Course à la direction du NPD : jonglons avec les chiffres

Le NPD se réjouissait mardi du nombre de nouveaux membres que la course à la direction du parti a permis de recruter. «Nombre record», «croissance remarquable», «chiffres historiques», disait le communiqué. Le parti a vu son membership augmenter de 50 % depuis octobre, ce qui veut dire que 128 351 membres pourront participer à l’élection du futur chef. Cela peut paraître beaucoup, mais c’est peu comparer à ce que les autres partis fédéraux ont réussi à faire durant leur dernière course au leadership. Le Québec gagne une voix, mais elle reste encore bien petite.

La question du Québec d’abord. Comme le Parti libéral du Canada et le Parti conservateur, le NPD accorde le droit de vote à tous ses membres. Mais contrairement au PLC et au PC, il n’a prévu aucun facteur de pondération pour donner le même poids à chaque circonscription.

Par conséquent, même si le nombre de membres québécois est passé de 1700 à 12 266 entre octobre et aujourd’hui (+700 %), le Québec persiste à avoir une voix plus faible que son poids démographique et sa présence parlementaire pourraient recommander. C’est lui après tout qui a fait élire la majorité du caucus néo-démocrate le 2 mai dernier.

L’absence de pondération avantage les provinces où le parti a une plus longue histoire et fait apparaître d’autres anachronismes. Ainsi, l’élection du nouveau chef du NPD, qui aura lieu le 24 mars prochain à Toronto, sera d’abord décidée par la Colombie-Britannique (38 735 membres), suivie de l’Ontario (36 760), une province dont la population est pourtant trois fois plus importante et la députation néo-démocrate, presque deux fois plus nombreuse.

Au PC et au PLC, il en serait autrement. Tous les membres y ont droit de vote, mais chaque circonscription se voit accorder un nombre égal de points. Lorsque les membres votent, le pourcentage de voix obtenues par chaque candidat est traduit en points à l’échelle locale. Le total des points d’un bout à l’autre du pays détermine le gagnant.

Un tel système peut avoir un effet pervers quand des circonscriptions n’ont qu’une poignée de membres, les rendant vulnérables à la prise de contrôle par des groupes d’intérêt. Il a par contre l’avantage de mieux tenir compte du poids électoral réel de chaque province, d’atténuer les déséquilibres régionaux et de forcer les candidats à faire campagne partout. Ce modèle ne fait pas l’unanimité, en particulier au PC où des membres suggèrent des ajustements à intervalles réguliers. Sans succès, jusqu’à présent.

Leur argument : l’élection de Stephen Harper en 2004. À l’époque, le PC ne comptait que 9000 membres au Québec sur un total de 252 000 à l’échelle du pays. Malgré cela, chacune des 75 circonscriptions pesait aussi lourd que chacune des circonscriptions albertaines et britano-colombiennes qui totalisaient environ 100 000 membres. Le Québec contrôlait 24 % des voix pour le chef, les deux autres provinces réunies, 21 %.

Mon second point maintenant : la force que les chiffres du NPD sont supposés refléter. Et bien, elle est encore modeste. Au Québec, le NPD a non seulement moins de membres que le Bloc québécois, mais moins encore que le nombre de bloquistes qui se sont prévalus de leur droit de vote lors de l’élection de leur nouveau chef, Daniel Paillé, en décembre 2011. Un peu plus de 14 000 membres du BQ ont participé au vote postal, soit 38 % des 36 000 qui s’étaient enregistrés.

À l’échelle du pays, la performance du NPD souffre mal la comparaison avec celle de ses adversaires. En avril 2006, au lendemain de sa raclée post-commandites, le PLC avait environ 80 000 membres. Six mois plus tard, il en comptait 100 000 de plus. Au total, plus de 184 000 libéraux pouvaient participer à l’élection du successeur de Paul Martin. En 2004, lors de l’élection du premier chef du nouveau Parti conservateur, 252 000 personnes avaient droit de vote.

P.S. La version web du communiqué du NPD ne donne pas tous les résultats de la campagne de recrutement. Voici ceux fournis à la presse. Le premier chiffre est celui en date de février 2012 et le second, entre parenthèses, celui en date d’octobre 2011.

Alberta : 10 249 (9 033)

Colombie-Britannique: 38 735 (30 000)

Île-du-Prince-Édouard: 268 (135)

Manitoba: 12 056 (10 307)

Nouveau-Brunswick: 955 (pas disponible)

Nouvelle-Écosse: 3 844 (1 300)

Ontario: 36 760 (22 225)

Québec: 12 266 (1 695)

Saskatchewan: 11 264 (8 929)

Terre-Neuve-et-Labrador: 1 030 (200)

Trois territoires: 924 (pas disponible)

Total : 128 351 (83 824)

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L’augmentation des nouveaux membres en Ontario soit 14 000, est encore plus grand que les 13 947 nouveaux membres du NDP au québec.

alors ça ne m’impressinne pas vraiment moi les membres du NDP au Québec.

Récemment j’ai reçu un message courriel d’in dénommé Bédard me susurrant des propos emphatiques sur le NDP et m’incitant à adhérer et appuyer Thomas Mulcair.

D’abord je ne sais pas comment il a pu avoir mon adresse électronique. Ce serait intéressant de savoir où ils s’abreuvent.

Pour le reste, je ne pense pas que je vais m’engager à soutenir à la fois un parti fédéraliste ultra centralisateur, et l’ex procureur d’Alliance Québec déguisé en tinami des Québécois…

Peut-être que ce genre de démarches peut donner certains résultats. Mais pas tant que ça si j’en crois les chiffres.

J’aimerais bien savoir combien il restera de ces membres dans un an qui vont renouveler leur carte.

Surtout parmi ceux qui ont été hameçonnés avec la méthode de pêche qui a été employée avec moi.

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