Des souhaits politiques sous le sapin de Québec

Que réservent aux chefs politiques québécois ces belles boîtes toutes enveloppées dans du papier festif sous le sapin de l’Assemblée nationale ? Notre collaborateur dévoile ce qu’il offre aux chefs pour 2023.

Maria Kalinnikova / Getty Images / montage : L’actualité

Dominic Vallières a, pendant plus de 10 ans, occupé les postes d’attaché de presse, porte-parole, rédacteur de discours et directeur des communications auprès d’élus de l’Assemblée nationale et des Communes (Parti québécois, Bloc québécois, Coalition Avenir Québec). Il est directeur à l’agence TACT et s’exprime comme analyste politique à QUB radio.

Alors que s’achève une année qui aura conduit à un réalignement de notre vie politique, tous les partis doivent attendre le décompte menant vers 2023 avec des aspirations et des attentes diverses.

Jean Daniel, fondateur du magazine français Le Nouvel Observateur, a déjà dit : « N’oubliez jamais que la vérité a un pied chez nous et un de l’autre côté. » Pour des partis politiques, l’autre côté, ce sont les adversaires. Dans leur ensemble, ça peut être les journalistes. Pour les journalistes, ce sont parfois les employés politiques, parfois la fonction publique. Bref, la liste des « autres » est longue.

Mon premier souhait est donc adressé à tout le monde : un peu plus de sens du bien commun. « L’autre » n’est pas un ennemi, c’est un concitoyen, un compétiteur qui estime qu’on peut proposer une solution différente basée sur, bien souvent, une analyse distincte de mêmes faits. Si tous ne s’entendent pas sur l’ampleur des travaux de rénovation à entreprendre pour le Québec, personne ne lui souhaite du mal. C’est déjà une chance.

Aux chefs, maintenant !

À François Legault, j’offrirais de la patience. On l’a répété, mais la gestion d’un caucus aussi imposant sera difficile pour le premier ministre. Tout au long du mandat, que ce soit sur des questions de fond ou d’égo, certains feront entendre leur musique discordante. Ce sera fâchant parce que de telles incartades n’ont pas été légion dans le premier mandat, puisqu’à la lune de miel (peu propice au jeu solo) a succédé la pandémie (également peu propice au jeu solo). Certains élus savaient qu’ils ne seraient pas ministres et sont partis, laissant leurs chaises à de nouveaux visages. Mais, je le sais, d’autres qui n’ont pas été nommés sont convaincus d’avoir tout ce qu’il faut pour devenir ministres. Dans ces circonstances, je ne me surprendrai pas de lire, au cours des prochains mois, de plus en plus de secrets dans les journaux. Patience, patience.

À Marc Tanguay, je souhaite du temps. Sa première semaine comme chef intérimaire du Parti libéral du Québec a été catastrophique. Son ton s’est amélioré depuis au Salon bleu et, ne l’oublions pas, la tâche de chef intérimaire est vraiment ingrate. Si sa performance est constante, il pourra asseoir son autorité sur son caucus et entrevoir l’avenir avec un peu plus de sérénité. Pour avoir été à quelques reprises dans un parti politique après une défaite, je sais que la pression est parfois forte pour déclencher rapidement une course à la direction. Or, une course rapide viendrait ajouter des tensions dans une équipe jeune et fébrile. Donner du temps au temps, c’est dans l’intérêt du PLQ… et de Marc Tanguay.

Dans le cas de Gabriel Nadeau-Dubois, j’espère qu’il pourra développer le deuxième film de la trilogie Austin Powers, Agent secret 00Sexe (The Spy Who Shagged Me), dans lequel le personnage principal a perdu son énergie vitale et se bat pour la retrouver. Après une campagne durant laquelle il est apparu comme compétent et batailleur, le chef solidaire semble se chercher. Dès son discours du 3 octobre au soir, il ne paraissait plus en phase avec les événements politiques, et ses louvoiements sur certaines questions, dont le serment au roi, ne sont pas habituels. Est-ce que ça brasse plus à l’interne que ce qu’on laisse filtrer ? Est-ce GND lui-même qui regarde la boussole dans l’espoir de retrouver son chemin ? Quoi qu’il en soit, pour lui, pour son parti et pour ses électeurs, je lui souhaite de retrouver rapidement sa voie.

Pour Paul St-Pierre Plamondon, autant de chance qu’en 2022 serait tout un cadeau. Avouons-le, pour qu’il ait pu siéger au Salon bleu, il aura fallu :

  • un vol de dépliant filmé ;
  • que ledit film soit écouté par un citoyen qui n’était pas électeur solidaire ;
  • que le méfait se produise au bon moment, soit entre le vote par anticipation et le jour J ;
  • que la candidate qui s’est désistée soit plus proche idéologiquement du Parti québécois que des autres candidats ;
  • Que la reine Élisabeth II passe l’arme à gauche et qu’elle soit remplacée par son fils, beaucoup moins populaire. Si j’étais PSPP, j’irais m’acheter un 6/49. Puisque les occasions de faire parler de lui iront en diminuant, je lui souhaite une année 2023 d’une aussi bonne cuvée que l’année 2022.

Finalement, à chacun et chacune d’entre vous, mes meilleurs vœux de bonheur et de santé pour 2023 !

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Bonjour.

Intéressant votre chronique mais…. Et pour Éric Duhaime? Ne me dites pas que c’est parce qu’il n’est pas présent à l’Assemblée nationale qu’il ne mérite pas un « petit cadeau ». Il est tout de même chef d’un parti qui récolte au moins 10% des intentions de vote. Bien que je n’approuve pas ses positions personnelles, nous avons besoin d’un parti conservateur du Québec qui remet en question un État partout… et nulle part en même temps.

Merci.

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