Depuis 10 ans, les dépenses d’éducation au Québec ont augmenté de 35 %, pas de 67 %

Contrairement aux dépenses de santé, elles ont eu du mal à suivre le rythme de croissance de la richesse collective.

Photo: Je protège mon école publique/Facebook
Photo: Je protège mon école publique/Facebook

Dans sa chronique du 25 septembre dernier, le journaliste Francis Vailles affirmait dans La Presse que les dépenses du gouvernement du Québec en éducation avaient augmenté de 67 % de 2004 à 2014, soit davantage même que l’augmentation des dépenses en santé. Son calcul était basé, en toute bonne foi, sur les données officielles publiées par le ministère des Finances du Québec.

Or, ce chiffre, lourd de conséquences dans le débat politique actuel, vient d’un calcul erroné. En réalité, les dépenses en éducation ont progressé de seulement 35 % depuis 10 ans. Elles ont donc à peine suivi l’augmentation de la richesse collective (PIB), qui a été de 38 % durant cette période. Leur croissance est aussi de loin inférieure à celle des dépenses en santé, qui ont bondi de 65 % en 10 ans. 

Comment a-t-on pu calculer que les dépenses d’éducation ont augmenté de 67 % depuis 10 ans?

Les Comptes publics 2004-2005 du Québec faisaient mention d’une dépense de 12,5 milliards de dollars au titre de la mission Éducation et Culture. De son côté, le Budget 2015-2016, présenté en mars dernier par le ministre des Finances actuel, Carlos Leitão, estimait que cette mission avait coûté 20,9 milliards au gouvernement en 2014-2015. Le calcul de M. Vailles consistait simplement à observer que ces 20,9 milliards en 2014-2015 étaient supérieurs de 67 % aux 12,5 milliards de 2004-2005. Cela revenait à une croissance moyenne de 5,3 % par année sur la période de 10 ans.

Le chroniqueur faisait aussi remarquer que, pendant ce temps, la richesse collective, c’est-à-dire le produit intérieur brut (PIB), avait crû de 38 % sur l’ensemble des 10 ans, soit beaucoup moins que les 67 % de dépenses en éducation. Il notait qu’on ne pouvait expliquer cet écart des dépenses en éducation par la vigueur de la démographie scolaire, puisque le nombre de jeunes de 5 à 24 ans à instruire au Québec avait en fait diminué de 2004 à 2014.

Un calcul lourd de conséquences

La publication de ce chiffre de 67 % est tombée en plein milieu d’un débat politique important sur les compressions budgétaires actuelles.

Dès le lendemain, le premier ministre, Philippe Couillard, s’en est emparé avec enthousiasme lors du Forum des idées du Parti libéral du Québec, qui avait lieu à Saint-Lambert. La hausse de 67 % des dépenses en 10 ans ne signifie-t-elle pas que le système d’éducation est bien loin de manquer d’argent? La hausse de seulement 0,8 % des dépenses de la mission Éducation et Culture prévue pour l’année courante (2015-2016) ne peut-elle pas être vue comme un jeûne salutaire après 10 ans d’abondance? Les parents qui font des chaînes humaines contre les compressions dans les écoles et les enseignants qui se disent inquiets pour l’avenir de l’éducation ne se plaignent-ils pas le ventre plein?

Où est l’erreur?

Tout simplement, le chroniqueur n’a pas tenu compte d’un changement majeur dans la présentation des états financiers du gouvernement dans les Comptes publics à partir de 2009-2010. Avant cette année-là, on ne comptabilisait dans les dépenses de fonctionnement que les dépenses internes du gouvernement, soit celles de son «Fonds général». Depuis cette date, on y comptabilise non seulement les dépenses du Fonds général, mais aussi celles de comptes et organismes qui sont externes au gouvernement, mais qui dépendent en totalité ou en grande partie de ses subventions. L’ensemble comptabilisé est maintenant beaucoup plus vaste. En éducation, par exemple, les dépenses totales comprennent celles de l’ensemble du réseau public, c’est-à-dire des 72 commissions scolaires, des 48 cégeps et des 10 constituantes du réseau de l’Université du Québec.

Selon la nouvelle terminologie, le montant total des dépenses internes du Fonds général et des dépenses des comptes et organismes externes forment les dépenses consolidées du gouvernement. Inutile de dire que la somme de ces dépenses consolidées est nettement supérieure à celle des dépenses du Fonds général seul.

L’erreur a été de comparer les dépenses de 12,5 milliards en 2004-2005, qui ne concernaient que le Fonds général, avec celles de 20,9 milliards en 2014-2015, qui étaient celles d’un ensemble beaucoup plus vaste, qui incluent notamment tout le réseau public d’éducation. C’est comme comparer les dépenses de l’ensemble des villes de la région métropolitaine de Montréal en 2014 avec celles de la Ville de Montréal seule en 2004.

Comment corriger l’erreur?

Vailles a reconnu honnêtement son erreur dès le surlendemain de la publication de sa chronique, faisant passer son estimation à la baisse, de 67 % à 50 %. Ce n’est toutefois pas suffisant. Pour y voir clair, il faut traiter séparément les deux moitiés de la période de 2004-2005 à 2014-2015. Pour la moitié la plus récente, de 2009-2010 à 2014-2015, les sommes publiées par les Comptes publics et utilisées par M. Vailles sont conformes à la nouvelle comptabilité. Elles regroupent les dépenses du Fonds général et des comptes et organismes externes, comme le réseau public d’éducation. Ces données n’ont besoin que de légers redressements, rendus nécessaires par certains reclassements de dépenses. Ces données redressées sont accessibles sur demande auprès du ministère des Finances.

Cependant, pour la première moitié de la période, de 2004-2005 à 2009-2010, les sommes publiées par les Comptes publics sont basées sur l’ancienne comptabilité. Seules les dépenses internes du Fonds général sont consignées. Aucune information sur les dépenses consolidées selon la nouvelle comptabilité n’est présentée dans les Comptes, et le Ministère n’a pas tenté de redresser les résultats de ces années de façon à les rendre comparables à ceux de 2009-2010 à 2014-2015.

Il faut donc avoir recours à un autre instrument de mesure: le Système de gestion financière (SGF), de Statistique Canada. Le SGF a publié annuellement jusqu’en 2009 — et pour chaque province — une estimation des dépenses d’éducation consolidées du gouvernement provincial et du réseau scolaire (et d’autres comptes et organismes du secteur). Il s’agit de la seule source fiable permettant de suivre l’évolution des dépenses d’éducation consolidées pour les années antérieures à 2010. L’univers que recouvrent ces données est très semblable à celui de la nouvelle comptabilité employée par le ministère des Finances du Québec. (Petite différence: la Culture et l’Immigration sont exclues, et toutes les universités sont incluses.) Ses résultats offrent donc une bonne approximation de la hausse des dépenses d’éducation consolidées au Québec pour la période de 2004-2005 à 2009-2010. Ils permettent une comparaison valable avec les dépenses consolidées de 2009-2010 à 2014-2015. L’erreur dont M. Vailles a été victime peut ainsi être corrigée.

Résultat: les dépenses d’éducation ont augmenté de 35 %, et non de 67 %, depuis 10 ans

Le tableau qui suit fait la synthèse des résultats. La colonne 1 reproduit les données utilisées par le chroniqueur, qui lui ont fait chiffrer à 67 % la hausse cumulative des dépenses d’éducation au Québec de 2004-2005 à 2014-2015. Ce pourcentage est le produit d’une hausse de 42 % de 2004-2005 à 2009-2010 et d’une hausse de 18 % de 2009-2010 à 2014-2015. (Retour à vos maths 206: 1,42 x 1,18 = 1,67!)

La colonne 2 présente les dépenses d’éducation consolidées de l’administration provinciale et du réseau scolaire selon le Système de gestion financière, de Statistique Canada, de 2004-2005 à 2009-2010. La hausse enregistrée au cours de cette période est de 16 %, ce qui est évidemment très inférieur à la hausse stratosphérique de 42 %, basée sur des chiffres qui ne tiennent pas compte de l’élargissement considérable du périmètre comptable en 2009-2010.

La colonne 3 correspond aux dépenses consolidées publiées par les Comptes publics depuis 2009-2010 et légèrement redressées par le ministère des Finances. La hausse des dépenses de 2009-2010 à 2014-2015 est la même que celle des cinq années précédentes, soit 16 %. En combinant les résultats des colonnes 2 et 3, on obtient 35 % comme hausse cumulative des dépenses d’éducation consolidées de 2004-2005 à 2014-2015. (Encore vos maths 206: 1,16 x 1,16 = 1,35!)

Dépenses dans le domaine de l’éducation selon trois sources, produit intérieur brut (PIB) et dépenses provinciales en santé, Québec, années financières 2004-2005, 2009-2010 et 2014-2015
Année Finances Québec (chiffres utilisés par F. Vailles) Statistique Canada (SGF) Finances Québec (chiffres redressés) Produit intérieur brut
Somme (milliards $)
2004-2005 12,5 15,8 271,6
2009-2010 17,7 18,4 17,9 315,5
2014-2015 20,9 20,9 374,4
Augmentation, 2004 à 2014
Cumulatif 67 % 35 % 38 %
Moyenne annuelle 5,3 % 3,1 % 3,3 %
Notes: Col. 1: Le chiffre de 12,5 milliards de dollars est celui de la mission Éducation et Culture avant consolidation avec les dépenses du réseau de l’éducation, qui a été publié par les Comptes publics 2004-2005. Le chiffre de 20,9 milliards est celui de la mission Éducation et Culture après consolidation avec les dépenses du réseau de l’éducation (et d’autres comptes et organismes du secteur), qui a été estimé lors de la présentation du Budget 2015-2016, en mars 2015. Le réseau de l’éducation comprend les commissions scolaires, les cégeps et les constituantes de l’Université du Québec. Col. 2: Ces données du Système de gestion financière (SGF), de Statistique Canada (tableau CANSIM 385-0001), regroupent les dépenses d’éducation du gouvernement (Culture et Immigration exclues) et celles du réseau de l’éducation (et d’autres comptes et organismes). Le réseau de l’éducation comprend ici, en plus des commissions scolaires et des cégeps, toutes les universités, et non seulement les constituantes de l’Université du Québec. Col. 3: Ces chiffres redressés par le ministère des Finances du Québec sont ceux de la mission Éducation et Culture après consolidation avec les dépenses du réseau de l’éducation (et d’autres comptes et organismes). Le réseau de l’éducation comprend les commissions scolaires, les cégeps et les constituantes de l’Université du Québec. Col. 4: Il s’agit du PIB du Québec en dollars courants. Col. 5: Données de l’Institut canadien de recherche sur la santé (ICIS).
Sources: Comptes publics 2004-2005 [vol. 1, p. 22]; Budget 2015-2016 [Le plan économique du Québec, p. A.10]; Statistique Canada [tableaux CANSIM 384-0038 et 385-0001]; ministère des Finances du Québec [feuilles de travail Excel].

On constate, au bout du compte, que la progression de 35 % des dépenses d’éducation au Québec depuis 10 ans a été deux fois moins importante que celle de 67 % que M. Vailles annonçait dans sa chronique du 25 septembre dernier. La croissance en éducation pour cette période a aussi été légèrement moins importante que celle de la richesse collective (PIB), que la colonne 4 du tableau chiffre à 38 %, et deux fois moins importante que celle des dépenses provinciales de santé, que la colonne 5 établit à 65 %, selon les estimations de l’Institut canadien de recherche sur la santé (ICIS).

Bref, avec une croissance moyenne de 3,1 % par année depuis 10 ans, le secteur de l’éducation a fait la même chose qu’à peu près tous les autres secteurs de dépenses du secteur public provincial: se tasser pour laisser passer le train de la santé, qui, lui, a filé au rythme de 5,1 % par année.

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33 commentaires
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35% c’est déjà énorme et en plus, le nombre d’élèves est en baisse.

L’éducation est grassement financée. Le problème c’est que l’argent est mal dépensé. Normal, l’État dépense TOUJOURS mal notre argent.

La population étudiante diminue et paradoxalement le nombre d’enfants en difficulté augmente. L’immigration amène des élèves avec des besoins particuliers. Les milieux à faible revenu ont tendance à avoir plus d’enfants et la clientèle en difficulté est fortement représenté dans ces segments de la population. Alors j’ai été dans les comités de parents pendant 15 ans. J’ai vécu cela de l’intérieur. Donc votre affirmation est tellement navrante et réductrice de la situation de l’éducation. C’est le genre de commentaire qui sort de la bouche des ignares profonds.

Coudon! Est-ce que ça veut dire que la population du Québec a tendance à fabriquer des enfants en difficulté ????

Seulement les milieux plus défavorisés, qui se trouvent à être justement les milieux qui font le plus d’enfants.

Il y a un coût énorme à ne pas aider les gens en difficulté à intégrer le marché du travail de façon stable. Tout ça commence par l’éducation.

35% d’augmentation seulement entre 2004 et 2014 vs 67% pour la santé?
Normal. Les naissances ont chuté dans les années 90. On s’est donc retrouvé avec moins d’enfants dans les années 2000
Par contre le nombre de vieux a explosé dans les années 2000, entrainant de plus fortes augmentations en santé
Démographie 101, prof.

Vous vous imaginez vraiment que vous apprenez quelque chose à qui que ce soit?

En passant, la majorité de la cohorte dans les classes des années 2010 (près de la moitié de la période étudiée) est née dans les années 2000, non pas dans les années 1990.

Malgré toute cette petite géguerre de chiffres, nous produisons, via notre système d’éducation public, encore et encore un nombre incalculable de décrocheurs, d’analphabètes et d’illettrés économiques!

Misère… Comme quoi l’argent ne peut tout acheter et qu’il pourrait très bien être mieux investi.

Saviez-vous que depuis 15 ans, le taux de décrochage a baissé de près de 7% au Québec, soit 9% chez les garçons et 4% chez les filles? Et aussi que plusieurs décrocheurs reviennent dans les années qui suivent en éducation aux adutes pour avoir leur DES?

Concernant l’analphébétisme, les chiffres qui circulent sont ceux pour l’ensemble de la population active, donc jusqu’à 65 ans. Alors non, le système ne « produit » pas d’analphabètes. Et encore moins d’illetrés, alors que 99% des jeunes finissent d’une manière ou d’une autre le primaire.

Le taux de décrochage scolaire québécois est le pire au Canada lorsque comparé aux autres provinces qui vivent dans le même Canada que nous:

http://www.statcan.gc.ca/pub/81-004-x/2010004/article/11339-fra.htm#ntab1

…et voici celui des universitaires (32.7% – VS 14.8% dans le ROC):

http://www.antagoniste.net/2012/06/13/le-drame-du-decrochage-universitaire/

Et je vous rappelle que nous avons, au Québec, le plus bas taux de maîtres/élèves au Canada!!!

Pour ce qui est du taux d’analphébitisation, je vous réfère à cet article du très gauchiste et interventionniste Devoir:

http://www.ledevoir.com/societe/education/330606/l-analphabetisme-au-quebec-un-fleau-pour-toute-la-societe

«Notre système scolaire PRODUIT des analphabètes et les abandonne»

Bonne lecture…

Certains décrocheurs sont payés pour retourner à l’école pour finir leur secondaire. Je n’ai cependant pas les détails du programme, mais c’est sûr que ce programme fait augmenter les coûts de l’éducation.

Bien sûr, tout comme une dépense (une vraie!) devient miraculeusement un revenu multiplié par 5, lorsque la gogoche commente les « retombées économiques » d’un projet…

N’importe quoi!

Francis Vailles sait se mettre les pieds dans les plats, c’en est presque une habitude. Dire qu’un blogueur de l’Actualité le qualifiait d’ « un des meilleurs chroniqueurs du moment » (*), justement après avoir cité un passage de l’article critiqué ci-haut, il y a de quoi à rire.

L’article de Francis Vailles m’a laissé sceptique, puisque dans les « Indicateurs de l’éducation 2013 » on pouvait lire : « Les dépenses de programmes du gouvernement du Québec sont passées de 40,2 milliards de dollars en 2000-2001 à 63,8 milliards de dollars en 2013-2014, ce qui représente une augmentation annuelle composée de 3,6 %. Au cours de cette période, la dépense du gouvernement du Québec pour l’éducation, le loisir et le sport a progressé à un rythme annuel moyen de 3,3 % et celle pour l’enseignement supérieur, la recherche, la science et la technologie à un taux de croissance de 4,2 %. » Chiffres qui correspondent sensiblement à ceux de Pierre Fortin.

* http://www.lactualite.com/actualites/politique/les-parents-des-adversaires-coriaces-pour-les-liberaux/

La rapide récupération politique de P. Couillard inquiète pour un homme de sa formation. La rigueur et le professionnalisme des uns et des autres laissent un arrière goût de »brioche » dans la bouche des gagnes-petits.

Pour tout dire j’en ai raz le pompon des syndiqués qui prétendent défendre les services publics!

Ce qu’ils défendent c’est leur privilèges, leur retraites hâtives, leur petite semaine de travail, leur innombrables acquis obtenus en prenant la population en otage!

C’est tout ça qui nous coûte si cher, mettre plus d’argent dans ce foutoir ne réglera rien en terme de service mais empirera le plus grand transfert de richesse de l’histoire des travailleurs de l’économie privé vers le secteur public.

Il y a les syndicats et il y a les êtres humains que l’on appellent des professeurs. Prétendre qu’aucun professeur ne veut le bien des enfants est un discours réducteur propre à la pensée de droite qui s’approche beaucoup de la déficience intellectuelle.

Il n’ a rien prétendu de ce genre!! Il a tout simplement dit que le syndicat des professeurs défend ses acquis et veut 13.5% d’ augmentation en 3 ans!! Qu’ est-ce que tu en sait de la pensée de droite? C’ est plûstot une affirmation gratuite! Et aussi une insulte! Les gens de droite ont droit aussi bien à leurs opinions que les gens de gauche.

Les gens de droite VEULENT par-dessus tout le bien de l’enfant en LIBÉRANT les profs du joug syndical.

Vous avez quoi comme argument pour prétendre que les syndicats sont le principal obstacle au travail des enseignants?

1- Les syndicats s’opposent à toute forme d’évaluation des compétences des profs au Québec. En attendant, on tolère la médiocrité dans nos écoles. Les «mauvais profs» représentent une minorité dans la profession, mais ils causent suffisamment de torts pour handicaper la réussite des élèves, bousiller le climat de travail d’une école et dévaloriser la profession. Au Québec, contrairement à d’autres provinces canadiennes, les enseignants ne sont pas évalués. Seules de rares écoles, souvent privées, ont mis en place un programme d’évaluation dans leur établissement.

2- Les syndicats s’opposent à toute création d’un ordre professionnel pour les profs… Demandez-vous pourquoi. Pourquoi ne pas faire reposer l’école sur des enseignants de qualité, sur les meilleurs disponibles? Pour commencer, il faudrait savoir qui sont les bons, qui sont les meilleurs, dans quelles écoles on les trouve! Qui connaît les meilleurs profs de français dans nos écoles primaires? Très peu de gens. Comment valoriser des personnes dans un système qui empêche qu’on les connaisse? Comment savoir qui sont les bons et les meilleurs quand n’existe aucun système d’évaluation? Permanence ne signifie pas qualité. La CEQ ne doit pas aimer les bons enseignants: elle n’en parle jamais. Ils ont le défaut de ne pas être moyens, et de faire ressortir davantage la médiocrité de ceux qu’elle maintient en poste dans nos écoles.

3- Les syndicats ne défendent que les droits de leurs membres POINT! Et rien d’autre! Alors que si les profs pouvaient être libérés du despotisme syndical, ils pourraient alors consacrer leurs énergies à la qualité de leur enseignement plutôt qu’à l’application étroite de leurs conventions collectives.

4- Les syndicats se servent de la position privilégiée de leurs membres auprès de nos jeunes pour faire de la propagande syndicale et nationaliste.

5- Combien de mois d’école nos enfants ont-ils perdus depuis 20 ans à cause des syndicats en journées « d’études », en grève du zèle, ou en gréve tout court?

6- Etc… Il y en a plein comme ça!

À sa décharge, le chronique de La Presse a publié la précision dans sa chronique publiée dans l’édition papier du 28 septembre 2015. Mais l’erratum était en fin de chronique et plus discret que la première publication.

Et enseigner mieux, est-ce possible ? Ce l’est quand on consent à être financé en fonction des résultats obtenus. Mais parlez-en aux syndicats qui « veulent le bien de nos enfants », la réponse sera brutale: ce sera non, quelles que soient les conditions. Comparer, mesurer, récompenser, pénaliser sont des mots à proscrire, qui relèvent du néo-libéralisme.

Oui, oui, mesurer, évaluer, comparer : c’est excellent, en principe… Mais évaluer par qui, au juste? S’il faut continuer à confier ce type d’évaluation à des incompétents, comme c’est trop souvent le cas, quelle peut être la valeur de cette évaluation? Ne peut-on y voir là un problème digne de la plus petite attention? Qui proposez-vous, comme « évaluateurs en chef »? Le Premier-ministre, qui tombe si facilement dans le panneau des conclusions hâtives et des impressions « populaires » spontanées, véhiculées par n’importe qui? Il faut être sérieux : que le plus compétent pour juger se permetyte de jeter la première pierre ! Après quoi on pourra se permettre de comparer les comparables… Mais pourquoi accepterait-on, encore et toujours, de se faire rabâcher que le Québec est le « tiers-monde » du Canada, dans tous les domaines?… Faut pas avoir voyagé beaucoup, pour carburer à de telles salades ! Un peu de sérieux, les gars.

Au début des années 1960, avec la réforme scolaire de Paul Gérin Lajoie ministre libéral de l’ éducation , on a assisté à une grande éducation; c’ est à dire qu’ il fallait mettre l’ épaule à la roue pour être capable d’ éduquer toute cette masse d’ enfants qui arrivait à maturité scolaire ( la plus grosse jamais connue au Québec) et pour se faire il fallait des infrastructures et aussi du personnel enseignant qualifier!

Pour ce qui est des infrastructure ça bougé rapidement avec la construction d’ écoles et de polyvalentes qui ont permis de passer les décades de 1960-70-80-90!

Pour le personnel enseignant qualifié; on leur a donné du matériel scolaire et des nouvelles conditions de travail amplement améliorées pour qu’ il puisse faire face au défi de scolariser cette masse d’ écoliers! Le résultat est que nous avons eu une scolarisation fantastique et des résultats que l’ on connaît aujourd’hui avec l’ émancipation économique des années 1970-80-90!

Depuis ce temps-là , que s’ est-il passé? Aujourd’ hui la population estudiante (étudiante) n’ a cessé de diminuer et la population proffessorale n’ a cessé d’ augmentée!! Le résultat est que selon les travailleurs syndiqués de l’ enseignement , il manque de ressources continuellement partout!!!!!! Permettez-moi d’ être septique!

Pourquoi aujourd’ hui les enfants sortent du primaire avec une carence prononcée en français! Pourquoi les proffesseurs selon les études sont devenus des enseignants avec une carence prononcée en français? Pourquoi le nombre de journée d’ enseignement RÉELES est le plus bas au Canada? Pourquoi le décrochage scolaire est le haut au Canada? Pourquoi le d’ analphabètes est plus élevés que dans les années qu’ il y avait plus d’ étudiants dans les écoles qu’ aujourd’ hui?

En somme , pourquoi y a t’ il eu une DÉGRADATION de la diplomation au Québec depuis les derniers 30 ans et qu’ il y eu une GRADATION fantastique des conditions de travail au niveau de tous les intervenants qui font parti du ministère de l’ éducation! Pour moi , c’ est incompréhensible , il y a un os dans le baloné !!!!!!

M fortin , vous pouvez jongler avec les chiffres tant que vous voulez; mais l’ éducation ce n’ est pas juste une question de chiffre . C’ est une question de patrimoine !! Donc ça prend d’ abord et avant tout un réel changement dans l’ attitude des intervenants mais n’ ont pas des étudiants!

On parle beaucoup de rejet d’eaux usées dans le fleuve, par les temps qui coulent ( pardon : qui courent ! )… Or l’on peut aisément constater que la pollotion galope allégrement un peu partout, jusque dans les blogues les plus savants et les plus brillamment justifiés, les plus ardamment discutés et commentés… Et l’on ose encore déchirer sa chemise, face à un inexplicable et inexcusable décrochage scolaire… Avoir des idées, c’est bien, savoir les exprimer, c’est encore mieux, et savoir le faire en respectant ( un tout petit peu ) les règles minimales régissant notre bonne vieille Langue française… est-ce trop demander? Et surtout lorsque l’on traite d’un sujet aussi sensible que celui de l’éducation, voire de la formation des maîtres… Par où doit-on commencer : par l’oeuf ou par la poule? Ne peut-on rêver d’avoir mieux que ce que l’on possède soi-même, comme niveau de préoccupation? Il est bien évident que tout est bien plus facile — non, difficile ! — depuis l’arrivée de l’Internet. On néglige trop régulièrement de se relire, et puis « crac » on vient d’écrire n’importe quoi !… Et tant pis pour ceux qui me liront : ils n’ont qu’à « bien comprendre » ce que je voulais dire, lorsque j’ai écrit n’importe comment !… Ce commentaire se réfère aux écrits de plusieurs personnes, de trop de personnes, sur ce blogue… hélas !

Euh! Avez-vous une opinion? Les eaux usées dans le fleuve c’ est récurant! L’ inexplicable situation du décrochage scolaire n’ a jamais été expliqué parce que les responsables sont en poste et protègent leur inefficace emplois!

À mon avis l’ éducation au Québec n’ a pas évoluée! On a investit beaucoup trop dans l’ humoriste !

Salut Pierre, quant n’est-il de l’augmentation des dépenses par étudiants étant donné que le budget à peut-être suivi le pib, mais le nombre d’étudiants est en constante régression?

Merci Pierre pour cette franche analyse. Je vais aller un peu plus loin pour aborder seulement les commissions scolaires (la fréquentation augmente aux autres ordres). SI on prend la période 2006-2007 à 2015-2016, les « crédits » allouées aux commissions scolaires ont augmenté de 24%… Et encore, si on enlève celles à statut particulier, la hausse est de 22%, avant déflation. L’année finale 2013-2014 (dernière année retenue par Vailles) date quand même!

Programme (en millions) 2015-2016 2006-2007 Progression sur 10 ans
Éducation 16927 12798 32%
Commissions scolaires 9258 7489 24%
– Commissions scolaires 7268 5948 22%
– Commissions scolaires stat part 292 200 46%
– Service de la dette des CS 827 580 43%
– Enseignement privé 463 403 15%
– Soutien à des partenaires 35 34 3%
– Aide au transport scolaire 342 251 36%

La population vieillit et la population étudiante diminue! Est-il normal que les budget pour la santé augmente? Mais je reste systématiquement opposé à l’ augmentation des dépenses en éducation lorsque nous sommes en déficit!

Donc la conclusion est innévitable pour le ministère de l’ éducation! On ne peu pas continuer à augmenter un déficit STUCTUREL lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous! Est-ce qu’ on change les instructeurs ou on remercie les joueurs?