D’humeur royale

Ainsi, selon le ministre de la Défense, Peter MacKay, ce fut une erreur, en 1968, de changer le nom de l’aviation et de la marine canadienne pour en retirer les références à la royauté. À croire que le gouvernement dont il fait partie ne réussit pas à arriver en même temps que tout le monde dans le XXIe siècle. À croire aussi qu’il ne comprend pas que cette décision prise par le gouvernement de Lester B. Pearson s’inscrivait dans une démarche d’affirmation d’une identité canadienne délestée de ses relents coloniaux.C’est sous Pearson, par exemple, que le Canada s’est doté d’un drapeau original et que le gouvernement a mis en branle un processus – la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme – qui allait paver la voie au bilinguisme officiel. Chacun de ces changements a été contesté par la frange conservatrice de la société canadienne. John Diefenbaker, le héros de Stephen Harper, pleurait au moment de l’abandon de l’Union Jack et du Red Ensign canadien au profit de l’unifolié.

Le changement de nom annoncé cette semaine est un retour en arrière douteux que la tradition ne justifie pas, à moins de croire que la société canadienne souhaite rester figer ou même revenir à un moment particulier de son histoire.

(Selon un sondage Angus Reid publié aujourd’hui, Stephen Harper arrive bon deuxième derrière Pierre Elliott Trudeau lorsque vient le temps de choisir le meilleur premier ministre depuis l’ère Trudeau.  En 2003, l’Institut de recherche en politiques publiques avait demandé à un jury de 30 historiens, politologues, économistes et anciens fonctionnaires de juger la performance des premiers ministres des 50 années précédentes. Le gagnant: Lester B. Pearson. Suivi de Brian Mulroney et, au troisième rang, de Pierre Trudeau et de Louis Saint-Laurent.)

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Stephen Harper a un p’tit faible pour son héritage britannique. Comme un aglo m’a déjà dit, je me souviens aussi.

Avez-vous vu ceci ?

http://www.youtube.com/watch?v=82UOW9yfA0A

Le premier ministre a joué un rôle récemment à l’émission Murdoch Mysteries ce qui a fait grand écho ici à Toronto car l’émission est très populaire. Dans cet extrait, Harper est policier et le poste de police reçoit la visite de Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada. Harper jette un regard sur Laurier et lui demande, et qui êtes-vous? Quand un collègue dit au policier Harper, ben voyons c’est Wilfrid Laurier, le premier ministre du Canada, Harper hausse les épaules. Ce n’est pas Laurier – un Canadien-français? un libéral? qui l’impressionne.

Je ne sais pas quel jeu joue notre premier ministre mais, comme de nombreux et éminents journalistes nous l’ont toujours dit, c’est une brillant stratège : il doit donc avoir une stratégie !

L’ajout de « Royale » est de fait un symbole identitaire d’une nation qui veut se distinguer de ses voisins américains. Le Canada construit une identité nationale avec les reliquats du passé. Cela fait partie d’un processus de « nation building ». On récupère tout, même Champlain et son astrolabe dans la armoiries du Gouverneur général du Canada. Christian Rioux a déjà parlé de « l’art du Kidnapping ».

Après la visite de Kate et Willam, Harper et sa troupe sont fascinés par la monarchie. Est-ce un repli identitaire des anglo-britano-canadiens, je le crois. Les néo-canadiens en ont rien à faire de cette monarchie.

Ré-tro-grade et ri-di-cule.

Dans mon langage on appel ça un retour à la case départ.

Le gouvernement Harper vient encore une fois de me démontrer que le conservatisme est hostile à toute forme d’évolution.

Dé-so-lant!

Ça fait 3 mois qu’ils ont été élus et il reste encore 50 mois avant les prochaines élections statutaires… (Je crois bien que je vais finir par en faire une «royale» indigestion).

Bravo et félicitation aux orangistes, ça bien l’air que leur lobby a une oreille attentive de la part du gouvernement Harper.

Vous avez bien raison. C’est de la petite politique. C’est chercher à réduire les options progressistes de Lester B Pearson et de Pierre Elliott Trudeau qui ont contribué à placer le Canada dans le peloton de tête sur la scène internationale. C’est chercher à redéfinir la notion d’Empire Britannique, une notion dont les anglais ne veulent plus eux-mêmes. C’est vouloir nous réduire à l’état de Dominion lorsque l’indépendance en tous points ne signifie en rien le rejet de la monarchie. C’est de l’opportunisme « politic-h-ien ». C’est surtout comme pour des enfants trop gâtés, l’expression claire et manifeste d’un refus de grandir et de se conduire comme des adultes responsables.

Nota : Ce que le sondage Angus Reid Poll ne montre pas exactement (à moins que je l’ais mal lu) c’est le nombre et la répartition exacte des personnes sondées. On constate en tout cas que l’Alberta se démarque par ses choix et qu’ils sont certainement responsables de la légère baisse de Trudeau. Pour Harper c’est le contraire il est très populaire et cette popularité est aussi perceptible dans le reste des Prairies. Si on retranche ces provinces on constate qu’Harper n’est en rien perçu comme exceptionnel. Il est regrettable de constater que l’opinion des habitants du Nord et Grand Nord est statistiquement considérée comme négligeable.

Tout cela veut dire que dans dix ans, Harper sera pratiquement oublié des sondages, surtout si par bonheur ses successeurs étaient un peu plus coruscants.

Le gouvernement Harper est décidément le pire gouvernement fédéral qu’on ait eu dans les 50 dernières années.

Ce retour à la royauté nous fait régresser, tout simplement pour plaire à un 15% de la population encore arriéré.

Pathétique.

Je n’en reviens pas. Quels colonisés !
Et le pire, c’est que nous ne pouvons rien y faire.
On s’étonne ensuite du cynisme de la population.

Les ‘Réformistes’ Conservateurs veulent dire notre ROYALE différence aux Américains. Qu’ils leur disent donc en FRANÇAIS, ils feront une Royale économie!

La stratégie de Harper, selon moi et depuis quelques années, est d’alimenter le mépris des Canadiens Anglais envers le fait « Français ». Il n’a aucun respect pour le Québec et fera tout pour faire disparaître le français et notre culture. J’espère souffrir de paranoïa et de me tromper sur le Premier Ministre du Canada.

Comme son nom l’indique au Parti Conservateur, ce n’est pas dans sa nature de regarder vers l’avant mais plutôt un retour vers l’arrière….

Que pense le NPD de ce changement d’appellation des forces canadiennes, de ce loyalisme britannique au Canada valorisé par les conservateurs?

Les libéraux fédéraux tout comme les Npdistes vont s’écraser devant leur électorat majoritaire enthousiaste ou indifférent face au fantasme d’un Canada britannique!

Les députés NPD bric à brac du Québec devraient joyeusement s’écraser.

On pourrait peut-être retourner la constitution à Londres… Quand un autre gouvernement voudrait la rapatrier, le fruit serait peut-être mûr pour la réouvrir!

Vs n’avez pas bien compris. C’est le retour du vieux Canada britannique qui n’a jamais digéré le Canada bilingue et multiculturel de Trudeau.

Bon, bien moi je dis TANT MIEUX pour le Canada anglais! Si c’est ainsi qu’ils puissent retrouver quelque dignité identitaire, hé bien ainsi soit-il. D’ailleurs nous n’avons pas à nous en offusquer, c’est une dynamique humaine tout à fait normale. Pour moi, ce qui importe véritablement, c’est à savoir si les québécois commencent finalement à comprendre qu’eux aussi ont droit à la dignité de leur identité, c’est à savoir si les québécois sont prêts a finalement se prendre en main, tels des adultes, au lieu de jouer inlassablement les tapis d’entrée changeant de couleur selon l’air du temps qu’il fait ailleurs (celui d’Ottawa ou d’Angleterre)… Au lieu de jouer les TANGUYS qui font tout pour rester dépendants, par paresse d’assumer quelque responsabilité, quand est-ce que l’on va enfin sortir de nos dissonances cognitives?

Ce qui montre Gaétan, que le Canada bilingue et multiculturel (!?) de Trudeau auquel vous référez n’a jamais été qu’une vision théorique, une simple construction de l’esprit.

Et quand madame Jobin dit que Harper fera tout pour «faire disparaître le français et notre culture», j’aimerais lui dire, vous dire madame Jobin en tout respect, que vous supposez que cela a déjà eu une importance véritable et une présence significative dans le Canada.

Dites-moi madame, quand la question du français et de notre culture a-t-elle déjà été une préoccupation du Canada, quand ce n’était pas dans une situation de crise ?

Arrêtons donc de jouer avec les mots vides et prenons donc nos décisions en fonction de nos besoins propres.

On a rien à faire dans ce Canada de merde. Sortons-en donc!

Alors que les conservateurs prêchent l’austérité, mettent des fonctionnaires à la porte et menacent de sabrer dans les dépenses gouvernemtnales (notamment en matière de soutien aux arts et à la culture), les voilà qui dépensent pour « royaliser » une partie des forces armées (nouveaux uniformes, etc.). Heureusement pour eux, le ridicule ne tue pas.

J’ai consulté le site de la cbc pour lire les commentaires et c’est 65% pour et 35% contre environ.

Comme quoi c’est exactement ce que les canadiens souhaitent. Pour moi Diefenbaker en est un insupportable, c’est lui qui a détruit le avro arrow. Une honte canadienne. Tandis que Lester B. Pearson était lauréat du prix nobel.

Et quand on voit le parti républicain choisir un clone de G. Bush on se dit qu’on a pas fini avec la stupidité. De chaque coté de la frontière. Mario Roy a raison de parler du suicide de l’empire pour expliquer sa fin.

Il y a beaucoup plus dans ces décisions du gouvernement Harper que la symbolique monarchique, comme le souligne avec raison Pierre Tremblay.

Pearson était aux affaires étrangères lors de la crise du canal de Suez en 1956 lorsqu’il suggéra à l’ONU la création des casques bleus pour maintenir la paix dans cette région ; le président égyptien Nassar s’opposa à cette solution parce que notre drapeau à l’époque portait l’emblème de la Grande-Bretagne. Pearson avait donc décidé que le Canada devait se doter d’un drapeau strictement canadien pour pouvoir projeter au monde l’image d’un Canada indépendant, d’un pays qui poursuit une politique étrangère distincte, décidée par le, et correspondant aux besoins du, Canada. On se souvient aussi que lors du débat sur l’Iraq Harper avait évoqué le besoin d’appuyer ses alliés comme raison pour s’opposer au choix du gouvernement Chrétien. Harper ne croit pas que le Canada doit poursuivre une politique étrangère guidée par les intérêts du Canada.

Les québecois ou canadiens français sont en majorité contre cette décision. Alors que le Québec s’insurge de plus en plus envers cette monarchie coûteuse, le Canada et Stephen Harper tourne le fer dans la plaie pour la nation québecoise! Quand on est valet, on est pas roi! Faisons notre pays au plus vite!

Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi vous vous scandalisez de la décision prise par le gouvernement fédéral. Il est tout à fait légitime pour celui-ci de statuer et d’affirmer haut et fort l’attachement du Canada et de ses citoyens à la Couronne. Qu’y a-t-il de repréhensible à cela? Si les Québécois, pour leur part, s’y opposent, hey bien, ils ont juste à prendre leur trou et à se dire que c’est là une bien faible illustration de la conséquence de leur décision de s’écraser collectivement en disant NON lors des deux référendums. Vous avez décédé de rester au sein du Canada? Assumez en maintenant les conséquences! C’était à vous d’y penser avant …