Des idées lumineuses pour le pont Jacques-Cartier

Le projet d’illuminer le pont Jacques-Cartier est, au final, intéressant. Mais Montréal ne peut se contenter de «réaménager» ici et là : un legs, un vrai, est celui qui s’inscrit dans la mémoire collective.

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Photo extraite d’une vidéo sur le site de 375mtl.com

Sur le coup, j’ai sursauté. Des guirlandes de Noël sur le pont Jacques-Cartier, en permanence. Au coût de 40 millions de dollars. À part Hydro-Québec et les amateurs de «bling-bling», à qui peut bien plaire ce projet ?
Politique

À 519 jours du 375e anniversaire de Montréal, une brochette de politiciens et de personnalités publiques ont annoncé, jeudi, que le pont Jacques-Cartier sera illuminé pour le 375e anniversaire de la métropole et pour les 10 années suivantes.

Le gouvernement fédéral est prêt à injecter 30 millions de dollars dans ce projet (par l’entremise de sa Société des ponts), tandis que la Société des célébrations du 375e, dirigée par le baron du rire, Gilbert Rozon, mettra 9,5 millions.

La campagne électorale fédérale sera longue. Très longue. Elle n’est même pas encore commencée que les conservateurs se sont déjà lancés dans les annonces grandioses.

Le projet d’illumination du pont Jacques-Cartier est dans l’air depuis le mois de mai dernier. Le gouvernement du Québec espérait alors 60 millions d’Ottawa pour une série d’activités reliées au 375e, lequel coïncide avec le 150e anniversaire de la Confédération canadienne et le 50e de l’Expo universelle. Ottawa n’avait pas l’intention de dépenser autant pour la plus grande ville francophone des Amériques.

Le comité organisateur du 375e avait déjà en tête un projet d’illumination du pont par le studio de réputation internationale Moment Factory, entre autres responsable des effets spéciaux des tournées de Céline Dion et d’Arcade Fire. L’entreprise a aussi mis sur pied une solide expertise en illumination de bâtiments. Son Ode à la vie, projetée sur la Sagrada Familia (basilique iconique de Barcelone, en Espagne), commande le respect.

Moment Factory propose de faire du pont Jacques-Cartier le baromètre de l’humeur et des saisons de Montréal. Il fait froid ? Le pont prendra l’esthétique du glaçon, en quelque sorte. Il faut chaud ? Le vert sera à l’honneur. Je vous laisse deviner les couleurs qui seront de mise si le Canadien se taille une place en séries.

Le concept est finalement intéressant. J’imagine déjà des lignes verticales noires quand les responsables de la corruption et de la collusion prendront le chemin des cellules. Après le mont Royal, le pont Jacques-Cartier est sans doute le monument le plus emblématique de Montréal. C’est un beau pont, formé de poutres rigides et de lignes fluides, avec ses quatre pointes qui semblent gratter le ciel. C’est une infrastructure qui mérite pleinement d’être mise en valeur.

Le projet d’illumination transformera le pont Jacques-Cartier. Celui-ci deviendra l’une des composantes de la signature touristique de Montréal pour les années à venir.

Par contre, le comité du 375e devra faire preuve d’audace et d’imagination pour le reste de sa programmation. Si jamais le 375e se limite à une succession d’installations de type «wow», les fêtes seront un flop.

Lors du 400e anniversaire de Québec, le Moulin à images de Robert Lepage a fait un tabac pour des raisons bien simples. Il y avait plus qu’un effet de «wow» dans l’utilisation des silos de la Bunge comme un écran surdimensionné. Le Moulin a permis aux Québécois d’hier et d’aujourd’hui, ainsi qu’à des milliers de touristes, de mesurer le chemin parcouru par cette société distincte.

Lepage nous a montré le territoire avant de montrer Québec. Il nous a plongés dans l’histoire de la ville, du pays, de la nation, de la province, du monde. Un souvenir inoubliable.

Montréal ne peut se contenter de «réaménager» ici et là pour faire de ce rendez-vous historique un succès. Un legs, un vrai, est celui qui s’inscrit dans la mémoire collective.

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40 millions pour des lumières! C’est presque le cout de construction du Pont Champlain en 62!

Rappelons qu’à Québec l’illumination du Pont de Québec fut un désastre, faute de moyens

« … avec ses quatre pointes qui semblent gratter le ciel. » Ces « quatre pointes » sont des tours Eiffel stylisées qui, comme tout le monde le sait, est assez bien éclairée et est le symbole distinctif de Paris.

40 millions est une somme vraiment exagérée pour cet éclairage qui va augmenter la pollution lumineuse de la ville de Montréal. L’Art ce n’est pas cela. On parle ici d’entertainment populiste à la Céline Dion sauf qu’il sera réalisé avec des fonds publics.

Il est prévu que les gens empruntant le pont ne pourront pas voir le «spectacle». Qui le verra alors ? D’où, dans la ville, le pont est-il visible ? Chose certaine, ce pont n’est pas aussi visible que la tour Eiffel. Combien l’illumination de cette tour a-t-elle coûté ? Le projet de Montréal a-t-il été soumis a un appel d’offres permettant de faire jouer la concurrence ?

Des études ont en effet documenté les effets réels d’un trop grand éclairage des villes sur la faune aviaire en particulier. Il est compréhensible de sécuriser (éclairer) certains secteurs au détriment des oiseaux, mais pas pour une question esthétique ou de signature,

L.histoire du désastre de l’illumination du Pont de Québec mes chers a commencé exactement comme ici dans ce blogue : des propos de toutes sortes avec une tendance très négative et méprisante de grandes gueules tout azimut (oups voyons donc je ne parle pas de celles de Montréal mais celles de Québec). Et là je sais que je vais me faire blaster mais ça changera rien à l’autre bout de la 20… ce sont les faits.

Suite de mon autre commentaire, je reprends ici le leitmotiv de monsieur Myles. » Un legs, un vrai, est celui qui s’inscrit dans la mémoire collective. » Je suis tout à fait d’accord. Alors ne manquez pas votre coup parce que vous allez vous faire friser les oreilles pendant longtemps… comme à Québec…. mystère mystère… que se passe-t-il… mystère à Québec? ben non…. à Montréal… hihihi scusez là on peut bien rire un peu.