Débat des chefs: le révélateur

 

Photo: Paul Chiasson/PC

Pour les électeurs, le débat des chefs de dimanche soir leur aura permis de voir, clair et net, ce que les quatre chefs et leurs partis respectifs ont à leur offrir.

(Rappelons que le chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, en fut exclu.)

Pour ce qui est des chefs: Pauline Marois, nettement trop «encadrée» et limitée par ses notes, aura tout de même marqué quelques points.

Mais sur la souveraineté, elle aura peiné, beaucoup, à clarifier la position de son parti s’il venait à prendre le pouvoir.

Jean Charest, quant à lui, voyant un quatrième mandat lui échapper, du moins, pour le moment, semblait surtout faire du temps jusqu’au 4 septembre prochain.

Si François Legault a beaucoup insisté sur son équation CAQ = changement et mains propres, M. Charest et Mme Marois ont quant à eux passé beaucoup de temps à rappeler aux électeurs que M. Legault n’était pas si «nouveau» que ça dans le paysage.

Ex-ministre péquiste et recrue-vedette en 1998, ses positions passées et très pressées sur la souveraineté sont revenues le hanter.

Le prix «découverte» du débat

Pour ce qui est de Françoise David, la co-porte-parole de Québec solidaire, la plupart des analystes ont déjà noté sa «performance». Et de fait, elle fut la «découverte» du débat.

Primo: parce que, d’accord ou pas avec le programme de QS, elle a su apporter une authenticité qui semblait faire défaut aux trois autres chefs devenus au fil des ans des politiciens professionnels.

Secundo: parce qu’elle s’est faite la voix des plus démunis, mais aussi, des femmes et de la classe moyenne – la vraie. Également, elle fut la seule à revenir, en termes élogieux de surcroît, sur la grève étudiante et la crise sociale plus profonde dans laquelle elle a muté.

Tertio: en termes simples, mais non simplistes, elle a exposé les électeurs à une diversité de visions socio-économiques – celle de QS étant nettement plus progressiste que celle des trois autres partis.

Ce faisant, dans la realpolitik de la campagne, Mme David a aussi atteint l’objectif que s’était fixé QS.

Soit de donner une visibilité maximale à Françoise David pour la circonscription de Gouin où elle se présente, à nouveau, contre le péquiste Nicolas Girard – un député apprécié de son comté et donc, une chaude lutte qui s’annonce entre QS et le PQ…

Les prochains jours diront si sa «performance» débordera aussi de Gouin en gagnant de nouveaux appuis à QS dans les intentions de vote. Si tel devait être le cas, c’est au PQ qu’on s’en inquiétera le plus.  À suivre.

L’aspect le plus étonnant

Commençons par l’aspect le plus étonnant de ce débat: l’absence virtuelle du conflit étudiant.

Étonnant dans la mesure où dès le déclenchement de l’élection, le 1er août dernier, Jean Charest en faisait l’enjeu principal de sa campagne. Et ce, en des termes proprement dramatiques.

Pour le chef libéral, cette élection offrirait aux Québécois un véritable «choix de société». Rien de moins.

Un choix qu’il présentait entre la démocratie et la stabilité de son côté contre un PQ qui, disait-il, représentait la «rue», le référendum, le chaos, la violence et l’intimidation.

«La rue a fait beaucoup de bruit», lança-t-il, «c’est maintenant aux Québécois de parler». Comme si les centaines de milliers de citoyens qui, au cours des derniers mois, ont manifesté, n’étaient pas tout à fait, quant à eux, de vrais Québécois… Bref, on aurait presque cru, du moins selon le premier ministre sortant, que le Québec était à feu et à sang.

Ce thème, le gouvernement l’avait pourtant alimenté lui-même pendant des mois en refusant de régler la grève. Son refus s’expliquant par un fait très simple: pendant des mois, son discours de la «loi et l’ordre» lui était payant dans les sondages.

Or, au débat des chefs, rien, ou presque, sur le sujet. Silence radio. Parti, le sujet de la «rue» et surtout, de l’éducation.

Il faut dire que l’arrivée dans la campagne de Jacques Duchesneau comme candidat de la CAQ avait déjà fait sauter la thématique de M. Charest pour y substituer celle de la corruption et de l’intégrité.

Même chose pour l’environnement – l’autre grand absent du débat.

Pour ce qui est de la santé, hormis Françoise David, on aurait cru que pour François Legault, Pauline Marois et Jean Charest, cet énorme dossier dans une société où les besoins iront en croissant, se limite presque à la question d’avoir, ou non, un médecin de famille… Du moins, dans le débat.

Corruption

Dans ce département d’intérêt majeur pour l’électorat, le spectacle fut triste avec le chef libéral et la chef péquiste se relançant des accusations de financement illégal de leurs partis et de pratiques douteuses dans l’octroi des contrats publics. Mais peu fut dit sur comment, concrètement, nettoyer les écuries encrassées dans ces deux domaines.

Jean Charest déterra le fameux Rapport Moisan.

Loin d’être un lapin sorti de son chapeau, rappelons qu’en période de questions, les libéraux le ressortaient déjà depuis des mois dès qu’au PQ, ça parlait corruption.

Pour ceux et celles qui voudraient le lire, il est ici.

Disponible au public, dans les faits, depuis sa sortie en… 2006, c’est une lecture édifiante qui, trois ans avant que ne débute le déluge d’allégations de corruption, de collusion et de copinage qui tomberait sur la tête du gouvernement Charest, on y décrit assez bien quelques uns des subterfuges utilisés par des entrepreneurs à la chasse aux contrats publics en échange, bien entendu, de dons généreux faits au parti au pouvoir de manière illégale en se servant de prête-noms.

Le cas d’espèce étudié dans ce rapport est nul autre que celui de la firme Groupaction qui, plus tard, se ferait prendre la main dans le sac du scandale des commandites en pleine commission Gomery…

La question nationale

Si Jean Charest est un fédéraliste inconditionnel reconnu et que François Legault, ex-péquiste pressé, reprend le discours d’un Jean Chrétien lorsqu’il réduit la question nationale à de vieilles chicanes dont plus personne ne veut entendre parler, plusieurs électeurs ont dû s’étonner néanmoins d’entre Françoise David mentionner la souveraineté à plusieurs reprises pendant que Pauline Marois, de son côté, la mentionnait à peine.

La chef péquiste a même plutôt beaucoup insisté sur le fait qu’un gouvernement du Parti québécois se ferait le meilleur défenseur des «intérêts du Québec» en établissant un «rapport de forces» avec Ottawa. Pour les moins jeunes, la formule est connue. En fait, c’est un grand classique, entre autres, des Jean Lesage et  Robert Bourassa – deux chefs libéraux nationalistes et fédéralistes.

À vrai dire, ce fut probablement le débat des chefs où on n’aura le moins entendu la personne qui dirige le PQ y parler ouvertement de souveraineté.

On ose à peine imaginer ce qui se serait passé si Jean-Martin Aussant, dont le discours sur le sujet est d’une grande limpidité, avait pu y croiser le fer avec Mme Marois.

Ce manque de clarté dans le discours électoral du Parti québécois, il se retrouve aussi, entre autres choses, sur la question de l’exportation de l’amiante.

Peut-être qu’aux «face à face» de ce soir, la chef péquiste apportera quelques précisions.

Prochaine étape: les face-à-face

Ce lundi soir. débutera une série de trois face-à-face au réseau TVA.

Lundi: Jean Charest et Pauline Marois. Mardi: Jean Charest et François Legault. Mercredi: Pauline Marois et François Legault.

Si les trois chefs réussissent, par miracle, à sortir le moindrement de leurs lignes scriptées et de leur extrême prudence, ces échanges s’annonceraient un tantinet plus corsés.

Sur le financement des partis, peut-être que Mme Marois ou M. Legault, pour répondre au Rapport Moisan, rappelleront à M. Charest ce qu’avait dit du PLQ un de ses ex-présidents en 2010. Soit que le Parti libéral était devenu une véritable «machine à ramasser de l’argent».

À noter, par contre,  que l’intérêt public aurait commandé que ces face-à-face – une formule prometteuse – se déroulent également avec  les Jean-Martin Aussant d’Option nationale et les Amir Khadir ou Françoise David de Québec solidaire.

La seule participation de Mme David au débat de dimanche a amplement démontré à quel point la présence d’une diversité accrue de perspectives sociales, économiques et politiques sert l’intérêt de la démocratie.

D’autant plus en cette ère où les taux de participation ne cessent de chuter d’élection en élection…

L’énigme de la soirée

Fait insolite: quand M. Charest s’en prend à Mme Marois et M. Legault pour ce qu’ils ont fait, ou n’ont pas fait, lorsque le PQ était au pouvoir avant 2003, remarquez qu’il ne prononce JAMAIS  le nom, ni ne blâme celui qui était pourtant leur chef à l’époque et donc, premier ministre. Ce nom étant celui de Lucien Bouchard.

On pourrait croire que c’est par amitié. Ou encore, parce qu’ils proviennent du même sérail politique: celui du Parti progressiste conservateur de Brian Mulroney. Ou que chacun doit sa carrière politique à ce dernier.

Or, la vraie raison ne réside-t-elle pas plutôt dans la proximité idéologique des deux hommes sur plusieurs questions – incluant la hausse des frais de scolarité, l’exploitation du gaz de schiste, etc.?

Ce qui expliquerait pourquoi M. Charest épargne toujours, débat ou pas, l’ancien premier ministre péquiste.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

16 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Charest se sait mort. Il va tout faire pour nuire à Mme Marois et faire passer Legault. Ce dernier est le pion de Lucien Bouchard (le véritable père de la CAQ). Le Messie n’aura eu qu’une seule mission : saper les bases du seul parti souverainiste de masse que nous avons. Le tout au grand plaisir de son ami Paul Desmarais :

http://www.vigile.net/La-trahison-de-Lucien-Bouchard

A t il encore son miroir !

Tres bonne analyse Mme Legault (quoi de surprenant). Au plaisir de vous lire sur twitter, meme si vous m’avez bloqué pour je ne sais quelle étrange raison, moi qui suis un de vos fervent admirateurs! Sans rancune 🙂

J’ai écouté une heure du débat, ce fut suffisant.
Malgré 9 ans au pouvoir, Jean Charest a à peine été égratigné. J’en reviens pas. Il y a eu de trop nombreuses bévues de la part des autres participants. Marois qui lance à Legault: « Vous étiez plus pressé que moi à l’époque pour faire un référendum, l’indépendance! » Ah bon? Et vous chère madame, vous ne l’étiez pas plus que ça?
Legault a été arrogant et agressif. Donnant même à Charest son accord sur plein de points cruciaux. Amateur. Mme David? Élégante et digne. Le pire c’est qu’à 3 contre 1, Charest est demeuré debout. Inquiétant, à mon avis.

Pour le PQ ça semble être: «pas nécessairement un référendum sur la souveraineté ou un référendum sur la souveraineté si nécessaire, mais pas de référendum sur la souveraineté s’ils n’ont pas une certaine assurance de le gagner.» Plus pleutre que ça, tu meurs!!!

Une chose cependant semble certaine: «to do anything that can pissed off the ROC!». J’pense que c’est ça l’essence de la gouvernance souverainiste.

À ce compte là, je préfère la franchise de Québec-Solidaire et d’Option-Nationale. Au moins pour eux autres c’est clair: «le changement et faire le ménage, ça passe par l’indépendance».

Bien voyons dont Mme Legault, «le bruit et la rue» vous êtes 3 semaines en retard. «La santé» vous êtes 3 élections en retard. «L’environnement» vous êtes 3 décennies en retard. «La question Nationale» vous êtes 3 générations en retard. «La corruption» … ben …, en sortirons nous un jour? (Là où y’a de l’homme, y’a de l’hommerie ou si vous préférez, ça fait parti de la nature humaine).

Un politicien, c’est comme de l’eau, ça fini par se corrompre…

excellentes réflexions d’une analyste lucide ( cet abjectif ne fait partie du dictionnaire français que depuis quelques années.. .

Bonjour
Sur la question nationale, Gilles Duceppe aurait fait mieux que Pauline Marois il va s’en dire parce qu’il connait les dossiers à fond et les scandales conservateurs mieux que quiconque.
Des avions de geurre s’appellent des F-35 et les bateaux de guerre en question sont des navires de combat pour la marine au coût de 25 milliards. Un autre contrat de 8 milliards $ servira à construire plusieurs bateaux, mais à des fins non militaires, notamment un brise-glace destiné à l’Arctique. Aucune firme québécoise n’a reçu de contrats.

http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archives/2011/10/20111017-141028.html

« Or, la vraie raison ne réside-t-elle pas plutôt dans la proximité idéologique des deux hommes sur plusieurs questions – incluant la hausse des frais de scolarité, l’exploitation du gaz de schiste, etc.? »

Proximité idéologique qu’il cherche d’autant plus à faire oublier ces jours-ci qu’il jongle encore avec les dérapages de cet autre saguenéen de droite partisan du PLQ au provincial et fervent conservateur au fédéral… le maire Jean Tremblay. Une certaine droite devant les sondages Charest ne peut plus se permettre de s’aliéner, ou pire… de faire monter au front en faveur de la CAQ

Deux autres motifs pour laisser le nom de Lucien Bouchard hors du débat et des accusations sont possiblement la tendance du dit M. Bouchard de répliquer fort rapidement et de façon sentie à toute attaque à son intégrité…. et ensuite le fait que M. Bouchard est un autre souverainiste « repenti ». Ceux-là, ni Jean Charest ni Pauline Marois ne veulent trop qu’on s’en souvienne parce que ça mine leur critique des tergiversations de Legault, bien démontré d’ailleurs par la façon dont Jean Charest s’est bien gardé de commenter le cheminement de Raymond Bachand hier.

Sur l’abjecte absence du conflit étudiant et de la loi 78 du débat, à mon avis la présence de QS pourrait en partie, paradoxalement, en expliquer la raison.

La dernière pub du PQ (fort belle, mais prêchant aux souverainistes convaincus) récupère entre autres la mobilisation étudiante avec de belles images de manifs et s’y associe de nouveau (cette fois en la présentant dans une continuité incluant la révolte des patriotes, les années Lévesque, la loi 101, la lutte contre Trudeau, et Harper et la reine…). Pauline Marois est passée à l’attaque rapidement sur la question de son association à « la rue », qu’elle a fort à propos remis dans son contexte: la rue, c’est d’abord les gens qui y sont, des citoyens. Son point faible c’est le fil de fer sur lequel elle doit marcher, d’un côté les électeurs du centre pour qui une indexation est déjà un gros compromis, et de l’autre les étudiants pour qui c’est à peine, ou pas du tout, assez. Ça ne la place guère en position favorable pour débattre (ou souhaiter débattre) du sujet avec une Mme David qui n’aura pas la responsabilité de mettre en place toutes les mesures économiques nécessaires pour atteindre la gratuité, ni n’aura le pouvoir de remplir dans 2 semaines les promesses de QS aux étudiants, tout au plus à leur fournir un certain support politique.

Quant à Jean Charest et dans une moindre mesure M. Legault (pour lui, le conflit étudiant lui a fait de l’ombre, surtout), c’était fort risqué d’emmener le débat sur ce terrain. Le PLQ tient mordicus à associer le PQ au chaos, au désordre, au carré rouge etc. Depuis le printemps ils dépeignent Mme Marois en extrémiste et cherche à amener l’opinion à confondre les positions de QS et du PQ (ça fonctionne chez les gens qui ne suivent pas de très près l’actualité, on voit plein de gens sur le web qui assignent des citations ou positions d’Amir Khadir à Mme Marois. Et le mythe que la CLASSE a le support du PQ et le supporte a la vie dure. Toute cette stratégie, en présence d’une Mme David qui aurait remis les pendules à l’heure et aurait pu confronter Mme Marois sur les tergiversations du PQ, et par la bande renforcer l’idée que le compromis du PQ demeure fort raisonnable…

Jean Charest a bien sûr préféré attendre le face-à-face de ce soir pour ramener Mme Marois sur ce terrain de la crise, sans risque d’interférence de QS dans son petit jeu. Et Mme Marois ne peut trop évoquer QS lors des deux débats à venir sans paraître mesquine et inquiète face à la performance de Françoise David, désormais exclue des débats (Je ne serais pas surpris que Charest tente d’utiliser M. Khadir comme hameçon en le mettant dans le même « sac » que Mme Marois ce soir, par contre)

Question : est-ce que le PQ savait, ou se doutait, que QS allait déléguer Mme David et non Amir Khadir au débat quand ils en ont accepté les termes?

Un des points m’ayant le plus horripilé hier soir: la façon dont Jean Charest et François Legault ont utilisé Mme David. C’était grossier (et M. Khadir vient d’ailleurs de le soulever à la SRC tandis que j’écris ces lignes, pour ceux qui pensaient que QS que ça avantage dans Gouin aurait glissé tout ça sous le tapis). « Quand on sait de qui ça vient (les éloges) et le vrai but de la manoeuvre… » a-t’il dit. Bravo, encore une fois pas de langue de bois chez QS!

Il semble d’ailleurs penser un peu comme moi (sans le dire en ces termes), qu’au délà du calcul de wedge politics cherchant à nuire au PQ en couvrant Mme David d’éloges, le point le plus agaçant c’était en filigrane le mépris pour les idées et positions de Mme David. Pas besoin de confronter Mme David sur ses idées ou son programme, pour Legault et Charest QS c’est de la pure foutaise qui ne vaut pas la peine d’être débattue et sa seule utilité pour eux est stratégique. Charest, fin renard, s’est quand même assuré que ça ne paraisse pas trop, de l’attaquer sur un thème ou ça ne ferait pas trop mal et ne nuirait pas à la tactique globale de la faire bien paraître: le financement des partis. J’ai trouvé le tout extrémement méprisant et condescendant pour Mme David et ses idées. Quand à sa performance, dans un contexte ou 2 adversaires par calcul voulait lui donner de la place (Legault prenant même Mme comme faire valoir une fois ou deux – une fois elle s’est magistralement défendue d’ailleurs – un moment fort), je ne suis pas surpris. Par ses écrits et pour avoir vu quelques discours, je m’attendais à ce genre de performance – mais surprise et ma déception furent de voir la complaisance de Charest/Legault à son égard. Elle méritait bien mieux.

Une surprise: d’habitude, c’est Jean Charest qui malgré mes convictions arrive à me faire rire par des réparties bien senties. Mais hier, Mme Marois a gagné sur ce point (sa meilleure: « peut être que M. Duscheneau va trancher » n’a guère été remarquée), suivi de M. Charest puis de Mme David. Françcois Legault, lui, donne plus le goût de pleurer… sauf quand en fin d’un débat où il a fait en moyenne une faute de français par phrase, et quand avant-hier il tweetait qu’il allait lire pour s’endormir(!) et qu’à la SRC il semblait incapable de citer quelque artiste préféré sinon Aznavour (Mme Marois a au moins apprise une liste de tous ceux qu’elle a vus à la St-Jean ou qui ont contribué à la chanson du PQ!), il nous ressert une paraphrase sur le monopole de l’amour de la langue, belle paraphrase d’une célèbre répartie lors d’un débat français, de mémoire « vous n’avez pas le monopole du coeur » avait-on sorti au candidat de gauche) tout droit sortie du chapeau de son coach en débat sans aucun doute (Mario Bertrand?).

Question qui me ronge: mais qu’attends donc Mme Marois pour utiliser plus à fond son arme la plus redoutable, de loin son meilleur vulgaristeur sur ces questions et un remarquable communicateur de surcoît pour contrer les incohérences et les « one liners » économiques simplistes et populistes de François Legault: JF Lisée.

F.David n’a pas formulé de propositions concrètes plus que générales. Va pour la critique sociologique innovante pour un débat des chefs, de larges propositions pour le reste..

La souveraineté: ni le PQ ni QS ne proposent la souveraineté comme O.N, le Québec francophone est coupé politiquement en deux en trois et plus, la sensibilité politique apparaît dans la jeunesse surtout sur le plan social avec sa part de confusion et d’ignorance sur la situation générale du Québec. Les générations matures entre 40 ans et 55 ans se partagent entre l’indifférence et une certaine mobilisation politique. Alors.

Le débat des chefs lui spécifiquement donne un résultat neutre pas seulement par la capacité faible des chefs a défendre impeccablement leurs programmes aussi par ce non verbal qui a nui autant à J.Charest qu’à F.Legault qu’à P.Marois. P.Marois dans le non verbal connaît des problèmes par son seul physique un peu comme *Angela Merkel en Allemagne quoique elle a réussi à ne pas crisper son visage trop souvent. Pendant que F.Legault par son mouchoir dans la poche de veste a créé une drôle d’impression d’homme qui se veut trop sérieux trop formel tout en ayant été incapable de ne pas passer la moitié de la soirée avec la machoire crispée pendant que J.Charest a assommé la majorité des téléspectateurs par son sourire cynique et arrogant. Il est vrai que sur le non verbal c’est F.Davis qui est apparue la plus détendue.

*Angela Merkel: Chancelière d’Allemagne. P.Marois peut trouver école dans Merkel pour devenir premier ministre malgré le jeu difficile de l’apparence et sa part de sexisme.

Personne n’a noté que dans ce débat, Françoise David, portant le carré rouge, Mr Charest n’a pas mentionné que c’était un signe de violence et de cahos. Reproche milles fois adressé à Pauline Marois. Dans les faits, Charest n’avait aucun intérêt à attaquer Francoise David sur quelque sujet que ce soit, pas plus que François Legault d’ailleurs, chaque vote capté par QS étant directement retiré au PQ. Objectivement, il y avait alliance entre les deux partis de droite et QS pour attaquer Marois sur la question de la souveraineté. Celle-ci s’est clairement positionné pour, comment expliquer autrement sinon les accusations de Charest sur les intentions référendaires de md Marois! Les trois mentions de félicitations de Charest à l’endroit de Françoise David et les commentaires élogieux et racolleur de Md Courchesne à son endroit à l’émission 24 h 80 s, montre bien que dans les faits, mousser la prestation de Françoise David équivaut à affaiblir le vote péquiste. Md Marois a été attaqué vertement par Françoise David qui aurait du être son alliée dans un débat gauche droite. Il faut bien comprendre que les multiples prestations médiatiques accordés a F. David et Amir Kadir que l’on entend beaucoup plus souvent dans les médias que Pauline Marois ne servent qu’a affaiblir le PQ, si d’aventure QS pouvait réellement prendre le pouvoir, Charest n’aurait pas laissé filer ce carré rouge et nos médias de droite auraient été beaucoup moins complaisant que maintenant. Comme quoi parfois pour être vraiment de gauche ( mais vraiment à gauche ) il faut parfois être complaisant avec la droite et la droite pour être victorieuse être complaisante avec des partis minoritaires de gauche.

Je ne comprends pas que Pauline Marois ne puisse trouver une bonne réplique aux attaques de Jean Charest sur la date du prochain référendum.

Il me semble qu’elle pourrait lui rappeler que les libéraux ne sont intéressés par la date que pour mettre en branle leur machine à piastres pour combattre le oui.

Les libéraux d’Ottawa ne se sont jamais gênés pour dire qu’ils n’étaient pas contraints de respecter une loi provinciale et partant, ils pouvaient tricher comme bon leur semble.

Charest va voter pour le QS qu’il admire , il sait que si le QS augmente à 10% le Parti Québecois perdra et la CAQ de Sirois Charest et Legault sera élu . Legault parle exactement comme Dumont mais contrairement à Dumont il a dit qu’il voterait NON
Si les anglos décident de voter Legault le 10% du QS fera perdre le Parti Québecois . Jusqu’au 4 septembre les fédéralistes joueront ces jeux pour pouvoir garder notre Caisse, ils sont prêts à tout
Sie le QS est vraiment indépendantiste il demandera à ses membres de voter PQ et de défaire Charest

MICHEL

@ Jacques Faille (# 11):

« Je ne comprends pas que Pauline Marois ne puisse trouver une bonne réplique aux attaques de Jean Charest sur la date du prochain référendum. » (sic)

Simple: parce que la position de Pauline Marois sur ce sujet est confuse et embrouillée!

D’ailleurs, je me demande bien ce que font les séparatistes au Parti québécois qui est réduit à courtiser les fédéralistes et les anglos alors qu’un autre parti est beaucoup plus clair et limpide sur le sujet de l’indépendance: Option nationale!

Ce qui m’apparait comme les deux (2) tendance de cette élection, c’est d »abord l’image fantôme d’un hyper programme dont le résultat immédiat sera de faire passer la défense du Systeme des mains sales du PLQ discrédité è celles proprettes de la CAQ. c’est ensuite la désintégration quasi instantanée du PQ s’il ne gagne pas ce scrutin, ses éléments nationalistes passant à ON et son aile gauche à QS.

Un nouveau paysage politique construit soiugneusement pour garder le pouvoir éternellemnet dans un centre immobilise, pendnat que les contestatatire s’aginet la marge…

Je me présente indépendantt dans Westmount St-Louis…!

Pierre JC Allard

M. Charest craint la dictature de la rue, mais pas celle de Wall Street. Un vrai démocrate.

J’aimerais bien savoir pourquoi qu’à chaque fois l’occasion se présente, le nom de Lucien Bouchard est nommé. Est-ce viscéral? Il va bien falloir passer par- dessus un jour… Sinon, vos propos risquent d’être tronqués.