Course à la chefferie conservatrice : MacKay favori, mais…

La campagne de Peter MacKay semble connaître un départ canon en coulisse. Mais survivra-t-elle aux prochains mois lorsque la pression des médias et de ses rivaux se fera grandissante?

Photo : La Presse canadienne

Avec les désistements de plusieurs candidats potentiels à la chefferie conservatrice du pays dans les dernières semaines, Peter MacKay semble à première vue se diriger vers un couronnement lors du congrès du Parti conservateur du Canada (PCC), qui se tiendra en juin prochain à Toronto.

Selon Alex Boutillier du Toronto Star, l’ancien chef du défunt Parti progressiste conservateur et ministre dans le gouvernement Harper aurait déjà amassé 400 000 $ dans sa première semaine de campagne officielle et son équipe a déjà récolté les 3 000 signatures requises pour sa candidature.

Ce matin, l’équipe de MacKay affirme avoir atteint le seuil des 500 000 $ de financement.

 

D’ailleurs, le sondage Léger publié dans les pages du Journal de Montréal samedi nous indique que Peter MacKay jouit d’une avance significative sur ses rivaux et nul doute qu’il devrait être considéré comme le favori de la course. Voici les résultats des répondants du sondage à la question « Laquelle des personnalités suivantes ferait le meilleur chef pour le Parti conservateur du Canada ? »
Parmi les répondants du sondage, MacKay arrive donc premier avec 28 %. Aucun autre candidat n’atteint le seuil des 5 %. Soulignons tout de même que 60 % des répondants se disent indécis ou ne savent pas, alors ces chiffres sont loin d’être définitifs.

Mardi, la firme Ipsos a publié un sondage sur la course conservatrice pour le compte de Global News. À la question : « Est-ce que vous considériez voter pour le Parti conservateur du Canada si le chef était… », voici les résultats :
Selon Ipsos, 40 % des électeurs canadiens considèrent voter pour Mackay, alors que son principal rival Erin O’Toole obtiendrait le support théorique de 31 % des électeurs. Marilyn Gladu, malgré sa faible notoriété, récolte aussi 31 % — indice que la base conservatrice demeure encore et toujours solide au pays. Finalement, le conservateur social Derek Sloan, qui a fait les manchettes la semaine dernière à la suite de ses propos sur l’homosexualité lors de son passage à l’émission Power Play du réseau CTV, ferme la marche avec 29 %.

Toutefois, affirmer qu’un couronnement de Peter MacKay est inévitable à ce stade-ci serait à la fois hâtif et imprudent. Au cours de la dernière semaine, MacKay et son équipe ont semblé vulnérables dans la sphère publique. Lors d’une entrevue avec Heather Wright du réseau CTV, l’équipe de MacKay a abruptement mis fin à l’échange lorsque Mme Wright a questionné MacKay sur son tweet à propos des dépenses de yoga de Justin Trudeau. Bien que l’on puisse voir MacKay à la caméra défendre la journaliste en disant : « Elle ne fait que son travail, c’est une journaliste », son équipe de communication a tout de même mis fin à l’entrevue.

Selon le chroniqueur John Ivison du National Post, Peter MacKay lui-même semble toutefois être son plus grand obstacle en route vers la chefferie du PCC. Dans sa dernière chronique, il affirme :

« J’ai parlé à de nombreux conservateurs influents et vocaux qui m’ont confié que MacKay est une bonne personne, mais qu’il ne devrait pas être chef; il n’est pas si compétent, il n’est pas si brillant et son travail n’est pas à la hauteur. Mais, surtout, il n’est pas assez conservateur. » (traduction libre)

[Voici la citation au cas où vous auriez une meilleure traduction…..]

« I have spoken to a number of influential and vocal Conservatives who offer a variation of the following – MacKay is a good guy but he cannot be leader; he is not that competent, not that bright and he doesn’t do the work. Crucially, they say he is not that conservative. »

La campagne de MacKay semble donc connaître un départ canon en coulisse (financement et signatures), mais survivra-t-elle aux prochains mois lorsque la pression des médias et de ses rivaux ne fera qu’augmenter ?

D’ailleurs, la candidature d’Erin O’Toole (député de la circonscription de Durham en Ontario) — qui avait terminé troisième après Andrew Scheer et Maxime Bernier en 2017 — mérite peut-être d’être scrutée davantage. Selon le Toronto Star, Erin O’Toole profiterait des bases de données des sites partisans ultraconservateurs Ontario Proud et Canada Proud. Avec une capacité de recrutement élevée sur les réseaux sociaux, ces organisations pourraient certainement changer la donne de la course à la chefferie du PCC. Car ne l’oublions pas : ce ne sont pas les électeurs canadiens qui éliront le prochain chef du PCC, mais bien les membres du parti.

Ces mêmes membres étaient divisés (51 %-49 %) entre Andrew Scheer et Maxime Bernier au treizième tour de scrutin en 2017. Ces membres ne sont donc pas nécessairement au même diapason que l’électeur moyen au Canada.

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Proposition de traduction libre de la citation : « J’ai parlé à certains conservateurs actifs et influents, qui sont d’avis que MacKay est un bon gars, mais ne devrait pas être chef, car il n’est pas si compétent, pas si brillant, et son travail n’est pas à la hauteur. Mais, surtout, il n’est pas assez conservateur. »

Le PCC est le Parti Républicain du Canada. MacKay, O’Toole, ce n’est pas important qui sera le chef; c’est un partie américain. Pas de contrôle des armes, les soins de santé privatisés à but lucratif, et la liste ne s’arrête pas là.