Deux ans après, la CAQ toujours au sommet

Il faut retourner plus de 30 ans en arrière pour trouver un gouvernement aussi dominant que la CAQ pendant son premier mandat : le PLQ de Robert Bourassa, élu en 1985… et facilement réélu en 1989. 

Crédit : L'actualité

Il y a deux ans jour pour jour, nous étions au beau milieu de la 42e campagne électorale québécoise. Alors que les trois chefs et la porte-parole des quatre principaux partis se préparaient à croiser le fer pour le premier de trois débats, la CAQ de François Legault et le PLQ de Philippe Couillard nétaient quà quelques points décart dans les intentions de vote au Québec. À peine trois semaines plus tard, la CAQ allait remporter la première élection de sa brève histoire en raflant le plus grand total de sièges à lAssemblée nationale (74 sièges) depuis la première victoire de Jean Charest en 2003 (76) — et nen laissant que 31 aux libéraux.

Depuis lélection de 2018, la CAQ poursuit sa longue lune de miel auprès des électeurs québécois et na jamais tiré de larrière dans les intentions de vote. En fait, la politique nest tout simplement pas compétitive au Québec depuis 2018 tellement la CAQ domine ses rivaux. Elle lest davantage en Alberta, où les intentions de vote sont plus serrées, ce nest pas peu dire !

Larrivée de la pandémie de la COVID-19 au Canada et le confinement forcé en mars dernier nauront en rien altéré la satisfaction des Québécois envers le gouvernement Legault. Dans les sondages hebdomadaires de Léger depuis avril, les taux de satisfaction dépassent régulièrement la barre des 80 % et se trouvent parmi les plus élevés au pays (dans le sondage publié mercredi, 78 % des Québécois se disent satisfaits de la gestion de la pandémie du gouvernement du Québec). Dautres maisons de sondage ont confirmé ces tendances au cours des derniers mois.

En ce qui a trait aux intentions de vote, trois maisons de sondage ont enquêté auprès des Québécois depuis le mois de mai : Innovative Research, EKOS et Léger. Bien qu’elles mesurent toutes des niveaux dappuis quelque peu différents pour les quatre principaux partis, elles indiquent toutes que la majorité de la CAQ est loin dêtre compromise.

Voici donc la mise à jour de la projection québécoise Qc125. Vous trouverez la liste complète des sondages au Québec sur cette page. Pour les précisions concernant la méthodologie du modèle, visitez ce billet de blogue.

Sans surprise, la CAQ trône seule au sommet des intentions de vote avec lappui de près dun électeur québécois sur deux. Les libéraux, en deuxième place, se trouvent loin derrière et ne sappuient présentement que sur leur base délecteurs concentrés principalement à Montréal et à Laval.



[Sur le graphique ci-dessus, les chiffres indiquent les moyennes actuelles et les barres de couleurs, les intervalles de confiance de 95 %.]

Le Parti québécois se trouve tout juste sous son résultat de 2018 avec une moyenne de 14 %. Finalement, selon les chiffres actuels, Québec solidaire est le parti ayant le plus reculé depuis 2018 : sa moyenne actuelle est de 11 % (QS avait obtenu 16 % des votes en 2018).

Évidemment, une telle domination des intentions de vote de la CAQ produit des projections du nombre de sièges plutôt inusitées : la moyenne actuelle de la CAQ sélève à 94 sièges — une avance de plus de 70 sièges sur la moyenne du PLQ :



Le PLQ ne remporte que 21 sièges en moyenne, dont 17 sur l’île de Montréal. Donc, bien que la pandémie ait éclipsé la course à la chefferie du Parti libéral du Québec des cycles médiatiques au printemps, larrivée de Dominique Anglade à la barre du PLQ ne semble pas avoir eu deffet sur les appuis au parti.

Tout comme en 2018, il y a une course pour la troisième place : QS remporte six sièges en moyenne et le PQ, quatre (ces partis avaient remporté 10 sièges chacun en 2018). Notons toutefois que, malgré que QS se trouve à une moyenne plus élevée, le potentiel de croissance en matière de sièges demeure tout de même plus important au PQ. Néanmoins, la base de QS demeure solide : le parti ne semble pas en voie de perdre ses sièges montréalais. Alors quau PQ, une seule circonscription reçoit présentement létiquette « PQ solide », soit Matane-Matapédia, le comté du chef intérimaire Pascal Bérubé. Joliette, Jonquière, Îles-de-la-Madeleine et Rimouski penchent habituellement du côté du PQ, mais ces circonscriptions sont considérées comme des pivots selon le modèle.

En dautres termes, QS possède « un plancher » plus élevé, mais « un plafond » plus bas que le PQ.

Jetons un coup d’œil à la carte des prévisions. Demblée, nous remarquons la dominance de la CAQ dans le sud du Québec :

Outre la circonscription de Pontiac, en Outaouais, nous devons agrandir la carte vers Montréal pour identifier les circonscriptions libérales au cœur de cette carte bleu poudre :

En 2018, la CAQ avait remporté deux circonscriptions sur l’île de Montréal : Pointe-aux-Trembles et Bourget (deux anciens bastions péquistes). Selon les chiffres actuels, la CAQ pourrait maintenant être concurrentielle dans les circonscriptions libérales dAnjou—Louis-Riel, Maurice-Richard, Verdun et Marquette.

Selon les prévisions, dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, la CAQ est favorite partout, à lexception de Taschereau — la circonscription de Catherine Dorion — qui porte présentement l’étiquette de « circonscription pivot ».

Cest dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie que nous trouvons les derniers bastions du Parti québécois. Les deux circonscriptions péquistes de la Côte-Nord, Duplessis et René-Lévesque, sont actuellement favorables à la CAQ.

En regardant ces chiffres et ces cartes, il semble certes y avoir un air dinvincibilité du côté de la Coalition Avenir Québec. Évidemment, lélection nest prévue que pour octobre 2022, mais il faut retourner plus de 30 ans en arrière pour trouver un gouvernement aussi dominant pendant son premier mandat : le PLQ de Robert Bourassa, élu en 1985. Il avait facilement remporté les élections en 1989.

La gestion de la pandémie et le prochain budget, assurément déficitaire après des années de surplus budgétaires au Québec, pourraient complètement refaçonner la politique québécoise (et canadienne) dans les prochains mois. Nous continuerons donc de suivre la progression des chiffres au Québec.

Pour plus de renseignements sur ces prévisions, visitez la page Web Qc125. Pour les chiffres au fédéral, visitez la page Qc125 — Canada.

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