Marcel Côté doit payer la facture pour sa campagne

Un parti doit avoir obtenu au moins 15 % des voix afin de bénéficier d’un remboursement de ses dépenses électorales. L’équipe de Marcel Côté a fait un score de 12,8 %.

Pauvre Marcel Côté. Le gestionnaire de haut calibre s’est lancé tête baissée en politique, sans mesurer les pleines conséquences de son audace. Eh oui, la politique fait un gagnant…et beaucoup de perdants.

Par l’entremise du maire de Mercier — Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, la Coalition Montréal a exigé vendredi une modification à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités afin de permettre à la formation d’obtenir le remboursement de ses dépenses électorales. Une révision rétroactive, faut-il le préciser.

Il n’est plus vraiment question ici de représentativité politique, mais d’une grosse affaire d’argent… et de stratégie.

En vertu de la loi, un parti doit avoir obtenu au moins 15 % des voix afin de bénéficier d’un remboursement de ses dépenses électorales par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ). L’équipe de Marcel Côté a fait un score de 12,8 % aux élections.

Le parti devra compter sur ses propres moyens, ce qui est de bien mauvais augure. La Coalition de Marcel Côté est déficitaire, malgré une campagne frugale.

La dette du parti s’élève à un demi-million de dollars. Les candidats perdront sûrement leur cautionnement personnel de 10 000 $ chacun. Des fournisseurs risquent de ne pas être payés. Et la Coalition tarde à déposer son rapport de dépenses. C’est donc un Réal Ménard paniqué qui a convoqué les médias pour réclamer une révision des règles. Il craint de perdre son siège, rien de moins.

Sa compréhension de la loi l’amène à conclure deux choses. De un, la loi oblige un parti à payer tous ses créanciers avant de produire son rapport final (ce qui est impossible en raison du déficit). De deux, si le parti ne produit pas son rapport dans les délais requis, le chef ou l’élu de la formation ayant obtenu le plus grand nombre de voix (en l’occurrence M. Ménard lui-même), deviendra inapte à siéger au conseil.

M. Ménard a reçu l’appui du maire Denis Coderre, qui a fait des appels du pied à tous les partis à l’Assemblée nationale. Le calcul est simple. Le maire a besoin du soutien de la Coalition Montréal pour faire obstacle à l’opposition au conseil. La nomination de Philippe Schnobb à la présidence de la Société de transport de Montréal, un choix controversé, a été entérinée à 31 voix contre 24. L’épisode démontre que le maire Coderre n’a pas le luxe de perdre des alliés.

Le DGEQ a rapidement dissipé le malentendu entourant cette fausse impasse. Rien n’empêche la Coalition Montréal de présenter un rapport déficitaire. Au pire, le parti écopera d’amendes de 500 $ à 2000 $.

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a mis un terme à cette rocambolesque histoire via son porte-parole. Il n’est pas question de modifier la loi pour accommoder les perdants au frais des contribuables. Enfin, un peu de bon sens! Imaginez un seul instant si le ministre Gaudreault avait acquiescé à la demande de la Coalition. Combien de perdants, n’ayant pas franchi le seuil de 15 % des voix, auraient aussi demandé la charité? Québec ne peut pas faire une loi pour renflouer un seul homme. Ce serait illégitime, et proprement scandaleux.

Les règles étaient claires pour tout le monde en début de campagne. Marcel Côté a fait un pari, et il l’a perdu. L’heure est venue pour lui et ses candidats d’assumer leurs choix… et de payer la facture.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

Les politiciens aiment bien dépenser au maximum, pour se faire élire mais n’aiment pas rembourser leurs dettes d’élections, principalement quand ils n’ont pas été élus.