Crédit à Flaherty

La semaine dernière, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, et le premier ministre Stephen Harper ont répété que, malgré le contexte économique incertain, ils gardaient le cap sur leur objectif d’éliminer le déficit en 2014-15, soit un an plus tôt que prévu dans le budget de mars dernier. Il faut se rappeler que pour devancer de seulement un an l’atteinte du déficit zéro, le gouvernement fédéral devra, en plus des compressions réalisées depuis quatre ans, réduire ses dépenses annuelles de 4 milliards de dollars supplémentaires.

En fin de semaine, en entrevue à la CBC, le ministre Flaherty a réitéré son engagement, mais en y apportant un bémol. Tant que l’économie croîtra, même modestement, il ne déviera pas de son but. Mais il a ajouté que s’il devait y avoir un recul ou une «croissance négative», il pourrait faire preuve de flexibilité et apporter des modifications à son plan de match. (Pour entendre l’entrevue, cliquez ici.)

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Le problème, c’est que les prévisions des politiciens sont presque toujours erronées. S’il réussi, tant mieux. Toutefois, je me fierais beaucoup plus aux prévisions de l’ennemi numéro un de Flaherty, Kevin Page. Si Page dit que ces prévisions ne sont pas réalistes, et bien je vais croire Page.

Au reste, les politiciens veulent être réélus par-dessus tout et la population préfère l’argent gratuit (taux d’intérêt à 0% et disponibilité du crédit à tous et donc inflation continuelle des prix plutôt que récession/croissance saine). Les politiciens ne prendront les mesures nécessaires que si celles-ci ne mettent pas en jeu la réélection. Nous suivrons assurément les autres états en faillite, c’est évident. Il y aura un grand « reset » dans deux, cinq, ou dix ans. L’Australie et le Canada y arriveront plus tard, c’est tout.

Dans les faits Jim Flaherty s’en tient à son plan de match et s’il concède la possibilité d’ajustements, c’est pour répondre à la question du journaliste James Cudmore qui relève cette possibilité, sans pour autant l’articuler d’ailleurs. Logiquement en effet le Canada devrait connaître une croissance faible mais ferme cette année et au cours de l’année 2012.

Seul un ralentissement ou une contraction prononcée et durable des résultats financiers du pays pourrait entrainer un ralentissement de l’objectif d’équilibre budgétaire et du contrôle de la dette publique tels que fixés. Un délai supplémentaire ne signifiant pas un abandon de l’objectif.

Ainsi monsieur Flaherty est-il confiant avec le fait que l’État fédéral va conserver sa notation AAA et c’est dans cette optique qu’il enjoint les Provinces à mettre de l’ordre dans leurs maisons comme il s’y emploi dans la maison fédérale.

Bravo monsieur Flaherty ! Je sais que mes commentaires ne vont pas plaire à tout le monde :-). Si ce n’est que le réalisme pour des finances saines contribue sur le long terme au mieux être de tous les citoyens.