Course à l’anglicisation (bis): comprendre le cas québécois

Quand on parle de langue, ça brasse toujours...
Quand on parle de langue, ça brasse toujours...

J’osais affirmer dans mon précédent billet que la course à l’anglicisation était bien engagée, en France comme chez nous. Là-bas, par l’utilisation croissante de l’anglais par les institutions, les médias, les entreprises — l’anglicisation par « en haut » — et, ici, par l’utilisation croissante de mots anglais dans le langage courant — l’anglicisation par « en bas ».

Une affirmation qui m’a valu, comme chaque fois qu’on parle de langue, un abondant courrier. Pour l’essentiel, les internautes affirment que, si le cas français est préoccupant, il l’est moins que le cas québécois, car l’attractivité de l’anglais y est encore en surface, ou en façade, d’une langue par ailleurs vigoureuse et saine dans son usage quotidien. Au Québec, au contraire, on agit certes pour mieux nettoyer la façade, mais c’est l’immeuble tout entier qui est miné, ou alors mité, par l’anglais, autant dans sa syntaxe que ses emprunts.

Le grand auteur-compositeur-interprète Stéphane Venne m’a fait l’honneur de ce commentaire:

J’ai l’absolue conviction que la qualité “francophone” (l’appartenance d’un collectivité à la langue française) tient à la compétence langagière collective, au savoir-dire qu’on a ou qu’on n’a pas, dans le rue ou au sein des institutions, plus qu’aux emprunts terminologiques qu’on fait à l’anglais ou toute autre langue (les emprunts syntaxiques sont infiniment plus toxiques).

De ce point de vue, je crains que le Québec soit en recul donc en danger, tant dans les rues qu’au sein des institutions, et que la France ne l’est pas. J’y ai vécu près de 2 ans il y a 12 ans (et par mes enfants, je fréquentais les autres enfants et leurs parents), j’écoute TV5 (on y entend certes les “institutionnels” mais aussi parfois la rue). Je crois que c’est un cas de “yinkawèronwébin”… Par comparaison, notre vocabulaire est rudimentaire, notre syntaxe simpliste (quand elle n’est pas carrément défectueuse). Ça va mal à la shop… et ça s’entend. Le roi est nu.

Je me répète, je n’en disconviens pas. J’ai cependant de la difficulté à saisir la tendance. L’anglais est présent dans notre syntaxe depuis la conquête, soit un quart de millénaire. L’affaire est entendue. Mais cela va-t-il mieux ou moins bien, au Québec contemporain ?

Certains, comme la linguiste Marie-Éva de Villers, affirme qu’il y a un progrès marqué de la proportion de Québécois qui utilisent le français standard, notamment au cours de la dernière génération. Elle signale aussi un net recul des emprunts à l’anglais depuis les années 70. Elle le voit chez ses étudiants de HEC qu’elle évalue depuis 20 ans. Elle note cependant une dégradation du français parlé dans les médias électroniques — mais pas de différence significative entre le vocabulaire utilisé dans Le Devoir et dans Le Monde – ce qui est un compliment pour Le Devoir. (On aimerait maintenant une comparaison Journal de Montréal/Le Parisien)

Mais nous sommes tous des observateurs de la langue et je dois admettre être frappé par une certaine réinsertion de l’anglais dans le langage courant, non dans les termes (bumper, etc) maintenant francisés, mais par un choix d’utiliser l’expression anglaise, comme si elle était plus puissante que son équivalent français pour exprimer un sentiment, une urgence, une découverte.

Le franglais, ce qui tient lieu d’argot québécois

Le politologue de l’UQAM Marc Chevrier en fait une saisissante et très actuelle nomenclature dans son récent article Les français imaginaires (et le réel franglais), publié dans L’Encyclopédie de la Francophonie.

L’anglais, écrit Chevrier, fait souvent irruption dans le parler québécois en guise de signal que le locuteur envoie pour dire: « je suis dans le réel, ce que je dis, je le pense réellement ou existe véritablement. » L’anglais est ainsi un marqueur de réalité.

Il faut lire l’article au complet (et merci à Christian Rioux de me l’avoir signalé), mais voici ses pièces à conviction:

1- Le vocatif : « Eh Gang ! » (dans le parler adolescent) ou « man », on sollicite l’attention de ses amis par un appel en anglais, plus marquant, plus viscéral que le français. On entend aussi souvent entre hommes : « Eh! Les boys! »; au Québec, la virilité ne parle pas français.

2- L’apostrophe d’étonnement : « Oh boy! », placée en début d’une phrase, pour indiquer l’imprévu, le choc avec le réel, le retour dans la réalité après avoir séjourné en français dans l’idéal ou la naïveté. C’est devenu une interjection courante dont usent animateurs de radio, journalistes et même les universitaires dans leurs communications officielles avec le pouvoir…. Même les Québécoises emploient cette expression. Nouvelles expressions exclamatives à la mode chez les jeunes  : « Oh my God!» , « What the fuck! ».

3- Le transfert de plan : comme les « by the way », « anyway » (d’après La Presse, le prochain film de Dolan s’appellera Lawrence anyways), « never mind » qui entrecoupent une phrase pour signifier le changement de plan dans le rapport au réel, pour passer à autre chose, orienter la conversation vers son point central ou la conclure.

Au Québec, en un an: 22,2 fois plus de Michael, Mikael et Mike que de Michel.
Au Québec, en un an: 22,2 fois plus de Michael, Mikael et Mike que de Michel.

4- L’emphase itérative: après avoir dit quelque chose en français, le Québécois redit exactement la même chose en anglais, pour se faire comprendre, insister sur son message et sa bonne réception ; « You know what I mean ? ».

5- L’attache affective, sexuelle ou filiale : comme le fameux « chum » ou le « fuck friend » mieux à même de dire la « chose » que le français ; les jeunes parents Québécois se plaisent maintenant à nommer leurs enfants « kids » : j’ai trois kids. Les prénoms anglais sont aussi monnaie courante, surtout chez les garçons : William (prénom le plus populaire en 2007), Anthony, Jeremy, Dylan, Kevin, Steve…. Ainsi que l’a souligné Jean-Luc Dion, l’engouement pour les prénoms à consonance anglophone atteint parfois des proportions étonnantes. En 1997, il y avait 23,2 fois plus de James, Jake et Jimmy chez les bébés garçons du Québec que de Jacques, 22,2 fois plus de Michael, Mikael et Mike que de Michel. […]

6- L’expression de la colère ou de la frustration: les gros mots empruntés à l’anglais (fuck, shit) ont souvent plus d’effets que les anciens jurons blasphématoires (tabarnak, chriss) utilisés par les Québécois, en réaction contre l’emprise de l’église catholique.

7- L’expression du plaisir vrai : c’est « l’fun » ou c’est « cool » dit-on pour exprimer le plaisir que l’on trouve dans une occasion ou une activité.

8- L’accord phatique : le Québécois n’emploie pas le français pour exprimer son accord ou signifier qu’il écoute le propos de son interlocuteur. Il dit « o.k. » et plutôt que « d’accord » ou « entendu ».

9- Le renchérissement positif : dans certaines circonstances, souvent après une victoire, l’exaucement d’un souhait, le Québécois dit « Yes ! » ou « Yes Sir ! » en haussant la voix. L’anglais a plus de résonance pour annoncer un triomphe, la joie ou une grande satisfaction.

10- Le superlatif : l’anglais peut exprimer à lui seul le superlatif, comme dans l’expression « être en shape », qui fait plus convaincant qu’être simplement en forme… On dit aussi de quelqu’un qu’il est « flyé » (allumé), le français n’ayant pas assez d’ailes pour voler dans les hauteurs. « C’est full bon » s’exclament souvent les ados.

11- Le conformisme légal : la langue institutionnelle au Québec est truffée d’emprunts sémantiques à l’anglais, les mots français étant utilisés dans leur sens anglais, tels « province » pour « État fédéré », « gouvernement » pour l’État tout entier ou l’Administration, « juridiction » pour les « compétences législatives » de l’Assemblée nationale. Lors d’un procès, des avocats s’adressent encore au juge en l’affublant du nom de «  Votre Seigneurie  » , (Your Lordship). […]

12- L’obligation: c’est le fameux «  c’est un must » , très usité, même en dehors du Québec, qui exprime non l’obligation légale mais celle de la mode, de ce qui est tendance, conforme à l’esprit présent ou au goût des personnes branchées.

13– La volonté d’écart : les Québécois n’ont pas développé une telle chose que l’argot, une espèce de contre-langue à l’intérieur de la langue, par laquelle une classe sociale, un groupe marginal tentent de déconstruire les normes du bien parler de la bonne société pour s’inventer une langue parallèle, insoumise, codée. Au Québec, le franglais, mâtiné de joual, tient lieu d’argot, c’est par le recours à l’anglais que la déconstruction ludique, jouissive ou rageuse du français se pratique, jusqu’à l’avilissement. […]

Le franglais est donc la contre-langue à l’extérieur de la langue, qu’ils portent en eux-mêmes tel un ressort intérieur participant de leur identité. Le français est trop irréel, dévitalisé, vaporeux, pour saisir de ses bouillons de fine dentelle le réel fuyant et abrasif. C’est ce qui s’appelle être assis continuellement entre deux chaises, une situation que les linguistes dans leur terminologie désignent du vocable de « diglossie ».

Chevrier trouve ces phénomènes bien plus délétères que la poussée snobinarde française d’utilisation de termes anglophones. Il a sans doute raison, quoiqu’on puisse désormais retrouver, chez les Français, plusieurs des mécanismes qu’il déplore chez nous, à un degré moindre il va sans dire.

Puisque le sujet vous passionne, chers internautes — et c’est déjà une raison d’espérer, car l’indifférence nous serait mortelle — je vous renvoie la balle en vous posant deux questions:

1) la situation étant ce qu’elle est, jugez-vous que l’anglicisation du français quotidien autour de vous augmente depuis, disons, 10 ans, est stable ou se réduit?;

2) commentez l’extrait suivant de Chevrier:

Par habitude, par réflexe congénital, le Québécois typique est celui qui ne peut faire deux ou trois phrases sans y mettre de l’anglais, un mot, une expression, une intonation, une tournure syntaxique, comme si le français ne pouvait se suffire à lui-même pour exprimer quoi que ce soit, des sentiments les plus communs de l’existence jusqu’aux pensées les plus subtiles.

Voire, si d’aventure un Québécois parvient à tenir un long discours sans le saupoudrer d’anglais, un étrange malaise s’installe, l’étonnement se conjugue au doute. Ou bien on s’extasie : « Oh ! I parle bien », pour signaler l’exploit, ou on se méfie, soupçonnant dans cette belle parlure un français emprunté dont la correction camoufle le désir suspect de se rehausser devant autrui et de se démarquer de la populace.

À vos claviers…

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Une chose est certaine.

IL FAUT ABSOLUMENT QUE LES JEUNES MAÎTRISENT aussi bien l’anglais que le français DÈS LA FIN DE L’ÉCOLE PRIMAIRE.

Et ce, parce que nous vvivons sur le continent nord-américain et parce que l’anglais est devenue la langue de communication sur la planète, même en Chine et en Inde.

Sinon les enfants de québécois francophones répudieront leurs parents s’ils ne les ont pas crucifiés avant. Au mieux ils leur reprocheront toute leur vie de ne pas leur avoir facilité l’apprentissage de l’anglais comme du français dès leur bas âge, en se disant que leurs parents ont sacrifié leur avenir à leur rêve insensé de glorification et même de déïfication du français à leur détriment.

Tous les néo-québécois, comme tous les autres nord-américains et comme ce sera bientôt le cas de tous les citoyens des autres pays du monde, parleront l’anglais en plus de leur langue maternelle et du français qu’ils auront appris au Québec.

Et si tous les enfants de québécois francophones en sont encore réduits, dans les 5 à 10 prochaines années, à la fin de l’école primaire, à ne BIEN MAÎTRISER que le français, parce que leurs parents nationalistes n’auront pas voulu évoluer, ces enfants seront encore désavantagés pour leur vie durant.

On impose sa langue quand on la parle bien.
Les humoristes seraient aussi drôles en parlant un bon français. Imagine l’influence qu’ils auraient si leur français était correct…

Et si vous voulez absolument trouver un bouc émissaire pour le blâmer de ne pas avoir agi quand c’en était encore le temps pour que le français devienne la langue de communication de la planète, BLÂMEZ la Pompadour, Louis XV et leurs pareils et cessez de pleurnicher éternellement sur votre sort de pauvres petits québécois francophones mal-aimés.

Aimons-nous nous-mêmes et adaptons-nous merde.

Soyons constructifs et réalistes.

La dernière partie est particulièrement vraie. Mais ce n’est pas nouveau, pour une raison qu’y m’est inconnue, les québécois on toujours eu peur de l’intellectualisme. Bien parler sa langue ne constitue pas de l’intellectualisme me dirai vous, et je serai certainement d’accord…mais allez leur dire à eux !

Le problème c’est que les gens au Quebec n’aiment pas la langue française. Je crois que la langue française est une langue réservé en grande partie pour l’élite. Moi je suis un immigrant donc la première langue n’est pas le français. Alors je peux me permettre de bien parlé sans me faire juger. Mais je remarque souvant lorsque je suis avec des québecois qui ont passé du temps en europe et, font un certain effort pour bien parler, ils se font souvant remettre à leur place par d’autres québecois qui ont moins vu de pays par exemple.

Il n’y a pas de raison de s’inquiéter à ce point de l’anglicisation de la langue. C’est normal qu’une langue évolue en fonction d’influences extérieures; c’est comme ça depuis le début des temps! Sinon, on devrait s’affoler de la forte présence de mots d’origine italienne, allemande et même arabe dans le français.

L’autre souci avec la chasse aux anglicismes, c’est qu’on tend à oublier que beaucoup de mots anglais sont en fait issus… du français! Quelques exemples parmi tant d’autres : « forest », « mutton », « hospital », « office ». Devinez d’où ça vient…

On a trouvé le problème docteur: on souffre de diglossie, sti!

«Au Québec, le franglais, mâtiné de joual, tient lieu d’argot, c’est par le recours à l’anglais que la déconstruction ludique, jouissive ou rageuse du français se pratique, jusqu’à l’avilissement. […] Le franglais est donc la contre-langue à l’extérieur de la langue, qu’ils portent en eux-mêmes tel un ressort intérieur participant de leur identité. Le français est trop irréel, dévitalisé, vaporeux, pour saisir de ses bouillons de fine dentelle le réel fuyant et abrasif. C’est ce qui s’appelle être assis continuellement entre deux chaises, une situation que les linguistes dans leur terminologie désignent du vocable de « diglossie ».

Le chantre de cette pleutrerie est le caricaturiste Chapleau dans son personnage de Gérard D. Laflaque à Radio-Gesca-tralala.

Quelle insignifiance!

Ça ne nous porte pas à réfléchir mais, à baisser les bras.

Je crois que c’est Georges Dor qui a recensé les expressions les plus parlantes du parlé québécois. Il en avait fait le titre de son petit bouquin: « Anna braillé une shot. » Et à l’intérieur: « La poliss è su l’coin la ka watch. »

Qui dit mieux?

Très intéressant comme billet !

En tant que jeune de 19 ans, je connais bien le langage des jeunes et comment il a évolué dans les dernières années autour de moi. Évidemment, il y a des anglicismes, on ne s’en sauve pas. Évidemment, on en retrouve moins dans le langage des intellectuels (bien qu’on en retrouve quand même). On en parle beaucoup, c’est une question qui se discute depuis des années, et on a pas fini d’en entendre parler. Toutefois, je ne crois pas que le cas des Québécois soit si horrible.

On se remet en contexte : le Québec est entouré de provinces anglophones, près des États-Unis également, et sa culture a été beaucoup influencée par la conquête de ses territoires par des anglophones. Moi ce qui me vient en tête, c’est un sincère sentiment de fierté face à ce qu’on est arrivé à conserver de notre langue.

Oui, il y a des anglicismes, mais ô combien de mots magnifiques spécifiques au Québec : courriel et magasinage pour ne nommer que ceux-là par exemple.

Je considère que nous n’avons pas tant d’anglicismes que ça quand je pense à toute l’influence face à laquelle nous devons nous battre pour garder notre langue vivante. D’ailleurs, les français aussi ont leurs anglicismes, ce ne sont tout simplement pas les mêmes.

Une langue vivante s’inspire des autres, les anglais parle bien d’un rendez-vous, ou d’un faux-pas.

Pour finir, je trouve intéressant qu’on lance le débat, beaucoup de commentaires en perspectives. Moi j’espère seulement de tout coeur que la langue québécoise continue d’évoluer selon notre monde, toute en gardant son identité française.

La syntaxe n’a rien à voir avec les expressions, les anglicismes et autres « ismes » touchant le lexique.

C’est dans les articulations logiques des idées, des syntagmes et des propositions que le moteur achoppe.

L’historien M.Brunet a mentionné il y a 40 ans que l’anglicisation s’est manifesté rapidement après la conquête que la syntaxe générale du français néanmoins a tenu le coup jusqu’à l’arrivé par exemple d’une institution comme Radio Canada information qui a relevé le niveau du français parlé par la radio et télé. Mais voilà seule la souveraineté du Québec peut procurer au français la puissance institutionnelle qu’il n’aura jamais au Canada certainement pas dans le gouvernement Charest!

Messieurs, dames, signez la pétition, merci.

Réponse à la question 1:

Si la qualité du français s’est améliorée au cours des dix dernières années, la qualité de l’anglais langue «seconde» s’est catapultée. Comme le disait Miron: « le problème c’est pas le français, c’est l’anglais ». C’est important d’apprendre l’anglais. Mais si l’anglais est dans les perceptions la langue des affaires, du droit, du travail et du savoir, il n’est pas étonnant que ce qu’il nous reste c’est une langue de calque, du «traduidu» comme disait Miron.

Réponse à la question 2:

C’est une manifestation de l’aliénation linguistique. La langue de calque, traduite et incorrecte que nous parlons est devenue notre langue. Parler le français de façon correcte est devenu irréel et suspect.

Je remet le lien de l’entrevue de Gaston Miron pour ceux qui ne l’ont pas vue: je crois qu’il a encore parfaitement raison, même 35 ans plus tard.

http://www.tagtele.com/videos/voir/39617

L’anglicisation galope!

Monsieur Marc Chevrier publia en 1998 un texte coup de tonnerre sur la néomonarchie canadienne:

http://agora.qc.ca/textes/chevrier20.html

À ce moment, des lecteurs ont pu rester indifférents, le croyant défaitiste. Aujourd’hui, en le relisant, force est de constater qu’il avait bien compris ce qui s’en venait: Le rapatriement unilatéral de 1982 confirmait la Cour Suprême dans ses pouvoirs ultimes, monarchistes, d’achever le plan de Lord Durham: l’assimilation des misérables descendants de Nouvelle-France à l’hégémonique Empire Britannique.

Pour moi, toutes les langues, y inclus le français, doivent, où que ce soit, s’inscrirent dans le courant de la langue la plus utilisée, pas en diverger.

Celles qui décident de s’en éloigner, décident, ce faisant, de leur obsolescence graduelle et de leur extinction à terme.

« Un mal qui répand la terreur… »
Non, un cancer sournois, indolore, incolore et insipide… dont on doit prendre conscience au plus vite, au plus coupant, au plus sacrant, au plus Christ !
Merci M. Lisée de nous mettre les yeux devant les trous… car ce n’est pas le PLQ inféodé qui va le faire pour nous.
Mobilisation générale avant qu’il ne soit TROP TARD… Notre survie comme peuple en terre d’Amérique en dépend !
Le joyeux retraité de Mazatlán

Votre billet est très dense. Je vais donc réfléchir encore quelques heures avant de faire mon commentaire.

Mais j’aimerais soulever un point, une hypothèse à vrai dire. Se pourrait-il que plusieurs, dans la population, aient une sensibilité plus grande face à notre anglicisation du seul fait de l’accroissement de la compétence, chez ces locuteurs, à mieux utiliser le français comparativement à celle observée au début de la révolution tranquille par exemple ? Bref peut-être devenons-nous plus exigeants même si nos défauts langagiers sont encore nombreux.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’anglicisation. Mais je considère qu’en général, la qualité du français s’est améliorée depuis les années de la révolution tranquille. En ce sens je serais plutôt d’accord avec l’opinion de la linguiste Marie-Éva de Villers, présentée plus haut.

Anecdote. En 1968-69 j’enseignais dans une classe de jeunes de la dernière année du primaire. Avec la classe, nous discutions de la qualité de l’expression orale, tant dans la syntaxe que dans le vocabulaire et la prononciation. La majorité de la classe en vint à avouer qu’ils éprouvaient comme un gène à «bien» parler. À cette époque l’expression utilisée était: «J’veux pas awère d’l’air fif.» L’homophobie était omniprésente faut-il dire 🙁 . Prenant la balle au bond ( le jeu de mot arrive …;-) ) je leur fis remarquer que dans les films de James Bond (fort populaires à l’époque) le héros, James Bond s’exprimait dans un langage châtié. Tous approuvèrent. Alors je leur demandai s’ils trouvaient que James Bond avait l’air «fif»? Évidemment tous convinrent que non, au contraire qu’il était le modèle idéal du mâle (de l’époque), voire même du macho. À la suite de cette discussion, les exercices oraux devinrent plus faciles à faire, la résistance avait diminué notablement.

Comme quoi les choses ont évoluées, mon petit fils de 6 ans, que je considère représentatif des ses petits copains que j’ai aussi observés, a une expression orale tout à fait correcte et beaucoup plus satisfaisante que la moyenne des mes élèves en 68-69.

«Il ne faut pas juger avec nos yeux instruits d’aujourd’hui mais avec nos yeux aveugles d’hier.»
[Maurice Druon]

Je suis bien d’accord avec ce texte. Il suffit de lire les journaux, écouter les jeunes… et les moins jeunes pour s’apercevoir que l’anglais est dans toutes les phrases.
Probablement qu’à Montréal c’est encore plus prononcé.
Une raison dans mon cas j’ai étudié deux années à l’école anglaise et je ne lis pas assez de livres en français afin d’améliorer mon français.

@Un simple citoyen

Quelle mouche vous a piqué ?

Votre agressivité est surprenante. Est-il dit qu’on doive trouver quelqu’un à blâmer ?

La première chose qui est nécessaire est de prendre acte de la situation, faire un diagnostique sans se mettre dans la tête qu’on doive jeter le bébé avec l’eau du bain.

Mais gardons-nous de faire trop de prédictions. Ainsi il y eut une époque où le français était la langue de référence universelle. Je prédis que le temps n’est pas loin où nos outils informatiques, à cause de la puissance des ordinateurs qui ne cessent d’augmenter, pourront faire des traductions tout à fait acceptables de n’importe quelle langue à l’autre, sans exception. Ce jour, l’anglais aura beaucoup perdu de sa nécessité. Mais avant d’arriver là, il est un fait, l’anglais est nécessaire pour beaucoup de personnes. Mais au fait, il ne faudrait pas oublier que pour beaucoup de Québécois des régions, dans leur vie quotidienne, l’anglais est loin d’être nécessaire et ils peuvent passer des mois, voire des années, sans avoir à dire un traître mot d’anglais. C’est vrai, demandez-leur !

«Autant dire que nous ne savons plus notre langue et qu’à force d’apprendre celle des autres peuples, nous avons laissé la nôtre vieillir et se dessécher.»
[Rémy de Gourmont]

Les Québécois se préoccupent de la qualité du français en France… j’peux faire une imitation de ma jeune soeur (secondaire 3) ?

«sé com genre teellemant cool ste blog la sauf cte shit la que jcomprent pa pentoute kaand i parle dla qualiter dmon fransais la je lsait que chu borderline mais so what pis by the way j’aies passer mon français au secondaire pis j’ai eu B en aural fek what the fuck sé koi lprobleme lol ! vous me conprener pas ? ahh neveux mine !»

Mais quand vient le temps de parler en anglais …

Merde à tous ces pessimistes qui croient que la langue du Québec soit menacée par les anglicismes. Les Québécois parlent officiellement la langue française, mais avec des expressions à eux et avec un accent. Le Français du Québec a fait des pas de géants. Je ne crois plus à sa disparition. Quant à ceux qui clament haut et fort que tous les jeunes à la fin du primaire doivent parfaitement maîtriser et l’anglais et le français… ??? sous prétexte de Mondialisation !!! Quelle UTOPIE??? Et quand la Chine sera la 1ère puissance mondiale … faudra-t-il se mettre au chinois ou mandarin pour être à la Mode de la Mondialisation? Cela suffit ces fausses idées qu’on répand légèrement à la surface de la planète.

Et si vous demandiez à vos média (radio, TV, presse) de s’exprimer en vrai français.
J’en ai marre en tant qu’européen de vous entendre et vous lire avec mon dictionaire à mes côtés.

Sans oublier la soudaine proéminence du « Go Habs Go ». Je ne suis pourtant pas si vieille encore (moins de 30 ans) et je me rappelle très bien avoir entendu le mot « Habs », utilisé afin de désigner les Canadiens, pour la première fois en discutant hockey avec des anglophones de Montréal, une fois adulte. Maintenant, de jeunes et fervents partisans du Canadien dans ma famille ne prêchent que par le « Go Habs Go ». Un exemple insignifiant en soit, mais qui reflète une tendance plus lourde.

Bonjour,
Étant depuis belle lurette un fervent abonné du Monde Diplomatique, ami en plus, je me plais à regarder le Québec aller de l’extérieur par la lorgnette de mensuels européens tel le Monde Diplo et le Courrier International. Le Monde Diplomatique sous la férule de immense Monsieur Ignatio Ramonet a eu des positions extrêmement cinglantes contre le nationalisme québécois et surtout le Parti Québécois souvent qualifié de Marchands de Brouillard par le mensuel.
En effet, avec cette mise en contexte, si nous pouvions regarder par une autre fenêtre la situation du Québec qui ne parle et écrit aucune des deux LANGUES OFFICIELLES du Canada. Et comme dans son numéro de Novembre 2010, le Monde Diplomatique sous la plume de Monsieur Benoît Bréville signe un texte cinglant qui fait la démonstration que la révolution dite tranquille et surtout culturelle a été littéralement scrappée dans la Belle Province par tous ceux qui ont tenté d’ASSOCIER NATIONALISME ET TRANSFORMATION SOCIALE. Un non sens car le nationalisme empêche l’évolution et devient surtout un FREIN lorsque exacerbé comme il le fut ici. Ayant fait fi du REFUS GLOBAL qui les tournait au ridicule, les nationalistes québécois ont été les artisans de leur propre malheur en devenant un REPOUSSOIR pour la très grande majorité des gens qui ne partageaient pas leur vision étriquée et dénuée de réalité, revancharde à n’en plus soif.
En outre, en voulant observer cet épiphénomène du français CHÂTIÉ de cette société qui se croit distincte aveuglée par son nationalisme, qui n’a jamais entendu dire qu’une loi est surtout faite pour être violée ? En observant le comportement des jeunes qui sont surtout allergiques au nationalisme sous toutes ses formes, par essence, la jeunesse se révolte contre TOUT CE QUI LUI EST IMPOSÉ, se rebiffe en employant des mots empruntés à la langue anglaise pour faire COOL et en même temps faire un immense doigt d’honneur aux vieux croûtons qui sont les thuriféraires de la Cause et ont même passé une loi, soit la Loi 101 en voulant améliorer la situation mais qui s’avère plutôt une arme à deux tranchants car comme bien des lois, ce qui est imposé devient vite un REPOUSSOIR surtout si le tout est porté par des êtres revanchards qui ont les yeux tournés vers le passé.
Finalement, le Québec se doit s’il veut sortir de sa torpeur langagière qu’il traîne comme un boulet d’enseigner au plus vite le français international et aussi amener plus de vocabulaire dans la besace des jeunes étudiants. Apprendre à disserter est une chose, mais comment disserter si tu n’as pas les outils grammaticaux et la syntaxe qui vont de pair. Comment exprimer un état d’âme, une vue de l’esprit, argumenter sur une prise de position si tu n’as pas les mots pour le DIRE et en faire la démonstration éloquente. Ces immenses lacunes servaient les intérêts nationalistes car en isolant les québécois avec un franglais et un français châtié et incompris ailleurs, les québécois étaient des proies faciles pour le nationalisme qui les isolaient dans leur TERREAU. Au plaisir, John Bull.

Est-ce que quelqu’un sait si le même phénomène existe chez les hispanophones des Amériques?

Et, si oui, est-ce qu’il existerait en mieux ou en pire?

Et aussi, est-ce qu’on se préoccupe du problème chez eux comme on le fait chez nous?

C’est qu’il peut être instructif que de se comparer à d’autres. Non ?

C’est certain qu’il y a bien des problème avec la langue parlée des Québecois. Mais, s’il y a une expression qui m’irrite sérieusement les oreilles, c’est »on va faire avec » qu’on entend régulièrement sur les ondes des radios et télévisions…dont Radio-Canada!
It sems that will have to make with.
Gérald Scullion, Alma

«L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête», disait un grand penseur.

Gardons-nous de vouloir être plus catholiques que le Pape. Il y a l’idéal et il y a la réalité. Nous vivons dans une océan anglophone. La ritournelle n’est pas nouvelle. Elle n’en n’est pas moins vrai. Je l’ai écrit plus tôt, j’ai la conviction que la qualité de langage s’est améliorée de génération en génération.

Mais de ce temps-ci, le problème me semble carrément l’usage excessif de l’anglais là où le français devrait l’être en priorité. Dans les stations de radio et les chaines de télévision francophones qui devraient nous présenter des chansons francophones, on se pique de nous offrir des chansons anglophones souvent interprétées par des artistes francophones, comme si ces derniers voulaient montrer à d’éventuels espions américains qu’ils sont capables de performer en anglais. (Oups ! Est-ce que viens d’utiliser un anglicisme en le mot « performer ». Selon le sens de ma phrase j’oserais dire non si je me fis à l’opinion de l’OQLF. Cependant J’aurais dû utiliser le Guillement français («») en lieu et place du guillemet anglais (« »). L’anglicisme n’est souvent pas là où le croit !)

Ce fut le cas lors de l’émission à la télé francophone de R-C, l’Univers de … où on nous offrit les choix musicaux de l’invité Louis Morissette, composés au moins à 80% de pièces strictement anglophones. Voilà de l’«anglicisation» à vitesse grand «V».

Ce matin à Radio-Canada, première chaîne, la journaliste artistique, parlant d’un artiste utilisa l’expression «showcase» alors que le mot «vitrine» aurait dû être utilisé. Cette faute est d’autant moins pardonnable qu’elle s’est produite à la Radio de Radio-Canada et elle a été commise par une «spécialiste» de la communication. Voilà une autre réelle situation d’anglicisation que je trouve extrêmement déplorable et pernicieuse en cela qu’elle donne aux auditeurs un mauvais exemple.

Ces deux exemples sont d’autant plus déplorables que leurs auteurs avaient l’expertise et les ressources pour les éviter, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

L’hégémonie de l’anglais est réelle et nous oblige à être encore plus prudent. Au Québec, nous nous étions dotés de la loi 101 pour nous aider dans cette tâche. Mais l’institution fédérale assimilatrice qu’est la Cour suprême du Canada n’en finit plus de nous mettre des bâtons dans les roues. Nous devons donc impérativement nous en débarrasser, s’en affranchir. L’indépendance devient donc la seule solution.

Réponse 1: Ce n’est pas scientifique, bien sûr, mais autour de moi cela ne fait aucun doute: les tournures anglophones sont mainteant partout alors qu’elles n’étaient que presque partout il y a 10 ans. Si vous me permettez de reculez aux descriptions de René Lecavalier ou aux commentaires de Gilles Tremblay, ce dernier ancien joueur ne l’oublions pas, alors là c’est la catastrophe!

Réponse 2: À cela je réponds que si Joseph Facal remet les pieds en politique, son plus grand handicap sera qu’il parle un français impeccable. Misère!

En France c’est peut être 10% d’anglicisés ici au Québec c’est 40%
En France la langue la plus menaçante est l’arabe avec près de 15% de locuteurs
Le domaine le plus anglicisé en France est la chanson mais c’est une mode temporaire
Au Québec la langue pour nous ouvrir au monde en plus du français devrait être l’espagnol qui est la langue des 95% des pays des Amériques
Plus que 10% des citoyens qui apprennent une seule autre langue c’est de l,assimilation et au Québec c’est déjà 40% vers l’anglais

Totalement d’accord avec le dernier extrait de Chevrier. Beaucoup d’immigrants francophones (maghrébins, libanais, africains) s’étonnent parfois d’entendre un Québécois comme moi s’exprimer correctement en français, sans fautes de syntaxe, anglicismes, etc. Ils me disent: « vous ne seriez pas un peu français, par hasard? »… je leur dis que non, car je déteste ce préjugé affreux selon lequel tous les Québécois parlent mal le français. Ce qui est triste c’est que je me sente obligé de leur mentir, car mon père est français…

Autre problème lié à l’anglicisation: beaucoup de Québécois affirment ne pas parler français, mais plutôt LEUR langue, le « Québécois », une langue qu’on parle comme on veut. Si on leur fait remarquer leurs fautes, on est vu comme un étranger qui n’a pas compris que « c’est comme ça qu’on parle icitte ».

Je suis d’accord avec 14-Julien Bousquet.

Le problème c’est la force et le prestige de l’anglais. L’anglais est la langue de travail au Québec (surtout à Montréal, évidemment) si on omet quelques cas, non sans importance, comme une grande partie de la fonction publique et parapublique, les librairies francophones (il y en a encore en dehors de Renaud-Bay et d’Archambault) et le dépanneur du coin (quoique là, souvent, il vaudrait mieux connaître le chinois ou le vietnamien pour avoir une conversation).

Depuis qu’existe la Charte de la Langue Française (du moins ce qu’il en reste). Nous avons beaucoup discuté d’affichage et de langue d’enseignement, il fallait le faire. Mais pendant ce temps, sur le marché du travail, l’anglais a su résister et il a repris sa marche en avant depuis longtemps. Or l’économie n’est-elle pas le moteur du monde moderne? La langue du pouvoir réel est celle de l’économie. En tous les cas c’est le pouvoir vécu au quotidien, loin des beaux discours. Les immigrés le comprennent assez vite et un certains nombre de francophones (voir les écoles passerelles).

On pourrait dire, aujourd’hui, la même chose de la langue du savoir. Nos universités francophones se battent pour donner des cours en anglais et les professeurs y publient déjà leurs travaux de recherche en anglais. Et maintenant on parle d’enseigner en anglais dans les cégeps francophones. C’est en plein ça un SUICIDE.

Je crois que lorsque les québécois utilisent un mot anglais, c’est parfois parce que son équivalent français n’a pas exactement la même signification dans le langage courant (du moins, pour le jeune que je suis).

Exemple, je ne peux pas dire « cette fille est mignonne » et aller la voir l’instant d’après pour essayer de la séduire étant donné que « mignonne » a une connotation infantilisante dans le langage courant. Dire d’elle qu’elle est « cute » est malheureusement plus (faussement diraient certains) approprié car ainsi il est clair que je la trouve intéressante au premier coup d’œil.

Il y a certainement du vrai dans le concept de « marquer de réalité » de M. Chevrier (car l’utilisation du patronyme sans la marque de politesse est une habitude anglaise, à moins de familiarité avec le sujet. Le fait est que, notamment dans les domaines économique et culturel (et je note au passage que « la Biz » est nettement plus anglicisée en France que ne le sera jamais la chanson, quoiqu’en pense MichelG), les réalités contemporaines nous sont décrites en anglais d’abord, puis traduites, ce qui est bien sûr propice à la contamination progressive de la langue. Il est vrai que les expressions anglaises semblent mieux refléter la vie quotidienne que les expressions correspondantes françaises, qui semblent souvent un peu désuètes, ringardes, dépassées.
Ceci dit, je crois que la comparaison de M. Lisée entre la France et le Québec, l’anglicisation par le haut contre l’anglicisation par le bas, tape en plein dans le mille. Le québécois populaire a depuis toujours été lourdement influencé par l’anglais qui l’entourait, mais le français n’en est pas moins resté vivant et fort au Québec, même s’il s’agit d’un français mâtiné. De plus, le Québécois moyen ne tire pas de fierté de parler un français anglicisé, il est conscient qu’il ne s’agit pas là d’une langue valorisée.
La tendance française, où en quelques décennies à peine l’anglais s’est infiltré dans toutes les sphères de la vie et où il est carrément désiré, où on l’implante souvent artificiellement non pour cause de contact quotidien mais par snobisme, me semble menacante.

Bonjour,
Et si nous devons comprendre le CAS québécois, nous ne pouvons ignorer que l’immigration massive que l’on se doit d’accueillir afin de prendre la relève dû au faible taux de natalité, cette immigration qui ne frissonne pas de tout son être comme un péquiste face à l’évocation des Plaines d’Abraham, de la nuit des longs goulots, du rapatriement de la Constitution et des Commandites, et oui, cette immigration est réticente à s’identifier aux pures laines du Pays qui écrivent et parlent un français approximatif et châtié. Le choix pour eux est des plus facile, soit de s’identifier tout de go à la communauté anglophone qui les accueille mieux en leur fournissant aussi du travail dans la langue de Shakespeare, venant ainsi grossir les rangs de ceux qui les accueillent du mieux qu’ils peuvent au lieu de vouloir leur faire porter le lourd poids du passé en les accueillant en plus avec une brique et un fanal en leur faisant porter le blâme de nombreux échecs…. Au plaisir, John Bull.

Message pour 34-Nicolas de Villeray:

Je comprends votre commentaire, mais avouez que c’en est navrant, non? Je ne suis pas un pointilleux de la langue française, mais il me semble que l’on peut facilement dire à une femme qu’elle est jolie, ou encore mieux, qu’elle est belle.

Je ne connais pas une femme qui n’apprécie pas un tel commentaire. Je ne vois pas ce que « belle » a à envier à « cute ».

« Tu es tellement jolie! », « Comme tu es belle! », ça ne se dit pas bien ça? Vous pensez qu’elle n’aimera pas? Je suis sûr du contraire.

Mais dites-moi, franchement, serait-ce plus « gênant » pour vous de le dire en français? Serait-ce là la vraie raison? Votre réponse m’intéresse!

Et bonne chance avec les dames! 😉

Il y a des morons qui ne comprennent pas qu’une langue, c’est vivant!
Ça influence et c’est influencé par son milieu de vie. Il n’y a pas de bon ou de mauvais. Les québécois parlent une langue qui est un mélange de vieux français, d’anglais de nouveau français (AKA qui vient de France) et que s’ai-je encore.

C’est bon, c’est OK… Il ne faut pas chercher à préserver les choses dans un carcans, sans réfléchir à quoi que ce soit. La langue que les gens parlent reflète leurs vies; C’est tout!

@ Raymond Campagna, en ajout à votre commentaire # 12,

La syntaxe pour les nuls :

c’est la partie de la grammaire qui traite de l’arrangement des mots, de la construction des propositions et des rapports logiques des phrases entre elles.

Autrement dit, la syntaxe est l’ensemble des règles de construction d’une langue.

Et en language technique, c’est l’ensemble des règles d’écriture d’un langage de programmation informatique.

@ Raymond Campagna, votre comentaire # 12,

Définition d’un lexique :

Dictionnaire bilingue succinct.
Ensemble des mots d’une langue, d’une époque, d’une activité particulière.

@ Raymond Campagna, commentaire # 12,

Définition d’une proposition :

Action de proposer.
Suggestion.
Ce qui est proposé.

En logique: énoncé formé d’un sujet, d’un verbe, d’un attribut, etc., susceptible d’être vrai ou faux.

En grammaire: groupe syntaxique formé d’un verbe, d’un sujet et éventuellement de compléments.

Portons-nous notre langue dans notre coeur? Sommes-nous amourachés de notre langue?

Lisons-nous à peine, un peu, moyennement, beaucoup, continuellement?

Sommes-nous conscients de l’importance de notre langue et de sa fragilité?

Sommes-nous indifférents face à la menace de folklorisation du français en cette ère d’anglobalisation?

Sommes-nous indifférents quand nous apprenons que le français est en péril sur l’île de Montréal?

Réalisons-nous que quand on dira « mountrihall » au lieu de Montréal, il sera déjà trop tard?

Faisons-nous des efforts pour favoriser le rayonnement de notre langue, de notre culture?

Tant que mon coeur battra, le français sera vivant en Amérique française.

Pour moi parler français constitue un plaisir à l’état pur. J’aime beaucoup l’anglais et toutes les autres langues, elles me fascinent, me transportent, ne me font certainement pas peur. Toutefois, le français est le souffle qui m’habite, l’essence de mon âme, le reflet, la couleur et la structure de ma pensée.

Le français est une langue fantastique, unique. Le français est la langue par excellence de l’État, de la diplomatie, des arts et des lettres. Le français est un joyau de la civilisation. La français est notre richesse, notre bien inestimable, notre leg le plus précieux. Le fondement de notre identité.

Le français, une de mes raisons d’être, ma façon et mon plaisir d’être de la famille universelle francophone, humaniste, humanisante.

Depuis des années je suis le débat avec intérêt. Une dimension importante me semble manquer à la réflexion: la créativité. Le québécois ne semble avoir pas la légitimité de créer son propre argot dans les films ou dans la communication publique. Il faudrait qu’il emprunte au français européen, un imaginaire linguistique étranger, des expressions sans échos ici avec un accent donnant l’impression de travailler pour Radio Canada.
C’est l’intelligence émotionnelle des gens se préoccupant de langue qui semble ne pas tenir compte de la part émotionnelle/sociale de l’évolution de la langue. Le génis populaire suit les chemins les plus courts pour produire du sens. La langue est une partie de l’équation: le reste, c’est l’espace social, médiatique… celui qui créer un pole magnétique et frappe l’imaginaire. La force créatrice de l’anglais est si libérée de norme et si libérante qu’elle permet à plusieurs de s’amuser avec, de jouer avec les tons et les couleurs sans vergogne.

C’est il y a 34 ans hier le 15 novembre 1976 que René Lévesque avait dit :«Je n’ai jamais pensé que je pourrais être aussi fier d’être Québécois que ce soir». C’était bien exprimé et cette phrase a fait l’Histoire. Je crois comme monsieur Drouin #12 que la langue française a fait des progrès au Québec, si on regarde l’évolution avec un certain recul. Par contre, il y manque encore une dose de fierté.
Quand les Québécois seront assez fiers d’eux pour se donner sans hésitation et de manière clairement majoritaire ce pays tant attendu et que nous méritons chaque jour davantage, ce pays à part entière avec son passeport et son siège à l’ONU, alors plus personne ne pourra même penser qu’il pourrait l’air d’un«fif» à bien parler français, car la langue ne sera plus celle d’un groupe de vaincus, castrés, manipulés, et honteux d’être qui ils sont, mais ce sera la langue d’un peuple fier de ce qu’il est.

@Simon Brodeur

Gaston Miron, « le magnifique », ça vous dit quelque chose?

La français est une langue à part entière, nul besoin d’un tuteur ou d’un support quelconque. Le français est une langue vivante qui se décline sous des accents multiples selon les régions, les nations, les continents et aussi bien sûr, la force créatrice de l’imaginaire.

Ça me désole de voir autant de préjugés sur la langue… On devrait instaurer des cours de lingusitique au secondaire pour que les gens se défassent de ces préjugés non fondés… UN : il n’y a pas de langue mauvaise DEUX: on a un vocabulaire aussi riche que n’importe quel autre variété de français TROIS : on n’a pas de problème d’articulation ou de prononciation QUATRE : la langue populaire est aussi complexe que la langue dite recherchée CINQ : on a seulement une variété de français différente de celle en France, nous souffrons d’insécurité linguistique, nos ouvrages de référence en matière de langue proviennent majoritairement de la France (ou s’en inspirent fortement). ARRÊTONS DE DIRE QU’ON PARLE MAL, C’EST LA DÉVALUATION QUE L’ON PORTE À NOTRE LANGUE QUI FAIT LE PLUS MAL. Notre langue est aussi prestigieuse que n’importe quel autre vairété de langue. Un point c’est tout. Si vous désaprouvez, allez prendre des cours de linguistique où l’on étudie de façon la plus objective possible, où l’on voit clairement ce qu’est notre variété par rapport aux autres. Ouvrez-vous l’esprit et arrêtez de dire que notre français est synonyme de dégénérescence. Je ne prétends pas être une spécialiste de la langue, mais la plupart des gens qui prennent parole dans les médias sur les questions de langue ne sont pas qualifiés pour le faire… Laissons la parole aux vrais spécialistes qui ne font que ça de leurs jounées, étudier la langue. Merci!

Comme plusieurs l’ont déjà souligné, les anglicismes en France sont avant tout l’affaire des milieux de marketing et publicité (et la libéralisation des échanges entre les pays de l’UE n’est pas étrangère à cette anglicisation). Il suffit de regarder un peu TV5 (et de ne pas se contenter de lire ce qu’on raconte sur des forums québécois) pour s’apercevoir que le Français moyen n’a surtout pas de leçon à prendre du Québec pour la qualité du français parlé.

Si les magazines français s’adressant à un public jeune saupoudrent parfois les textes de mots anglais, c’est peut-être pour assouvir une certaine faim d’exotisme et un goût pour un monde qui dépasse les limites de l’Hexagone. Chez nous en revanche, la plupart des jeunes seraient plutôt portés à délaisser le français pour choisir carrément le magazine américain.

Enfin, M. Lisée demande : jugez-vous que l’anglicisation du français quotidien autour de vous augmente depuis, disons, 10 ans, est stable ou se réduit ? Je serais porté à dire qu’elle augmente et, ironiquement, peut-être même davantage auprès des plus instruits (je parle ici de l’usage de mot anglais qui est à distinguer de l’anglicisation de la syntaxe autrement répandue au Québec).

Mais je me pose plutôt les questions suivantes : Qu’est-ce qu’on pense gagner à reprocher constamment aux Français une supposée anglicisation ? Avec le financement par la France de TV5 (à hauteur de 67%), RFI, CFI, un réseau de lycées de langue française partout dans le monde, les Alliances françaises, le Québec est-il vraiment bien placé pour faire la leçon en matière de défense et promotion de la langue ?

En lisant votre texte je reconnais que j’utilise parfois certains mots anglais… YESS

…sans en abuser toutefois…

Je porte le français dans mon coeur, c’est une certitude.

Toutefois, comme Québécois francophone, je ressens aussi le besoin de posséder une autre arme linguistique pour faire ma place et conserver certains avantages face à nos encombrants voisins.

Et cette arme c’est la langue anglaise que je perfectionne du mieux que je peux.

Comment faire face à mon protagoniste si je ne le comprends pas ?

Est-il réaliste de croire qu’en Amérique du nord il puisse exister un Québec radicalement francophone et fermé à toute forme d’influence de l’anglais? Je crois que non. Mais il faut éviter de tomber dans l’excès inverse et s’ouvrir sans précaution à l’anglais.

Nous serons toujours condamnés à marcher sur cette corde raide et ce sera un combat sans fin…

… sauf si un jour nous nous rallions à cette déclaration d’un de nos grands publicitaires qui disait à peu près ceci :

« IL NE FAUT PAS SE SÉPARER, MAIS S’EMPARER DE L’AMÉRIQUE »

Bref rendre notre culture tellement séduisante qu’ils succomberont tous à son charme…

… on peut rêver quoi ??

@ Simon Brodeur, commentaire # 43,

J’aime beucoup votre analyse de l’évolution de la langue d’ici, et de ce qui la meut et je trouve que vous visez particulièrement juste lorsque vous dites:

»C’est l’intelligence émotionnelle des gens se préoccupant de langue qui semble ne pas tenir compte de la part émotionnelle/sociale de l’évolution de la langue.

Le génis populaire suit les chemins les plus courts pour produire du sens. La langue est une partie de l’équation: le reste, c’est l’espace social, médiatique… celui qui créer un pole magnétique et frappe l’imaginaire. »

»La force créatrice de l’anglais est si libérée de norme et si libérante qu’elle permet à plusieurs de s’amuser avec, de jouer avec les tons et les couleurs sans vergogne. »

S.V.P., remplacer le premier paragraphe de mon commentaire précédent par celui-ci:

»J’aime beaucoup votre analyse de l’évolution de la langue d’ici, et de ce qui la meut, et je trouve que vous visez particulièrement juste lorsque vous dites: »

@daniel charette c’est très bien ce que vous écrivez. Mais vous devriez savoir qu’ au Québec les gens ont plus tendance a parler le québecois au lieu du français. C’est un peu comme les haitiens ils parlent le créole au lieu du français.

Quel beau texte intéressant, M. Lisée ! Merci !
Je suis totalement d’accord avec les conclusions de M. Chevrier, qui correspondent à mes observations. En réponse à vos questions :

1- L’anglicisation augmente depuis dix ans, à l’évidence. Le triomphe de la syntaxe anglaise sur la française peut être symbolisé par l’omniprésence de l’expression «faire une différence», employée dans le langage quotidien mais, surtout, étalée à la une de tous les médias écrits, audio ou télévisuels sans qu’aucun chef de pupitre ne réagisse, ce qui a pour effet d’en légitimer l’usage populaire.
Ce ne sont pas mes petits courriels de rappel qui ont apporté le moindre changement (fait une différence) dans cet état de fait.
Au lieu d’enrager à répétition, j’ai finalement décidé d’accepter ce détournement d’usage de l’anglais au français. Le français s’adapte. Il s’adapte à ce fait incontestable que l’anglais exprime parfois mieux, en moins de mots, de manière plus rapide, plus condensée, voire plus réaliste,l’idée à dire.

Le français qu’on est en train de développer au Québec est différent de celui qui se forge en France. J’aime bien croire qu’on saura malgré tout préserver «l’âme fançaise», au moins dans ce qu’elle a de plus adapté à la réalité et de plus connecté à notre ressenti, à travers tous ces changements qui nous sont inévitablement imposés par l’usage.

2- C’est tellement vrai ! J’ai beau détenir un bac plus une maÎtrise universitaire, si je ne mets pas quelques expressions anglaises dans mes propos,j’ai peur de n’être pas bien accueillie ou comprise !

Bonjour,
Française, je vis et travaille à Paris, et peux témoigner qu’en France, on observe les mêmes mécanismes de recours aux termes anglais que ceux que vous décrivez. Même les discussions d’affaires sont matinées d’anglicismes. L’autre jour un client me demandait de « checker la pagination » d’un document!?
Un comparatif des recours à l’anglais entre la langue parlée et la langue écrite, selon les supports (internet, courrier, presse) serait à mon avis un bon complément d’enquête.
Par ailleurs, en France, on trouve aussi un français mêlé d’arabe, surtout à l’oral. Je ne sais pas si le français au Québec subit cette influence.

Comme M.Denis Drouin dit vrai:dans quelques années, les ordinateurs seront assez puissants pour traduire instantanément toute langue étrangère.La communication sera universelle à partir d’une langue nationale. Empressons-nous de parler correctement notre langue française que le Québec défend bien. Laissons les Mondialistes … !!! qui, pour la plupart se croient porteurs de la Vérité universelle,se soumettre docilement à l’Anglais.Qu’ils s’amusent bien entre eux dans leur arrogance. Dans peu de temps, ils seront tous démodés et hors-jeu. Vive le Français du Québec:c’est une Belle Fleur de Lys. Que vivent encore encore les langues régionales comme le breton, l’occitan et l’alsacien. Elles sont vivantes et je m’en réjouis.

c’est étonnant de voir à quel point on est perverti par les expressions de toutes sortes(anglaises et autres) et les niveaux de langage qu’on utilise…comme le caméléon! Malgré ma grande consommation de lectures, je me surprends à ne plus trop savoir si une tournure de phrase est bonne ou non…et je trouve plus facilement le mot anglais(qui dit bien ce que je veux dire) que le mot juste en français….on glisse imperceptiblement vers une langue colorée et bâtarde, il faut bien se l’avouer!
merci pour cet article éclairant.

Essayant moi-même de bien parler (c-à-d d’utiliser le moins d’anglicismes), je passe pour un snobinard aux yeux de plusieurs. Alors, oui, je trouve que le français se dégrade chez les jeunes, sans doute une perversion de l’écoute à grande dose de V, TVA, de musique anglaise (sans pour autant comprendre une seule ligne de la « poésie » qui s’y trouve), etc.

Je fais des efforts pour rehausser le niveau de langue autour de moi, mais le combat est constant…

Je voudrais commenter cette partie du texte de M. Chevrier : « Ou bien on s’extasie : « Oh ! I parle bien », pour signaler l’exploit, ou on se méfie, soupçonnant dans cette belle parlure un français emprunté dont la correction camoufle le désir suspect de se rehausser devant autrui et de se démarquer de la populace. »

L’extase et la méfiance vis à vis de la personne qui s’exprime bien relèvent de l’insécurité linguistique, problème dont nous souffrons tous à divers degrés.

Comment nous débarrasser de ce problème ? Par l’ÉDUCATION.

Une formation appropriée (à la maison et à l’école) nous munierait des outils linguistiques nous permettant de nous exprimer, à l’oral comme à l’écrit, de manière appropriée dans toutes les circonstances, et rendrait notre jugement linguistique plus réaliste.

Nous saurions ainsi que des normes linguistiques existent pour toutes les circonstances de la vie et que chaque personne adapte ou tente d’adapter sa production orale ou écrite à ces normes. Un bon exemple de cette compétence est celui des comédiens, capables de passer du joual au français hexagonal ou classique au besoin. Ils doivent maîtriser tous les aspects de la langue au risque de se ridiculiser (p. ex. s’ils déclament un alexandrin de Molière avec l’accent québécois, à moins que ce ne soit voulu par le metteur en scène). Un contre-exemple (que je n’invente hélas pas) : l’incapacité d’un jeune maître de cérémonie d’une école secondaire de sortir de son niveau de langue familier pour s’exprimer en français soutenu lors de son allocution d’ouverture. Quelle pitié ! Aucun enseignant n’était-il capable de l’aider à hausser son niveau de langue pour cette circonstance ? Quand l’indifférence règne…

Dans cette perspective générale, les anglicismes ne constituent qu’une facette de la langue sur laquelle peuvent s’arrêter nos projecteurs. Comme tout autre emprunt, ils peuvent constituer un enrichissement ou un asservissement, selon les contextes.

Dès lors, comment évaluer notre langue québécoise ? Je crois vraiment qu’une langue est le reflet de la nation qui l’emploie. Sommes-nous optimistes quant à notre avenir ? Si oui, nous pouvons estimer que notre langue fleurira; sinon, comme nous, elle risque de connaître l’assimilation.

J’espère sincèrement que nous prospérerons. Notre langue continuera ainsi de s’enrichir au rythme de notre éducation. À une condition cependant : que les parents d’abord et les enseignants ensuite, de la maternelle à l’université, insistent sur l’importance, pour eux-mêmes et pour les jeunes, d’une production linguistique bien ADAPTÉE à toutes les circonstances.

Mon premier ancêtre français venait s’établir en 1697 dans la Seigneurie de Repentigny. L’extrait de M Chevrier exprime ce que, personnellement, je vis depuis toujours. Je suis catho, blanc, j’ai l’accent québécois, je m’exprime oralement de façon à ce que tout francophone de toutes provenances puisse entendre et comprendre ce que je dis; cette seule règle, que j’ai fait mienne, provoque souvent le doute chez mes interlocuteurs Québécois dits de souche qui me demandent de quelle origine je suis ???

à 46 Émilie Prévost
Voilà un commentaire lucide: la langue que nous parlons est pleine de richesse. Notre expression est valide, belle, souhaitable et nous pouvons chantez, écrire et parler en étant créatif aussi bien dans l’accent que dans la tournure. http://www.ledevoir.com/culture/livres/311117/theatre-les-estis-d-intellectuels
Wajdi le montre bien dans sa chronique. Jean Dion aussi. Yvon Deschamps le faisait aussi.
Si nous voulons que les gens parlent notre langues, que les jeunes l’emploient, célébrons-là et encourageons la créativité. C’est le peuple qui ira de l’avant et emportera tout sur son passage avec sa façon de s’exprimer. Esti d’intellectuels: sommes-nous capables d’être fiers? Esti de débat linguisitique: on peut-tu aller de l’avant? Nous sommes nombreux à parler trois ou quatre langues et à voir que l’arable, l’espagnol et les autres ont tous les même caractéristiques que le français québécois: toutes sortes de couleurs locales qui en font la richesse et le plaisir de parler! Merci Émilie, merci Wajdi!

Merci M Lisée d’alimenter ce débat sur notre langue.

Compte tenu de notre situation dans la mer anglophone d’Amérique nous n’arriverons jamais au «grand jour» où ce débat sera clos une fois pour toute et le combat sera gagné. Même si un jour nous devenons souverain.

Il faudra sans cesse y revenir, tant pour les générations actuelles que celles qui suivront…

Quand nous aurons un – de trop – René au Miroir de
Radio-Canada, cinq jours semaine, de 05 à 09h, en scène depuis des années. Oui oui, cet Ayatolla non religieux, non politique, mais bien de la langue à la Michel Tremblay. Avec un franglais constant et glorifié – non au théâtre mais bien à la Radio nationale, dite francophone et pan-canadienne. On aura bien compris la syntaxe, la grammaire et le vocabulaire « joual anglais » utilisées par notre imminent linguiste batard. D’ailleurs, ce René Homier Roy, adulé par une pléthore de « faisants valoir » qu’il feint d’entendre, s’amuse, rit, ridiculise même le Linguiste d’office de la Société de Radio-Canada.

Un vain Ayatollah de la langue de trop, grassement payé par nos impôts, hélas!

Madame St-Germain (Commentaire 52) je ne remet pas en question votre analyse, mais je tique quand vous dites «l’anglais exprime parfois mieux, en moins de mots, de manière plus rapide, plus condensée, voire plus réaliste,l’idée à dire.».

En condensé c’est peut-être vrai. Mais en termes de précision, il est généralement admis que c’est précisément la force de la langue française. La précision c’est ce qui la fait se démarquer de l’anglais.

Au moment où tout se fond dans un flou plus ou moins artistique, la précision redeviendra tôt ou tard une qualité recherchée, et je suis d’avis que la langue française sera en cette matière d’un grand secours.

L’usage de mots anglais dans la langue française fait disparaître les mots un à un comme on a fait disparaître plusieurs mots de notre français d’origine en les remplaçant par des périphrases. Les gens que je connaissais et qui seraient plus que centenaires aujourd’hui utilisaient beaucoup d’adjectifs précis pour s’exprimer malgré le peu d’années passées à l’école, au contraire de ce que l’on peut penser. L’usage de mots étrangers sans la nécessité ne fera pas disparaître la langue maternelle.

La nécessité, au contraire,amènera la langue française au rang de langue de culture. En acceptant que l’anglais soit nécessaire dans toutes les sphères du travail on le valorise et on donne une plus-value aux travailleurs anglophones. On permet aussi aux travailleurs allophones (mot français ??) qui baragouinent (mot français précis) l’anglais d’éviter de s’intégrer à notre langue. On exigera alors des francophones de transiger en anglais pour assurer la cohésion au travail.

Pourtant les entreprises viennent ici chercher notre formation, notre expérience et nos ressources, sinon ils iraient ailleurs. Il en coûte plus de 200 000$ à la société pour amener un enfant à l’âge adulte. Puisqu’on leur offre tout cela il serait normal que ces êtres supérieurs puissent nous parler en français. Exigeons le français comme langue de travail. Sans cela on crée une controverse et une animosité envers la langue française chez les immigrants si on les force à étudier en français sans qu’après nécessité fasse loi.

J’ai remarqué depuis toujours que ceux qui le peuvent utilisent des mots anglais si ça n’est pas carrément passer à l’anglais quand dans une discussion ils se sentent sur la corde raide et qu’ils veulent gonfler leurs plumes de coq et se donner un air de supériorité comme argument. Un bel exemple c’est Bernard Landry qui se met à parler latin à chaque fois qu’il se voit un peu coincé.

On a tendance à remplacer ce qui est «vieux» par du nouveau. Est-cepour à minimiser ce qui a déjà été établi, au profit de ce que nous pouvons générer nous-mêmes afin de nous donner de l’importance?

Mon père a construit son bateau de pêche au début des années 60, deux cents ans après que la France ait quitté le Québec. Mon père avait une 3ième année. Il employait alors plusieurs termes de pièces de bateau et je pensais que ces mots étaient des inventions du langage local. Quelle ne fut pas pas surprise de retrouver tous ces mots techniques précis dans un lexique de pièces d’architecture navale, il y a 3 ans. Gabord, étambot, barre d’arcasse, bosse, tolet, mettre du radoub sur le bateau, il y en avait dru, marier l’étrave à la quille. Et si vous allez en mer et que vous devenez malade, vous aurez sûrement le coeur (appuyé ) sur le carreau (du bateau). Ils construisaient avec du bois ’’choisi’’

Il y avait dans leur langage beaucoup d’adjectifs précis ayant chacun leur subtilité, lesquels ont été remplacé par ’’c’est pété’’, etc. Aujourd’hui, on emploie des périphrases au lieu des mot qui existent. On dit : murs intérieurs plutôt que cloison. Et si en France ils pouvaient élargir le sens d’un mot jusqu’à rendre un synonyme inutile, ici c’était erratique.

Il y a donc eu au Québec une société de gens ordinaires qui ont maintenu tous ces mots de chez nous dans différents domaines, malgré le peu d’années passées à l’école. Il y a eu aussi une structure éducative efficace qui a su maintenir notre langue, le français bien vivant. Le temps scolaire étant restreint, on lisait les proverbes pour apprendre la morale en même temps.

Bien sûr à cause de l’étendue du territoire et de l’origine des multiples régions de France, il s’est établi chez nous différentes sonorités dans le langage oral. Si cela demandait parfois plus d’attention pour saisir ce que disait notre interlocuteur, à l’écrit nous nous comprenions tous. Ma langue, je l’ai apprise chez nous et avec ceux de mon entourage. Les mots pour dire mes émotions aussi.

C’est pourquoi je trouve bien sévère à l’endroit de nos ancêtres les réflexions du Frère Untel sur la qualité de notre langue. Peu de peuples,ayant dû ne compter que sur eux-mêmes pour reconstruire leurs structures, ont pu comme les Québécois conserver autant de leur originalité.

Il est vrai que nous parlons plutôt mal français au Québec alors que nous parlons en « franglais/slang » dans bien des cas. J’ai habité en Ontario pendant quelques années et c’est lors de mon retour que ça m’a réellement frappé. En travaillant en anglais, j’ai tendance à moi aussi utiliser des mots anglais ici et là, mais j’essaie de me reprendre en français immédiatement lorsque je m’en rend compte. Je ne crois pas que ce soit dramatique d’utiliser certains mots comme « fun » et « cool », mais il faut savoir parler 100% français aussi, ce que bien des gens ne semblent pas capables de faire.

Comme dirait un « kid » « cool » et branché: « J’vas faire un statement, je trouve ça l’fun de pouvoir plugger plein de mots anglais dans les partys pour me sentir cool devant la gang. Si ça te dérange man, j’fais el switch au français right f***’n now. »

J’ose accuser la démocratie.

Bon, une certaine forme de démocratie.

D’accord, je m’explique clairement: j’ose accuser cette forme de démocratie qui a pris toute la place au Québec depuis la Révolution Tranquille.

C’est une intuition plus qu’une conclusion objective et elle me vient d’un film de Pierre Perreault. Il s’agit du documentaire Les voitures d’eau (1968), que j’ai vu il y a de nombreuses années dans le sous-sol de mon ami JFL (qu’il se considère salué). On pouvait y voir les changements survenus à l’époque dans la construction navale, à l’Île-aux-Coudres bien entendu, et l’affrontement générationnel qui en découlait. Comme vous vous en doutez bien, alors que les « anciens » avaient toujours gossé leurs goélettes à la hache, au vilebrequin et au rabot, les « jeunes », lucides, avaient commencé à s’endetter lourdement pour acheter des bateaux de fer, de solides et puissants engins.

Au-delà des formidables scènes de travail du bois à la vapeur, de bouches édentées de fous de village et de contre-plongées à flanc de paquebot, j’y ai surtout vu de quelle façon le Québec s’est transformé à la fin des années soixante. Sur un premier plan, il y avait un univers où chaque chose était connue, était nommée, était arrangée selon une certaine logique qui était catholique romaine, laurentienne et celtique à la fois; sur un deuxième plan, qui prenait rapidement le dessus, il y avait une réalité pesante (plus vraiment un monde quant à moi) où chaque chose avait une utilité et un prix, rarement un nom.

Il m’a semblé au moment de mon premier visionnement, et l’impression n’a fait que se confirmer depuis, que le changement qui s’était produit alors n’était pas seulement économique et – les saintes flanelles du Québec moderne me pardonnent – n’était pas seulement une libération. Pour dire les choses brièvement, l’effet combiné du progrès aplanissant et de la démocratisation totale (plus de bon Dieu, plus de savants, plus de curés) a eu pour effet d’effacer en quelque sorte les référents passés, et par conséquent aussi les mots qui s’y rapportaient. Ce changement, je l’ai vu dans les paroles des tout nouveaux entrepreneurs navals du film, qui n’avaient pas le choix de s’engager dans ce nouveau mode de vie, et cependant y trouvaient un certain plaisir, consistant à renvoyer la vieille génération à ses fredaines d’un autre temps et à mettre une confiance énergique et virile dans ce que leur apporterait l’argent. Déjà, chez eux, les mots avaient changé, la vue était plus courte et les phrases l’étaient aussi.

Je pourrais continuer longtemps en parlant de scolarisation, d’américanisation et autres. Il reste que la perte linguistique la plus grande pour moi, c’est celle qui s’est produite à ce moment-là. Pour parler de nous-mêmes, j’ai presque l’impression que nous n’avons plus les mots.

Quels beauwx témoignages que ceux de Nicolas Comtois et Charles Laflamme concernant la langue de nos ancêtres(parents et grands-parents)qui ont fait le premier Québec à la force de leurs poignets et qui ont participé loyalement à la sauvegarde du français au Québec. Je pense à des générations de paysans(au sens noble du terme) et de travailleurs de la terre qui ont défriché ce pays pour le mettre sur pied et nourrir tout un peuple. Je pense encore à ces hommes qui partaient tout un hiver pour faire du bois en forêt. A l’époque, ces gens et ces travailleurs avaient peu de contact avec le reste du monde ou le milieu anglophone. Ces gens avaient surtout un profond respect de leur travail et de leur pays. Bien sûr qu’ils parlaient tous avec un accent, mais au regard des étrangers seulement.Mais entre eux, ils parlaient tout simplement leur langue légitime apprise sur le tas et sans accent. On ne leur avait même pas enseignée. La langue du pays était la leur.Pour illustrer ma pensée, je pense en particulier aux jurons du Québec, souvent moqués ou décriés. Dialectologiquement ou socialement parlant, ces jurons sont tout simplement une réaction au pouvoir religieux de l’époque.Il était alors particulièrement difficile de le contester. Pas par lâcheté, mais tout simplement parce que c’était ainsi. Ces hommes le remettaient intelligemment en cause en usant de ces jurons. Ce fait de langage remonte au Moyen Age.Les gens du Québec ne l’ont donc pas inventé. Mais je veux insister sur la prononciation de ces jurons. J’ai entendu mon père et mes frères dire « viarge », « ciarge », « tabarnacle » au lieu de « vierge », « cierge », « tabernacle ». Phonétiquement parlant,les prononciations québécoises peuvent être expliquées par une Forte Emotion et une plus Grande Force articulatoire. La paresse n’est pas présente ici.Dans chacun de ces jurons, la voyelle « è » est chaque fois remplaçée par celle de « a » qui sur le plan articulatoire présente une aperture(ouverture de la bouche)plus importante et un lieu d’articulation plus reculé.Cette façon de dire des gens bien de chez nous est ce qu’il ya de plus normal.Il est donc strictement interdit de dévaloriser cette prononciation ou d’y plaquer un jugement de valeur.L’usage et la prononciation de ces jurons tels que nous les avons tous entendus au Québec s’avèrent être ce qu’il y a de plus normal sur le plan linguistique. La phonétique historique nous a déjà appris le plus modestement du monde que les sons du langage changent et évoluent à travers les siècles. Il n’y a que les ignorants et les prétentieux pour se donner le droit d’appliquer des jugements de valeur sur tout et rien. Par respect pour tous les nôtres qui nous ont précédés, j’ai eu besoin de le dire.

So what? Pourquoi toujours valoir une obsession fixée sur la pureté linguistique. Le Québec sera-t’il miraculeusement la première culture depuis la source des temps qui n’evoluera jamais linguistiquement?

Dans le billet You know what i mean. Vous comparez le niveau des mots en anglais employés ici et en France. Premièrement nous nous savons que ces mots sont en anglais puisque nous les prononçons en anglais, tandis que en France les mots en anglais sont prononcés en français donc Ferry-Boat devient fer ri beau ate, ou bien un Bayley’s se dit bélèze.
Le danger dans une langue ce ne sont pas les mots étrangers mais plutôt quand les mots ne sont plus distinguable de notre langue.