D’un «ni-ni» à l’autre…

Le passage de la première ministre québécoise en France sera retenu un jour dans les livres d’histoire comme celui d’un étrange paradoxe.

Résumons: pendant que le nouveau président de la France, François Hollande, renoue avec le «ni-ni», Pauline Marois, de son côté, assume le sien: ni-référendum, ni-rapatriements de pouvoir.

Bref, alors que le président Hollande reprend la politique dite de «non-ingérence, non-indifférence» défendue depuis plus de trente ans par les dirigeants français face à la question nationale québécoise, celle-ci, pour le moment, ne se pose à peu près pas.

Du moins, pas en termes politiques. C’est-à-dire, ni en termes de souveraineté, ni en termes de fédéralisme renouvelé.

Non seulement, le programme du PQ ne contient plus d’engagement à tenir un référendum (même si le PQ était majoritaire), mais selon le ministre aux Affaires intergouvernementales canadiennes de Mme Marois, le statut minoritaire de son gouvernement ferait que même son engagement à tenter de rapatrier certains pouvoirs d’Ottawa ne tient plus.

Par conséquent, l’effet politique est minime lorsque François Hollande dit non à l’abandon du «ni-ni» de la France par l’ex-président Nicolas Sarkozy. Grand ami des Desmarais, Sarko avait déclaré voir le mouvement souverainiste comme étant essentiellement «sectaire» et baignant dans la «détestation de l’autre».

Dans le court terme, la position du président Hollande est sûrement déjà ça de gagné pour le Parti québécois.

Or, c’est une victoire bien théorique dans la mesure où:

– ni référendum, ni rapatriement de pouvoirs ne se pointent à l’horizon au Québec;

– de toute manière, la position de Sarko constituait l’exception en France, et non la règle.

Comme quoi, d’un «ni-ni» à l’autre, ce qui fait le bonheur de la première ministre Marois, dans les faits, a bien peu d’incidence sur la réalité politique actuelle au Québec autre, bien entendu, que d’assurer pour la durée de son gouvernement, des relations harmonieuses avec l’Élysée.

 

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Pas d’accord avec vous.

La perte de pouvoir des M. Sarkozy, l’anglophile admirateur de M. W. Bush et de M. Harper, est un grand soulagement pour les nationalistes québécois francophones.

Mme Marois ne pourra jamais aller plus loin qu’une nouvelle place du Québec dans le Canada à cause du manque de séparatistes au Québec. Aucune autre personne ou parti politique ne saura le faire. Pensons à une autre constitutionnelle solution.

L’Écosse va tenir un référendum en 2014 pour devenir un pays mais devrait normalement le perdre avec 30 à 40 % de souverainistes.

L’Écosse pourra peut-être finir par se nommer pays mais ce sera…dans le Royaume-Uni comme le Québec est une nation dans le Canada.

Le gouvernement péquiste pratique l’œcuménisme, la politique du grand rassemblement qui créé le moins de division possible!

Point d’exclamation parce qu’un gouvernement même minoritaire doit savoir gouverner à travers l’opposition puisqu’elle existe de fait et que la confrontation politique est une composante de la démocratie qui ne recherche pas le consensus absolument.
Entendu M.Drainville, ministre de la réforme (abréviation de son ministère) politique dire au 98fm Montréal qu’il souhaitait une adhésion d’importance de tous les partis d’opposition pour les projets de modification du financement des partis. Comme si la voie positive péquiste du financement public prédominant des partis devait obtenir l’assentiment des libéraux brûlés politiquement par la commission Charbonneau pour valeur de symbole contre le cynisme citoyen!

Par le gel également des positions constitutionnelles par condition minoritaire, la taxe santé au mieux plus progressive, par l’adhésion inconditionnelle du traité libre échange Canada-Europe, le nouveau gouvernement par force de modération finira par ressembler à une coquille vide.

Comme tout de même, un million et trois cent milles et plus de Québécois, nous avons voté pour un gouvernement qui assume ses positions sans s’écraser comme gouvernement minoritaire.

Pas de complaisance envers le gouvernement Marois, seule façon de l’empêcher de sombrer dans l’insignifiance et de permettre le retour des libéraux corrompus.

Dans le même esprit.

Le gouvernement doit réussir à appliquer une partie significative de son programme, réussir à faire des choses. Le modèle formel politique qu’à procuré le gouvernement Harper démontre qu’un gouvernement minoritaire doit prouver aux citoyens sa capacité d’agir malgré les partis d’opposition et savoir démontrer en temps et lieu que si le gouvernement gouverne peu ou parfois plus que c’en est la faute des partis d’opposition.

Harper par son gouvernement de droite n’attire que la répulsion, par contre, malgré qu’il soit élu minoritaire en 2006, son gouvernement majoritaire actuel résultat entre autres de l’aide involontaire du Québec par son vote ndpiste offre de fait ce modèle d’un gouvernement qui n’a pas fini battu comme celui de Joe Clark fraîchement élu minoritaire à l’époque dans les années 70.

Les médias attaquent le gouvernement Marois en espérant qu’il soit faible comme celui conservateur progressiste de Joe Clark. Si le gouvernement Marois tend la main sans arrêt à l’opposition, il ne sera que faiblesse et procurera plus tard la moitié de son électorat voire plus entre la CAQ et QS.

Il faut prévoir le pire après le cafouillage de la taxe santé redressé il est vrai relativement par sa progressivité. Prévoir le pire pour le gouvernement péquiste c’est l’avertir de ses dangers. L’avertir qu’on ne se soumet pas comme ça aux lobbys, à l’opposition libéralo-caquiste de droite assumée.

Pauline Marois doit prendre modèle sur la résilience politique de S.Harper sur le plan strictement politique pas par exemple sur le gouvernement Clark qui a duré 8 mois face aux libéraux de P.Trudeau.

Prévoir le pire pour l’empêcher.

Un gouvernement minoritaire ne peut s’ouvrir indéfiniment face à l’opposition. Il doit défendre ses positions et profiter d’être un jeune gouvernement minoritaire pour pouvoir sérieusement faire passer ses propositions et ses lois.

Un gouvernement est une marque de caractère. Minoritaire y compris.

Mme Legault,

Vous évoquez la réalité politique actuelle au Québec. C’est tout à fait approprié. Mais le ton que vous utilisez, à défaut de paroles claires, laisse plutôt sourdre une certaine tension sinon agressivité en regard de l’attitude du PQ et de Mme Marois depuis la dernière élection.

Peut-être devriez-vous plus tenir en compte tous les aspects de la réalité politique dans laquelle est présentement immergé le PQ. Cette foutue réalité qu’on ne peut nier, fait du PQ un chien muselé et en laisse en plus. Je serais bien sur surpris que vous soyez fédéraliste ou même libérale. Je vous inscrit plutôt vers la gauche que vers la droite. En cela, vous et moi dirigeons nos pas dans la même direction.

Mais quoique vos remarques soient certainement méritées, j’ai l’impression très nette que votre frustration concernant la réalité politique québécoise d’aujourd’hui vous empêche de tenir en compte justement toutes les facettes de la présente réalité politique québécoise. Auriez-vous souhaité que Mme Marois aille se jeter tête baissée dans les pièges des libéraux obtus et des caquistes opportunistes ? Sur une telle lancée, le Québec se serait retrouvé dans un nouveau processus électoral plus rapidement qu’il ne le faut pour dire ciseaux. Et qui en aurait payé le prix croyez-vous ?

Je ne dis pas que le PQ n’a pas manqué d’intelligence, de subtilité, voire même d’astuce. Mais aujourd’hui la réalité politique est ce qu’elle est. Vous devriez le reconnaître un peu plus formellement sans évidemment mettre de côté votre sens critique. Mais j’ai depuis quelques jours la nette impression que dans vos billets et commentaires, votre état d’âme transparait plus que vos qualités d’analystes.

«Être attentif à quelqu’un, c’est le compliment le plus sincère qu’on puisse lui faire.»
[Walter Anderson]

«Le projet est le brouillon de l’avenir. Parfois, il faut à l’avenir des centaines de brouillons.»
[Jules Renard]

Non seulement le PQ n’aspire plus sans vouloir l’admettre qu’au pouvoir d’intendance coloniale provinciale, de plus il renonce à la gouvernance dite « souverainiste » de son programme de peur de perdre « le pouvoir de ne rien pouvoir accomplir ». Plier l’échine pour ne pas perdre leurs privilèges de minustres pendant quelques mois ??? Wow !!! Félicitations pour votre beau programme messieurs-dames les courageux provinciaux !!!

« Comme quoi, d’un «ni-ni» à l’autre, ce qui fait le bonheur de la première ministre Marois, dans les faits, a bien peu d’incidence sur

la réalité politique actuelle au Québec autre, bien entendu, que d’assurer pour la durée de son gouvernement, des relations harmonieuses avec l’Élysée. »

Des fois pour voir si c’est un gain il faut regarder l’effet contraire …

Que seriez vous en train de bloguer si Francois Hollande n’avait pas repris le ni ni et cela meme si le referendum n’est pas dans le decor, qu’auriez vous dit sur les liens de Pauline Marois avec la France ou le travail de preparation de Jean Francois Lisee ?

Que bloguerait le depute fantome du PLQ Andre Pratte ?

http://blogues.lapresse.ca/edito/2012/10/15/le-ni-ni-ni/

ou le plus subtil Gilbert Lavoie qui evoque ce matin que ca l’interesse pas ?

Je pense que tout le monde attendait Pauline Marois au detour et que ses detracteurs qui se font visible depuis le 4 septembre d’une bien drole de maniere

attendait juste que la France revienne pas au ni ni pour lui faire la job de bras …

Je pense qu’on est juste surpris chez certains de voir qu’en fin de compte Pauline Marois a ete capable de faire revenir la France a cette position et qu’on est en desespoir de cause oblige de faire des textes comme le votre, comme celui d’Andre Pratte ou

de Gilbert Lavoie.

Certains fond la job de bras par leur accointance avec le PLQ et le PLC, d’autre avec le PC et le vieu fond bleu federaliste et pour d’autres quand bien meme ils sont souverainistes c’est plus subtil … je pense que la raison reside a option nationale et qui l’appuie …

Ce qui me fait dire que le PQ a tres peu d’amis …

N’en avez-vous pas marre de voir les chefs péquistes s’amener avec leurs genouillères à l’Élysée pour lécher les bottes des Français?

Plus colonisé que ça…

Tout à fait d’accord avec les commentaires de Ian et de Denis Drouin. Le PQ est minoritaire… c’est peut-être de sa faute… mais il ne doit pas agir à la manière de Harper !

François 1 écrit : « N’en avez-vous pas marre de voir les chefs péquistes s’amener avec leurs genouillères à l’Élysée pour lécher les bottes des Français? »

Personne n’a léché les bottes des Français.

Si le Québec devenait souverain, ce qui serait fort surprenant, ça prendrait la force de la France pour aider d’autres pays à le reconnaître comme pays. Ce n’est pas gouvernement Sarkozy qui aurait aidé.

@ François 1 (#7)

Autant que de voir des québécois faire de «l’aplaventrisme» devant le Royal Fédéral government.

Et plus que les canadiens qui s’exhibent en jarretières devant la Reine d’Angleterre.

Aussi colonisé que ça…

Un parti qui répond à vos attentes existe-t-il ?
Québec solidaire dit : que le processus de constituante prévu par Québec solidaire n’était pas nécessairement lié à l’accession du Québec à la souveraineté. « Si nécessaire, mais pas nécessairement>.
L’option souverainiste sera sur la table, et Québec solidaire s’engage à en faire la promotion, mais l’option fédéraliste le sera tout autant. La CAQ c’est pas avant 10 ans ?

La souveraineté comme vous le dites si bien n.intéresse pas les québecois en général!
Sauf une minorité de pékiss.
La France serait assez mal placé pour nous encourager sur cette pente ,eux qui ont joint la fédération europeenne!

Si le PQ a fait machine arrière ce n’est pas à cause de l’opposition et de sa menace creuse de renverser le gouvernement à la première occasion. Le PQ a fait machine arrière parce que les chiffres ont parlé. Un milliard de déficit est très éloquent. Seul un imbécile serait resté sur ses positions.

Le PQ s’est mis le doigt dans l’oeil en début de mandat. Il l’a retiré après avoir senti sa douleur, signe d’intelligence. Tardive, sans doute mais intelligence tout de même.

Savoir reculer est essentiel à la survie.

Bonjour,

Et bravo pour votre brillante analyse des faits. Ce retour au ni-ni peut fort bien être qualifié de victoire morale par la talle de péquistes. Toutefois, c’est un sinistre retour au passé d’avant le début de Février 2009 de mémoire où Monsieur Nicolas Sarkosy dans une de ses envolées au vitriol dont il a le secret traita les nationalistes québécois d’abominables sectaires tout à fait étroits d’esprit, revanchards et haineux, tout à fait des niaiseux en somme.

Finalement, si nous décodons la belle langue de bois de la diplomatie et du Real Politik, le ni-ni veut bien dire ce qu’il veut dire soit : Ni pour l’Un, ni pour l’Autre ! La belle neutralité de la France pour ses grands Amis Canadiens et les p’tits cousins la lalaire, Mironton, Mirontaine…

En conclusion, quelle diplomatie de Monsieur François Hollande qui doit pouffer de rire dans son intérieur de tant de baise-mains et de baise-pieds de la part de ces québécois. Monsieur François Hollande joue bien son rôle d’équilibriste assis sur une clôture avec une baguette en dessous de chaque bras pour bien maintenir officiellement l’équilibre…… Au plaisir, John Bull.

@ Serge Gingras (# 14):

« Savoir reculer est essentiel à la survie. » (sic)

Mais le Parti québécois ne fait que ça, reculer!

Dernier reflux en liste (pour l’instant…):

http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201210/17/01-4584240-ecoles-privees-marois-tempere-les-ardeurs-de-malavoy.php

Après tous ces triples saltos arrières, le Parti « beep…beep…beep attention je recule fréquemment » québécois n’a plus l’autorité morale de gouverner et il devrait se saborder, clairement incapable qu’il est de gérer une simple province canadienne.

Imaginez un pays…

Ça donne des frissons!

@ SensCommunRugueux (# 11`:

Ne trouvez-vous pas insolite, voire illogique, de voir votre Madame Marois tenter de convaincre les Français de la justesse de sa « cause » au Québec alors qu’elle n’est même pas capable de se faire élire majoritairement et pire, d’emmener les Québécois à appuyer la souveraineté au Québec même?