Démocratie mal en point : Que faire?

Ne pas se taire. Surtout ne pas se taire. Trop de politiciens prennent le silence pour une caution. Combien de fois avons-nous entendu un politicien justifier ses gestes ou ses décisions en invoquant la volonté de la majorité silencieuse? Ce silence, il faut le briser.

En prenant la parole. Par tous les moyens disponibles, de la pétition à la manifestation, en passant par les tribunes téléphoniques, le courrier des lecteurs, les espaces de commentaires sur la toile. Le but : se faire entendre, partager ses idées, sensibiliser ses concitoyens, provoquer la réflexion et la discussion.

Et quand on le peut, participer aux consultations publiques des organismes gouvernementaux et parlementaires, soumettre son opinion sous forme de lettre ou de mémoire, témoigner devant les comités et commissions.

S’impliquer aussi. Dans des groupes communautaires ou de pression ou encore des mouvements de citoyens qui font écho à nos idées. Et il y a aussi les partis politiques. Ils ont le dernier mot sur les candidats au poste de députés et ce sont leurs politiques qui orientent en partie les actions de nos gouvernements. Si on les laisse entre les mains des arrivistes et des idéologues, on héritera de gouvernements de la même eau. Pour infléchir leurs positions et les amener à promouvoir les réformes qu’on souhaite, il faut aussi agir de l’intérieur, se mêler du choix du chef et des candidats, participer aux débats sur les politiques.

Et on peut interpeller les élus quand on en a la chance. Leur demander des comptes, quoi.

Aucun de ces gestes n’a d’effet immédiat. On peut même parfois, sinon souvent, avoir l’impression de prêcher dans le désert, mais le changement prend du temps et de la persévérance.

Et il ne faut pas se laisser décourager par le climat de morosité qui prévaut depuis des années. Selon le politologue Raymond Hudon, de l’Université Laval, «ce que nous sommes en train de vivre, ce rejet de la politique, n’est pas sans précédent». L’histoire est truffée d’épisodes du genre. Dans un livre coécrit avec Christian Poirier et paru en 2011, La politique, jeux et enjeux. Action en société, action publique, et pratiques démocratiques, il évoque même la Grèce ancienne, à l’époque de Démosthène.

En entrevue, il note que le même désabusement face aux partis politiques prévalait au début du XXe siècle, dans le sillage de la crise économique. Et comme à l’époque, le vent finira par tourner. Il dit même sentir actuellement, sous la surface, un nouvel intérêt pour l’action politique que son ouvrage décortique avec un regard historique. Ce n’est pas un livre de recettes pour l’activiste moderne, avertit-il. Il propose plutôt «une conception de la politique que les gens ne voient pas au quotidien». (Le résumé offert sur le site des Presses de l’Université Laval vous en donnera une meilleure idée.)

Selon lui, le citoyen a, pour diverses raisons, de la difficulté à trouver sa place actuellement. L’expertise faisant foi de tout aux yeux de beaucoup de gens, plusieurs en concluent qu’ils ne sont pas qualifiés pour se prononcer. Le discours au sujet de la mondialisation, marqué du sceau du fatalisme, alimente les sentiments d’impuissance et de frustration. Et il y a de nombreux groupes qui disent parler au nom de citoyens qui, eux, ne s’y reconnaissent pas.

«Beaucoup de gens ne trouvent pas de lieu où raccrocher, mais en même temps, ils n’ont pas entièrement décroché», avertit-il. Il dit l’avoir constaté en préparant un ouvrage sur l’engagement des jeunes qui doit paraître d’ici le printemps. «Il y a du monde engagé encore et toujours, y compris dans les partis politiques.»

Il blâme aussi les médias qui, à son avis, contribuent beaucoup au cynisme ambiant en ne trouvant jamais rien de bon à dire sur le processus politique (dans son sens large) et ses acteurs. Un constat malheureusement juste, si je me fie à la couverture de la politique fédérale que je suis de plus près. Et un sujet sur lequel je compte revenir plus tard.

Voilà qui conclut cette série. L’actualité reprend maintenant ses droits.

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Pas facile de travailler à améliorer la démocratie, mais il faut le faire collectivement et individuellement. Pour ma part je m’implique depuis plusieurs années pour obtenir un mode de scrutin respectant proportionnellement les votes – quoi du plus évident… Ainsi que vous le soulignez en fin d’article, les médias ont un rôle à jouer et ils ne devraient surtout pas décourager les gens qui veulent faire leur part pour améliorer la démocratie – à l’intérieur et à l’extérieur des partis politiques. J’ai fait de nombreuses entrevues pour le Mouvement pour une démocratie nouvelle (www.democratie-nouvelle.qc.ca/actions) et la plupart du temps, les journalistes insistaient pour dire que la réforme du mode de scrutin ne se réaliserait jamais…puisque cela faisait des années qu’on en parlait. Cela n’a pas affecté ma motivation, mais je suis certaine que ces commentaires ont pu éteindre la motivation de personnes qui autrement auraient pu s’impliquer d’une manière ou d’une autre pour améliorer la démocratie.

À bas la monarchie! Vive la république!

Une gouvernance véritablement démocratique fait une nette différence entre les trois pouvoirs : législatif, exécutif et juridique. Le système britannique est totalement bancal et fait du premier ministre un vrai monarque .Il dirige les législateurs (ses propres députés, à cause de la ligne de parti, ne sont là que pour endosser ses mesures); il supervise l’exécution du tout en nommant ou en dégommant les ministres. De plus, il a une certaine influence, sinon une influence certaine, sur la nomination des juges. C’est en fait un véritable dictateur pour la durée de son mandat.

Nous nous devons de bonifier notre système démocratique. Si nous croyons véritablement en la démocratie, nous n’avons pas le choix. C’est devenu une nécessité.

Donnons-nous une constitution qui établit une nette distinction des pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.

Élisons notre président, ou chef de l’état, au suffrage universel.

Permettons à nos députés de voter selon leur conscience et selon les besoins de leurs commettants.

Revoyons le financement des partis politiques afin qu’ils demeurent la propriété de la population et non des machines au service des riches.

Donnons-nous un système électoral (à deux tours, ou une proportionnelle, ou une combinaison des deux) qui permettra d’avoir une députation vraiment représentative de toute la population.

Le Canada m’ayant été imposé, je n’ai aucun intérêt à travailler pour l’améliorer. De toute façon, en tant que québécois, mon opinion ne compte que lorsqu’elle est défendue par la majorité du ROC.

on vie dans un pays ou notre langue n’est pas accepte,la preuve tout ses anglophone unilingue qui sont au poste de dirigeant notre nation n’est pas reconnue on nous a mémé divise dans ce qu’on etait le plus fier e ce qui nous réunissait le plus le hockey avec ses joueurs québécois

peut-être serais t’ils le temps de changer de système, pour un autre ?j’aime bien les manifestation, mais quand ca fait 5 ans que tu manifeste contre quelque chose et qu’ils y a aucun changement c’est peut-être pas le bon moyen ou le mauvais type de mouvement politique, moi je pense que ca nous prend un mouvement de masse qui réclame un changement, exemple un mouvement qui demanderais une réforme total du système ou un mouvement constitutionel québécois…….. pourquois un mouvement constitutionnel, la raison est simple. c’est la ou sont les problème dans notre dite démocratie

Vous voulez que les citoyens s’impliquent, mais pas pour le financement des partis. Petite contradiction ici?

Et votre démonisation quotidienne du gouvernement fédéral, ça ne contribue pas au cynisme, peut-être?

Le Parti libéral du Canada tiendra son prochain Congrès biennal du 13 au 15 janvier 2012. Les dirigeants de ce parti ont notamment soumis pour débat à ce congrès une proposition visant à modifier le mode de scrutin des élections fédérales, afin d’exiger qu’un candidat doive obtenir la majorité absolue (50 % plus 1 des votes) pour être élu comme député. Indépendamment de toute allégeance politique, on doit reconnaître qu’un tel changement viendrait combler une lacune importante du mode de scrutin actuel. En effet, celui-ci requiert uniquement une majorité simple (plus de votes que les autres). Cela fait en sorte que, plus il y a de candidatures dans un comté, moins il est nécessaire d’obtenir de votes pour réussir à être élu. Cette lacune majeure de notre système démocratique, qui touche directement la légitimité des élus en général, affaiblit leur représentativité et, par conséquent, leur crédibilité. Il va sans dire, ce nouveau mode conviendrait également aux élections générales tenues au Québec et dans bien d’autres contextes.

Ce mode de scrutin uninominal à un tour permettrait de voter pour plus d’un candidat, par ordre de préférence (1, 2 ou 3). La limite retenue de 3 choix, inspirée notamment de l’expérience Australienne, paraît optimale; elle demeure efficace et est plus susceptible d’accroître l’intérêt des électeurs que tout autre variante de ce mode de scrutin. Cette limite permet aussi, ce qui est propre à ce mode électoral, de reconnaître concrètement et raisonnablement qu’on peut appuyer plus d’un candidat à la fois, mais à un degré différent pour chacun. Est-ce justifiable de restreindre les électeurs à un choix exclusif (pour/contre), alors qu’il est aisément faisable de considérer des choix inclusifs?

Le système à deux tours de vote exige aussi la majorité absolue pour être élu. Si elle n’est pas atteinte au premier tour, seuls les deux premiers candidats ayant obtenu le plus grand nombre de votes que les autres seront retenus pour le second tour de vote. Ainsi, à titre d’exemple, même si un troisième candidat obtenait ne serait-ce qu’une seule voix en moins que le candidat précédent, il serait déclaré défait. Il s’agit là d’une différence significative à prendre en considération comparativement au mode de vote préférentiel. En effet, lorsque plus de 2 choix sont possibles avec cet autre mode, ce même candidat resterait dans la course.
Bien qu’il permette de considérer le choix de tous les votants au moyen d’un second tour de scrutin et malgré qu’il soit largement répandu, ce mode électoral ne mérite pas pour autant d’être implanté. Cela repose, en particulier, sur les contraintes et les coûts importants qu’il entraînerait pour l’État et les partis politiques. Ajoutons à cela qu’il est beaucoup plus lourd à administrer et aussi beaucoup plus coûteux que tout mode de scrutin à un seul tour. Par ailleurs, il risque peu d’améliorer le taux de participation au premier tour de vote face, entre autres, au faible intérêt ressenti par ce mode de scrutin et au maintien du rapport de forces des partis dits centristes ou traditionnels. Quant au taux de participation lors d’un second tour de vote, il risque également pour les mêmes raisons d’être assez souvent plus faible qu’au tour précédent. Enfin, ce système prolonge les batailles entre les adversaires politiques et allonge le processus électoral dans son ensemble; ce qui retarde d’autant l’atteinte d’un résultat global, peu importe qu’il puisse dépendre d’un nombre restreint de comtés.

L’adoption du mode de scrutin préférentiel en vue d’obtenir des majorités absolues lors d’un seul tour de vote aurait, notamment, les autres avantages suivants qui renforcent de beaucoup sa pertinence, comparativement même au mode de scrutin à deux tours :

• Les partis politiques seraient incités lors des campagnes électorales à porter plus d’attention aux candidats dans les comtés. D’une part, les candidats auraient avantage à mieux se faire connaître par leurs concitoyens et, d’autre part, ceux-ci ressentiraient une plus grande influence sur les résultats d’une élection.

• Également, les électeurs, au lieu d’arrêter leur choix sur un seul candidat, souvent de façon plus ou moins éclairée, partisane, traditionnelle ou dogmatique, seraient incités à mieux jauger les candidats et les partis concernés.

• Les candidats indépendants et ceux des tiers partis amélioreraient leurs chances d’être élus, surtout si trois choix étaient permis.

• En raison des points précédents, il y a une forte probabilité que l’intérêt des citoyens à aller voter serait sensiblement accru.

• Un plus grand nombre d’électeurs ayant voté en faveur d’un député élu par la prise en compte de choix préférentiels, cela renforcerait sa représentativité et l’obligerait plus fortement à considérer les diverses réalités dans son comté.

• Les députés seraient plus crédibles, plus respectés et « moins négligés » par les dirigeants de leur parti.

• Les députés devraient se sentir plus redevables envers leurs concitoyens et moins dépendants des partis.

Si le congrès du PLQ adopte la proposition, il faut espérer que les autres partis fédéraux, dont le Bloc québécois, emboîteront le pas pour que ce mode de scrutin soit finalement implanté à court terme. La légitimité d’un élu doit passer par l’exigence d’une forte représentativité de son électorat.

En démocratie, le pouvoir doit appartenir essentiellement au peuple. Sinon, à quoi et à qui sert une démocratie?

Le perdant des élections (i.e. Parti Libéral) veut réformer le mode de scrutin. Quelle mauvaise fois!

Faire un scrutin à deux tours… ça va coûter pas mal plus cher !

De toute façon, basé sur l’historique de ce parti, s’il le promet, c’est certain qu’il ne le fera pas.

Le problème réel est que les gens ne s’y intéresse pas. Les principales raisons : une mauvaise couverture médiatique qui évite le débats de fonds (l’important, c’est le clip de 15 secondes!) et une classe de politicien professionnel qui promet une chose, et fait une autre…

Mais bon, pourquoi s’attaquer aux causes réelle… c’est beaucoup plus facile de dire « qu’on a perdu car le mode de scrutin qui nous a fait gagné pendant plusieurs années n’est plus bons maintenant car le monde a changé et qu’on a perdu ».

@Eric

Quand Mme Cornellier parle de s’impliquer au sein des partis politiques, cela peut signifier y contribuer financièrement, mais se contenter de cela ne va pas modifier leur manières, ni empêcher qu’ils soient contrôlés par les lobbies.

Pour ce qui concerne ses chroniques, je ne vois pas en quoi le fait de dire les choses comme elles sont puisse contribuer au cynisme. Devrait-elle raconter des mensonges et décrire notre gouvernement comme un grand défenseur des valeurs démocratiques pour trouver grâce à vos yeux ? Est-ce la description de la réalité qui rend cynique ou n’est-ce pas plutôt la réalité elle-même ?

Lors du Congrès biennal du Parti libéral du Canada qui aura lieu du 13 au 15 janvier 2012, tel que déjà mentionné, les congressistes devront débattre d’une proposition visant à modifier le mode de scrutin des élections fédérales, afin d’exiger qu’un candidat doive obtenir la majorité absolue (50 % plus 1 des votes) pour être élu comme député.

Une des prémisses de cette proposition porte ce jugement très sévère sur le système de vote proportionnel, comme s’il s’opposait à un système de vote préférentiel : « Attendu que les députés qui ont été nommés dans le cadre de systèmes électoraux proportionnels dans des pays européens n’éprouvent aucun besoin d’aider les électeurs, cherchent d’abord à être loyaux à leur parti et consacrent la plus grande partie de leur temps à la collecte de fonds pour leur parti afin de maintenir leur position sur la liste du parti en vue d’élections futures. »

Malgré son caractère absolu, cet énoncé fait valoir une des préoccupations majeures des opposants au mode de représentation proportionnelle des partis politiques. En effet, ce système nécessite de réduire fortement le nombre de comtés pour laisser place à des candidats sur des listes de partis politiques. Ces changements structurels comportant un double palier de représentation, dont il serait presque impossible de revenir en arrière une fois implantés, visent essentiellement à assurer une représentation proportionnelle des partis, basée sur l’ensemble des votes exprimés dans les comtés, par la superposition de districts électoraux ou d’autres formes d’entités électorales. L’énoncé précédemment cité ne fait que renforcer les appréhensions vis-à-vis ce système moins démocratique qu’il le paraît. C’est principalement pour ces raisons, et à juste titre, que ce système de représentation soulève des débats houleux. Un des sujets les plus cruciaux a trait au pouvoir qu’auraient les partis politiques, et surtout leurs dirigeants, de nommer à toutes fins utiles des députés pour les représenter en nombre suffisant dans un palier supérieur, au détriment du suffrage populaire décentralisé et en dépit du fameux vox populi, vox Dei.

Au-delà de ces considérations, il convient de souligner que le système de représentation proportionnelle des partis politiques vise une tout autre problématique que celle nécessitant le remplacement du mode de scrutin à majorité simple. Il ne faut donc pas confondre les enjeux, afin de centrer le débat exclusivement sur le principe que, pour être élu, il faut à tout prix être investi d’une légitimité démocratique issue d’une majorité absolue.

Le système de représentation proportionnelle des partis politiques ne devrait pas faire exception à cette règle quasi incontournable. En effet, la recherche d’une meilleure représentation proportionnelle des partis politique ne doit pas avoir préséance sur le respect de valeurs démocratiques plus fondamentales. Parmi ces valeurs, il y a le droit inaliénable des citoyens à choisir tous leurs représentants lors de scrutins de vote mettant en ballotage des candidats de diverses allégeances politiques et, il va sans dire, une légitimité de représentation de la part de leurs élus.

Un pays démocratique, le Canada ??? Seule, une poignée de citoyens a dénoncé l’application de la loi des mesures de guerre en temps de paix ( 1970) pour combattre une dizaine de membres du FLQ. On dénonce les dictatures dans les autres pays, mais au Canada, on réprime les manifestrations. Que feraient nos gouvernants
s’ils étaient aux prises à des miliers de manifestants armés ?? M. Harper se fout de la démocratrie. Que ferait il en temps de crise.
comme aurait dit l’autre.

@linda hart

La blogueuse ne nous dit pas que Harper dévore des nourissons au petit déjeuner, mais c’est tout juste… si la paranoïa, la diabolisation et les délires conspirationnistes sont la réalité pour toi…

Bref, quand la gauche perd, la démocratie ne fonctionne pas. Si elle gagne, la démocratie fonctionne. Ça résume tout le contenu de ce blogue.