Dans la foulée de Gaza, il est temps d’interdire entièrement le recours aux bombes à fragmentation et au phosphore

Alors que Gaza vient d’essuyer, en novembre 2012, des bombardements, la question des bombes à fragmentation (notamment au phosphore), qui ont marqué l’opération Plomb durci de 2009, refait surface. Les bombes à fragmentation sont des armes qui explosent en deux temps : la première explosion dissémine de petits explosifs (sous munitions) qui vont ensuite détonner de manière différée, accroissant la létalité de ces armes. Des propositions ont été faites pour bannir complètement leur production et surtout leur usage. En vain.

Ces bombes, faisant beaucoup de victimes parmi les civils, peuvent larguer jusqu’à 600 sous munitions sur une distance allant jusqu’à 200 000 mètres carrés (utilisées en grand nombre en Afghanistan, au Liban et en Irak). Elles peuvent être lâchées par l’aviation de chasse, ou envoyées par tirs d’artillerie ou de missiles. Les sous munitions qui ne détonnent pas et qui restent inactives pendant des décennies (jusqu’à 40 % d’entre elles n’explosent pas à l’impact au sol), peuvent se déclencher plus tard et tuer ou blesser un nombre important de civils (certains estiment le nombre total à 100 000, dont la majorité sont des enfants, particulièrement vulnérables car ignorants – on en a vu certains jouer avec les sous munitions). Sur environ quatre millions de sous munitions dispersées sur le territoire libanais au cours de l’offensive israélienne à l’été 2006, un quart d’entre elles n’ont ainsi toujours pas explosé. C’est une réalité à laquelle sont également confrontés les Afghans, les Bosniaques ou les Irakiens. Au Laos, par exemple, 300 individus sont victimes de ces armes dormantes chaque année. Au Liban cela concerne plusieurs personnes chaque jour.

Le stock mondial est estimé à plus d’un milliard de sous munitions, réparti entre 76 pays, et environ 400 millions d’entre elles ont été larguées durant les cinquante dernières années dont le quart – enfoui – n’a pas explosé à l’impact. Or, les gouvernements, en association avec les ONG, ont négocié il y a plusieurs années un traité interdisant l’emploi, la fabrication, le transfert et l’entreposage des bombes à fragmentation. Or, si cet accord a été signé par 111 pays depuis décembre  2008, il n’a été ratifié que par 66 d’entre eux depuis août  2010. Des pays tels l’Inde, le Pakistan, les deux Corée, la Syrie et Israël refusent en effet d’entériner le traité, tandis que les principaux producteurs, la Russie, la Chine et les États-Unis (ceux-ci disposeraient d’un stock estimé à 800 millions de sous munitions), ne l’ont toujours pas signé – quoique l’administration Obama ait imposé des règles plus sévères sur l’exportation et l’utilisation de ces armes (un rapport établit en effet que le recours à ces armes à sous munitions ont accru les malformations congénitales).

Ce nouveau traité s’inscrirait en fait dans le cadre de la convention de 1981 interdisant l’emploi des armes cruelles : donc le droit international permet théoriquement déjà de protéger les civils, si les États le voulaient. Mais ils ne le veulent pas. Or, en matière de droit international, c’est la volonté politique qui fait loi.

 

Charles-Philippe David
Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand

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Israël teste ses bombes sur les palestiniens afin d’en faire la promotion comme marchand d’arme mondial. C’est un marché très lucratif.

« Nous sommes dans des pays LIBRES »
De plus en plus je réalise que ce mot liberté est en fait seulement lidentification de notre regroupement comme étant apte à se diriger sans avoir d’autres nations qui nous impose leurs politiques.
Les résidents, d’un « pays dit libre » ont comme seul droit réel celui de choisir quel groupe de politiciens va venir nous imposer et affirmer qu’ils agissent en notre nom !
Le principe voulant que même les mieux nantis ont une participation fondée sur les besoins de la masse en rapport avec leur gains. Autrement dit les plus riches donnent une portion plus grande que les moins biens nantis. C’est de la théorie bien dépassée par la réalité !!!
Il y a aussi la protection des vies et des droits de tous les résidents de notre planète ! Les palestiniens sont tout simplement victimes d’un châtiment aussi « écoeurant » que celui des juifs par les Nazis ! Seul le processus diffère ! Ils sont victimes d’armes engendrant autant de souffrance et le reste du monde ne fait qu’évaluer les profits engendrés ! La nouvelle technologie… Une bombe qui engendre des bébés bombes qui tuent encore plus d’innocentes victime !! Made in USA, Made in RUSSIA et aussi made in CANADA