Déséquilibre électoral à l’Île-du-Prince-Édouard

Le festival des élections provinciales est commencé. Le libéral Robert Ghiz a été reporté au pouvoir lundi, le 3 octobre, à l’Île-du-Prince-Édouard. Les résultats ne laissent aucun doute sur sa victoire puisqu’il a obtenu 51,4 % des voix. Ce qui est plus problématique est le résultat en nombre de sièges: 22 sur 27. Avec 40,2 % des voix, les conservateurs n’en ont arraché que cinq. Si on avait besoin d’une autre illustration des travers de notre mode de scrutin uninominal à un tour, on vient de l’obtenir. Les Prince-Edouardiens peuvent difficilement se plaindre cependant puisqu’ils ont eu l’occasion, en 2005, de se prononcer sur un système de représentation proportionnelle mixte. Près de 64 % des électeurs s’y sont opposé.

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– Petit fait à noter :

Si les taux de participation à l’île du Prince Édouard sont toujours excellents, puisqu’ils dépassent allègrement plus de 80% et quelquefois même jusqu’à près de 90%, on peut relever qu’en 2007 il était de près de 84% tandis qu’il ne devrait guère dépasser 75% cette fois-ci. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y ait à proprement parler érosion de l’électorat, c’est toutefois une tendance à observer.

Est-ce dû aussi que certains électeurs qui espéraient un changement dans le mode de scrutin se soient cette fois-ci abstenus ?

Il y a eu aussi des référendums sur le mode de scrutin dans d’autres provinces dont la Colombie-Britannique (2 fois plutôt qu’une!) et en Ontario je crois et le non l’a toujours emporté. L’électorat canadien semble manquer de sophistication quand il s’agit de démocratie et préfère les gouvernements majoritaires stables plutôt qu’une vraie démocratie qui reflète toutes les principales tendances de l’électorat. D’ailleurs l’hystérie autour de la coalition illustre bien cette peur de la démocratie dans ce pays.

En question ancillaire on pourrait se demander si le Canada ne serait pas une terre fertile pour une dictature « soft »… on a vu les abus flagrants commis contre les droits humains en particulier en 1970 lors des mesures de guerre et même en 2010 avec la répression entourant les sommets du G8 et du G20. Il faudrait peut-être que les Canadiens sortent de leur confort et indifférence et s’attellent à faire les changements qui s’imposent, aussi difficiles soient-ils.

Est-ce que je me trompe ou Robert Ghiz est bien ce loustic fils d’un autre premier ministre du PEI qui a voté illégalement au référendum de 95, alors qu’il était étudiant à Bishop ?

La plainte aurait été abandonnée par le Gouvernement du Québec, sous un autre gouvernement laxiste du PQ…