Départ canon pour le maire Coderre

Le maire a fait entendre la voix de Montréal sur le pont Champlain, sur l’inversion du pipeline d’Enbridge et sur la question des régimes de retraite. 

Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne
Photo: Jacques Boissinot/Presse canadienne

J’avais écrit ici que, parmi les maires des cinq plus grandes villes du Québec, Denis Coderre était celui qui démarrait son nouveau mandat avec le moins de capital politique.

Un mois plus tard, avec un départ canon, le maire de Montréal est sans doute celui qui en aura accumulé le plus.

On pourrait bien sûr s’appesantir sur les deux seules coches mal taillées de ses premiers jours, soit la nomination de Philippe Schnobb à la STM et son message Twitter exigeant le renvoi de David Desharnais dans les mineures, mais ce serait injuste.

La nomination du candidat défait à la présidence du Conseil d’administration de la STM ne m’offusque pas du tout. Je suis convaincu qu’un homme honnête, intelligent et avec une bonne sensibilité politique est capable de faire un très bon travail à ce poste.

Ce qui m’a peiné, c’est le départ de Michel Labrecque. J’ai l’impression que l’organisation qui le repêchera fera un très bon coup.

Pour ce qui est de David Desharnais, le tweet du maire m’a dérangé. Plutôt que de l’enfoncer, on se serait attendu à ce que le premier magistrat encourage un des rares Québécois s’alignant avec l’équipe montréalaise. Cela dit, le maire-twitteur s’est repris rapidement en le félicitant et depuis la controverse, la fierté de Laurier-Station est en feu. Tout est bien qui finit bien.

Ce que je retiens davantage du travail du maire depuis son élection, c’est son leadership sans complexes sur tous les enjeux qui touchent la grande région de Montréal. Le maire a fait entendre la voix de Montréal sur le pont Champlain, sur l’inversion du pipeline d’Enbridge et sur la question des régimes de retraite.

À propos de la charte des valeurs, le Conseil municipal a tenu un vote pour s’y opposer, mais le tout s’est fait dans la sobriété, sans jeter davantage d’huile sur le feu.

Sur un plan plus local, il a abordé de front les questions de la sécurité des chauffeurs de taxi (un bassin d’appuis important pour lui), de la prostitution et il a annoncé le gel des embauches à la Ville.

Appelé à travailler avec un gouvernement formé de souverainistes qu’il a combattus tout au long de sa carrière politique fédérale, il a rapidement tissé des liens avec Jean-François Lisée, le ministre responsable de la Métropole, et avec la première ministre elle-même. On voit immédiatement que la volonté de faire avancer les dossiers montréalais prend largement le dessus sur les affiliations politiques.

Les jours suivants les élections municipales, le maire métropolitain s’est frotté à Régis Labeaume sans s’en laisser imposer, établissant rapidement une relation de respect mutuel entre les deux maires, chose qu’on n’avait pas vue depuis longtemps, tellement la force du maire de Québec écrasait la faiblesse du maire Tremblay. La complicité qui semble s’établir entre nos deux lurons pourrait faire grand bien au rapport de force des villes du Québec face aux gouvernements québécois et fédéral.

Bref, qu’on soit d’accord ou non avec les décisions prises par le maire Coderre jusqu’ici, force est de constater qu’il a réussi en à peine un mois à redonner à Montréal la leadership qui lui revient.

Depuis la controverse provoquée par le maire, David Desharnais a marqué 9 points en 10 matchs. Son équipe a remporté 8 de ses 10 derniers matchs.

Le maire, de son côté, a amassé autant de capital politique en un mois, que tout ce qu’il avait en main au lendemain des élections.

Un peu de retenue ! Ça ne sent pas encore la Coupe à Montréal, mais il y a des effluves…

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2 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Stéphane Gobeil , faite donc un sondage avant de faire la supposition que le maire qui à été élue avec le plus faible apuit à montreal depuis plusieurs décénie à doublé son appui en 1 moi , 87% des montréalais enregistré n’ont pas voté pour lui ce qui fait en sorte que seulement 7-8% des gens de montréal ont voté pour lui. Si tu sonderais les media sociaux tu réaliserais que sont apuis à diminué. Ca prend plus que tu temps d’entaine et de l’exposition médiatique pour changer l’oppinion de 93% des montréalais…

Les 87% qui ont fait le choix de ne pas voter, on en effet choisi d’aller avec le choix de la majorité (de ceux qui ont voter), donc, ils ont choisi Coderre.