Des agents dormants au SPVM

Les lois et les règlements ne semblent pas s’appliquer lorsque vient le temps de dénoncer l’infâme projet de loi sur la réforme des régimes de retraite.

Photo: Mario Beauregard/La Presse Canadienne
Photo: Mario Beauregard/La Presse Canadienne

MISE À JOUR : Le directeur du SPVM, Marc Parent, a saisi la gravité de la situation. «Pour plusieurs, ces événements viennent soulever un doute sur la capacité du SPVM à exercer pleinement leur rôle et de voir en toute neutralité», a-t-il dit en conférence de presse. Le chef Parent a annoncé la formation d’un groupe d’enquêteurs, triés sur le volet, pour faire la lumière sur les débordements. Les policiers qui ont fait preuve de laxisme et les employés municipaux qui ont fait du grabuge devront répondre de leurs actes, a-t-il assuré.

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Des infractions criminelles d’avoir troublé la paix, d’intimidation, de méfait et peut-être même de voies de fait sur le conseiller Marc-André Gadoury auraient été commises, lundi, par une centaine d’employés municipaux qui ont vandalisé l’hôtel de ville pour protester contre la réforme des régimes de retraite.
Politique

J’ai hâte de voir la réaction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Va-t-on inonder les médias de photos des «suspects», comme ce fut le cas lors des émeutes des séries éliminatoires de la coupe Stanley ? Va-t-on nous faire un bilan grandiose sur le nombre de vandales et d’agitateurs masqués arrêtés dans la soirée, comme c’est le cas au moment de la marche annuelle contre la brutalité policière?  Sans doute que non !

Les policiers du SPVM ont fait preuve d’un comportement honteux. Ils sont restés les bras croisés pendant que leurs «camarades» des autres syndicats semaient la pagaille au conseil et terrorisaient des élus municipaux dépassés par les événements.

Selon les propos du président du conseil, Frantz Benjamin, le SPVM avait été prévenu d’un risque de débordement. La photo prise par Jacques Nadeau, publiée dans Le Devoir d’aujourd’hui, résume bien l’inaction désolante des policiers : on y voit un manifestant masqué (une violation du règlement P-6) apposer une affiche sur l’hôtel de ville (un méfait potentiel), sous l’œil indifférent de quatre agents dormants aux bras croisés. Et vive le pouvoir discrétionnaire !

Une quantité industrielle d’étudiants et de militants pour l’avancement des droits sociaux vont crier à l’existence d’une politique du deux poids, deux mesures au SPVM. Ils ont raison.

Les employés municipaux ont bénéficié d’un inconcevable passe-droit. Les lois et les règlements ne semblent pas s’appliquer lorsque vient le temps de dénoncer l’infâme projet de loi sur la réforme des régimes de retraite.

Il faut une enquête interne sérieuse et des sanctions disciplinaires contre les policiers qui ont dormi au gaz à l’hôtel de ville. Il faut aussi que les auteurs des infractions commises sur le plancher du conseil soient identifiés et traduits en justice si la preuve est suffisante.

On ne saurait tolérer une application à géométrie variable des lois et règlements.

Le SPVM a toute une côte à remonter, mais ce n’est rien à côté des employés municipaux.

Ce coup d’éclat anéantit le capital de sympathie (déjà bien mince) dont ils bénéficiaient dans l’opinion publique. Le soulèvement n’aurait pas été orchestré par la Coalition syndicale pour la libre négociation. Son porte-parole, Marc Ranger, s’est dissocié de ce dérapage, et il a lancé un appel au calme.

La Coalition manque d’unité. Marc Ranger n’est plus en mesure de contrôler les franges les plus extrémistes du mouvement. Sa légitimité, et celle de la Coalition, seront vite remises en question si l’escalade de la violence se poursuit.

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À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Cette police n’est qu’une marionnette entre les mains du pouvoir qui n’a plus rien de démocratique. Récemment en fait, la ministre de la justice par la voix de sa représentante, nous a confirmé récemment que nous ne vivons plus dans une société reconnaissant la primauté du droit. Voici une lettre ouverte lui étant adressée ainsi que la réponse totalement déconnectée de la réalité qu’une avocate au ministère de la justice (sic) ose signer. http://bit.ly/TNIsrv

La ministre est avocate, membre du barreau et elle a juré de servir la justice avec honneur et intégrité. Cette réponse absurde de la part de sa représentante nous confirme qu’elle est informée que des agents de l’état en costume de police et en toge de juge se livrent en toute impunité à des activités criminelles dans l’exercice de leurs fonctions officielles. Cette réponse nous confirme qu’elle sait et refuse d’agir. En droit criminel, ça se qualifie de complicité.

Peut-être que le journaliste Brian Myles, auteur de ce blog, pourrait lui aussi, comme d’ailleurs tous les citoyens concernés du Québec qui ont encore à cœur le respect des droits qualifiés de fondamentaux, récidiver auprès de la ministre responsable de l’administration de la justice en exigeant la répudiation de la ‘politique d’intervention en matière de violence conjugale’, qui tourne en dérision de nombreux articles du code criminel et de la charte canadienne des droits et des libertés, notamment en matière de présomption d’innocence.

Cette ‘politique’ illégale s’avère de plus contraignante à la fois pour la police, la couronne et la magistrature, ce qui équivaut en réalité à un détournement de justice. Il est grand temps que cesse ce délire institutionnel comme le qualifiait Georges Dupuy dans son livre ‘Coupable d’être un homme’ publié chez VLB en 2000.

Quand on voit ce qui se passe à Ferguson, il faut quand même avoir le sens des proportions. Alors, ça vaut combien d’années de prison une convention collective lancée dans l’air, des chaises et des verres d’eau renversés ?

La police vient de faire la preuve par A + B que le règlement P-6 est discrétionnaire et qu’il sera facilement contestable devant les tribunaux. Ce qui serait encore plus amusant, c’est que ce soit le syndicat des policiers ou encore mieux le SPVM qui soit obligé de contester le règlement P-6 pour défendre un membre devant un tribunal civil.

N’avez-vu que celà ? Une convention collective lancée dans les airs, des chaises et des verres d’eau renversés?

Et vous, combien de morts et de blessés avez-vous vu ? On parle d’intimidation et tout ce que je vois ce sont des élus mains dans les poches ou main sur la hanche un peu dépité sans plus et la crème sur le gâteau, un des assistants du maire avec un beau sourire qui regarde la scène. On remarque le même sourire de cet assistant lorsqu’un manifestant essais de soulever une fenêtre pour passer son tract sous la fenêtre. C’est ça de l’intimidation ?

La situation actuelle n’a rien à voir avec Ferguson. Ici, par leur inaction, les policiers se sont rendus complices d’infractions criminelles. Ils ont sciemment choisi de ne pas intervenir alors que des méfaits publics et autres violations de la loi étaient commis. À Ferguson, le service de police n’a jamais été complice des débordements survenus dans la foulée des émeutes raciales. Au contraire, ils font leur travail (et ce pour quoi ils sont rémunérés), ce qui n’a pas été le cas ici. Ne comparez pas des pommes avec des oranges.

Vous auriez sans doute préféré voir l’anti-émeute avec ses Jos la matraque, pis des matricules 728 arroser les manifestants de poivre en plein hôtel de ville ? Vous vouliez voir les événements du printemps 2012 se répéter ? Il n’y a pas assez de violences policières à votre goût ? Au fait, quelle violence avez-vous vu ? Pourtant, les photographes et les cameramen sont friands d’images juteuses où le sang pisse. Tout ce qu’on a vu, ce sont des images de manifestants qui chahutent et lancent des papiers. Alors, je vous demande combien d’années de prison donneriez-vous pour du « pitchage » de papiers ? Mon exemple de Ferguson visait à démontrer qu’il fallait relativiser et faire la distinction entre ce qui est grave et ce qui l’est moins.

Voir les policiers faire leur travail plutôt que de les voir saccager. Qu »ils cessent de se comporter en délinquants. Ils sont des syndiqués mais aussi des policiers armés.

Vous dramatisez ce qui s’est passé. Je préfère voir la police agir avec souplesse que de voir ses matamores s’amuser à tabasser des manifestants. C’est le propre d’une manifestation de déranger et qu’une démonstration de colère finisse dans une envolée de papiers, c’est bien peu de chose.

Dans toute association il y a des meneurs, des suiveurs et des têtes brûlées. Pour tous les frais associés au »nettoyage et réparation liés à une forme ou une autre de vandalisme (autocollants sur véhicule, destruction de la propriété publique ou privée…) syndical, la facture des frais plus intérêts devrait être refilée directement au centrale syndicale afin qu’elles réfléchissent aux actes de ses membres et des »poteaux » syndicaux. Sur récidive, une contravention peut-être…

Comme le prétend le président du syndicat des policiers si ceux-ci ne sont pas intervenu, c’est que l’ordre d’intervenir n’est jamais venu. Dans un corps policier comme dans l’armé,il y a les soldats et les officiers et se sont les officiers qui donnent les ordres.Le maire et ses acolytes ont très bien vu l’avantage qu’ils retirerait de laisser la manifestation dégénéré , cela était une excellente vitrine pour discréditer les syndicats aux yeux du bon peuple qui de toute façon prend toujours parti pour le gouvernement quand il s’agit des employés du secteur public. Il faut aussi savoir que l’escouade anti-émeute est plus confiante de tabasser des étudiantes qui manifestent que des gros pompiers confrères qui revendiquent les mêmes choses qu’eux.Quand au menaces des syndicats sur d’éventuels troubles social, Couillard pourrait demander l’aide de l’armé si la SQ ne parvient pas à contrôler la situation. On a subit la crise d’octobre et Kanawake et c’est toujours un gouvernement libéral qui a gérer ces crises.

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