COP21: faudra-t-il sortir l’argument de l’ours polaire?

La COP21 qui s’ouvre ce lundi à Paris est, dit-on, la dernière chance de la planète. La DERNIÈRE CHANCE. La prochaine étape, c’est d’envoyer Bruce Willis dans une navette spatiale pour faire exploser le soleil.

Photo: Grant Neufeld/Flickr
Photo: Grant Neufeld/Flickr

Politique

Je suis d’un naturel optimiste. Non seulement je suis du genre à voir le verre à moitié plein, mais je suis aussi capable de trouver que c’est vraiment un beau verre, as-tu acheté ça chez Ikea? Chez Stokes? En tout cas, ça va vraiment bien avec la couleur de ta cuisine.

J’aime m’extasier devant ce que l’Humain est capable d’accomplir, que ce soit marcher sur la Lune, inventer l’internet ou le fait que Ricardo existe.

Mais quand j’ai besoin de descendre un peu de mon nuage pour goûter l’arôme amer de la déprime et du désespoir, je me tourne vers la lutte contre les changements climatiques. Là-dedans, on va se le dire, on est pourri en tant qu’espèce.

Malgré les ententes internationales, l’ensemble de la planète rate ses objectifs de réduction de GES avec l’entrain d’un joueur de dard pris du Parkinson.

La COP21 qui s’ouvre ce lundi à Paris est, dit-on, la dernière chance de la planète. La DERNIÈRE CHANCE. La prochaine étape, c’est d’envoyer Bruce Willis dans une navette spatiale pour faire exploser le soleil.

L’Humain est de même: plus c’est important, plus il attend à la dernière minute avant de s’y mettre. Demandez-moi si j’ai des REER, par exemple…

Le but de COP21, c’est d’arriver à une entente qui permettrait d’éviter que la planète ne se réchauffe de plus de deux degrés d’ici 2100. Ça semble peu, deux degrés? Dans mon appartement, deux degrés c’est la différence entre ma blonde en chemise hawaïenne et ma blonde qui grelotte dans le sofa avec une couverte de laine en maudissant l’hiver. Notre planète est pareille, ça ne prend pas grand-chose pour la mettre à l’envers.

Les pays semblent, pour une fois, sur le point de s’entendre, mais cela rend certaines personnes nerveuses. Tout comme Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan, ils ont peur qu’on oublie l’économie là-dedans. Ils craignent que la «religion écologiste» ne nuise au commerce.

Ces gens me font rigoler. À quel moment depuis un siècle a-t-on oublié l’économie, même pendant cinq minutes?

Allons! On a même inventé l’expression «développement durable», pour être bien certain qu’on ne mettrait jamais l’environnement en premier dans nos décisions. Développement durable, comme dans la phrase «Nous allons autoriser ce pipeline qui ira se déverser directement dans ta cour en blastant du Nickelback à tue-tête, mais nous le ferons dans une optique de développement durable alors rangez vos pancartes de Greenpeace, les pouilleux.»

Pouvez-vous imaginer un gouvernement qui fasse pour l’environnement la moitié de ce que le gouvernement Couillard fait au nom du déficit zéro? Pourtant, c’est assez clair que c’est ce dont la planète aurait besoin. On a beau nous parler des générations futures, entre une planète habitable dans un siècle et une baisse d’impôts dans deux ans, on sait tous très bien qui va gagner le jeu des priorités.

Décideurs, politiciens et participants du COP21, surprenez-nous. Soyez ambitieux, soyez verts pour vrai. Et si ça ne marche pas cette fois-ci, la prochaine fois, on vous enferme avec un ours polaire affamé. Ça devrait rendre les changements climatiques un peu plus concrets et urgents.

* * *

Comment s’attaquer aux changements climatiques

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11 commentaires
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Encore une fois, bravo pour ce billet humoristique, mais truffé de bonté et de vérité! Bravo M. Charbonneau!

L’aspect des changements climatiques démontre bien que l’Homme est individualiste et n’est pas capable de penser à long terme.

De tous les reportages, personne n’a abordé les effets des volcans……Selon les experts, le Mount St-Helen il y a des décennies, était supposé devoir influencer l’effet de serre pour plusieurs années…..et plus récemment en Islande le volcan Yokul yaflak????? avait interrompu le transport aérien durant plusieurs semaines et les effets prolongés durant combien d’années???……c’est sûr que les véhicules produisent du CO2…..mais le bétail aussi…allons nous arrêter les fermiers producteurs de boeuf???….si tous les produits dérivés du pétrole »méchant » devait être retirés du marché, nous nous vêtirions encore de peaux d’ours…hihihi…..

Peut-être pas de si mauvaise foi que ça ! Je suis débarqué de la religion catholique parce que la devise de cette foi a été pendant des siècles « Crois ou meurs » ! Il en est devenu ainsi avec l’environnement et l’écologie. Si tu n’y crois pas foncièrement, tu es considéré comme un « sceptique », donc comme un ennemi de la foi. Ne pourrait-on pas en arriver à faire place à un juste milieu entre les élucubrations fanatiques et le scepticisme exagéré ? Il y a un problème, alors regardons le d’un œil averti et une tête froide. Les fanatiques du « Allah Hackbar » vous font peur, il en est de même pour moi ici.
À bon entendeur, salut…

Ça fait beaucoup de ?????…

Si vous voulez réellement des réponses réponses réponses réponses réponses:
http://www.skepticalscience.com/

Bonne journée,

P.s. Je ne sais pas qui vous a prodigué votre formation en science mais j’aimerais le savoir afin de ne pas envoyer mes enfants là. Merci

La religion écologiste consiste à ériger le principe de précaution en une règle d’application universelle: le risque zéro partout, sans tenir compte de la réalité. Cela a plus à voir avec la philosophie fidéiste et la psychologie primaire (la peur sidérale) qu’avec la science.
La nécessité de faire la lutte aux changements climatiques est devenue évidente à partir d’un constat des milieux de recherche scientifique. Il en sera de même pour les solutions, qui reposeront sur l’innovation technologique plutôt que les incantations politiques, philosophiques, ou religieuses. On pourra bien prier, faire de beaux discours, invoquer Gaia à tour de bras, le niveau de l’eau montera quand même.

Je partage votre opinion. Tant et aussi longtemps que les politiciens vont se gargariser et se donner de l’ importance qu’ ils n’ ont pas et se donner une image de grand défenseur de la planète; nous n’ irons nulle part!

Les études sur le réchauffement climatique se contredisent énormément! Les manipulations fausses ces dernières années faites par le geic n’ ont pas aidées à rendre crédibles les sois-disants spécialistes! Lorsque les chercheurs cesseront d’ avoir un parti-pris; qu’ ils seront totalement indépendant d’ une CAUSE, ils ne pourront être totalement objectifs!

Non
Les études et la communauté scientifique (pas les ti-joe-connaissants) est presque unanime sur la question.

La devise de l’humain: ne jamais faire aujourd’hui ce qu’on pourrait faire demain… Caractéristique principale: procrastination.