Deux questions sur la dette et les déficits

Quand la dette publique atteint des niveaux inquiétants, les pro-austérité stipulent qu’il faut mettre en œuvre des politiques vigoureuses de désendettement. Les anti-austérité, eux, considèrent plutôt que la dette deviendra insignifiante à mesure que l’activité économique croîtra.

Jeudi dernier, le ministre Nicolas Marceau a révélé ce que tous les observateurs attentifs savaient depuis plusieurs mois : le gouvernement péquiste n’atteindra pas le déficit zéro cette année. Contrairement à ses promesses, il ratera plutôt la cible de 2,5 milliards $.

Par ailleurs, considérant que le problème semble être de nature structurelle, peu de gens croient que le gouvernement parviendra à équilibrer le budget, même en se donnant plus de temps.

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Il y a plusieurs décennies, à une époque marquée par une certaine orthodoxie dite «classique», le consensus économique voulait que les gouvernements s’abstiennent de faire des déficits, en tout temps. Les dirigeants politiques devaient ainsi gérer les finances de l’État comme un bon père gère les affaires familiales : couper dans les dépenses quand les revenus diminuent, et garder une approche prudente et conservatrice en tout temps.

Puis vinrent les idées de John Maynard Keynes, et le consensus classique vola en éclats. En vertu de la pensée keynésienne, l’État devait garder des budgets équilibrés à terme, mais — et c’était la révolution — il pouvait être souhaitable de faire des déficits ponctuels en temps de ralentissement économique marqué.

Pour Keynes et le quasi-consensus que ses idées ont suscité, l’État doit jouer un rôle contre-cyclique : il tempère les creux en dépensant davantage, et il renfloue ses coffres quand la croissance reprend. À moyen terme, en théorie, le résultat est un budget équilibré et une dette stable ou décroissante.

Si tout fonctionne comme prévu, une telle politique permet d’adoucir les sommets et les vallées de l’activité économique, en plus de maintenir une certaine stabilité qui profite à tout le monde.

Même si pratiquement tous les économistes «mainstream» sont aujourd’hui keynésiens, une certaine polarisation demeure entre les tenants d’un interventionnisme plus marqué en temps de crise — via des grands programmes de dépenses publiques, qui endettent davantage l’État — et ceux qui préfèrent s’en tenir à des interventions plus modestes, comme les programmes d’assurance-chômage et autres stabilisateurs automatiques.

La question de la dette génère une polarisation similaire. Tous les économistes s’entendent sur l’importance de maintenir un ratio de la dette au PIB aussi faible que possible. Mais tous ne ressentent pas la même urgence d’agir en cas de débalancement.

Ainsi, quand la dette publique atteint des niveaux inquiétants, le clan pro-austérité — plus pressé — stipule qu’il faut mettre en œuvre des politiques vigoureuses de désendettement, quitte à effectuer des compressions dans les dépenses du gouvernement.

Les anti-austérité, plus patients ou plus optimistes, considèrent plutôt que seul le ratio de dette/PIB compte, et que la dette — même élevée aujourd’hui — deviendra tôt ou tard insignifiante à mesure que l’activité économique croîtra. Autrement dit: pas besoin de trop s’énerver avec la dette, la croissance économique arrangera tout, comme ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale, par exemple.

Au Québec, la persistance des déficits et l’augmentation de la dette au cours des dernières années pose ces dilemmes de manière assez pressante.

Sur la question des déficits, la théorie keynésienne apparaît logique dans la mesure où les déficits qui accompagnent les années de vaches maigres prennent fin tôt ou tard, et que l’État adopte alors des mesures de redressement qui renflouent ses coffres et ramènent la dette à son niveau antérieur.

Or, dans le contexte actuel, il semble que l’État québécois ait décidé de ne conserver que la portion «déficit» de l’équilibre keynésien, pour maintenir l’économie du Québec sur une espèce de respirateur artificiel permanent.

Si les tenants locaux d’un keynésianisme interventionniste sont incapables de démontrer qu’ils respecteront très rapidement la seconde partie de leur programme — celle qui compense les déficits et réduit la dette —, comment espèrent-ils maintenir longtemps leur crédibilité face aux tenants d’une approche plus conservatrice ? Quand verra-t-on un consensus politique à l’effet que les déficits ne peuvent devenir chroniques et qu’il faudra, plus tôt que tard, adopter des mesures vigoureuses de retour à l’équilibre, voire de génération de surplus ?

Quant au contrôle de la dette, la théorie anti-austérité est évidemment séduisante — mais seulement à condition que la croissance soit au rendez-vous. J’aimerais le croire, comme tout le monde (gauche et droite s’entendent là-dessus).

Malheureusement, les prévisions ne sont pas mirobolantes, la démographie québécoise pointe plutôt vers un ralentissement à venir, et certains économistes croient même que la croissance économique est chose du passé.

Si tel est effectivement le cas, ne faudra-t-il pas se résoudre à adopter des mesures d’austérité tôt ou tard ?

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Il y a longtemps, très…très…longtemps que les lucides en économie (par opposition aux diplômés en sciences molles pas de maths qui nous gouvernent!) savent que le keynésianisme est une utopie totale qui nous mène tout droit dans l’abîme.

Mais nos politiciens intellectuellement paresseux sont trop contents d’utiliser cette philosophie qui est arrivée à point nommé mais qui n’a JAMAIS fait ses preuves pour voler encore plus d’argent au peuple dans le seul et unique but de se faire réélire.

Plus on attend et plus l’inévitable naufrage sera considérable.

Vous n’en avez pas marre d’endetter nos enfants et nos petits-enfants? Moi si!

Ce qui importe dans la théorie keynésienne, c’est de maintenir les gens au travail et de permettre aux gens d’y retourner aussi vite que possible. Ainsi quand le niveau d’activité est maintenu les choses vont mieux. Le but n’est pas tant de produire du déficit pour soutenir l’économie, le but recherché est de maintenir suffisamment de liquidité dans l’économie pour produire des biens et services, comme pour assurer la paye des gens qui travaillent et le maintien de pouvoir d’acheter ce dont ils ont besoin.

En période de crise, il y a moins d’argent en circulation. L’économie s’essouffle et plus elle s’essouffle plus elle se contracte et ainsi de suite jusqu’à la paralysie. C’est la raison pour laquelle, il faudrait travailler en amont et non pas, après la crise au moment où elle se produit.

Le déficit public a un impact positif lorsqu’il sert effectivement à soutenir l’économie réelle. À partir de quand le déficit est conjoncturel et quand devient-il structurel ?

Ainsi prenons deux exemples :

1 — l’État choisi de baisser les impôts sur les sociétés et exempte les entreprises qui embauchent de toutes charges sociales pendant un certain nombre d’années. De par le fait-même, si les entreprises comprennent le message, elles vont disposer d’un peu plus d’argent pour investir, vont pouvoir se moderniser, améliorer leur compétitivité, améliorer la qualité des produits et services, etc.

Nous comprenons qu’une telle mesure équivaut à un manque à gagner pour l’État, si l’État choisi de ne pas accroître ses prélèvements sur d’autres postes. Cela est susceptible d’engendrer un déficit. C’est un déficit positif, puisqu’il servira à maintenir des emplois et devrait en un terme réduit déployer un plus grand nombre de personnes qui ont un travail.

2 — Au lieu de laisser tout un système de garde pour la petite enfance se développer librement dans la diversité, de manière privée ou corporatives ou sans but lucratif ou coopératives, etc. ; tout cela dans l’intérêt des familles et des parents. L’État préfère subventionner directement un réseau des garderies pour qu’elles offrent des services de gardes subventionnés à bas prix suivant un cahier des charges restrictif et rigoureux.

Ceci représente une dépense supplémentaire pour l’État, sans lui assurer des revenus supplémentaires sans augmenter les prélèvements. Cela n’a pas pour effet d’augmenter significativement, le nombre d’emplois en services de gardes et même cela freine tout système et toutes formes d’encadrements de la petite enfance alternatifs.

Lorsque le tout est replacé dans le cadre actuel du Québec, nous constatons que l’État doit faire face à des dépenses considérables dont plusieurs sont difficilement compressibles (du moins à court terme) : le service de la dette, les systèmes de santé et services sociaux pour n’en citer que deux. La marge de manoeuvre est faible, pour ne pas dire impossible. Aussi l’État ne peut que compter sur la conjoncture, donc un embellissement de l’économie pour améliorer ses états financiers.

Sur quel pourcentage de croissance du PIB annuel faudrait-il compter pour en période faste permettre à l’État de transférer efficacement ses surplus vers une réduction substantielle de la dette et par une réduction importante de toutes sortes de prélèvements sans nuire au maintien d’une fonction publique et parapublique non négligeable attachée qu’elle est à la conservation de ses avantages sociaux et de son pouvoir d’achat ?

Ici le problème n’est pas au niveau des écoles de pensée économiques, il se situe bel et bien au niveau de la pratique. En pratique, une administration quel qu’elle soit se justifie lorsqu’elle est susceptible de contribuer aux résultats. En somme l’administration se justifie quand elle n’est pas le problème et seulement lorsqu’elle fait partie de la solution.

Si on se fie à la théorie générale de Keynes, votre exemple no. 1 n’aura aucun succès. Puisque la consommation en temps de crise est faible, il n’y a aucune raison particulière qui puisse inciter les hommes d’affaires à risquer leur chance en accroissant leur investissement même avec des baisses d’impôt. Ils préféreront plutôt thésauriser leurs avoirs ou dans d’autres cas les actionnaires seront récompensés. Il serait préférable de diminuer les impôts des particuliers pour favoriser la consommation ou comme préférait Keynes que l’État investisse lui-même dans des travaux.

Si on veut que l’économie s’améliore et du même coup la diminution des déficits de l’État, il est préférable d’avoir des garderies publiques où les employés sont bien payés, ceux-ci auront une propension à consommer supérieure à des employés sous-payés qu’on retrouve habituellement dans le privé.

@ Marc Sauvageau,

Vous écrivez cela : « (…) il est préférable d’avoir des garderies publiques où les employés sont bien payés, ceux-ci auront une propension à consommer supérieure à des employés sous-payés qu’on retrouve habituellement dans le privé. »

Vous partez du principe suivant lequel ce sont les employés du secteur public, supposément bien rémunérés qui soutiennent la consommation. C’est en grande partie vrai actuellement. Il est juste que les employés du secteur public en mènent beaucoup plus large que la plupart des gens qui ont un patron. Pourquoi d’après vous ?

La réponse simple est que ce sont les citoyens ordinaires, les employeurs également qui par leurs impôts et leurs taxes contribuent au maintien du « bien-être » de celles et ceux qui font partie d’un service public.

Est-ce que ces termes sont propres à produire une bonne économie ? Pas sûr ! Quoiqu’il en soit, Keynes estime d’après en tout cas ce que j’ai lu, qu’il est important de maintenir également le pouvoir d’achat des employés de l’État autant que faire se peut, même en période de récession. En ce sens, c’est ce qui justifie le recours au déficit public. Et ce pour ne pas aggraver la situation de précarité de celles et ceux qui dépendent du secteur privé.

Vous dites encore ceci : « (…) il n’y a aucune raison particulière qui puisse inciter les hommes d’affaires à risquer leur chance en accroissant leur investissement même avec des baisses d’impôt (…) » Vous ajoutez : « Il serait préférable de diminuer les impôts des particuliers pour favoriser la consommation (…) »

Comme je l’écrivais hier en préambule, le but recherché : « c’est de maintenir les gens au travail et de permettre aux gens d’y retourner aussi vite que possible. » bien sûr l’État peut soutenir l’activité économique comme donneur d’ordres et il ne s’en prive pas. Mais en termes de consommation vous en conviendrez avec moi, la consommation s’accroit naturellement lorsque vous avez plus de gens qui ont un emploi et préférentiellement un emploi durable bien rémunéré également dans le secteur privé.

Ce qui est à la base de l’investissement, c’est l’accès aux capitaux, ce qui favorise l’accès aux capitaux c’est la capacité d’une entreprise d’offrir des produits, des services et d’obtenir un retour sur investissement. Cela ne relève pas de la chance et bien de la stratégie de développement. Les stratégies reposent sur un ensemble de paramètres incluant le recours aux ressources humaines.

Dans mon texte précédent j’écrivais ceci : « L’État choisi de baisser les impôts sur les sociétés et exempte les entreprises qui embauchent de toutes charges sociales pendant un certain nombre d’années » ; ici bien sûr la stratégie de réduire les charges des entreprises n’est pas inconditionnelle ; l’État soutient les entreprises qui ont une stratégie de développement.

Hors le montant des impôts à payer et des charges sociales influe les stratégies de développement des entreprises en particulier lors de la phase de démarrage des dites entreprises ou dans leur prospection d’implantation. Les entreprises qui ont le plus de potentiel de développement en termes de création d’emploi sont précisément les entreprises incréées, celles qui sont en cours de création ou qui se sont récemment créées.

Finalement, si la fiscalité aux citoyens se doit de tenir compte de la capacité de payer de tout un chacun, il n’est pas établi qu’une baisse d’impôt unilatérale de toutes les tranches d’imposition ait un impact si considérable sur la consommation. L’expérience montre essentiellement que ce sont les revenus les plus élevés qui sont les premiers bénéficiaires de ces baisses d’impôts. Mieux vaut dans ce cas ajuster les seuils d’imposition en prenant en compte de la structure familiale.

Quoiqu’il en soit, l’objectif étant de maintenir le niveau général de taxation et de prélèvement aussi bas que possible, cela signifie qu’il faut recentrer les missions de l’État et de toutes les fonctions publiques généralement. Hors pour moi, les garderies subventionnées ne sont pas une priorité.

Je dois faire ici une mise au point. Ma comparaison se limitait aux employés de garderies et d’affirmer « Il est juste que les employés du secteur public en mènent beaucoup plus large que la plupart des gens qui ont un patron. » est abusif. Incidemment, une étude récente de l’Institut de la Statistique du Québec le démontre, bien que les employés des services municipaux soient dans une classe supérieure.

Lorsque je lis « ce sont les citoyens ordinaires, les employeurs également qui par leurs impôts et leurs taxes contribuent au maintien du « bien-être » de celles et ceux qui font partie d’un service public. », je me permets de vous dire que cette remarque – dont on lit et entend trop souvent – est ridicule.

Primo, les employés de l’état paient aussi de l’impôt et contribuent en partie à leur propre salaire. Les services non-marchand participent au PIB tout autant que ceux qui soutiennent le service marchand. C’est idiot de croire que ceux qui travaillent dans la production marchande financent le non-marchand. Les impôts et autres prélèvements sont effectués sur un PIB total, incluant sa part marchande et sa part non marchande.

Secundo, par vos taxes et vos impôts vous payez pour un service. Quand un plombier vient chez moi, je paie pour ses services tout comme je paie, par mes impôts et mes taxes, les services des instituteurs qui enseignent à mes enfants. Il ne me vient pas à l’idée, lorsque je paie un plombier, de lui dire que je contribue au maintien de son « bien-être ». Je ne vous ai jamais lu, dire d’un ouvrier d’usine, en touchant sa paie, a contribué par son travail au « bien-être » des actionnaires de la société auquel il besogne.

Tertio, s’il fallait privatiser les services publiques, on assisterait à une diminution substantielle du PIB. Les classes pauvres consommant moins d’école et de soins de santé, sans l’école publique et la sécurité sociale, il en découlerait une diminution de la demande et du même coup de la production.

Les propositions de baisses d’impôt, de taxes et de subventions de toutes sortes, ciblés sur une population dont la propension marginale à consommer est plus grande, visent à montrer que la terre économique tourne autour du soleil et non pas l’inverse. En période de crise – car dans votre réplique vous semblez l’oublier – la consommation étant déficiente, il est inutile d’investir dans la production car vous ne pourrez vendre votre produit, ce qui vous obligera à le stocker s’en suivra une augmentation des coûts de production. C’est le consommateur qu’il faut aider, celui-ci ayant des revenus à consommer plus élevés, l’effet du multiplicateur aidant, il provoquera une demande qui poussera à une augmentation de la production. Une autre façon, c’est lorsque l’État devient demandeur de services en effectuant des travaux qui demandent une augmentation de fournisseurs de service de travail dont le salaire sera en bonne partie dépensé en consommation.

@ Marc Sauvageau,

Objectivement, je ne vois pas exactement où vous voulez en venir. Je n’ai jamais prétendu que la fonction public était inutile et qu’il fallait s’en débarrasser, pas plus que je n’ai jamais prétendu que les fonctionnaires ne participaient pas par leurs diverses contributions au bien commun. Pas plus que je n’ai affirmé qu’il fallait tout privatiser.

J’ai simplement estimé que le système de garderies privées subventionné tel qu’il existe actuellement n’est pas un service essentiel, lorsqu’on pourrait aisément concevoir les choses toutes autrement. C’est un point de vu voilà tout.

Comme architecte, je déplore que beaucoup de maisons aux Québec soient mal bâties et plutôt pas mal chères compte-tenu de leur médiocrité. Si les gens sont heureux de vivre dans des maisons croches qu’ils payent bien trop cher. C’est leur choix. Un point c’est tout.

Pour ce qui est de votre opinion sur la consommation, si je vous comprends bien, si on produit de la bière en grande quantité et que nous avons la capacité de production, il faudrait donner de l’argent au gens pour qu’ils consomment de la bière. Absurde comme raisonnement, vous ne trouvez pas ? Pourtant c’est très exactement ce que vous êtes en train de me dire avec le plus grand sérieux du monde.

Un petit point encore, la consommation étant déficiente selon vos dires : « il est inutile d’investir dans la production car vous ne pourrez vendre votre produit » ; je suppose que c’est pour cette raison que les importations de produits chinois au Québec se sont presque multipliées par trois au cours de ces 5 dernières années. Donc, avec votre raisonnement : ne produisons pas et importons encore plus de produits fabriqués à l’étranger. Brillant votre ultime raisonnement !

Encore un petit détail, ce qui fait la force économique d’un pays comme l’Allemagne, c’est qu’ils ont (hormis quelques ajustements) réussi à maintenir leur capacité de production. Les Allemands stockent en effet, la gestion de stock à un coût certes, mais le coût est moindre que de ne pas pouvoir répondre à l’offre à l’instant même où se produit la demande. Si vous ne trouvez pas de lait chez votre dépanneur. Vous allez au supermarché où le lait est stocké et c’est le supermarché qui va empocher le profit quand probablement même, quitte à y aller, vous aller acheter autres choses pour vous approvisionner. — Et justement, si vous achetez vos machines-outils en a Allemagne où elles sont disponibles, vous serez peut-être tenté d’acheter en plus une auto si votre vieux char vient justement à vous lâcher.

En consommation, l’offre, la disponibilité et finalement le prix des produits sont dans l’ordre les déterminants dans le mécanisme d’achat. Quant à la question de financement elle reste toujours au deuxième plan. D’ailleurs, ce ne sont pas toujours les mieux nantis qui consomment le plus. Ce sont usuellement les mieux avisés.

@ Serge Drouginsky

Mon commentaire ne s’adressait pas uniquement à vous, mais à tous ceux qui, en vous lisant, ont cru comprendre, par votre ton narquois (contribuer au bien-être), l’inutilité du service publique et du fardeau que certains croient qu’il représente, et à démontrer que les travailleurs dans les services non marchands sont productifs.

En période d’économie difficile, c’est la demande qui crée l’offre pas le contraire. Si on supposait, en reprenant l’exemple de la bière, une exemption de taxes et d’impôts pour une population composée en majorité de consommateurs de bière. Ces consommateurs de bières auraient plus d’argent à dépenser pour leurs loisirs et iraient là où ce genre de produits est offert. Ayant plus d’argent en poche, une personne qui consommerait – par hypothèse – deux verres de bières pourrait se permettre un verre ou deux supplémentaire. Si on répète cet exemple des milliers de fois, on constatera qu’il y aura une demande accrue de bières chez les fournisseurs et ceux-ci devront augmenter la production. Si on s’en tenait à votre conception, le gouvernement avec sa grande générosité subventionnerait – que ce soit par des subventions directes ou des baisses d’impôts ou de taxes – les brasseurs qui investiraient pour augmenter la capacité de production et par un quelconque miracle, les gens se mettraient à consommer davantage sans avoir plus d’argent dans leur portefeuille !

En langage économique stocker veut dire garder un inventaire et si cet inventaire devient trop gros et reste invendu à cause d’une récession économique, vous subissez une perte. Si votre dépanneur a trop de lait dans son magasin et qu’il ne réussit pas à le vendre, il perdra de l’argent. C’est la même chose pour une entreprise qui produit des voitures ou des machines-outils. Dans ces conditions, les entreprises ne garderont pas un gros inventaire sachant qu’on ne pourra pas le vendre.

Ce n’est pas parce qu’un pays connaît un ralentissement économique que cela empêche certains produits d’être en forte demande comme les produits électroniques qui viennent de Chine et dont le Québec ne produit pas pour des raisons de marché et de coût. Évidemment, l’économie se porterait mieux si on pouvait tout produire et vendre au pays.

@ Votre commentaire :
Marc Sauvageau le 6 décembre 2013 à 15 h 55 min

Vous savez, les problèmes d’inventaires se posent aussi en période de croissance économique et l’un des principes de l’économie de marché, c’est de dénicher les endroits où écouler ses produits ou bien encore de créer les produits auxquels personne ne pourra résister, c’est ce que font certaines compagnies comme Apple qui ne connaissent jamais le mots crise, recession ou bien pénurie.

Certains sages pensent que tout se crée, c’est également vrai pour ce qui résulte de l’abondance.

« …il est préférable d’avoir des garderies publiques où les employés sont bien payés, ceux-ci auront une propension à consommer supérieure à des employés sous-payés qu’on retrouve habituellement dans le privé. » (sic)

Eurêka: Engageons un maximum d’employés au public, bien sûr payés une fortune, pour creuser des trous et engageons-en d’autres, toujours aussi bien payés, pour les boucher!!! Comme ça, on aura des tas « d’employés bien payés, et ceux-ci auront une propension à consommer supérieure à des employés sous-payés qu’on retrouve habituellement dans le privé. »

Bingo! La voilà LA solution pour le Québec.

Vite, communiquez votre savoir à Marceau qui semble en avoir grand besoin.

*soupir*

Diplômé en sciences molles pas de maths?

Ça prend un faible en mathématique-économique pour ne pas comprendre qu’une éducatrice dans une garderie publique qui aurait un salaire annuel majoré disons de 1 000 dollars supérieur à sa consœur du privé, dépensera en addition approximativement 800 dollars – avec une propension marginale à consommer égale à 0.8 – dans la consommation de biens et services. Si on ajoute l’effet multiplicateur, c’est 4 000 dollars que celle-ci ajouterait à l’économie de plus que sa consœur. Ceci compenserait suffisamment son écart de salaire avec sa consœur du privé.

Des diplômes « en sciences molles pas de maths » n’existent que dans votre tête. La majorité des disciplines en sciences humaines ont au moins un cours en statistiques, indispensable lorsqu’il s’agit de faire de la recherche.

@ Marc Sauvageau,

Pourquoi voulez-vous que ce soit l’employée de la garderie en service publique qui gagne 1000 dollars de plus que l’employée pour un poste équivalent en service privé ? Ne pensez-vous pas que dans un souci d’équité ce soit tout le monde qui devrait bénéficier de ce supplément ? Cet effet multiplicateur (à vérifier d’ailleurs) ne s’en trouverait que décuplé.

D’autre part, de quel effet multiplicateur parlez-vous ? De ce qui s’appel : l’effet multiplicateur d’investissement.

Pour que cet effet soit vérifié, il faudrait :

1— Que cette employée de garderie consacre l’intégralité de cette somme à l’achat de produits de consommation et non qu’elle l’alloue en partie ou en totalité au remboursement d’une dette.

2 — Que l’intégralité des produits et services achetés avec ces 800 dollars soient consommés au Québec et que ces produits et services soient tous de source québécoise.

3— Que pour que cet effet multiplicateur se produise réellement, il faudrait qu’il y ait une masse suffisante de consommateurs qui achètent en même temps ces produits et services de source québécoise. Si le marché potentiel n’y est pas. Il n’y aura pas cet effet multiplicateur puisque l’investissement ne suivra pas ou seulement partiellement.

4— Dans le meilleur des cas, les revenus additionnels seront épargnés, les épargnes pourront servir ultérieurement en investissements. L’Effet multiplicateur se produira alors, mais seulement dans le temps. Dans ce cas l’effet multiplicateur est d’autant plus significatif que l’épargne est grande.

5— L’effet auquel vous vous référez doit tenir compte d’une variable importante indéterminée qui est celle du temps.

En d’autres termes ce qui enrichi les gens : c’est l’épargne et non spécifiquement des impôts trop élevés et la surconsommation. Pour se faire, l’État doit être frugal et par le fait-même beaucoup moins gourmand !

@ Serge Drouginsky

« Pourquoi voulez-vous que ce soit l’employée de la garderie en service publique qui gagne 1000 dollars de plus que l’employée pour un poste équivalent en service privé ? Ne pensez-vous pas que dans un souci d’équité ce soit tout le monde qui devrait bénéficier de ce supplément ? » Dans notre système capitaliste, je vous laisse deviner où va cet écart de 1000 dollars.

Le multiplicateur est égal à l’inverse du complément à 1 de la propension marginale à consommer. Sous forme de fonction c’est : M = 1/(1- PmC) où M est le multiplicateur et PmC est la propension marginale à consommer.

La propension marginale à consommer se calcule sur une consommation intérieure excluant les achats extérieurs qui constituent des fuites et seront donc considérées comme faisant partie de la propension marginale à épargner. La règle étant ce qui n’est pas dépensé est épargné, cette épargne peut servir à l’investissement ou à rembourser les dettes. Le 800 dollars (PmC) ne pouvant être que de la consommation intérieure par définition, il est donc impossible que cette consommation devienne conditionnel à de l’achat local puisqu’elle l’est par défaut. Non plus que ce montant aurait pu servir à payer des dettes, celles-ci étant une composante de la propension marginale à épargner (PmE).

« Dans ce cas l’effet multiplicateur est d’autant plus significatif que l’épargne est grande. » En fait, c’est tout le contraire. Prenons l’exemple d’une propension marginale à épargner égale à 0.8 l’inverse de mon exemple, ce qui donnerait une propension marginale à consommer de 0.2 (PmC + PmE = 1). En appliquant la formule ci-haut M = 1/(1-PmC) ou 1/(1- 0.2) = 1.25 . Bien inférieur à l’exemple que j’avais soumis où une PmC égale à 0.8 donne un multiplicateur de 5.

Ce que vous n’avez pas compris c’est le « paradoxe de l’épargne ».

« On admet généralement, par analogie avec un ménage individuel, que l’épargne est bonne, la prodigalité mauvaise, l’une conduisant à la richesse et à la prospérité, l’autre à la banqueroute, mais une épargne d’un penny correspond-elle vraiment à un gain d’un penny ?

Examinons ce qui se passe si tous les ménages, les entreprises et les administrations essayent d’accroître le montant de leur épargne. Cet accroissement de l’épargne diminue la demande globale … . Cette baisse de la demande globale a pour effet de diminuer le niveau d’équilibre du revenu national.

Ce résultat – un accroissement de l’épargne diminue le revenu d’équilibre – apparaîtra moins paradoxal si l’on se souvient qu’un accroissement de l’épargne des ménages équivaut à une baisse de leurs dépenses de consommation.

On peut analyser le cas inverse d’une baisse générale de l’épargne et de l’accroissement de la consommation comme un déplacement vers le bas de la courbe de la fuite. Le revenu s’accroît lorsqu’une partie des ménages essaye de réduire son épargne et ceci jusqu’à ce que le volume d’épargne ait retrouvé son niveau antérieur (mais alors le revenu est plus élevé).

Telles sont les conclusions de ce que l’on appelle le « paradoxe de l’épargne ». Economics, Lipsey et Steiner, p48

Il y a de l’espoir dans votre cas car il semble que le Parti québécois vous ait entendu: ils on DOUBLÉ le salaire du président de COMEX, André Boisclair. Pas beau ça?

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/201312/04/01-4717685-comex-andre-boisclair-gagnera-pres-du-double-de-son-predecesseur.php

Il ne reste plus qu’à faire de même avec tous les autres fonfons du Québec et tous nos problèmes seront réglés car nous aurons alors un « effet multiplicateur » incommensurable au Québec qui baignera dans l’opulence. Non?

Votre ignorance de la chose économique est désespérante. Compte tenu qu’en économie, les ressources sont limitées, où croyez-vous que l’État trouvera les $1,000.00 supplémentaires que vous voulez transférer aux gardiennes étatiques dans votre exemple? Eh oui! Dans les poches des contribuables qui auront alors, EUX, $1,000.00 de MOINS à consommer. C’est l’effet diviseur qui vient annuler votre effet multiplicateur. Économie 101…

Frédéric Bastiat, économiste de renom, a d’ailleurs très clairement expliqué il y a près de 200 ans cette situation, pourtant simple mais qui semble vous échapper, dans un petit texte intitulé « La vitre cassée » où tout esprit un peu éveillé peut comprendre que votre démonstration est un sophisme économique que seuls les illettrés économiques chérissent.

@ Francois 1

Je vais être plus clair pour vous. Je concède que « majoré » n’était peut-être pas le meilleur terme. Tout ce que j’explique, c’est la situation où une éducatrice dans le secteur publique gagne déjà 1 000 dollars de plus que celle qui travaille au privé. Il n’était pas question d’une augmentation de salaire.

Quant à l’effet du multiplicateur je vous renvoie à mon dernier commentaire ci-haut, si vous avez les connaissances nécessaires pour comprendre.

Le commentaires de Francois 1 plus bas dit tout .
On ne peut au Québec avoir les plus généreux services sociaux ,le moins d’industrie ,le plus grand nombre de fonctionnaire et la plus haute dette per capita d’Amérique sans se diriger vers le gouffre. Et on ne parle pas de la corruption et du patronage

Statistiquement, il y a eu davantage d’années de croissance économique que de récession. La discipline du gouvernement est telle, que l’endettement s’est poursuivis malgré tout…. Je crois que ça donne une bonne idée de l’orientation qu’on devrait prendre !

@ Marc Sauvageau le 9 décembre 2013 à 18 h 42 :

Les $1,000.00 payés en trop par rapport au marché à une gardienne du public doivent bien venir de quelque part non? D’où viennent-ils? Eh oui…de la poche de tous les contribuables qui ont, eux, $1,000.00 de MOINS à dépenser ou à économiser qu’ils n’auraient si l’État n’avait pas mis ses grosses pattes sales dans les garderies.

Pour ce qui est de l’épargne, je crois que votre théorie est de la foutaise au cube. Pour chaque dollar emprunté (et éventuellement dépensé…), il doit bien y avoir un dollar qui doit être épargné par quelqu’un quelque part non? Les banques ont compris tout ça il y a longtemps. Pas vous?