Samedi dans La Presse : le re-CROP sur la loi 78

Ah ! Le bon vieux temps des sondages téléphoniques !

Lorsque le débat social et politique s’échauffe, comme c’est le cas en ce moment, les sondages se transforment de spectateurs à acteurs.

C’est ce que nous avons vu depuis la publication, samedi dernier, d’un étonnant sondage CROP dans La Presse, suivi, dans ce contexte, d’un détonant sondage Léger dans l’empire Québécor ce lundi.

Les sondages deviennent acteurs de quatre façons.

1. Le rapport de force : puisque le conflit oppose un corps social — les étudiants — à l’État, la proportion de sondés, donc d’électeurs potentiels, qui appuient les uns ou les autres renforce la position de celui qui remporte la faveur populaire.

2. La validation ou l’invalidation : chacun dans la population croit avoir la bonne attitude envers le conflit. Mais de savoir que la majorité des autres sont d’accord avec nous a un effet important sur la consolidation de notre propre position.

3. La mobilisation : un sondage favorable à une cause alimente la mobilisation. Un sondage défavorable la défavorise.

4. L’action : lorsque la réponse à un point du sondage est massive, cela peut avoir un effet immédiat sur le comportement des protagonistes.

Exemple au hasard : le gouvernement Charest. Au moment d’annoncer la loi, la semaine dernière, la ministre Courchesne et le premier ministre affirment qu’il n’y a « pas de compromis possible » avec les associations étudiantes.  Et M. Charest d’ajouter : « On changera pas notre attitude » !

Lundi, le sondage Léger indique que 74 % des Québécois réclament une reprise des négociations. Le jour même, la ministre Courchesne se dit parfaitement disposée à négocier !

Le sondage CROP de vendredi dernier et de vendredi (demain)

La querelle Gesca-Quebecor a rebondi cette semaine au sujet du sondage CROP publié en une de La Presse vendredi dernier et selon lequel 66 % appuyaient la loi spéciale. En fait la question semblait être l’appui à « la décision » d’adopter une loi. Je dis « semblait », car le questionnaire n’est pas en ligne. De plus, une partie des sondés ont donné leur opinion avant même le dépôt de la loi.

Cela a valu une volée de bois vert au grand quotidien, dans les réseaux sociaux, ainsi qu’une campagne de désabonnement. Bizarrement, le TVA Nouvelles a même fait état de cette campagne en heure de grande écoute !!

Dans la présentation du sondage Léger/QMI publié lundi dernier, le directeur de l’information du Journal de Montréal, Dany Doucet (jamais invité à Sagard), a pour ainsi dire placé ses « balises de qualité » pour l’utilisation de sondages « en période de sensibilité sociale extrême », a-t-il écrit.

Il sera intéressant de voir s’il donnera une bonne note au sondage CROP de demain. Voici ces balises [avec mes commentaires] :

• Toute la démarche est entièrement contrôlée par Léger Marketing sans recours à la sous-traitance. [CROP sous-traite son panel Web à d’autres firmes.]

• Léger Marketing ne répartit pas les indécis pour ce type de sondage, seulement pour les intentions de vote. [Ici, on laisse entendre soit que CROP ne permet pas aux répondants de dire qu’ils sont indécis face à la loi spéciale, soit que les indécis sont répartis dans les réponses données, ce qui gonfle les résultats.]

• Les choix de réponses ainsi que les libellés des questions sur les dispositions de la loi et les personnalités politiques ont été mis en rotation afin d’éliminer le biais lié à l’ordre des questions. [Cette pratique est standard.]

• La question des intentions de vote était la première du sondage afin qu’elle ne soit pas contaminée par les autres questions. [Ici, on laisse entendre que la question des intentions de vote dans le dernier CROP était à la fin du questionnaire, donc conditionnée par les questions précédentes, plutôt qu’au début. Mais on ne le sait pas avec certitude.]

• Dans un souci de transparence, toutes les questions ont été mises en ligne sur notre site Internet lundi soir […] et le sondage en entier a été mis en ligne sur lejournaldemontreal.com après notre heure de tombée. [Ici, on note que les lecteurs et autres intéressés n’ont pas eu accès au questionnaire et aux réponses complètes du sondage CROP.]

De son côté, La Presse a défendu son sondage, mais a annoncé mardi ce qui suit :

Nous comprenons très bien la réaction de certains de nos lecteurs. Aussi, nous avons demandé à CROP de refaire un sondage qui décortiquera toutes les mesures de la loi, maintenant que celles-ci sont bien connues.

C’est sage de la part de La Presse. Souhaitons qu’elle passe avec succès, samedi, tous les tests de qualité !

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CROP est une firme dont la fiabilité est pour le moins douteuse et qui semble au service de ses commanditaires, pour ne pas dire de Gesca. Ainsi, il y a quelques semaines la grosse presse titrait à partir d’un sondage CROP que le PQ arrivait deuxième derrière le PLQ et que ce dernier était en remontée pouvant à nouveau avoir une majorité à l’Assemblée nationale. Or le même jour que celui de la publication de cette nouvelle le Journal de Montréal publiait les résultats d’un autre sondage effectué par Léger Marketing et qui plaçait le PQ en tête, lui donnant une majorité en chambre.

Ce n’est pas la première fois que CROP se livre à de telles manipulations. En décembre 2008, trois jours avant le scrutin, La Presse essayait une telle manigance en complicité avec CROP afin d’influencer l’électorat.

Pierre Drouilly et moi écrivions alors ceci.

« Le quotidien La Presse titrait sur sa une le vendredi 5 décembre : « Sondage exclusif CROP-La Presse : Les libéraux bien en selle, l’avance du parti de Jean Charest sur le Parti québécois est la plus forte depuis un an ». Les résultats sur lesquels était établi ce verdict sans appel : Parti libéral 45%, Parti québécois 29% et ADQ 15% (voir tableau). Des résultats qui contrastaient avec ceux qu’avaient reçus les dirigeants du Parti québécois quelques jours plus tôt et qui donnaient 40% des intentions de vote au PLQ, 35% au PQ et 17% à l’ADQ (Le Journal de Montréal, 3 décembre, p. 12). Plus significatifs, les chiffres publiés par La Presse établissaient un écart record de 16% entre le PLQ et le PQ, alors que ceux fournis à la direction du PQ ne l’estimaient qu’à un peu plus de 5%. Le problème? CROP avait presque tout faux! (PLQ +3%, PQ –6%, ADQ –1%, Autres +5%). »

Nous avons envoyé ce texte, mais autant Le Devoir qu’évidemment La Presse ont refusé de le publier (Le Devoir parce que nous critiquions au passage Léger Marketing). Le texte au complet se trouve donc sur ce site où vous pourrez également trouver d’autres textes traitant de l’opinion publique: http://www.mireq.qc.ca.

Observation simple. Une méchante baisse de participation a ce blogue. Pourquoi?

Je me demande de plus en plus si nous devrions pas faire œuvre citoyenne et adhérer à un vaste mouvement de boycott des sondages. Non pas en n’y répondant pas si solliciter, mais en répondant n’importe quoi. Comme la CLASSE quoi ! tourner à gauche si on s’attend qu’on tourne à droite.

Les sondages m’apparaissent de plus en plus comme des agents actifs des politiciens qui s’en servent à la fois comme outils d’information pour leurs propres besoins, et à la fois comme outils de manipulation de l’opinion publique.

«Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité.»
[Milan Kundera]

dis moi qui finance le sondage et je te dirais ce qu’il dit,les amerlocs appelent ça, money talk et les analystes sérieux, money speak.sondage ou propaganda? .lol

Les sondages sont des acteurs et les médias aussi sont des acteurs. Sous le couvert de donner de la nouvelle, ils peuvent la triturer à leur façon pour manipuler l’opinion. C’est ce que La Presse ne se gène pas pour faire à l’occasion quand on (les patrons) le juge important , parfois subtilement, parfois moins. La dernière fois avec le CROP c’était un peu gros, d’où la réaction des gens.

Pas sûr qu’il n’u aura pas encore de manipulation. Si vous permettez, j’ai répondu à la demande de La Presse de lui faire parvenir de suggestions pour sortir de la crise étudiante. Mais ma lettre n’a pas été jugée digne d’être publiée ni dans la version écrite de La Presse ni dans son site web.

VOICI MA LETTRE DONC :
LES SOLUTIONS…

Vous les connaissez, les solutions. Vous les avez entendues. Vous les avez lues. Mais vous ne les acceptez pas. Parce que ces solutions contrecarrent votre vision d’une société seulement basée sur le profit et abandonné à un univers-marché où nous ne sommes plus que des consommateurs/payeurs.

Puisque c’est La Presse qui interpelle ses lecteurs à lui proposer des solutions, je préconise qu’on ne peut changer que soi-même et que c’est d’abord à vous, comme journal important du Québec, de changer.

Donc, rappelez-vous, vos pages éditoriales qui n’ont jamais cessé, plus ou moins subtilement d’ailleurs, de présenter les offres gouvernementales dans l’angle des seuls libéraux…mais ça, il est trop tard pour le changer.

Car, au cours de leur lutte contre la hausse des frais de scolarité, les étudiants – et ceux qui les suivent dans leur lutte- se sont aperçus que ce que leurs demandes dérangeaient dépassait le seul gouvernement libéral actuel et attaquait le coeur même de l’évolution du néolibéralisme en terre québécoise.

En effet, la grogne sociale a désormais quitté les seuls chiffres de cette hausse pour atteindre la critique de cette société néo-libérale que, manifestement, La Presse incarne sans vergogne, étant située au coeur d’un empire d’influences dans le marché des communications.

La solution commence donc par vous-mêmes : CHANGEZ. Diversifier votre page éditoriale : ajoutez-y un souverainiste, un vrai social-démocrate, ect. Sortez du gel idéologique – qui est maintenant votre bulle- et d’où la vraie société ne peut plus vous apparaître.

Mais je sais : vous ne pouvez rien faire.

Il y a de cela plusieurs années, je m’étais rendu à votre journal rencontrer un éditorialiste, Marcel Adam, pour l’interpeler au sujet des positions répétées de La Presse contre les aspirations légitimes des québécois. Il m’avait chuchoté que personne ne pouvait rien y changer. Et qu’il y avait des limites que ses journalistes avaient intériorisées d’eux mêmes.

La solution passe d’abord par vous-mêmes : CHANGEZ.

Vous devriez quand même essayer car ce sont pas les iPad qui vont vous sauver de l’inéluctable séduction des Huffington Post et Facebook de ce monde. Vous savez bien que vous pouvez disparaître mais ne serait-il pas dommage qu’avant de disparaître, vous n’ayez point laissé un petit tweet de conscience éditoriale !

De mémoire, le temps de dire que les résultats électoraux se sont toujours avérés plus proches des sondages Léger que Crop notamment pour l’élection québécoise de décembre 2008.

Ceux qui ont le temps de fouiller sur internet le verront. Les sondages de La Presse c’est à redire ressemblent à des éditoriaux en se rappelant que les sondages Crop de 2011 ont appuyés carrément le NPD contre le BQ par toutes sortes de sous entendus!

Une rumeur veut que ce soit George Bush ou Dick Cheney (l’histoire n’est pas très clair) qui ont commandé le sondage. J’ai lu ça sur twitter.

Comme l’ironie fait bien les choses, en anglais l’expression « to crop » signifie « retrancher à ». Les sondages, les médias, les hommes politiques et la police essaient, tant qu’ils peuvent, de retrancher à la réalité mais c’est trop tard.

Plus personne ne croit, comme le disent si bien nos copains anglophone à leur « load of crop ».

La peur de l’effet larsen est si forte que les médias, par leur prudence, exagèrent les éléments minoritaires d’une position – ainsi, lorsque je parle à des membres de ma famille peu politisés et dépendants de ces médias pour se faire une idée, je réalise assez vite que pour eux leur image du conflit a une forte distorsion. Selon eux, en regardant ces mêmes médias de façon distraite, ils en arrivent à la croyance que les carrés verts sont aussi nombreux que les carrés rouges, et que les casseurs sont aussi nombreux que les manifestants.

Lorsqu’on leur pose la question lors d’un sondage, ils répondent selon ces informations.

Leur opinion est toutefois fragile en ce sens qu’ils ne sont pas eux-mêmes convaincus de leur opinion; ainsi, le résultat des sondages les conforte ou les fait douter de leurs points de vue.

Voilà donc l’intérêt de faire la une avec un sondage ou un autre.

Il est rassurant d’apprendre que le sondeur Léger Marketing ait pu déposer ses conclusions au Journal de Montréal.
Cela va peut-être, souhaitons-le, pousser ses pseudos journalistes/chroniqueurs/animateurs a beaucoup moins de démagogie et à surtout plus de rigueur et de crédibilité.
Pendant ces trois derniers mois, le Peuple n’a cessé d’être manipulé, biaisé, dirigé et malmené sur toutes les tribunes, émissions et blogues par ce grand consortium.
Que la mélopée de ce génial Tintamarre est doux à mes oreilles tous les soirs à 20h00 ! C’est vraiment La Mélodie du Bonheur !
Je tintamarre, Tu tintamarres, Nous tintamarrons…
Ils et Elles Tintamaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrent…

CROP-La Presse une maison de sondage au service des Desmarais. Rien de neuf, ça fait partie de la stratégie de manipulation de masse des grands médias.

Au lieu de se faire influencer par des sondages bidons ,on est mieux de se forger une opinion soi-même en s’abreuvant à diverses sources dont celle de plus en lus crédible des médias alternatifs.

Comme la plupart des gens n’ont pas le temps ni surtout l’intérêt pour le faire préférant être conforté par le parti-pris de leur journal favori et passer leurs loisirs à autre chose, la manipulation de masse a encore de beaux jours devant elle.

Les sondages sont des outils de « gestion » de l’opinion publique. Et pas seulement dans le domaine politique.
Toute grosse entreprise ayant affaire avec un large public garde les sondages dans leur valise d’outils de marketing.

Toujours prendre un sondage avec un grain de sel: regardez qui l’a commandé, quelle est la méthodologie, les marges d’erreurs, la formulation des questions, les choix de réponse, l’ordre des questions, etc.
Sans oublier de bien regarder l’interprétation que le média « client » en donne; en partriculier le grand titre.
En cela, j’ai (pour une fois) bien aimer la démarche de QMI-Léger qui consistait à publier d’abord la liste des questions avant de publier les résultats. Cela donne le temps de réfléchir sur le sondage lui-même sans être distrait par les résultats (qu’on voit plus tard).
En plus, c’est un bon coup pour mousser les ventes, en faisant durer le suspense.

Le sondage de Crop souffre de quelques biais structurels de par la clientèle sondée.

La loi a été votée jeudi soir et le sondage téléphonique publié samedi matin.
Il a donc dû être fait vendredi soir.
Tous ces sondages sont faits sur des lignes dites fixes. Qui sont ceux qui sont le plus èa même de répondre le vendredi soir entre 6 et 9 sur une ligne fixe?

De plus une proportion suffisamment importante des gens gens de moins de 40 ans n’ont même plus de ligne fixe…

Par ailleurs, une étude intéressante pourrait être faite sur les corrélations entre les résultats des sondages de CROP et la ligne éditoriale de La Presse.

Bonjour je ne sais trop ou faire ma suggestion car il y a beaucoup de sujets tous aussi passionnant.
M.Lisée je vous propose si vous en aviez la possibilité d’organiser un panel et inviter des gens comme Chris Hedges, l’auteur de l’Empire de l’Illusion, la mort de la culture et le triomphe du spectacle. Dans le chapitre sur l’illusion du savoir
il traite notamment de la prise de contrôle des universités américaines par la grande entreprise et des ses conséquences. On comprends mieux les mises en garde d’un Gabriel Nadeau Dubois et de l’importance et de l’incontournable question de la gratuité de la formation universitaire. Ce n’est pas seulement un enjeu financier loin de là

Bravo, monsieur Bigras (no 17) !

Les sondages CROP, c’est comme La Presse : je ne les lis plus depuis longtemps.

Faites comme moi: boycottez-les.

Dans les années 1970, l’humoriste Claude Landré parlait de sondages CROPuleux !

Ça ne date donc pas d’hier !

Ce re-CROP nous dit ceci:

Nous sommes 67% à appuyer la suspension des cours dans les institutions visées par le boycottage et leur reprise à la mi-août.

Nous sommes 70% à être d’accord pour que Québec empêche les manifestants de bloquer l’accès aux cours.

Nous sommes 64% qui approuvent l’idée que les manifestations ne s’approchent pas à moins de 50 mètres du terrain d’un cégep ou d’une université.


Nous sommes 70% à être d’accord pour que les organisateurs des manifestations soient tenus de transmettre les détails de leur action à la police huit heures à l’avance.

Nous sommes 72% à estimer légitime que la police puisse refuser un itinéraire de manifestation pour protéger la sécurité publique.


Nous sommes 51 % à appuyer la loi spéciale dans son ensemble.

Nous respectons trop notre prochain pour le déranger en bloquant des rues. Jamais, par exemple, il ne nous viendrait à l’esprit d’organiser une manifestation qui empiète sur les heures de pointe montréalaises; ou une manifestation dont l’horaire n’est pas connu à l’avance. Toujours, notre priorité serait de bloquer le moins de rues possibles, sinon aucune. Toujours nous privilégerions les manifestations dans un parc ou à la file indienne sur le trottoir, afin de ne bloquer aucune entrée, en tout respect pour notre prochain. Jamais il ne nous viendrait à l’esprit de manifester deux fois de suite dans la même rue au cours d’une même saison.

Nous avons un égo, mais encore plus de courtoisie; un nombril, mais un peu plus de respect. C’est pourquoi nous considérons que notre liberté s’arrête là où commence celle d’autrui: celle du petit commercant du centre-ville; celle du résident du parc Emilie Gamelin qui veut dormir en paix; celle de celui qui travaille ou a un rendez-vous au centre-ville.


http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201205/25/01-4528871-loi-78-les-quebecois-divises.php
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Diane Leclerc (# 17):

« Faites comme moi: boycottez-les. » (sic)

Comme C. Bégin quoi…

Et enfonçez-vous la tête bien profondément dans le sable…

@ André Bigras (# 7):

Très belle envolée lyrique et poétique digne des meilleurs étudiants en Sciences molles de l’UQUÀM.

Et votre solution CONCRÈTE est…