Démonter les commissions scolaires: avec des blocs légos

Le moins qu’on puisse dire est que cette vidéo d’un enseignant inquiet des coupures de budget dans les commissions scolaires est amusante et pédagogique. Je mets au défi le ministère de l’Éducation de donner sa version… en légos !

Merci au gazouilleur et humoriste
Laurent Paquin pour ce signalement.

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Les blocs « LEGO ». Je demanderais à Legault pour ma part. Je l’ai connu au moment où il était un très bon ministre de l’éducation.Il a fait beaucoup pour le nord de Lanaudière qui est une région défavorisée. J’étais commissaire d’école à ce moment, après les fusions des commissions scolaires. Les commissaires n’ont plus d’utilité depuis et les parents ont perdu du pouvoir… Les fonctionnaires des commissions scolaires prenant toutes les décisions qui ne favorisent pas toujours l’élève…

les enseignants et les directions savent comment faire marcher les ecoles et l’enseignement , mais on n’écoute pas ce qu’ils ont à dire la ministre préfère se fier aux fonctionnaires dans les bureaux qui n’ont d’autres objectifs que de valider leur job en faisant des voyages à l’étranger pour en ramener des erreurs faites ailleurs et repartir des réformes qui ne font que nuirent aux intéressés, les profs et les étudiants.

Si c’est vraiment ce qui se passera, alors nous ne serons pas plus avancé dans 20 ans…

Malgré qu’il vaut peut-être mieux mettre les économies dans les infrastructures que de les dépenser « inutilement » comme ça semble être le cas actuellement !

« Les profs ont trop de temps libres… »

Ben voyons. Devenez prof si vous pensez que c’est si reposant. L’herbe semble toujours plus verte dans le pelouse du voisin et il est facile de méconnaître ce qu’exige un emploi quand on ne l’a jamais exercé.

La réalité:
– la majorité des nouveaux profs lâchent dans les 5 premières années.
– plusieurs profs d’expérience prennent des retraites anticipées 5 ans, 2 ans voire 1 an à l’avance, malgré les pénalités très lourdes qu’ils subissent à leurs pension, parce qu’ils ne se sentent pas capables de tenir jusqu’à la retraite

«la ministre préfère se fier aux fonctionnaires dans les bureaux qui n’ont d’autres objectifs que de valider leur job en faisant des voyages à l’étranger pour en ramener des erreurs faites ailleurs et repartir des réformes qui ne font que nuirent aux intéressés, les profs et les étudiants.»

Je serais bien curieux de voir comment ce beau mandat est inscrit dans les offres d’emploi du ministère et dans les définitions de tâche. Logiquement, il devrait exister aussi des objectifs de nuisance afin que les gestionnaires en tiennent compte dans leur évaluation de la performance ainsi que dans leur reddition de compte aux sous-ministre et au ministre. Mais, réjouissons-nous, compte tenu de l’incurie et de la fainéantise notoire des fonctionnaires, il y a peu de chance que ces objectifs de nuisance soit atteint dans les temps et de manière satisfaisante.;-)

« Je l’ai connu au moment où il était un très bon ministre de l’éducation »

Hum, ce n’est absolument le son de cloche que j’ai de la part de ceux qui ont connus son passage.

Les réformes managériales qu’il a faites à l’époque n’ont que créer plus de bureaucratie sans avoir résolu le moindre problème de fond. Le système de l’éducation était pire après son passage qu’avant (rappelons que c’était sous la direction de son mentor Lucide Bouchard); ce qui n’est pas le signe d’une « saine gestion ». En fait, le gros des problèmes du réseau date justement de cette époque.

Et les « réformes » qu’il propose, avec son patron Sirois, ne visent même pas les vrais problèmes et vont créer encore plus de bureaucratie (et de problèmes).

Abolition des commissions scolaires:

Est-ce que cela va diminuer les surpeuplements des classes et des écoles ?

Est-ce que cela va donner des ressources aux élèves en difficulté qu’on a sauvagement « intégrés » dans les classes régulières en leur coupant les services d’assistance ?

Comment croire que cela ne va pas créer plus de bureaucratie ? Cela fait 30 ans qu’on fait ce genre de « réformes » de structures: que l’on centralise ou décentralise, le résultat est toujours le même: plus de bureaucratie (regarder les fusions-défusions municipales, les mêmes réformes dans la santé, etc.)

Comment est-ce que cela va aider le moindrement de transférer les pouvoirs de gestionnaires (commissions scolaires) à d’autres gestionnaires (directions d’écoles) ?
Est-ce que déplacer des gestionnaires dans des écoles surpeuplées va libérer de la place dans ces écoles ?

Que fait-on avec les diverses responsabilités qu’exercent les commissions scolaires: transport, calendrier, gestion des profs suppléants, etc.?
Est-ce que chaque école devra se doter d’un groupe de gestionnaires pour gérer ces dossiers, avec les redondances que cela présage ? Les profs suppléants, au lieu de s’inscrire auprès d’une commission scolaire devront-ils s’inscrire à chaque école ?
Chaque école va-t-elle négocier séparément avec les compagnies de transport scolaire pour décider de leurs horaires et calendrier scolaire ?
Quand une école déborde trop et qu’elle doit envoyer de ses élèves dans une autre, comment cela sera-t-il géré ? Si le financement des écoles dépend de leur « performance » (une autre idée managériale de la CAQ), les écoles vont-elles chercher à se débarrasser des moins bons élèves pour remonter leur « cote » ? Et les écoles hôtes vont-elles accepter ces élèves qui fait baisser la leur ?
Quand une école n’a plus assez d’élèves et doit fermer, va-t-on faire confiance à la direction pour se saborder et se retrouver au chômage ?
Et quand une nouvelle école doit être construite, qui en prendra la décision et qui nommera la direction ?

Ou alors va-t-on devoir créer une nouvelle structure chapeautant les écoles pour les dossiers qui les concernent tous ? Recréant ainsi des commissions scolaires sous un autre nom.

Cela peut sembler, superficiellement, une bonne idée, parce qu’on croit qu’en supprimant un palier d’administration on coupe tous les postes de gestionnaires et on sauve l’argent dépensé par ce palier. C’est le but de la proposition: se livrer au populisme.
Mais une petite réflexion montre que ce calcul est absolument faux (et l’histoire prouve en fait exactement le contraire). Cela serait vrai si les commissions scolaires ne faisaient strictement rien d’utile et ne décidaient de rien. Dans le cas contraire, il faut faire quelque chose avec ce travail et ces décisions. Et toutes les expériences des 30 dernières années montrent que ces réformes de structure de gestion créent de la confusion et fait enfler, systématiquement, la bureaucratie.

Mario Dumont avait jadis lancé cette idée et il s’était fait ramasser par à peu près tout le monde dans le milieu de l’éducation (incluant les directions d’écoles) et municipal.

Cela ne veut pas dire que des réformes ne sont pas possibles ou souhaitables, que des responsabilités ne pourraient pas être déléguées aux directions d’écoles. Mais cela doit être réfléchi d’avance, en toute connaissance de cause. Faire une réforme à la dynamite, ce n’est ni efficace, ni payant.

Personnellement, la vraie réforme devrait être de donner plus de pouvoirs aux travailleurs de première ligne (les enseignants) plutôt que de concentrer encore plus de pouvoirs entre les mains de gestionnaires (directions d’école).
Certains pays (ex: Scandinavie) font ce pari de faire confiance au professionnalisme des enseignants, plutôt qu’à vouloir à tout prix les encadrer par des gestionnaires et des outils managériaux. Et ces pays sont parmi ceux qui obtiennent les meilleurs résultats.
(et cela n’est pas seulement vrai dans le réseau de l’éducation, mais tout emploi, même dans les grosses boîtes privées: imaginez ce que vous pourriez faire si votre patron vous laissait un peu plus d’autonomie).

En Norvège on arrive à fonctionner avec le dixième de Commissions. Mais pour cela, il faut savoir déléguer et faire confiance aux initiatives locales. Cette souplesse est possible si la structure devient organique, près des gens, plutôt que défensive et autoritaire. Gros changement dans la gestion de l’éducation.
Mais il ne faut pas oublier qu’énormément de travail est à faire dans la gestion quotidienne des dossiers d’élèves et de leur cheminement. Davantage encore de travail au niveau des écoles professionnelles où la gestion des résultats aux examens constants requièrent une armée qui gère les portions de formations qui génèrent l’émission du financement.

Je pense qu’au final, ce dossier de la minceur des CS ressemble à celui de la fusion des villes…

Après trente-cinq ans en éducation, je souhaite bonne chance aux visionnaires et aux administrateurs qui vivraient un tel virage. Pourvu que les élèves ne fassent pas les frais de ce changement inévitable.

Mais personnellement, je commencerais pas couper les subventions aux écoles privées pour l’établir à 25% plutôt qu’à 60%. Pour une école publique de qualité.

A cause de choix politiques, on fonctionnerait ici à l’inverse en focalisant sur les seules CS.

« Mais personnellement, je commencerais pas couper les subventions aux écoles privées pour l’établir à 25% plutôt qu’à 60%. Pour une école publique de qualité. »

Surtout qu’aucune province canadienne ne subventionne plus ses écoles privées. Je sais qu’en Ontario, ces subventions ont été abolis et l’argent réinvesti dans le réseau public et que cela a réglé un grand nombre de problèmes.
Il semble que le Québec tienne vraiment à rester distinct là-dessus, le débat n’étant même pas vraiment démarré.

Je crois, pour ma part, qu’on devrait « privatiser…les écoles privées » (entendu au dernier congrès de Québec Solidaire)

Voici une excellente analyse récente qui démoli complètement l’illusion managériale du
modèle de Burnham proposé par la CAQ de François Legault.

Cet article écrit par Pierre-André Julien, économiste à l’Institut de recherche sur les PME
de l’UQTR. prévoit l’échec assuré de la gouvernance proposée par François Legault

C’est ici :
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/327654/coalition-pour-l-avenir-du-quebec-l-echec-assure-pour-ce-modele-de-gouvernance

Autrement dit on ne gère pas un état comme on gère une entreprise privée.

Quand on veut parler de réforme,qu’elle soit admistrative ou pédagogique,elle ne devrait pas se faire au détriment non pas des enseignants ou directeurs,mais de l’élève. C’est lui qu’on veut former et donc on doit lui donner tous les bons outils en commençant par une bonne compétence des enseignants et offrir les outils didactiques adéquats. L’administration est financé par nos impôts et donc on s’attend à ce que ce soit géré adéquatement.

On parle de coupures administratives du MEQ, donc rien pour améliorer les services au contraire.
Il y a un manque à gagner quelque part? Est-ce que le gouvernemenr Charest a investi par nos impôts dans nos services aux bons endroit?

Il y aurait lieu d’abord de cesser ou à tout le moins réduire le financement à 20% au lieu de 60% au privé. Ça ne figure pas dans les plans du CAQ.

Une certaine droite préconise l’abolition des Commissions Scolaires ce qui à mon avis ne réglera pas la situation. On pourrait toutefois réduire l’appareil adminstratif. Il existe déjà des mécanismes qui donnent des responsabiltés aux directeurs d’écoles sur les choix pédagogiques et aussi les projets spécifiques,les conditions de vie à l’école. Le choix du matériel scolaire de façcon générale est fait par l’équipe école ( enseignant-direction). Cependant les commissions scolaire doivent garder le contrôle sur la gestion et l’entretien des bâtiments au nom du MEQ.
C’est à la direction d’école avec le responsable de la C.S. de voir à établir un calendrier.

Les élèves doivent obtenir des résultats en les encandrants avec les bons outils et les bons enseignants. Toute coupures dans le système d’Éducation est voué à réduire la réussite.