Débat: pas de vainqueur, mais des perdants

Tous les chefs ont performé à la hauteur des attentes hier soir au débat des chefs à Radio-Canada/Télé-Québec. Aucun n’a été au tapis, personne n’a passé le K.O.. Toutes les équipes estiment que leur poulain a su tirer son épingle du jeu.

En ce sens, il n’y a aucun vainqueur net.

Mais un match nul en terme de performance ne signifie pas que l’impact sur la campagne sera neutre. Certains partis vont profiter davantage de la soirée d’hier, alors que d’autres vont en sentir les ressacs.

D’abord, quelques mots sur la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, que certains désignent comme la gagnante du débat. Elle a été excellente. Le ton était bon, les interventions bien calibrées. Une présence rafraichissante.

Mais je ne peux la déclarer vainqueur pour la simple raison qu’elle ne partait pas sur le même pied que les autres. Elle n’avait pas de bilan à défendre, pas de programme crédible à attaquer. Québec solidaire n’aspire pas au pouvoir et ne subit donc pas les mêmes critères d’évaluations que les autres formations.

Déclarer Françoise David gagnante serait l’équivalent de déclarer Gilles Duceppe champion du débat des chefs en anglais, sur la scène fédérale. Quand on n’a rien à perdre, on ne peut que gagner.

Elle mérite toutefois une mention spéciale.

Ceci dit, la performance de Françoise David a de quoi inquiéter sérieusement son rival dans la circonscription de Gouin, le député péquiste sortant Nicolas Girard. C’est lui le grand perdant du débat des chefs, même s’il était à des kilomètres de Radio-Canada hier. Mme David a certainement convaincu bien des électeurs qu’elle mérite un siège à l’Assemblée nationale.

La visibilité de Québec solidaire et la bonne performance de Françoise David sont également des mauvaises nouvelles pour Pauline Marois. Alors que QS ne décollait pas dans les sondages et commençait sérieusement à être cannibalisé par Option nationale, le PQ devra de nouveau surveiller le regain de vie sur sa gauche. Particulièrement sur l’île de Montréal, dans des comtés comme Gouin, Bourget, Rosemont, Hochelaga, Ste-Marie-Saint-Jacques…

Il faut voir la réaction des militants du PQ sur les réseaux sociaux, qui accusent les fédéralistes de mousser Françoise David dans l’espoir de diviser le vote souverainiste, pour comprendre la nervosité du camp péquiste à la suite de la performance de Mme David.

Ce n’est pas que Pauline Marois a connu au mauvais débat. Elle semblait calme, en pleine possession de ses moyens. Elle a voulu se montrer rassurante, responsable, la bonne mère de famille qui veut veiller sur les Québécois. «Je vais m’occuper de mon monde», a-t-elle répété. Elle a servi quelques bonnes attaques à Jean Charest.

Elle a toutefois été moins convaincante sur la portion du débat traitant de la question nationale, où elle a été incapable de dissiper le flou sur la démarche et le référendum d’initiative populaire. Même chose pour l’amiante, lorsque François Legault l’a talonnée, et sur l’interdiction aux francophones de fréquenter un cégep en anglais. Des hésitations qui jouent sur son point faible dans l’opinion publique: le leadership. Cela peut influencer les indécis.

Pauline Marois peut toutefois se rassurer: une large portion de sa base électorale, qui semble solide depuis des semaines, a certainement apprécié sa prestation.

Dans le cas de Jean Charest, c’est simple: il avait besoin d’un K.O., d’une victoire éclatante pour espérer renverser la vapeur. Il ne l’a pas obtenu. Il va tenter de se reprendre dans les face-à-face qui commencent ce soir à TVA.

Le chef libéral est possiblement le meilleur «débatteur» de sa génération. Redoutable. Il a été bon hier, mais sa crédibilité est minée par les allégations qui pèsent sur son gouvernement et l’usure du pouvoir. La magie n’opère plus avec autant d’efficacité. Il a été habile en voulant associer Marois et Legault toute la soirée, autant sur la souveraineté que sur le legs en santé du gouvernement Bouchard. Il faudra voir si sa clientèle fédéraliste, qui migrait à grands pas vers la CAQ, aura accroché à cette tactique.

En ressortant le rapport Moisan sur le financement illégal au Parti québécois, il a donné des munitions à François Legault. Jean Charest voulait contrer les attaques sur l’intégrité en passant à l’offensive. Beurrer tout le monde pour avoir l’air plus propre. Mais la population a fait son lit sur l’intégrité du gouvernement Charest. Si le coup a porté, il n’aura servi qu’à convaincre plus de gens que le ménage doit être fait et que «les vieux partis» (la formule de Legault) ne sont pas à la hauteur. Les sondages le montrent, le parti qui incarne le changement et l’intégrité, c’est la CAQ, avec Jacques Duchesneau. Jean Charest lui a donné un coup de main hier.

Dans le cas de François Legault, il n’a pas été brillant, mais il n’a pas été mauvais. Pour le seul chef qui monte dans les sondages et qui n’est pas réputé pour ses talents d’improvisateur (l’essence même d’un débat), c’est déjà bien. Lui qui semble avoir dans le front l’écriteau «je n’en sais rien et je patine mal» lorsqu’il est pris au dépourvu par une question, a évité les signes de détresse physique qui peuvent couler un protagoniste en débat.

L’homme n’est pas un grand orateur. La comparaison avec Françoise David et Jean Charest ne pouvait qu’être souffrante. Il a une tendance de comptable à vouloir tout expliquer et à s’attarder sur les chiffres, une recette pour le désastre en débat. Le fait qu’il soit resté près des thèmes qu’il voulait marteler (un médecin de famille pour tous, faire le ménage, baisse d’impôt) est pour lui une réussite. François Legault est celui qui a le mieux fait connaître sa plate-forme hier. Il a réussi à passer ses messages tout en étant sur l’attaque. Il a lancé certaines des meilleures lignes du débat (voir à la fin de ce billet).

Il a été attaqué bien davantage qu’un chef de troisième parti dans les sondages, ce qui démontre qu’il dérange. Cette performance va rassurer ses électeurs. Est-ce qu’elle sera suffisante pour qu’il poursuive sur sa lancée? A-t-il marqué des points auprès des indécis en présentant ses intentions ou leur a-t-il fait peur avec tous les changements qu’il propose? Ce n’est pas encore clair.

On a senti hier qu’il voulait davantage attaquer Pauline Marois, conscient qu’il doit maintenant gruger des appuis au PQ s’il veut faire des gains, le plein ayant probablement été fait chez la clientèle libérale francophone. Une pente difficile à gravir, les intentions de vote du PQ étant solide comme le roc depuis le début de la campagne.

Habituellement, ça prend deux ou trois jours pour sentir l’effet du débat des chefs dans la population, qui assimile tranquillement ce qu’elle vient de voir. Particulièrement chez les indécis. L’arrivée rapide, dès ce soir, de trois débats en rafale à TVA change la donne. Celui qui a bien fait la veille peut s’égarer cette fois. Une moins bonne prestation peut être effacée. À suivre.

En terminant, je vous laisse avec quelques phrases intéressantes du débat d’hier, que je vous retranscris à partir de mes notes.

Citations:

«Nous avons une équipe qui vient en politique pour servir, pas pour se servir» — François Legault

«À votre place, je ne fanfaronnerais pas trop» — Françoise David à Jean Charest, qui vantait son bilan anticorruption

«Est-ce que vous trouvez que ç’a du bon sens?» — Pauline Marois à Jean Charest, sur les places en garderies accordées aux proches de l’ancien ministre Tony Tomassi

«Ça prend des preuves» — Jean Charest sur son attente avant de déclencher une commission d’enquête.

«On va s’occuper de notre monde» — Pauline Marois

«Moi, je crois que le Québec est riche» — Françoise David

«Ça prend du courage Mme Marois» — François Legault qui dit à Pauline Marois qu’elle ne pourra pas réduire la bureaucratie en raison des liens du PQ avec les syndicats.

«Les deux souverainistes qui se chicanent» — Jean Charest, après un débat Legault-Marois sur la santé.

«On n’essaiera pas de se faire croire qu’on est le paradis sur terre ici» — Françoise David à Jean Charest, sur les emplois pour les femmes.

«Un référendum, c’est sain pour une démocratie» — Pauline Marois

«C’est facile de critique Harper, tous les Québécois le détestent. On ne fait pas la souveraineté à cause de Stephen Harper» — Françoise David à Pauline Marois

«Chez Jean Charest, on pratique le fédéralisme de correspondance. Et il ne reçoit pas beaucoup de réponses» — Pauline Marois

«Nous avons obtenu plus du fédéral que vous et M. Legault quand vous étiez au gouvernement» — Jean Charest à Pauline Marois

«J’ai cheminé, comme beaucoup de Québécois. Tout comme votre ministre des Finances. Arrêtons la chicane, il faut relancer le Québec» — François Legault à Jean Charest, qui l’accusait d’avoir changé d’avis sur la souveraineté.

«Moi, j’aimerais faire la souveraineté demain matin si j’étais capable» — Pauline Marois

«Les gens ne se battent pas dans les autobus à Montréal pour avoir un référendum» — François Legault

«Tous les jours, je défends notre projet de pays» — Pauline Marois

«Vous avez remis la date du prochain référendum entre les mains des purs et durs du parti» — François Legault à Pauline Marois

«Vous avez trahi l’héritage de Lesage et Bourassa. Quand allez-vous défendre la nation québécoise?» — François Legault à Jean Charest

«François Legault nous présente un programme de chômage avec de la chicane» — Jean Charest

«Le prochain gouvernement doit avoir une solide opposition à gauche» — Françoise David

«On a vu M. Legault renoncer à ses convictions. Je suis souverainiste. Mon équipe est souverainiste» — Pauline Marois

«On va peut-être assister à la première femme première ministre le 4 septembre» — Françoise David

«On n’a pas besoin d’être souverainiste pour être amoureux de notre langue» — François Legault

«Elle veut interdire à des adultes d’étudier dans la langue de leur choix. C’est du jamais vu» — Jean Charest à Pauline Marois

«Vous n’avez pas le monopole de l’amour du Québec» — François Legault à Pauline Marois

«Je suis tanné de voir le Québec tourner en rond» — François Legault

 

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Rien de ce que fait ou dit James John Charest n’est gratuit ( certains iront jusqu’a dire , que le faire agir, nécessite une enveloppe… budgétaire) aussi sa magnanimité face a Mme David n’a-t-elle pour seul but, que de faire grignoter par QS le vote du PQ sur sa gauche,et affaiblir ainsi Mme Marois, si la CAQ ne lui ravissait pas tant de vote sur sa droite c’est M Legault qu’il aurait trouvé bon..

Fait que, Mme David a certainement aidé à sa propre élection et à soutenir Québec solidaire, ce qui devrait nuire au PQ et à l’ON de M. Aussant.

Ce qui m’a le plus interpellé dans ce débat, c’est que tous les partis sans exception entendent accroître l’offre de services à la population. Nous avons déjà sur le papier un pléthore d’offre de services et nombre d’entre eux ne peuvent pas être rendus, le sont de manière incomplète ou sont sans cesse remportés à plus tard de telle sorte qu’on fait plus de gestion de services qu’on ne rend de services qui presque tous finissent par pécher par manque d’efficacité. Quand les services sont rendus, on éprouve de la difficulté pour en contrôler la pleine qualité.

J’aimerais mieux qu’on s’ingénie à rendre moins de services et qu’on mette en œuvre les ressources nécessaires pour y arriver. Quand l’état ne rend pas certains services, c’est le secteur privé qui prend le relais, ce peut aussi être des entreprises d’économie sociale ou des coopératives qui vont s’en charger. L’état régulateur dans ce cas, doit seulement s’assurer que toute la population ait accès à des services suivant ses besoins. Suivant l’hypothèse où les citoyens seraient dans l’impossibilité de payer les services non fournis par l’état, cela devient un exercice de solidarité de veiller à ce que les personnes les moins favorisées puissent être bien traitées.

En plus du fait que cette manière de procéder contribue à créer de nouveaux emplois, cela incite aussi la population a mieux exercer sa capacité de choix de façon économique, écologique et responsable. À terme cela permet de valoriser l’ensemble des revenus du travail, ce qui produit une société plus prospère et plus équilibrée. C’est dommage qu’aucun parti ne propose à la population d’en faire moins avec moins, pourtant on y gagnerait tous !

Assez de l’argument qui tend à diminuer et sous estimer la performance de Françoise David! Elle avait tout autant à perdre ou à gagner. Qu’on le reconnaisse une fois pour toutes: c’est une femme plus intelligente et dont la pensée est plus articulée que celle des trois autres chefs. Elle peut facilement organiser son argumentaire en fonction de l’évolution des débats. Elle ne s’en tient pas aux capsules apprises par coeur.

J’ai l’habitude d’un peu plus de rigueur venant de la part de l’auteur.

Le fait que Mme. David « n’avait pas de bilan à défendre, pas de programme crédible à attaquer. Québec solidaire n’aspire pas au pouvoir et ne subit donc pas les mêmes critères d’évaluations que les autres formations », ne concerne en rien la qualité de son argumentation ni le contenu de ses idées.

Et que dire de cette formule:

« Quand on n’a rien à perdre, on ne peut que gagner. »

C’est d’un banal… C’est une formulation creuse qui frise l’insignifiance et qui ne peut pas décrire la réalité autrement que par un tour de passe-passe intellectuel. On peut facilement imaginer toute sorte de scénarios dans lesquels Mme. David pouvait « perdre » quelque chose. Elle avait des gains à faire, elle avait un objectif… ça aussi, ça se gagne. Si elle a atteint ses objectifs et obtenu ses gains, alors elle a gagné.

Franchement, cette chronique n’est pas à la hauteur de son auteur.

Pour les mêmes raisons que vous invoquez et quelques autres, j’arrive à une conclusion toute contraire que la vôtre concernant la performance de Françoise David. En fait votre argumentation soutient que Mme David ne pouvait en aucun cas être la gagnante de ce débat. Or c’est tout le contraire. Elle avait tout contre elle. Le format même du débat où les questions qui tiennent le plus à coeur à Québec solidaire en étaient exclues : l’environnement, l’éducation, les démunis. Mme David a réussi à les y introduire.
D’où sortez vous qu’elle n’avait pas de bilan à défendre ni de programme crédible à attaquer ? Le bilan à défendre c’est celui de Québec solidaire à l’Assemblée nationale. Le seul parti qui a su se tenir debout devant les magouilles de Quebecor et le maire de Québec. Celui qui a mis sur le tapis la question des redevances des compagnies minières. Celui qui a forcé des firmes d’ingénierie à reconnaître leur culpabilité dans le financement illégal des partis politiques. La médecine de première ligne, les CLSC, Pharma-Québec etc, ne sont pas des politiques crédibles vous croyez. Le développement d’une économie verte et durable n’est pas crédible d’aprés-vous ?

Oui dans un sens vous avez peut-être raison au fond sur ce point, le bilan de Québec solidaire à l’Assemblée nationale et son programme de réelle alternative, y compris l’idée de faire élire une Assemblée constituante pour soumettre au peuple une constitution avec des balises garantissant les services publics et les droits démocratiques, sont certainement inattaquables.

« Je vais m’occuper de mon monde », dit Mme Marois. N’est-ce pas ce que fait Jean Charest depuis des années? 😉

Dénigrement gratuit et fallacieux : « pas de programme crédible à attaquer ». Ça sort d’où ça? Peut-être que leur programme est simplement trop compliqué pour vous. En fait il sort probablement trop de vos étroits sentiers qu’emprunte jour après jour votre cerveau préformaté. Votre biais vous aveugle. Je ne sais même pas si QS aura mon vote, mais de prétendre leur plateforme n’est pas crédible en sous-entendu que celui du PLQ corrompu, du PQ sans base financière et du CAQADQ girouette le son plus! Ce n’est plus que de la mauvaise foi, c’est carrément de l’acharnement à la myopie!

Excellente analyse bien balancée, comme toujours.

Je suis tout à fait d’accord sur vos réserves à donner la victoire à Mme David (une femme par ailleurs admirable, dévouée et très intelligente.. un acquis pour la démocratie québécoise, malheureusement peut-être au prix de la perte de Nicolas Girard à l’AN). Son seul défi, relevé, était de réussir à prendre sa place – mais Charest-Legault l’ont aidée à y arriver. Pour le reste, elle travaillait largement pour gagner son comté et comme « voix citoyenne » au débat (le point le plus intéressant de sa présence hier, à mon avis). C’est une voix fort importante qu’on voudrait voir plus souvent… mais est-ce que la gauche était vraiment si bien servie par sa présence lors d’un débat?

Convaincu d’abord par les arguments (que je trouve forts logiques, même aujoud’hui) de J. Legault pour l’inclusion de QS-ON, j’avoue que je m’interroge à nouveau et sans réponse claire sur la pertinence de sa présence au débat où l’enjeu et le rôle pour elle était si visiblement en déséquilibre avec ceux des trois autres (ou du moins sur l’injustice pour nous et pour Mme Marois de ne pas avoir de 2e round avec Mme David à TVA. On va avoir un débat du « centre droit » entre Legault-Charest, mais pas de débat de la gauche vs. centre plus ou moins gauche ou Mme David aurait un vrai défi pour défendre le programme de QS dans ses détails concrets, où l’expérience de gouvernance de Mme Marois aurait fait contrepoids aux idéaux défendus par Mme David), et sur le paradoxe que ça a créé, un genre de victoire pour les tactiques cyniques de « wedge politics », où ceux qui encensent le plus Mme David sont évidemment ceux qui l’utilisent à dessein, et qui ont sans doute favoriser son inclusion dans le débat, pour faire de l’ombre à Mme Marois et tenter de minimiser les gains possibles du PQ sur la gauche aux urnes.

J’ai comme l’impression que lorsque le PQ a accepté l’inclusion de QS, il s’attendait (de même que Jean Charest, dans une perspective que son thème de la rue allait ternir la route) à la présence d’Amir Khadir, qui aurait plutôt servi Mme Marois et était un plus grand risque pour Legault et Charest.

Quel gâchis de voir Mme David sur cette tribune nationale, pour son propre profit dans le comté de Gouin, devoir nuire à l’ensemble du PQ alors qu’objectivement toutes ses convictions politiques et son action nous disent qu’elle veut sûrement être députée d’opposition et voix citoyenne face à… Pauline Marois, certainement pas Legault ou Charest.

Ça rend un peu cynique, surtout en regardant la performance excellente et inspirante de JM Aussant dans un format bien plus intéressant pour ON qu’une présence au débat des chefs (le débat que je veux vraiment voir serait Aussant vs. David vs. Marois… mais pas dans un cadre électoral! Ça tient de l’utopie, bien sûr).

La présence de Mme David était une victoire pour la gauche, et ses propos bienvenues. Mais quand on pense que l’effet net pourrait d’avoir favorisé la CAQ ou de forcer Mme Marois à passer une bonne partie de son temps à resolidifier sa gauche d’ici le 4 septembre…

L’autre paradoxe c’est que sa présence est peut-être responsable pour l’évacuation du débat de quelques sujets chers à la gauche, notamment l’abjecte exclusion de la question de la crise étudiante. Mme Marois n’avait guère intérêt à ouvrir une brèche pour que Mme David s’y engouffre pour défendre les positions de la CLASSE, avec pour seule parade des tergiversations et un vague « on va en discuter à mon sommet ».. Et encore plus vicieusement, M. Charest n’allait pas amener Mme Marois sur le terrain des étudiants en présence de Mme David. Ses basses tactiques pour confondre dans l’opinion les positions du PQ et de QS et d’associer à tout prix Mme Marois à la rue, à la désobéissance civile etc. ne fonctionneraient pas en présence de Françoise David pour ramener les pendules à l’heure… et faire par la bande passer pour les gens plus au centre les propositions de Mme Marois pour le seul compromis raisonnable. Jean Charest attend bien évidemment d’avoir Mme Marois en face-à-face ce soir, et on le voit d’ailleurs sans surprise préparer le terrain en ce sens depuis ce matin.

J’ai un peu peur que les vrais perdants du débat d’hier ce soit Jean Charest (on ne s’en plaindra pas trop) mais aussi les électeurs de gauche et centre gauche face à l’auberge espagnole de la CAQ. Je me croise les doigts que Jean Charest performe magistralement mardi et livre quelque coup majeur à cette CAQ abrutissante, populiste, clientéliste, incohérente et déjà championne de la malhonnêteté intellectuelle, inondant médias et twitter à coup de slogans simplistes (mais très durs à attaquer en 140 caractères… même JF Lisée pourtant habile sur ce terrain aurait besoin souvent d’un bon paragraphe ou plus pour le faire) Legault a bel et bien repris le flambeau de la propagande tenu tout le printemps par Charest, seuls les thèmes et le média favorisé ont changé.

Suite au débat d’hier, plusieurs de mes connaissances sont en train de réviser leur position au sujet du Parti québécois et considèrent maintenant Québec solidaire comme une alternative valable.

De toute façon, ça fait 40 ans que le P.Q. niaise avec le puck. Ça prend du changement et un VRAI séparatiste ne se retrouve pas dans le parti de Pauline Marois.

« Débat: pas de vainqueur, mais des perdants » et un grand absent.

En effet, Jean-Martin Aussant n’y était pas. Nous en avons la preuve maintenant, tous les chefs doivent y être.

M.David a livré une bonne performance et vous estimez qu’elle ira gruger des votes au PQ.

Imaginez maintenant la présence du chef d’Option Nationale sur la question nationale avec les hésitations et pirouettes de Mme Marois!!!!!!

Cela aurait été très intéressant à voir et je parie que M. Aussant aurait été dans la zone payante.

Injustice…….

M. Legault à Mme Marois: «J’ai UNE question pour. UN, allez-vous… DEUX, croyez-vous…»

Incroyable mais vrai,

Luc Harvey, Claude Sabourin et Jean-Martin Aussant manquaient à ce débat mais le scrutin proportionnel manquait encore plus.

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