Doug Ford peut dire merci à la pandémie

Au plus bas dans les sondages en février dernier, le Progressiste conservateur ontarien Doug Ford jouit désormais d’un taux de satisfaction qui lui permet d’envisager les élections de 2022 avec sérénité. Ça vous rappelle quelqu’un ?

Doug Ford et François Legault partagent une bière en marge du sommet Ontario-Québec, à Toronto, le mardi 8 septembre 2020. (Photo : La Presse canadienne)

De Winston Churchill à Lucien Bouchard, les crises majeures auxquelles doivent faire face les chefs politiques de ce monde ont bien souvent permis de faire décoller leur popularité. Et la pandémie de COVID-19 ne déroge pas à la règle.

Alors que la première vague frappait le Québec de plein fouet en mars et avril derniers, les sondages hebdomadaires Léger accordaient à François Legault des taux de satisfaction historiques de 90 % et plus. Cet automne, trois provinces canadiennes ont tenu des élections générales (le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique), et dans chacun des cas, les gouvernements sortants ont été réélus avec des majorités de sièges à leur assemblée législative respective.

Chez nos voisins en Ontario, le progressiste-conservateur Doug Ford est passé d’un taux de satisfaction anémique de quelque 30 % en février à des sommets autour de 80 % à la fin du printemps. Pour ce qui est des intentions de vote, alors que le PC de Doug Ford, le Parti libéral de l’Ontario et le Nouveau Parti démocratique semblaient à presque égalité statistique l’hiver dernier, les progressistes-conservateurs ont depuis considérablement creusé l’écart avec leurs rivaux, selon un nouveau sondage de Recherche Mainstreet/Qc125.

À la question : « Si une élection provinciale avait lieu aujourd’hui, pour quel parti voteriez-vous? », le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario obtient l’appui de 46 % des répondants (électeurs décidés), une avance de plus de 20 points devant son plus proche rival, le NPD d’Andrea Horwath, qui ne récolte que 23 %.

Le Parti libéral de l’Ontario, qui semblait avoir quelque peu remonté la pente le printemps dernier, retombe à près à son niveau historiquement bas des élections de 2018 (où le PLQ n’avait remporté que 7 des 124 sièges à Queen’s Park).
Selon les données du sondage, la position confortable de Doug Ford n’est pas attribuable à une seule région ou tranche démographique de l’électorat ontarien. En fait, le PC mène dans toutes les régions de l’Ontario par 10 points ou plus, y compris une avance de 16 points à Toronto, de 22 points dans la banlieue de la Ville Reine et de plus de 30 points dans le sud de l’Ontario. De plus, le PC mène par 37 points (!) auprès de l’électorat masculin et par 8 points auprès des femmes, et il domine ses rivaux dans chacune des tranches d’âge de l’enquête.

En ajoutant ce sondage au modèle électoral ontarien de Qc125 (consultez la liste des sondages ici), l’avance du PC combinée à la presque parfaite division du vote de l’opposition donne à l’équipe de Doug Ford une majorité écrasante dans la projection de sièges. Selon les données de cette projection, le PC remporte en moyenne 88 des 124 sièges de l’assemblée législative :
Le NPD, loin derrière, serait réduit à une moyenne de 22 sièges, soit bien en deçà des 40 sièges que ce parti a remportés en 2018. Pour ce qui est du Parti libéral, sa moyenne se situe à 13 sièges — marginalement au-dessus de son piètre résultat de 7 sièges en 2018.

Voici les densités de probabilités de sièges des trois partis principaux, où sont indiqués les moyennes (barres foncées) ainsi que les pires et meilleurs scénarios de chaque parti selon les données actuelles :

Tout comme son homologue québécois, le premier ministre de l’Ontario est donc confortablement en avance, et ce, à 18 mois des prochaines élections générales ontariennes. Sans aucun doute, les prochains mois seront déterminants pour l’avenir politique de François Legault et de Doug Ford, car tous deux devront naviguer en 2021 en coordonnant la vaccination avec le fédéral, en présentant des budgets dont les déficits seront historiques et en espérant que le retour à une vie normale pourra relancer l’économie — et ainsi renflouer les coffres de l’État. Pour les deux hommes, la gestion de leur province l’année prochaine sera déterminante pour leur réélection en 2022 (l’Ontario ira aux urnes en juin 2022 et le Québec, en octobre 2022).

Ces deux premiers ministres, qui ont développé une certaine complicité depuis leur arrivée au pouvoir, pourraient ainsi unir leurs efforts pour améliorer leur rapport de force avec Ottawa sur le débat épineux des transferts fédéraux pour les soins de santé. Avec deux premiers ministres solidement en selle dans les deux provinces les plus populeuses au pays (et où se trouvent 199 des 338 circonscriptions fédérales), il pourrait certes y avoir un prix politique à payer pour Justin Trudeau si ce dernier devait ignorer leurs demandes.

* * *

Les données complètes de cette projection Qc125 se trouvent sur la page de Qc125 Ontario. Pour les projections par circonscription, visitez cette page. La projection québécoise Qc125 sera mise à jour dès que de nouvelles données seront disponibles.

Ce sondage de Recherche Mainstreet a eu lieu le 5 décembre 2020 et a recueilli les réponses de 1 014 électeurs potentiels de l’Ontario à l’aide d’appels automatisés (IVR : Interactive Voice Response). La marge d’erreur de ce sondage probabiliste est de 2,9 %, 19 fois sur 20. Le sondage a été commandé par Qc125/338Canada. Le rapport complet de Mainstreet se trouve ici.

Laisser un commentaire