Dernier face-à-face: aux indécis de trancher

Le dernier face à face de TVA a été de loin le plus intéressant. Plus posé, davantage axé sur le contenu, moins de salissage que les précédents débats…

Et surtout, un duel entre deux chefs qui se partagent la majorité du vote francophone, là où va se jouer la prochaine élection.

Pauline Marois et François Legault ont bien performé. Leur base électorale est certainement heureuse. Et l’efficacité de François Legault dans les volets sur l’économie et la question nationale est une mauvaise nouvelle pour Jean Charest, qui craint la glissade de son vote fédéraliste vers la CAQ.

Le plus important demeure la réaction des indécis. Ils sont encore 15 à 20 % et plusieurs hésitent entre le PQ et la CAQ. D’où l’importance du débat d’hier.

Les prochains coups de sonde seront à surveiller.

Pauline Marois a dominé la première moitié du débat, notamment sur les politiques sociales. Elle avait l’air humaine, préoccupée du sort de la population, humble devant l’ampleur des défis — «je ne réglerai pas les problèmes des urgences, mais je vais améliorer les choses», a-t-elle dit.

François Legault avait plutôt ses habits de comptable, d’homme froid qui veut réformer les structures, brasser la cage, avec les chiffres en tête, moins préoccupé par les conséquences humaines des changements qu’il propose. Le chef de la CAQ semblait faire une obsession sur les syndicats, que Mme Marois a bien relevée. Trop, c’est comme pas assez. Legault a toutefois été efficace en comparant les systèmes de santé québécois et britannique. Les deux chefs maîtrisent bien leurs dossiers.

La deuxième moitié du débat appartient à François Legault. L’absence du cadre financier du PQ a grandement nuit à Pauline Marois, qui n’a pas été en mesure de défendre ses promesses et d’attaquer celles de la CAQ. François Legault était plus précis, plus convaiquant, notamment sur le remboursement de la dette.

La finale du débat, sur la question nationale, a été une suite d’hésitations de la part de Pauline Marois, alors que la souveraineté, l’article 1 du programme du PQ, devrait être son thème fort. Même sur sa volonté de rapatrier des pouvoirs d’Ottawa, Pauline Marois a été sur la défensive lorsque Legault lui a asséné qu’elle ne serait pas crédible comme interlocutrice aux yeux du fédéral en cherchant la confrontation à tout prix.

Coincé par Legault sur le référendum d’initiative populaire (RIP), la chef péquiste s’est contredite en moins de 5 minutes. Au début de l’échange, le RIP était un exercice contraignant qui aurait pu forcer le gouvernement Charest à tenir une commission d’enquête sur l’industrie de la construction plus rapidement, a-t-elle dit. Puis, soudainement, lorsque François Legault l’a accusé de céder l’agenda référendaire aux purs et durs du parti qui pourraient déclencher le processus avec la signature de 15 % des électeurs inscrits (850 000 personnes), Pauline Marois a soutenu que le RIP ne serait que consultatif, sans obligation pour le gouvernement…

En point de presse après le débat, Pauline Marois a répété que le RIP ne serait que consultatif… même si cette position contredit ses affirmations de février dernier, au moment où le PQ a adopté cette idée.

Un étrange pas de danse improvisé compte tenu que François Legault avait commencé à tirailler Pauline Marois sur cette question au débat des chefs de dimanche, à Radio-Canada. Elle aurait dû s’y attendre.

François Legault a probablement marqué des points auprès des nationalistes indécis et de certains souverainistes mous lorsqu’il a terminé le débat en affirmant que le projet souverainiste «est légitime», mais que «personne n’en parle sur le terrain». «Ce n’est pas la priorité des Québécois», a-t-il dit, ajoutant: «Même René Lévesque a changé de parti».

À mon sens, malgré le bon début de débat de Pauline Marois, cette solide fin de duel de François Legault lui donne un léger avantage dans l’ensemble.

Reste qu’il n’y a pas eu de K.O cette semaine dans les débats, ce qui laisse présager une fin de campagne endiablée, imprévisible, avec des luttes serrées. Il y aura encore des attaques, des gaffes, des pelures de banane, des appels (encore!) au vote stratégique. Et ainsi de suite.

Dans les prochains jours, le jello des intentions de vote va commencer à figer. Mais plusieurs indécis vont certainement attendre jusqu’à la dernière minute avant de choisir leur camp.

Jusqu’à la fin, le tableau risque d’être flou. Dans une course à trois, les surprises peuvent être nombreuses.

Rien n’est joué.

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Léger avantage?

Legault a passé le K.-O. à Pauline devant 1 million de téléspectateurs!

Curieux ces trois lettres RIP font aussi référence à Requiem In Pace… En espérant que les Référendums d’Intention Populaire… ne soient pas enterrés pour l’éternité.

Référendum d’Initiative Populaire… plutôt… même si l’autre traduction est valable.

Je fais partie des indécis et je ne sais vraiment pas pour qui je vais voter.

Jean Charest et le PL, c’est assez (« enough is enough »). Quant au PQ et à la CAQ, chacun à leur façon m’inquiètent énormément.

Les manifestants anti-Charest n’aiment sûrement pas plus Legault et la CAQ.

En tout cas, un gouvernement du PQ minoritaire nous donnerait au moins des bulletins de nouvelles distrayants, pour quelque temps du moins!

Je partage votre point de vue sur la performance des chefs.

Ce qui surprend un peu c’est la molesse du propos de Mme Marois au sujet de la souveraineté. Comme si elle s’adaptait plutôt que d’affirmer haut et fort ses convictions. Comme si une minorité pouvait dicter sa volonté à la majorité. Rien de bon pour faire sortir le vote souverainiste.

M.Legault a certainement profité de sa proximité de »pensée », bien que lontaine, entre lui et Mme Marois. Un peu comme Jean Charest, il a été insistant en frappant, avec succès, sur un même clou, soit celui des RIP. Elle a tenté de recréer une proximité, en l’appelant François,sans trop de réponse. Il est plus facile pour un comptable de passer à autre chose que pour une travailleuse sociale de formation.

Si il n’y a pas eu de KO hier, il reste que Mme Marois s’est retrouvée dans les câbles à quelques reprises et même carrément au plancher vers la fin de la rencontre. Il ne m’a pas échappé non plus qu’elle s’est permis d’appeler M. Legault ¨François¨ à deux reprises et cette attitude condescendante n’avait pas sa place dans le débat hier (je doute que Jean Charest se serait laissé tutoyer ainsi…)- De mon point de vue, François Legault a dominé cette rencontre pratiquement de A à Z tout en restant calme et fidèle à son plan de match.

Je crois que ce dernier duel ( je déteste ce genre de duel ) aura simplement permis à quelques fédéralistes francophones indécis de comprendre que la CAQ peut très bien prendre la place du PLQ de Charest en décomposition sur les bancs de l’opposition où la CAQ jouera sans doute un rôle utile.

Je trouve très surprenant que M. Legault aie refusé de comprendre qu’elle était la nature-même d’un référendum d’initiative populaire. Je ne vois aucun problème à permettre à la population de donner son avis sur un sujet ou un autre. Un gouvernement du PQ, dans le passé a encadré fort adéquatement le processus référendaire sur la souveraineté. J’ai donc très confiance qu’un processus tout aussi adéquat sera mis en place pour les « rip ». Ceux qui s’y opposent craignent sans doute une trop forte expression démocratique. Mais ça c’est leur problème !

Comme j’aime bien les citations, celle-ci résume bien mon appréciation des 4 débats.

«La poule qui chante le plus haut n’est pas celle qui pond le mieux.»
[Thomas Fuller]

Comment Marois pourrait ignorer une demande de référendum de 25% de québécois par une consultation populaire bien orchestrée?
Un autre référendum perdant, coulerait le PQ avec le béton de Marois et je soupçonne que les fonds secrets du PLQ y contribuerait !!!
La demande d’un référendum devrait être proscrite des consultation populaire…
Le rêve de l’indépendance est magnifique mais ne sera réalisable que démocratiquement.
Le seul qui a la connaissance de la date de la séparation du Québec est le fédéral qui si il tire trop sur la corde fera en sorte de pousser le Québec hors du Canada… Mais demain est pas la veille…

Je crois qu’on va devoir attendre quelques jours pour déterminer qui a vraiment gagné ce débat.

M. Legault a marqué des points à droite – avec des électeurs qui lui sont acquis ou presqu’acquis (dont les ex adéquistes), mais j’ai comme l’impression qu’il n’en a marqué aucun important au centre où on trouve bien des indécis. Même le milieu des affaires semble toujours incertain de la CAQ – certains aspects les attirent énormément, mais d’autres les rebuttent, où ils craignent le côté brouillon et « apprenti-sorcier » qui pourrait entraîner un cycle de conflits sociaux.

Si la campagne s’enlise dans la question de la souveraineté, le PLQ et le CAQ pourraient avoir marqué des points. Pour le moment on voit plutôt le PLQ, avant de se rabattre de nouveau sur une campagne négative (et les prochains sondages pourraient en déterminer le focus principal: peur du chaos de la CAQ ou du chaos souverainiste, ou un peu des deux) tenter une dernière initiative majeure (pub, thèmes de points de presse etc.) pour défendre son programme et profiter des sorties anti programme caquiste d’intervenants des milieus visés par leurs réformes structurelles. Si le PQ et PLQ réussissent à amener la campagne sur les vrais enjeux, la « victoire » de M. Legault sur le thème de la souveraineté pourrait être un feu de paille, surtout que tant M. Charest que Mme Marois ont marqué des points sur les « chicanes » que préparent la CAQ, et que ces derniers jours plusieurs intervenants des groupes sociaux joignent ce bal et commencent à monter au front pour contredire les positions de la CAQ et les prévenir de s’attendre à des conflits et de l’opposition.

Finalement, Mme Marois me semble avoir joué pas mal la carte « Françoise David » hier soir, tentant de se rapprocher de l’image de défendresse du « vrai monde », de la préservation des acquis et du réalisme – et peut-être à faire perdurer les inquiétudes et les doutes sur les changements structurels de la CAQ qui semblent inquiéter plusieurs indécis – à mon avis bien plus que la question nationale les inquiète. Les sondages montreront si Mme Marois a réussi ou non à préserver ses acquis et à se gagner une partie des indécis de centre gauche, ou si on verra une remontée du PLQ, ou une nouvelle percée caquiste. Je m’attend un peu à une légère remontée libérale.

Je pense qu’il y a un risque pour la CAQ de s’acharner sur la question de la souveraineté. Quelle portion de la population croit vraiment au risque référendaire dans un premier mandat péquiste? Je connais bien des fédéralistes mous (et des souverainistes) qui n’y croit pas du tout, et s’ils sont indécis c’est qu’ils en ont marre du PLQ mais ne sont pas convaincus encore par le programme caquiste et un peu inquiets et non résignés encore à se tourner vers le PQ ou à retourner au PLQ en désespoir de cause. Je soupçonne fort M. Legault et M. Charest de ne pas y croire eux-mêmes au risque référendaire – du moins ni l’un ni l’autre ne m’a convaincu jusqu’à maintenant de leur honnêteté sur ce sujet.

Voter pour le PQ, c’est aller droit au ravin avec les caribous, comme a dit Legault. Le référendum et la Charte de la Laïcité ne sont pas la priorité des Québécois. Le PQ c’est l’instabilité et la chicane avec Ottawa. La CAQ c’est le chaos et le chômage. A-t-on vraiment le choix? Je voterai pour les libéraux car on n’a tout simplement pas le choix.

+Il était difficile pour Mme Marois de présenter son point de vue dans ce débat ainsi que dans celui avec JJCharest car ses deux opposants ne cessaient de l’interrompre d’une façon grossière et agressive. Alors, si au niveau du fond,les points sont partagés, au niveau de la forme, madame Marois a remporté les deux débats haut la main car elle s’est montrée respectueuse de ses adversaires et de la population. Le choix est facile à faire: JJCharest est déjà jugé par la population qui le rejette à +ou- 75%, F.Legault se comporte comme Charest, donc 1+1=2. Il reste donc Mme Marois qui est la plus susceptible de faire avancer le Québec en le sortant de la boue dans laquelle il est enlisé.

@ claude Kamps

À moins que, comme vous le dites, si le fédéral continu à tirer sur la corde et que l’insistance du Québec amène le ROC à souhaiter le départ du Québec. Il arrive dans la vie que les astres s’alignent convenablement.

«Toutes les grandes vérités commencent par être des blasphèmes.»
[George Bernard Shaw]

Dans une province comme la nôtre où la marge financière est limité, cela requière beaucoup de rigueur et d’intelligence pour faire tourner rondement les affaires de la province. Ce n’est pas sur une période de seulement 3 ou 4 ans que le Québec va se trouver toute la marge de manœuvre nécessaire qui permette à la province de se hisser à la place enviable de la première province canadienne. Même la riche Alberta a dû prendre beaucoup de temps pour occuper cette place et ce encore avec une gestion plutôt responsable et parfois austère des finances publiques.

C’est pourquoi, il est important de s’engager dans un processus dès à présent qui permette au Québec de poursuivre son évolution par le choix judicieux d’un développement progressif, équilibré, diversifié et durable. C’est plutôt la pratique du faire et du savoir-faire qui devrait-être privilégiée à fin de mettre l’humain comme la source première et la pierre angulaire de l’édification d’une croissance réussie.

L’une des questions qui me semble d’actualité, c’est de savoir si nous souhaitons poursuivre notre cheminement de manière à assurer notre autonomie et un meilleur contrôle de nos dépenses par l’accroissement régulier de nos gains ou si nous estimons que le cadre actuel dans lequel nous évoluons correspond à nos attentes et se trouve dans la congruente satisfaction de tous nos besoins.

Je conçois que ce n’est pas notre voix qui seulement le 4 septembre va compter et puis après plus rien ; c’est encore notre capacité après le 4 septembre d’agir et de nous rassembler qui pourrait réellement apporter une différence unique.

Mme Marois ne sait que répéter comme des prières apprises par coeur des phrases qu’on lui a dites de dire en lithanie. Elle n’arrêtait que pour reprendre son souffle (surtout avec M.Charest) Elle posait une question et ne laissait pas l’autre répondre, elle parlait en même temps qu’il tentait de répondre. C’était absolument cacophonique et j’ajouterais même, ridicule de la part de Mme Marois. Elle croyait le neutraliser mais, Je ne nous la souhaite pas comme première ministre. Ceux qui n’ont pas vu et entendu sa stratégie ne sont pas objectifs. J’admets qu’avec F.Legault elle a été beaucoup moins pire. Mais lui, il l’a complètement «plantée».

@ RIM KAMAL

Vous êtes bien l’exemple de ces citoyens qui préfèrent donner leur confiance à un gouvernement de truands. Pour vous l’appartenance à la fédération canadienne qui a refusé de proposer une constitution acceptable au Québec, est plus importante que d’avoir un gouvernement honnête.

Voter libéral en 2012 c’est donner l’absolution inconditionnelle à des politiciens à la moralité plus que douteuse. Alors si, par vos taxes et vos impôts vous aimez bien faire des affaires avec la mafia et l’enrichir, avec le PLQ de Charest vous serez pleinement satisfait et sans doute plus encore, au-delà de vos espérances. Mais peut-être en profitez-vous vous-même …

«Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour.»
[Woody Allen]

@ MM. Kamps et Drouin: J’aimerais bien que l’indépendance (ou souveraineté) du Québec, si jamais elle se réalise, soit l’accomplissement d’une idée porteuse et créatrice et non pas en réaction aux « mauvais traitements » du fédéral.

Journée difficile pour Pauline Marois
S’il n’en tient qu’à Jean Lapierre et Mario Dumont de TVA, l’affaire est dans le sac pour la CAC de François Legault. Vous sentez-vous rassurez?

Comme dit MR LEGAULT au sujet des caribous Péquiste , les pure et dure passé date .

Ces caribous , de par leur entêtement passé date , seront probablement responsable de la perte du pouvoir du leur chef , le 4 sept . Juste , pour un entêtement a imposer leurs idées versus leur chef . Ces gens – la devraient former leur propre parti pour , qu’ils disparaissent le plutot possible .

@ Denis Douin,
Ne soyez pas impoli! Non, je n’en profite pas, je suis une simple citoyenne qui travaille dur pour gagner sa vie. Pourquoi ne peut-on pas avoir des opinions divergentes? Je ne partage pas votre point de vue, un point c’est tout. Pour moi, les Péquistes n’ont rien à offrir aux citoyens si ce n’est la division et la haine. D’autre part, les Caquistes non plus n’ont rien à offrir si ce n’est le chaos et le chômage. Vous voyez une autre issue? Mon vote ira aux Libéraux, mon choix est fait depuis fort longtemps. Ils ont appris de leurs erreurs, comme tout le monde, et ne les referont certainement plus. Pouvez-vous prédire qu’un gouvernement péquiste ou caquiste sera immaculé? J’en doute fort.