Constitution : Philippe Couillard, le cocu content

L’argument suivant lequel un échec constitutionnel affaiblirait le Québec ne tient pas la route. C’est quand le Québec ne revendique rien qu’il perd son rapport de force.

PolitiquePhilippe Couillard multiplie les sorties sur la question constitutionnelle par les temps qui courent.

Samedi dernier, lors d’une visite de Stephen Harper dans la Vieille Capitale, il a jeté l’anathème à ceux qui «croient que la fuite, le déni ou l’isolement sont une solution valable». Les journalistes présents ont conclu que ces propos faisaient référence à une volonté de réintégrer le giron constitutionnel, ce qu’a confirmé l’entourage du chef libéral.

Le lendemain, toutefois, après qu’un porte-parole du premier ministre Harper eut affirmé qu’Ottawa n’avait aucunement l’intention de rouvrir ce débat, l’intéressé semblait rétropédaler. Blâmant les journalistes de l’avoir mal compris, il assurait n’avoir jamais voulu soulever cette question.

Pourtant, c’est bien de cette affaire dont il a fait état le 28 août dernier, lors d’une rencontre du Conseil de la fédération, à Charlottetown. Il avait alors rappelé que le rapatriement de 1982 et l’échec de Meech constituaient des «événements négatifs significatifs». Ces questions, avait-il ajouté, sont «importantes, mais non prioritaires».

Ineptie libérale : de Bolduc à Couillard

Il y a eu beaucoup de variation et d’incohérence dans les déclarations du chef libéral sur ce sujet.

Par exemple, comment une chose peut-elle être à la fois importante, mais pas prioritaire ? Un peu plus et on croirait entendre les inepties d’Yves Bolduc lorsqu’il dit que les enfants ne mourront pas si on cesse d’acheter des livres pour les bibliothèques scolaires.

Personne ne semble donc prendre Philippe Couillard au sérieux, et pour cause. Au moment de son arrivée à la tête du PLQ, en mars 2013, il a affirmé qu’il souhaitait que le Québec adhère à la Constitution de 1982 en 2017, date du 150e anniversaire de la Confédération. Selon lui, il fallait «reprendre l’initiative de la discussion».

Trois semaines plus tard, il a repris ce refrain lors de la publication de mon livre, La Bataille de Londres, en disant que, le moment venu, le PLQ aurait des revendications à faire valoir.

Un an plus tard, en pleine campagne électorale, son discours était soudainement plus nuancé. «Je n’initierai pas de démarche constitutionnelle… On ne mettra pas le Québec dans une situation d’être affaibli… Il faut que ça vienne du reste du pays». Le chef libéral en avait profité pour rappeler que nous ne sommes pas «un peuple opprimé, assiégé, humilié, malgré ce que le Parti québécois essaie de nous faire croire».

Ces prises de position méritent plusieurs commentaires, en commençant par le fait que nous ne soyons pas un peuple opprimé. Absolument. Sauf que ce n’est pas la question.

Ce n’est pas parce que les Québécois ne sont pas traités comme les peuples baltes sous l’ex-URSS qu’il faudrait que nous n’ayons aucune demande, constitutionnelle ou autre, face au reste du pays.

À ce compte, quand Philippe Couillard dénonce le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces (dont le Québec subit les contrecoups), le premier ministre fédéral pourrait lui répondre qu’il n’a pas à se plaindre. Après tout, le statut des Québécois ne se compare aucunement à ceux des Noirs américains à l’époque de la ségrégation.

Par ailleurs, l’argument suivant lequel un échec constitutionnel affaiblirait le Québec ne tient pas la route. C’est quand le Québec ne revendique rien qu’il perd son rapport de force. Les fédéraux savent qu’ils peuvent passer outre : notre gouvernement envoie le message qu’il ne dira ni ne fera rien.

En réalité, le Québec a les moyens de faire bouger les choses, ou à tout le moins d’exprimer vraiment son mécontentement.

Philippe Couillard a annoncé qu’il participerait aux célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, en 2017. C’est une erreur. Il devrait rectifier le tir en rendant sa présence conditionnelle.

La loi constitutionnelle de 1982 a enlevé des pouvoirs au Québec, qui avaient été obtenus en 1867 — et ce, après les fausses promesses de Trudeau lors du référendum, lequel a pu compter sur la complicité de la Cour suprême pour enlever au Québec son droit de veto. Le premier ministre pourrait réclamer qu’on redonne au Québec ses pouvoirs de 1867, sans quoi le siège du Québec sera vide lors des célébrations de la Confédération.

Tout cela serait surtout symbolique, mais ce serait la moindre des choses. Dans les circonstances actuelles, le chef du gouvernement québécois ne doit pas aller jouer les cocus contents à l’occasion des cérémonies de 2017.

La porte du Sénat

Si, par ailleurs, Philippe Couillard souhaite vraiment du changement, il devrait se servir de la question du Sénat pour l’obtenir.

En avril dernier, la Cour suprême a déclaré que le gouvernement fédéral ne pouvait seul le réformer ou l’abolir. Il doit pour cela négocier un amendement constitutionnel avec l’appui des provinces, sept pour une simple réforme et toutes s’il veut débarrasser le pays de la chambre haute.

Stephen Harper s’est dit déçu de la décision, rappelant qu’une majorité de Canadiens s’oppose au statu quo en souhaitant soit une réforme, soit une abolition du sénat.

Il y a là une porte qui pourrait s’ouvrir. Si le chef du gouvernement québécois est sérieux, il peut faire adopter par l’Assemblée nationale une résolution constitutionnelle, laquelle proposerait une réforme ou une abolition du Sénat, et ce, en échange de demandes inspirées du Lac Meech.

En vertu du renvoi à la Cour suprême sur la sécession, Ottawa et les provinces anglophones seraient alors dans l’obligation de négocier. Évidemment, rien ne garantirait le succès de l’affaire, mais pour la première fois depuis longtemps, les astres sont un tant soit peu alignés.

Cependant, le gouvernement libéral ne va jamais se lancer dans une telle affaire — pas plus qu’il n’osera poser d’autres gestes, ne serait-ce que de nature symbolique —, car il a renoncé depuis longtemps à faire reconnaître notre statut distinct.

La vérité est que la politique constitutionnelle au Québec est devenue une forme de folklore, surtout du côté du PLQ ou de la CAQ et, dans une moindre mesure, au PQ. Quand vient le temps des élections, on prétend que la Constitution demeure une affaire importante, et les programmes des partis y font référence.

Une fois élu, on bombe le torse pour livrer ce message d’affirmation au Canada anglais. Et après avoir exécuté cette figure imposée, on s’empresse de s’écraser jusqu’à la prochaine campagne électorale.

* * *

À propos de Frédéric Bastien

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.

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18 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Ils vous font peur les Couillard et Harper… Deux esprits cartésiens,.. un fédéraliste décomplexé élu majoritairement au Québec, une première annonciatrice de négociations de bonne foi avec le Canada.. `

Si Harper est réélu il faudra s’attendre avant la fin du mandat de Philippe Couillard à ce que l’intégration du Québec dans la constitution se renégocie.. Et ne vous en déplaise, chers indépendantistes, un référendum pourrait alors être tenu, non pas pour la séparation, mais pour la réintégration du Québec dans la constitution canadienne..

Les séparatistes vous êtes minoritaire. Le gouvernement Couillard a été élu majoritaire.. ce gouvernement démocratique aurait la latitude pour préparer avec les autres provinces des ajustements qui pourraient répondre à certaines exigences du Québec. Il appartiendrait ensuite à tous les Québécois de se prononcer par un oui ou un non dans un référendum.

Vous oubliez le 7 avril… Alors Cocus parlez pour vous les séparatistes.. Les Québécois n’ont jamais consommé le mariage.. car ils sont déjà dans une union dans laquelle ils ont investi depuis plusieurs générations, laquelle union, malgré ses imperfections, a fait du Québec ce qu’il est aujourd’hui, ce Québec dont vous vous pétez les bretelles, avec raison.

A preuve que ce pays vous réussit, les fanfaronnades séparatistes n’existeraient pas sans le contexte de grande liberté qui aura été le leur.. C’est en toute liberté que vous pouvez continuer à vomir le Canada.. Allez en Russie, à Cuba, même aux USA, changez vos perspectives, ça presse!

Dans un Québec séparé, ce privilège de vomir la république serait refusé aux fédéralistes.. La liberté d’expression à la canadienne? Oh! que non… L’Élite nationaliste n’a de cesse que de reprendre le contrôle sur les esprits de la Plèbe.. Car ce sont eux les esprits supérieurs devant lesquels le peuple devrait se prosterner.

C’est quand je vois les excités de l’identité comparer le Québec à l’Écosse!! Come on! Ce Matin, le PM de l’Angleterre, pour contrer la menace d’une victoire du « oui », s’engage à donner davantage d’autonomie à l’Écosse.. Une autonomie que le Québec dans le Canada possède déjà et plus encore..

Et qui plus est, l’Écosse a le pétrole.. alors que le Québec est dépendant des autres provinces canadiennes (péréquation)..

Vous les Bastien, Bock Côté, Beauchemin, Éric Bédard, les frères Bédard, PKP, disciples de Groulx avaient mené le PQ à la défaite aux dernières élections.

L’exaltation identitaire embrouille les esprits.. et alors le jugement fout le camp!

« Si Harper est réélu il faudra s’attendre avant la fin du mandat de Philippe Couillard à ce que l’intégration du Québec dans la constitution se renégocie.. Et ne vous en déplaise, chers indépendantistes, un référendum pourrait alors être tenu, non pas pour la séparation, mais pour la réintégration du Québec dans la constitution canadienne. »

Je ne sais pas si l’exaltation identitaire embrouille mon esprit, mais le passage cité ci-dessus me porte à m’interroger sur ce que vous avez fumé! Je voudrais bien trop voir ce scénario se produire! Et recevoir le « non » habituel comme réponse! La dernière fois (Meech et Charlottetown) a fait des merveilles pour le mouvement indépendantiste! C’est d’ailleurs à cette époque que j’ai moi-même cessé une fois pour toutes d’être fédéraliste!

Et dire que ce sont les indépendantistes que l’on appelle rêveurs! Vous pouvez vous vanter d’avoir égayé ma journée!

«L’exaltation identitaire embrouille les esprits.»

Voilà qui est très juste. Seuilement voilà, surtout depuis le lendemain du référendum de 1995, je me fais rebattre les oreilles de l’identité québécoise ET de l’identité canadienne. :Les exaltés sont de part et d’autre. Le nationalisme, c’est la confusion entre citoyenneté et identité, ou pour le dire autrement l’obsession de faire se correspondre les frontières culturelles et les frontières politiques, et ce dans un pays – le Canada, le Québec – où elles ne se correspondent pas.

Voici deux exemples bien connus: «Je ne suis pas canadien-français car je suis québécois!», alors qu’il est LES DEUX. «I am not an anglophone, I am a Canadian!», alors qu’elle est LES DEUX. C’est la même salade, l’une à l’échelle du Québec et l’autre à l’échelle du Canada. Ces personnages emblématiques ont le concept d’État-Nation vissé au fond du crâne. Les uns partent de l’État, veulent à toute force y faire correspondre la One Nation ; les autres partent d’une nationalité pour y faire correspondre un État. Mais c’est fondamentalement la même erreur. Une des sources les plus fondamentales du dialogue de sourds que nous avons sur les bras, c’est que deux versions de la même idéologie – le nationalisme – se font face et sont donc absolument impuissantes à se réfuter l’une l’autre. Un nationalisme dénonçant un nationalisme, c’est toujours la morphine indignée dénonçant l’arsenic. Et donc, quanad vous parlez de « l’Élite nationaliste », vous parlez de qui exactement? Quelles que soient ses turpituides, le nationalisme québécois n’est que la moitié du problème nationaliste que nous avons ici. Pour ma part je suis un patriote antinationaliste, une idéologie puisée à la meilleure source de l’antifascisme libéral (le comte Sforza!). Un véritable antinationaliste – pour le moment du moins – n’a pas d’amis, ni dans la capitale provinciale (et pas « nationale », comme on dit souvent par erreur), ni dans la capitale fédérale (et pas « nationale », comme on dit souvent par erreur).

Votre analyse est pugnace et articulée, madame Beaulieu, mais elle n’a qu’un oeil.

Merci Hélène pour vos propos qui rejoignent exactement les nôtres, enfin un message positif pour notre beau pays. Dans les années 70 presque la majorité journalistes et des professeurs de secondaire et de cégep enflaient la tête de nos enfants avec l’idée de révolution et de séparation d’avec le reste du Canada. Je constate que ça n’as pas changé beaucoup avec une certaine élite du Québec. Sortez un peu du pays et allez voir ailleurs si on est oppressé au Canada.

Je suis mort de rire suite à la lecture de votre commentaire, Mme. Beaulieu.

D’abord, si vous croyez que le Canada anglais veux que le Québec signe la constitution, vous portez des lunettes roses: il s’en contre-fiche. Le Canada anglais tien le gros bout du bâton et n’en a plus rien à cirer des revendications du Québec.

Vous parlez du peuple qui devrait se prosterner devant l’élite nationaliste mais ce qu je voit, c’est vous et toute la gente fédéraliste québécoise qui l’êtes face à vos « maîtres » du reste du Canada. Qu’espérez-vous tirer de faire le caniche qui veut son su-sucre?

Votre commentaire est extrêmement réducteur et démontre qu’en 2014, la mentalité de « colonisé » est encore bien ancrée chez certains.

Mme Beaulieu L’indépendance du QUEBEC est un projet noble. On peut être en désaccord , ça reste tout de même un projet noble. Ce ne se fait pas de refuser de se gouverner selon ses propres aspirations. Mes respects Mme. Beaulieu

À cette question « fondamentale », je vous cite : « Par exemple, comment une chose peut-elle être à la fois importante, mais pas prioritaire ? » ; je pourrais peut-être apporter une esquisse de réponse satisfaisante….

Ce qui est considéré comme important, c’est ce qui est considéré pour sa grande valeur, pour son influence, pour un niveau considéré comme grand. Ainsi, nous pouvons considérer, je suppose, que la Constitution d’un pays est une chose importante.

La notion de priorité introduit une « relation d’ordre » et répond à une question simple : Qu’est ce qui doit passer en premier ?

Ainsi sont-ce les questions constitutionnelles qui divisent depuis des décennies les québécoises et les québécois qui quoique fort importantes, devraient être traitées prioritairement ou est-ce la bonne santé économique du Québec qui est actuellement la première de toute les priorités ?

Est-il si important dans l’ordre des priorités du gouvernement, d’une fois de plus ramener tout le débat politique a des questions constitutionnelles qui soit-dit en passant, passent par-dessus la tête de plus ou moins 90% des québécois ? Lorsque ces questions sont finalement d’une « grande importance » essentiellement pour celles et ceux qui sont engagés et œuvrent en politique active et pour toutes celles et ceux qui tirent « d’importants » revenus de toutes ces questions sous-jacentes qui relèvent de la discipline juridique ou bien moindrement historiographique.

Est-ce que ce sont les Constitutions qui assurent le pain et le beurre et globalement la prospérité des nations ou sont-ce les relations commerciales qu’exercent en toute amitié ces nations avec d’autres nations ? Et idéalement dans un pays comme le Canada, le soin que nous devrions tout particulièrement apporter à nos échanges interprovinciaux.

Ainsi pour aussi importante que soient les questions constitutionnelles, il y a bel et bien une Constitution canadienne qui existe pour tous, qui touche et qui s’applique à toutes et tous au Canada. Cette forme constitutionnelle est peut-être imparfaite ; c’est dans ce cas à tous, canadiennes et le canadiens d’en débattre et de proposer les mesures concrètes pour la réformer. Ce n’est pas tout spécifiquement au Québec de prendre l’initiative et toutes les responsabilités pour en toute fin, devoir subir les conséquences négatives inhérentes à toutes formes de contradictions inévitables dans de telles délibérations.

Similaire approche est selon moi contreproductive lorsqu’elle relève ici tout simplement d’une forme particulière de perversion plus connue sous le nom de masochisme.

— Important peut-être, la Constitution ! Mais nullement prioritaire dans le cadre actuel.

Philippe Couillard a été élu pour s’occuper en « priorité » de restaurer l’économie, restaurer l’intégrité financière de la province, relancer les dépenses en investissement et veiller à ce que tous les québécoises et les québécois puissent tartiner du beurre sur leur pain au lieu d’en rêver. Puisqu’au fond notre plus grande richesse, quelle que soit la Constitution en vigueur, c’est encore bien nous !

Suite à ces chimères, je me demande si Frédéric Bastien n’est pas le cocu du nouveau Front National du Québec.

Oh ! Le Front National, pas moins. Bravo, M. Gilbert, on sent que vous êtes un fier antifasciste, du capable de flairer la sinistre Cagoule sous l’inoffensif flacon de L’Oréal. Alors comme disait le comte Sforza, fameux antifasciste libéral de la première heure (ardent républicain malgré son titre), dans son ouvrage ‘Les Italiens tels qu’ils sont’, publié ici à Montréal en 1944:

«La guerre de 1939 aura montré même aux plus aveugles que rien n’est plus insensé et dangereux que de vouloir substituer exclusivement l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale.»

Arme contondante que voilà, au double tranchant particulièrement effilé!

Car au moins une cause fondamentale du malaise de maints Québécois francophones vis-à-vis de l’État canadien et de maints Québécois anglophones vis-à-vis de l’État québécois est foncièrement la même: l’étreinte sociopathique de Nation. Les premiers se sentent aspirés à leur corps défendant dans l’identité « nationale » canadienne, les autres exclus à leur corps défendant de l’identité « nationale » québécoise.

Les nationalistes québécois doivent au moins comprendre que patrie et nation ne sont pas synonymes, les nationalistes canadiens doivent au moins comprendre qu’une fédération n’est pas une nation. Les deux doivent enfin comprendre que citoyenneté et identité sont deux choses, deux choses qui n’ont pas à être fusionnées en une seule (la fameuse identité « nationale ») et que rien n’est plus insensé et dangereux que de chercher à substituer l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale : que ce soit à l’échelle du Canada ou à l’échelle du Québec, c’est la même erreur dans laquelle fédéralistes et séparatistes se fourvoient stupidement depuis au moins un demi-siècle.

Ah, chacune de ces alertes au fascisme ou à l’extrême-droite que j’entends depuis plus de trente ans, aussi borgne et peu étayée fût-elle, me plonge dans une vibrante exaltation antifasciste. Et comme l’écrivait Lauro De Bosis, leader du mouvement antifasciste clandestin Alleanza Nazionale (droite monarchiste-constitutionnelle) dans sa lettre d’adieu ‘Histoire de ma mort’ :

«Comme du pain sur une cité affamée, les livres d’histoire doivent être jetés sur Rome!»

Et c’est exactement ce qu’il fit ce soir-là (3 octobre 1931) : aux commandes de son avion Pégase, il décolla depuis la France pour aller jeter sur Rome 400 000 tracts antifascistes et des livres d’histoire. Seule une aile de son appareil fut retrouvée sur le littoral Corse.

Mme Beaulieu, dire que le Québec est dépendant des autres provnces à cause de la péréquation est contre-productif et démagogique : c’est comme dire, quand vous avez un compte de chèques en banque, que vous dépendez des intérêts anémiques qui lui sont versés. Il faudrait voir combien coûtent au Québec les dédoublements de dépenses, le favoritisme économique de l’Ontario (par rapport à toutes les autres provinces d’ailleurs), l’inutilité de certaines dépenses en défense nationale (je ne parle pas des salaires de militaires mais des quantités astronomiques d’argent que l’on verse aux Américains pour développer les F-35, qui sont des citrons avant même d’être livrés et qui ne seront peut-être jamais vraiment efficaces), etc. Il y a un proverbe anglais qui dit « Penny wise, pound foolish ». L’argument de la péréquation pour dire que nous sommes dépendants, c’est exactement cela : mettre l’accent sur une paille sans voir la poutre qui est à côté.

45 milliards perçus au Québec par le fédéral, 61 milliards dépensés par le fédéral au Québec, chaque année. Source: Institut de la statistique du Québec. Le voilà votre compte-chèques.

Monsieur Bastien, vos positions successives me rappellent ce dicton: « Le contraire de la vérité, ce sont les convictions… » Vous n’en avez qu’une, celle d’un Québec victime, cerné de tous bords et sans autre issue que le grand bond en avant.
Si le Québec démontre sa volonté de renforcer la fédération plutôt que de la détruire, les autres provinces pourraient éventuellement faire montre d’ouverture (beaucoup ont des attentes), ne voyant plus dans les demandes du Québec une forme d’étapisme larvé vers la conquête de l’indépendance, « historiquement déterminée » depuis l’emballée émotive des patriotes. M. Couillard ne semble pas être pressé, c’est ce qui me paraît important dans les circonstances. Il se contente d’ouvrir des portes, contrairement aux boutefeux de l’indépendance, qui les ferment aussitôt qu’elles s’écartent.

« Le nationalisme est un sentiment impur, passionnel, fait d’orgueil et d’ambition, sentiment dans lequel malheureusement vient se perdre l’attachement légitime à une culture. »

« Ceux qui regardent les unités nationales comme seules durables mettent le sceau de l’éternité sur la philosophie historique du X1Xème siècle européen. »

« L’accession d’une communauté à l’état de nation n’a pas libéré les hommes; au contraire, la volonté d’être une nation s’est épanouie en orgueil collectif. »

« Avec le nation devenue souveraine, les guerres de rois sont devenus guerres de peuples, ce qui fait que le destin des cultures se jouait sur les champs de bataille. »

« Si les diverses nations s’étaient limitées au désir et à la volonté d’être partie prenante à l’État qui aurait représenté un plus grand ensemble, il y aurait eu moins de guerre. »

« Mais le fait historique est que les nations, comme les rois étaient belliqueuses, donc non intéressées à partager mais à dominer. (Raymond Aron, Paix et guerre, p. 296-301).

Voilà! quand je soulève la possibilité apparue pour le Québec signe la constitution avec le PLQ de Couillard, les réactions à fleur de peau me font sourire.

Pour moi ce n’est pas important. Je ne me lève pas le matin en chantant « Gens du pays » ou l’Ô Canada ». Je suis d’avis que ce pays nous a réussi.. Rien n’est parfait mais j’apprécie la grande liberté dans laquelle j’ai pu évoluer et cette liberté je veux qu’elle demeure intacte pour mes enfants et petits-enfants.

Mais je crois que malheureusement seule la signature de la constitution par le Québec tournera la page sur ce débat éculé..

Le PM de l’Écosse a prévenu les écossais hier qu’il n’y aura pas de reprise.. un « Non » sera un « Non ». ce débat aura été celui d’une génération..

Les indépendantistes québécois n’ont jamais osé de questions claires, d’analyses rigoureuses, d’intrusion du fédéral dans le débat comme ce fut le cas pour l’Écosse, de date butoir…

Dans le livre co-écrit par Chantal Hébert et Jean Lapierre on a pu constater le chaos dans lequel se serait retrouvé le Québec au lendemain d’une victoire du « Oui »!!

Plus jamais cela!!

“La loi constitutionnelle de 1982 a enlevé des pouvoirs au Québec, qui avaient été obtenus en 1867 — et ce, après les fausses promesses de Trudeau lors du référendum, lequel a pu compter sur la complicité de la Cour suprême pour enlever au Québec son droit de veto.”

Rien de plus faux. René Lévesque a refusé de se loger où tous les autres premiers ministres étaient pour se permettre d’aller s’enivrer dans un hôtel de Hull sans laisser à personne un lien de contact.

Ce n’est pas sans raison si tous les premiers ministres étaient au même hôtel mais comme l’attitude de monsieur Lévesque était de ne pas discuter hors des conférences et s’en ternir qu’à celles-ci, c’est son erreur mais bien entendue, la presse québécoise tout comme le PQ s’est empressée de la qualifié de nuit des grands couteaux.

Cette saga tout comme bien d’autres a encore été causée par le reste du Canada et Québec n’avait jamais rien à se reprocher. Une méthode à oeillères distinctive du PQ qui sait et connaît tout, fait gaffes sur gaffes et finissent par employer les méthodes des 9 autres après avoir dépenser des millions pour leur vision narcissique et retarder le développement du Québec.

Les péquistes pensent que dans un contexte de séparation que le reste du Canada se mettra à genoux. Bien au contraire le Québec se retrouvera isoler dans son coin avec ses dettes et bye bye les privilèges provenant du fédéral. Les péquistes pensent que leurs impôts diminueront. La belle affaire, ils auront à instaurer 22 ministères supplémentaires et suppléer pour ce que les ministères fédéraux accomplissent pour tout le Canada tel que les douanes et assises, la sécurité nationale, des forces armées, santé Canada pour tout ce qui est recherche et développement et homologation des médicaments, affaires extérieures, une Cour Suprême, propriété intellectuelle, agriculture, transport et infrastructure (aviation et ferroviaire), Banque centrale, science et innovations, retraite, vétérans, radio-télévision et télécommunication, postes etc.

Combien de personnes seront sans emplois au lendemain si l’on compte tous les fonctionnaires qui travaillent au fédéral tout comme les milliers qui travaillent à Hull. La belle affaire ! Avant d’être chez nous il faut avoir l’argent pour le faire et non le fardeau des dettes faramineuses auxquelles le Québec fait face et ne réussis à donner des services parce que le Canada leur payent des milliards en péréquation, provenant depuis des années de l’ouest Canadien et bien entendu de l’Ontario.

Et combien de départs d’entreprises qui ne voudront pas demeurer sous un Québec sur endetté avec des girouettes au pouvoir.

Que fera l’Alberta avec les 260,000 québécois qui y travaillent ?

Est-ce que de demander que le Chantier Maritime de Lévis soit sur la liste des chantiers que le fédéral utilise pour la construction navale est une demande raisonnable, si les 2 gouvernements, celui de Philippe Couillard et de Stephen Harper misent sur l’économie et l’emploi ?

Le Québec n’a pas à s’effacer, parce que le jeune Trudeau nous invente les chicanes, pas plus que Stephen Harper doit se cacher dans le garde-robes, lorsque Poutine menace l’Occident.

Si l’on veut que le Québec cesse d’être sur la péréquation, il faudrait mettre sur la table l’ensemble des politiques et le financement des politiques structurantes d’Ottawa à travers le pays.

Souligner au fédéral que la taxe sur les carburants devrait aller aux municipalités et aux provinces parce que ce sont elles qui ont les responsabilités en matière routière, cela confirmerait les conclusions d’une étude fédérale » Rapport du Comité d’examen de la loi sur les Transports au Canada » dont le titre est : VISION FONDÉE SUR L’ÉQUILIBRE, et déposé en juin 2001 au gouvernement libéral du Très Honorable Jean Chrétien.

Voici enfin une lecture brillante et actuelle de la situation constitutionnelle du Québec. Une illustration lumineuse de la manière de passer d’un état de province à un statut d’état.

(1)

« . Je constate que ça n’as pas changé beaucoup avec une certaine élite du Québec. Sortez un peu du pays et allez voir ailleurs si on est oppressé au Canada. »

Et c’est quoi le rapport au fait …

On peut ne pas « etre opresse » et vouloir l’independance …

L’independance n’offre que ce qu’elle est. Faire ses propres choix en fonction de ses propres moyens. Moi je prefere faire mes propres choix avec mes propres moyens.

—-

(2)

« Allez en Russie, à Cuba, même aux USA, changez vos perspectives, ça presse! »

Ca fait plusieurs annees j’habites a l’etranger, je visite des universites ici et la pour des periodes plus ou moins longues ce que monsieurs, madame chose fera jamais.

Sur le fond, c’est quoi votre point. Moi je prefere l’independance.

—-

(3)

« Et qui plus est, l’Écosse a le pétrole.. alors que le Québec est dépendant des autres provinces canadiennes (péréquation).. »

L’adhesion au Canada par depit et miserabiliste …

Note: Moi j’aimerais savoir pendant combien temps on a fait vivre ces provinces alors qu’elles avaient pas de petrole … sinon c’est comme regarder un divorce juste les annees qui avantage un des conjoints ….

—-

(4)

Trois remarques sociologiques et psychologiques.

Les commentaires des federalistes portent jamais sur leur propre projet. Ils sont tres negatifs et portent essentiellement sur le projet independantiste et rabaisser les quebecois.

Mon explication …

(a) Par impuissance … quand on est impuissant on se venge sur l’autre.

Les federalistes en ce moment vivent un etat d’impuissance dans la federation canadienne ( perte de poid politique, economique, demographique, bilinguisme imaginaire, la reine, tutti quanti ) et c’est pour ca qu’ils font une fixation sur les souverainistes.

A defaut de changer la constitution, s’interesser a batir la federation ou meme la changer ou l’ameliorer. On decide de rabaisser notre projet ca leur donne un impression de controle et puissance. Dans le fond la seule et unique chose qui reste a nos federalisme c’est de detruire le projet souverainiste.

Si leur projet etait aussi fascinant, il nous parlerait de leur projet …

(b)

Nos commentaires de federalistes servent essentiellement a diminuer le Quebec.

Pas capable, pas les moyens …

Ici c’est le phenomene du sado maso … leur etat d’impuissance et leur mal les amene au sado maso ….

La seule qu’ils peuvent faire c’est de faire mal au autres.

(c)

Un autre probleme qui est aussi la dedans et psychologique c’est le fait de vivre comme peuple minoritaire.

Je pense qu’on a jamais mesurer les effets de vivre dans le contexte d’un peuple minoritaire.

Je pense que certains supporte pas ca.

C’est de la que vient un espece de desir d’homogeneite, c’est la que vient le desir de l’anglais ( pas de l’apprendre comme langue seconde ) mais de vivre en anglais et d’etre associe au monde anglo saxon qu’ils associent a la puissance ou a tout le moins les eloigne de leur etat de citoyen qui vit dans le context d’un peuple minoritaire.

(5)

Dans le fond je pense que le debat est rendu demander des psychiatres ….

(6)

Regarder les commentaires de federalisme qui se touche de la partition du Quebec ici et la.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/09/09/004-atikamekw-rencontre-premier-ministre-quebec.shtml

On est en plein dans fais moi mal johnny … j’aime l’amour qui fait boum ….

note: Si au moins ils se rendaient compte que ca se fait dans le contexte du Quebec province

et que d’etre dans la federation canadienne semble-t-il empeche meme pas le Quebec d’etre morcele meme comme province … et que ca met a mal leur proper argumentaire …

Le PIB du Québec est de 300 milliards de dollars. Voilà le vrai compte-chèques. Si l’on ne prenait que le différentiel de 16 milliards que vous donnez, ça ferait 5 %. Dépend-on de 5 % ? [Ne pas oublier aussi que ce qui est acheté à l’étranger par le Québec et qui transite par Toronto ou Vancouver, par exemple, donne lieu à des taxes et droits de douane payés par les Québécois et perçus par l’Ontario et par le fédéral en Ontario aussi (point d’entrée aui Canada) ; sans compter le favoritisme dont bénéficient les entreprises iontariennes, etc.].