Dans ma boule de cristal en 2013…

L’année 2012 n’a pas été tendre pour la gouvernance au Canada. Montréal et Laval ont perdu leurs maires. À Toronto, Rob Ford est en sursis jusqu’à ce que les tribunaux se prononcent en appel sur un jugement qui lui ordonne de quitter la mairie pour cause d’infraction au code sur les conflits d’intérêts.

Chronique de Chantal Hébert - Dans ma boule de cristal en 2013…
Photo : A. Wyld / PC

Au Québec, aucun des principaux partis n’a réussi à convaincre l’électorat de lui donner un mandat majoritaire. En Ontario, l’Assemblée législative est fermée depuis la démission-surprise du premier ministre Dalton McGuinty, au milieu de l’automne. Son successeur héritera d’un gouvernement minoritaire fragile.

En Colombie-Britannique, la première ministre, Christy Clark, dirige un gouvernement libéral en sursis, auquel les sondages donnent peu de chances de survivre à un assaut néo-démocrate à l’occasion d’un scrutin en mai. En Alberta, la première ministre, Alison Redford, qui a mené son parti progressiste-conservateur à une victoire majoritaire le printemps dernier, a terminé l’année empêtrée dans des histoires de conflits d’intérêts.

En novembre, les conservateurs de Stephen Harper et les néo-démocrates de Thomas Mulcair ont dû batailler ferme pour gagner des élections partielles dans des circonscriptions normalement considérées comme acquises à leurs formations respectives.

Les résultats de ce premier test électoral du mandat fédéral en cours laissent présager le retour en force de deux tendances lourdes : la division du vote de l’opposition – au sein de laquelle il faut désormais compter davantage avec le Parti vert, d’Elizabeth May – et un certain plafonnement des appuis à la formation de Stephen Harper.

Les libéraux fédéraux espèrent bien que ce retour du balancier les verra reprendre au NPD la place de premier plan qui a été la leur jusqu’au scrutin de 2011. Le PLC – sous l’impulsion de l’effet Trudeau – a bel et bien vu sa cote remonter dans les intentions de vote du dernier trimestre de 2012. Les doutes quant à la maturité politique de la vedette de la course libérale subsistent toutefois. Justin Trudeau apprendra-t-il d’ici le vote au leadership de la mi-avril à ne pas se mettre les pieds dans tous les plats qui se trouvent sur son passage ?

Avec ce décor mouvant en toile de fond, on votera beaucoup en 2013 – en particulier en Ontario, au Québec et dans les rangs libéraux.

Le remplacement de Dalton McGuinty à la tête des libéraux de sa province, à la fin janvier, et celui de Jean Charest à la direction du PLQ, en mars, pourraient ouvrir la voie à des élections en Ontario et au Québec.

Sur un autre front, les courses à venir à la mairie des métropoles québécoise et ontarienne pourraient voir le libéral Denis Coderre et la néo-démocrate Olivia Chow se lancer dans l’arène municipale. Leurs départs ouvriraient deux circonscriptions, que le PLC et le NPD se disputeraient âprement. Et si la circonscription fédérale de Bourassa se libérait en 2013, le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, se résoudrait-il à tenter de faire son entrée à la Chambre des communes ?

Avec ou sans ce dernier au Parlement, l’élection en mars d’un chef en titre du PLC mettra la dernière touche au portrait remanié de l’opposition fédérale, juste à temps pour l’anniversaire de mi-mandat du gouvernement Harper.

Le jalon du mi-mandat ne passera pas inaperçu dans les coulisses du pouvoir à Ottawa. Le cabinet fédéral serait promis à un remaniement majeur l’été prochain, histoire de donner un nouveau souffle plus préélectoral à l’équipe ministérielle de Stephen Harper. Cela pourrait être l’occasion de changer d’air pour des ministres comme James Moore, au Patrimoine, qui ont fait le pont à la tête du même ministère entre le règne minoritaire précédent et le mandat majoritaire actuel.

À la même date l’an prochain, l’Ontario et la Colombie-Britannique auront sans doute décidé du sort des libéraux actuellement au pouvoir dans ces provinces. Le Parti québécois pourrait être majoritaire ou encore plongé dans une course à la succession de Pauline Marois. Avec un peu de chance, la commission Charbonneau aura terminé ses travaux autrement qu’en queue de poisson. La chose certaine, c’est que 2013 sera au moins aussi riche en surprises que 2012. Espérons qu’elles seront meilleures !

 

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