De l’amateurisme à la SQ

À la lumière des accusations auxquelles font face quatre ex-officiers de la Sûreté du Québec (dont l’ex-directeur général, Richard Deschesnes), une question demeure : qui police la police ? demande le blogueur Brian Myles.

Les collègues de Radio-Canada ont mis la main sur des documents judiciaires utilisés pour saisir les biens des ex-officiers de la Sûreté du Québec (SQ) accusés de fraude. Ils auraient couru à leur perte en manifestant un amateurisme de grand niveau.

Les déclarations assermentées d’un enquêteur ne constituent pas des éléments de preuve, mais elles permettent de jauger un peu de la théorie de la cause dans cette affaire.

L’ex-directeur général de la SQ, Richard Deschesnes, n’aurait pas obtenu l’autorisation du Conseil du Trésor avant de verser des indemnités de départ à deux hauts gradés, Steven Chabot et Alfred Tremblay.

Chabot n’aurait pas déclaré à l’impôt sa prime de départ de 167 000 $, avec laquelle il s’est empressé d’acheter une voiture de luxe au nom de son épouse.

Ces indemnités sont doublement suspectes, car elles auraient été puisées à même une caisse secrète utilisée pour financer certaines dépenses reliées aux enquêtes criminelles (comme le paiement des informateurs).

Deschesnes, son adjoint Jean Audette, Chabot et Tremblay sont accusés de vol, fraude et abus de confiance.

Le procès des quatre hommes sera fort instructif s’ils décident de se battre.

Dans les corridors bavards de la SQ, on raconte que les officiers remerciés avec de généreuses primes devaient partir, car ils ne cadraient plus dans les plans de l’organisation. Les primes secrètes, versées à même une caisse secrète, auraient permis de faire le ménage en douce, sans attirer l’attention.

À l’évidence, la stratégie est un échec total. Non seulement les quatre accusés voient-ils leur réputation ternie, mais leur conduite alléguée jette le discrédit sur toute la SQ. Le rapport de la commission Poitras, publié en 1999, posait une question essentielle. Une question qui reste d’actualité. Qui police la police ?

La réponse ? Personne.

Ce ne sont pas les élus de l’Assemblée nationale, ni même le Conseil de surveillance des activités de la SQ, qui ont sonné l’alarme sur le scandale des indemnités de départ. Le nouveau directeur général, Mario Laprise, a alerté le ministère de la Sécurité publique des irrégularités en décembre 2012.

Qui était au courant ? Ces pratiques étaient-elles la norme au sein de la SQ ? Des officiers auraient-ils fermé les yeux sur la conduite de Richard Deschesnes et ses subalternes ? Autant de questions qui demeurent sans réponse.

 

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La réponse courte est, personne. Les institutions policières doivent être mieux encadrées.

Peut-être devrions-nous nous inspirer de la façon dont l’Ontario procède avec sa police provinciale?

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