Dure rentrée pour la CAQ

Si le parti veut redevenir un moteur de changement, il devra renouveler ses idées et clarifier ses positions constitutionnelles une bonne fois pour toutes.

PolitiqueIl n’y a pas de crise à la Coalition avenir Québec (CAQ), assure François Legault. Il a parfaitement raison. Son parti poursuit simplement sa pénible glissade vers l’obsolescence programmée.

François Legault est un politicien franc. La langue de bois, très peu pour lui. Il en a fait une éloquente démonstration lors de la dernière campagne électorale en se prononçant sur la tenue éventuelle d’un hypothétique référendum improbable. «S’il y en a un [référendum], je vais voter Non. Mais sacrez-moi patience avec ce sujet-là. Les Québécois ne veulent pas en entendre parler», avait-il dit.

Legault a fait bonne figure au printemps dernier — mieux que la catastrophiste en chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, qui a mené l’une des pires campagnes de l’histoire récente de la politique québécoise. Quelques semaines de plus et François Legault aurait probablement arraché certaines circonscriptions au PQ.

Miser sur la fatigue constitutionnelle des Québécois, c’est un peu faible comme programme à long terme. La CAQ ne fera pas le plein d’électeurs à partir d’un «bof» constitutionnel, surtout que le Parti libéral du Québec (PLQ) et le PQ ont procédé à une importante reconfiguration de l’échiquier politique dans les derniers mois.

La CAQ se fait damer le pion à tous les points de vue. Les libéraux s’attaquent à la réduction des dépenses de l’État avec un zèle qui doit faire l’envie de François Legault. En matière de finances publiques, le PLQ accapare le centre droit. Il n’y a guère de place pour la CAQ dans le débat public, à moins de faire l’audacieux pari de proposer l’austérité au cube. De ce point de vue, la CAQ n’apparaît pas comme une solution de rechange fédéraliste au PLQ.

François Legault subit en outre une concurrence difficile du nouveau chef du PQ, Pierre Karl Péladeau. Le chef monomaniaque ne veut parler que de souveraineté, et occasionnellement des intérêts que retirerait son conglomérat, Québecor, du retour des Nordiques à Québec. De ce point de vue, la CAQ n’apparaît pas comme une solution de rechange souverainiste au PQ.

Legault a annoncé son intention de revenir à ses priorités du début : l’économie, l’éducation, la santé, la culture et l’identité. Ce sont, soit dit en passant, les priorités de tous les partis qui se respectent.

Les médias se régalent du départ de la députée Sylvie Roy, la première à avoir demandé la tenue d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction. Conflit de personnalités entre François Legault et elle ? Problèmes personnels de la députée ? Qu’importe.

Les ennuis de la CAQ sont autrement plus importants que les conflits de personnalités. Avec un PLQ un peu plus à droite et un PQ résolument souverainiste, le parti est à l’étroit. S’il veut redevenir un moteur de changement, il devra renouveler ses idées et clarifier ses positions constitutionnelles une bonne fois pour toutes.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

le PLQ au fédéral: vous êtes mâitres chez nous.
La CAQ : vous êtes maîtres chez nous mais laissez-nous être les « petits boss »
le PQ: nous voulons être maîtres chez nous
QS: nous voulons être maîtres partout