programme identitaire du PQ.

– C’est toutefois la recrue Diane De Courcy (Immigration et Charte de la langue française) qui aura la délicate tâche de lancer la nouvelle loi 101 promise.

– Alexandre Cloutier (35 ans), Pascal Bérubé (37 ans), Sylvain Gaudreault (42 ans), Véronique Hivon (42 ans) et Martine Ouellet (43 ans) amènent un vent de jeunesse au cabinet.

– Stéphane Bergeron (Sécurité publique), Maka Kotto (Culture), Pascal Bérubé (Tourisme), Élizabeth Larouche (Affaires autochtones) et Daniel Breton (Environnement) sont certainement heureux d’accéder au cabinet ou de se voir confier un rôle plus important que prévu.

– En revanche, Bernard Drainville (Institutions démocratiques), Véronique Hivon (ministre délégué à la Santé) et Yves-François Blanchet (whip) devaient espérer un peu plus de l’exercice.

Maintenant, place au test de la réalité. Le premier conseil des ministres aura lieu dès demain (jeudi).

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Je comprends que l’exercice était d’étaller le nouveau gouv. mais vous y avez inclus quelques commentaires que je trouve un peu trop optimistes car dois-je vous rappeler que vous avez décrit un gouv minoritaire. Donc bravo aux nouveaux ministres mais attachez vos tuques avec de la broches de patiences car vous ne pourrez faire grand chose avec le PLQ et la CAQ prêt à ralentir vos ampleurs à toutes les coins de rues.

Aucun ministre de la Côte-Nord à Québec depuis Lucien Lessard en 1982. Ajouter l’insulte à la farce: Le Ministre responsable de la Côte-Nord est le député de Lac-St-Jean… Mauvaise blague du PQ?

Le comté de Rousseau de N. Marceau est partiellement dans les Laurentides

ADMIN: Selon le découpage par région de la carte électorale, Rousseau est considéré dans Lanaudière.

Au sujet de Véronique Hivon et de son ministère. Je crois que l’on se méprend lorsqu’on en parle comme d’une mission mineure. La santé publique se préoccupe de tous les grands déterminants de notre santé et de notre bien-être: sécurité économique, qualité de l’air, de l’eau, de notre environnement social et bâti, du logement etc. Elle a son mot à dire sur presque toutes les décisions gouvernementales y compris le développement économique durable et l’éducation. Et Véronique Hivon a beaucoup d’ascendant sur ses collègues qui lui reconnaissent intelligence et cohérence.

Après une dizaine d’année de manipulation fédéralisante, l’assemblée nationale change de mentalité:
PQ + QS (et ON) sont souverainistes (56: 40%)
CAQ est nationaliste-autonomiste (19: 27%)
PLQ est fédéraliste (50: 31%)

Il ne reste qu’un seul parti foncièrement fédéraliste. C’est la pensée nationaliste, voire souverainiste qui reprend désormais le contrôle de l’assemblée.

J’ose soumettre une hypothèse particulière:
Le tandem Marois-Legault va-t-il réussir à bien manipuler le bon peuple et l’amener à opter pour l’indépendance?

Bonjour chez-vous!

Il y a certainement un vent de fraîcheur. J’ose espérer qu’il y aura aussi de l’audace, de la franchise, de la transparence. Faire de la politique autrement veux dire, en ces temps troubles, que nous devons être informés des véritables enjeux.

J’ai espoir que ce vent de jeunesse est vraiment un signal donné pour stimuler la créativité, surtout cesser la langue de bois et le verbiage pour meubler le temps et cacher des affaires.

Mme Marois a les coudés franches face aux syndicats. Elle doit en profiter pour envoyer des signaux importants. S’il faut déplacer du monde pour améliorer nos services, faut le faire. L’intérêt national doit primer. L’éthique doit primer. Elle peut se positionner pour aller gruger des appuis à la CAQ.

Ce mandat, qui peut être court, doit être guidé par de grands principes tels la transparence pour informer, l’intégrité pour donner confiance. Il doit aussi donner une vision de l’avenir. En ce sens, une économie verte, porteuse d’espoir et d’emplois, peut en être un vecteur important.

Que de peine dens mon coeur que Jean Francois Lisee soit, elu, et que la Premiere lui donne un Ministere on est pas prêt de le lire a nouveau dans L’actualite.
J’aimais tellement le detester….

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