Des Jeux olympiques d’hiver… sous les Tropiques

Les changements climatiques pourraient-ils conduire à la disparition pure et dure des Jeux olympiques d’hiver, comme l’avance une étude menée conjointement par l’Université de Waterloo, en Ontario, le Management Center d’Innsbruck, en Autriche ?

Photo : AFP / Getty Images
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La Russie est plutôt connue pour son climat hivernal. «Sur la carte, il est même difficile d’y trouver un endroit où il ne neige jamais, et où les sports d’hiver ne seraient pas populaires. Et pourtant, Poutine en a trouvé un. Et a décidé que s’y tiendraient les JO d’hiver : Sotchi.»

C’est ainsi que s’amorce un rapport critique du choix de Moscou, paru en 2013.

Et de fait, à Sotchi, l’an derniers, deux compétitions-tests ont dû être annulées en raison du temps trop clément.

Dès lors, en raison de ces circonstances, et du quasi-désastre des JO d’hiver de 2010, le comité olympique a créé un «stock» de plus de 500 000 m3 de neige qu’une entreprise finlandaise a protégée par des tissus et des membranes isolants pour la conserver.

Mais il a neigé à Stochi. Et les millions dépensés pourraient n’avoir servi à rien.

Par contre, la technologie mise au point à la suite des problèmes rencontrés à Vancouver et à Sotchi pourrait servir. En effet, selon une étude menée conjointement par l’Université de Waterloo, en Ontario, le Management Center d’Innsbruck, en Autriche, les changements climatiques pourraient conduire à la disparition des Jeux olympiques d’hiver.

Dans tous les cas, disent les chercheurs, des lieux qui ont accueilli les JO auparavant (Garmish-Partenkirchen, Vancouver ou Sotchi) ne seraient pas en mesure — en raison de l’instabilité de leur climat — de tenir les Jeux d’ici la moitié du siècle. Et vers la fin de celui-ci, il n’y aurait plus que six sites encore en mesure de le faire.

(Pour voir les données sur l’augmentation moyenne de la température dans 19 anciens sites qui ont reçu les Jeux olympiques d’hiver dans le passé, ou lire des informations sur la technologie applicable à la conservation de la neige — qui deviendra désormais l’élément crucial de ces Jeux —, consultez ici le rapport [en pdf] Winter Olympics in a Warmer World.)

Ainsi, il se pourrait que l’on peine à fêter le centenaire des Jeux olympiques d’hiver (2014 représente le 90e anniversaire de cette compétition, tenue pour la première fois à Chamonix, en 1924).

En attendant, c’est dans une ville au climat subtropical que se tiennent ceux de cette année… Preuve, si besoin était, du manque de logique de cette sélection et des ambitions pharaoniques du Kremlin.

Élisabeth Vallet

Professeure associée au département de géographie @UQAM et directrice scientifique à la Chaire @RDandurand

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