Le cheval de Troie du niqab

Stephen Harper devrait-il, s’il est réélu, soustraire de l’application de la Charte des droits et libertés son projet d’interdire ce vêtement lors de ces cérémonies ? 

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Zunera Ishaq a gagné à la Cour d’appel fédérale le droit de prêter le serment de citoyenneté le visage voilé. Les conservateurs sont prêts à contester cette décision en Cour suprême. (Photo : Patrick Doyle / La Presse Canadienne)

Pour éviter, une fois pour toutes, que des musulmanes ne continuent d’avoir le droit de prêter le serment de citoyenneté en portant le niqab, Stephen Harper devrait-il, s’il est réélu, utiliser la disposition de dérogation et ainsi soustraire de l’application de la Charte des droits et libertés son projet d’interdire ce vêtement lors de ces cérémonies ? Bien des gens le croient, et ils ne sont pas tous conservateurs.

En effet, il s’agit là d’une rare question sur laquelle bon nombre de progressistes, y compris bien des féministes, s’accordent avec les ténors de la droite canadienne.

Sur la foi du droit à l’égalité des hommes et des femmes, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, réclame depuis des lustres que les niqabs soient bannis des cours de citoyenneté.

Le ministre fédéral Jason Kenney, qui a entrepris une croisade en ce sens alors qu’il était responsable du dossier de l’immigration, estime pour sa part que le fait de ne pas prêter le serment de citoyenneté à visage découvert est une atteinte aux valeurs canadiennes.

L’un comme l’autre sont convaincus que l’exigence de se découvrir pour prêter serment est une limite raisonnable à la liberté de religion garantie par la Charte. Ni l’un ni l’autre ne sont certains que la Cour suprême partage leur opinion. Et ce ne sont pas les jugements récents de la Cour fédérale invalidant une directive ministérielle (de Jason Kenney) à ce sujet, ni même l’appel que veu­lent interjeter les conservateurs en Cour suprême, qui vont les éclairer.

Car ce n’est pas au nom des droits de la plaignante musulmane que la Cour a statué contre la commande du gouvernement Harper, mais au nom des prérogatives des juges qui auraient été responsables de l’exécuter. Le règlement actuel prévoit en effet que ce sont ces juges qui ont la latitude de définir le code de conduite des cérémonies qu’ils président. Et qu’ils doivent exercer cette latitude de façon à faire autant de place que possible à la liberté de religion de ceux qui prêtent serment.

En matière de loi, une directive ministérielle n’a pas le même poids qu’un règlement. C’est sur la foi de ce conflit entre l’ordre du ministre et le texte du règlement que la Cour fédérale a maintenu le droit de porter le niqab lors des cérémonies d’assermentation.

Rien n’empêchait le gouvernement sortant de remédier à la situation en modifiant le règlement dans le sens de sa directive ou de faire adopter, comme le promettent les conservateurs s’ils sont réélus, une loi en bonne et due forme.

En plaçant d’emblée une telle loi sous la protection de la disposition de dérogation (« clause nonobstant ») de la Constitution, le gouvernement fédéral la blinderait contre toute contestation juridique en vertu de la Charte.

Mais attention : avant de prendre un raccourci, encore faut-il savoir où il mène.

Ce serait la première fois depuis l’entrée en vigueur de la Charte que le parti au pouvoir à Ottawa suspendrait ainsi les libertés civiles d’un groupe de personnes — dans ce cas-ci, des femmes musulmanes.

Mais ce ne serait pas nécessairement la dernière.

Le gouvernement Harper a avalé de travers ses nombreux revers devant les tribunaux. Pourtant, loin de tenter d’éviter les collisions frontales avec les juges, il les a recherchées.

La partie de bras de fer qu’il a entamée avec la Cour fédérale au sujet du niqab est un cas d’espèce. Elle aurait pu, s’il l’avait voulu, être évitée.

Il y a une logique sous-jacente à la culture d’affrontement juridique du gouvernement Harper. Selon des penseurs identifiés au mouvement conservateur, à force de rebuffades devant les tribunaux, le gouvernement disposera d’un capital de sympathie suffisant dans l’opinion publique pour s’en prendre de front à la Charte des droits.

Ces penseurs estiment qu’une fois la glace brisée, de préférence sur un sujet qui fait consensus au-delà des cercles strictement conservateurs — comme le port du niqab —, la pratique pourra devenir plus courante.

De l’aide médicale à mourir aux centres d’injection super­visée pour toxicomanes en passant par les droits syndicaux et la place des libertés civiles dans la lutte contre le terrorisme : la liste des sujets sur lesquels le gouvernement Harper pourrait trouver commode de se soustraire à la Charte est presque aussi longue que son programme législatif.

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74 commentaires
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Excellente réflexion. Mais j’ose espérer qu’on est encore loin de là. Moi en tout cas, je suis loin d’avoir de la sympathie qui grossit à chaque défaite des conservateurs en Cour suprême du Canada, c’est plutôt ma satisfaction qui grossit. Et je ne pense pas être le seul à être comme ça.

En fait je suis sûr que même de nombreux partisans conservateurs qui adorent Harper ont quand même beaucoup de respect pour la Cour suprême et le pouvoir judiciaire en général.

Mais c’est vrai que plusieurs chroniqueurs et certains médias (soit parce qu’il n’y comprennent rien, ou soit par mauvaise foi) s’acharnent sans arrêt à discréditer le travail des tribunaux. Donc en effet, les conservateurs ne manqueraient pas d’alliés.

Heureusement que c’est très difficile de s’attaquer à la Charte des droits. Mais il n’y a rien d’impossible. Le jour où ça arrivera en tout cas, moi je commencerai à me demander où je peux déménager.

En attendant, raison de plus pour ne pas être dupe devant ces sottises. Honte à Duceppe qui suit Harper dans ça. Duceppe qui en plus veut faire la guerre maintenant!!! Mulcair a eu raison de lui dire hier qu’il ne reconnaissait plus le Bloc, naguère bien plus ouvert et progressiste.

Duceppe ne suit par Harper mais précède 90 ? des Québécois sur le visage découvert et contre le niqab, comme 80% des Canadiens.
En ce qui concerne les changements a la constitution..quand elle a été déposé personne n’aurais jamis pensé ce confronté au Niqab ici au Canada. Si la majorité d’un pays (et je parle pas du petit 50%+1) mais 80% sont d’Accord sur un chose on peut pas dire que automatiquement la minorité est de 20% par ce que à peut près 50 femmes porte le niqab aau Canada.

Merci pour cette démonstration pas mal claire que les personnes qui tombent dans le panneau sont des personnes qui ne comprennent pas grand-chose et qui mélangent tout.

Mes excuses si j’ai sonné bête et condescendant. Je venais de voir les résultats du sondage Abacus de ce matin et j’avais envie de me rentrer profondément un couteau dans l’oeil. J’ai plutôt choisi de me défouler sur un inconnu. On voit pas mal ça sur internet, j’ai donc voulu évaluer le potentiel cathartique de la chose, sans grand succès.

Faites un petit effort intellectuel Monsieur s’il-vous-plait! Ça n’a rien à voir. C’est une question purement juridique. Harper et Duceppe en font un enjeu sociologique. Faut pas mêler les choses. Qu’est-ce qu’ils y connaissent de toute façon à la défense des femmes ces deux-là? Et de toute façon, les personnes qui chialent le plus fort contre le niqab et contre l’islam sont souvent les pires misogynes et homophobes aussi. Prochaine fois que vous voyez un troll qui gueule que l’islam ne respecte pas les femmes, allez voir sa page facebook, vous avez de bonnes chances d’y voir une image de fille siliconée sur une moto, ou d’autres choses encore pires.

Pour ce que vous dites à propos des 80%, je ne vois pas le rapport. Le niqab est quelque chose d’imprévisible? C’est le plus gros enjeu depuis la Constitution de 1982? Donc avoir su ce qu’on sait aujourd’hui, la Constitution et/ou la Charte seraient différentes? Wow sérieusement? Savez-vous pourquoi il y a une charte des droits?

Pouvez-vous s’il-vous-plaît aller lire Yves Boisvert samedi le 26 septembre, un complément idéal à cette présence chronique de Mme Hébert, et revenir me dire ce que vous avez dit?

Ouf! Alexandre le grand, vous êtes en grande forme! Après la charte des droits et libertés , il y a autre chose, ce n’ est pas la fin du monde!! Les citoyens qui forment un pays sont plus importants que cela!

S’il est des débats qui pourtant risquent de peser lourds dans la balance lors du vote prochain, ce sont bien ceux entourant le niqab et autres parures qui permettent aux femmes de soustraire une grande partie ou l’intégralité de leur visage à la vue des autres êtres humains, hormis ceux et celles qui sont membres du sérail.

Si je fais usage ici du mot « sérail », c’est à dessein. Puisque sous l’Empire ottoman, il s’agissait du Palais du Sultan qui accueillait aussi ses hauts dignitaires. Par extension, le sérail désigne aussi les espaces communs et restreints qui sont circonscrits au quartier réservé aux femmes : le harem. Hors du sérail donc, les femmes soumises aux bonnes grâces de leur époux doivent se déplacer voilées.

— Peut-on importer des sérails en vertu de la loi au Canada ? À mon avis pas et ce serait même contraire au droit constitutionnel, au droit criminel et pénal et à la Charte des droits.

Qu’y-a-t-il de commun objectivement entre des usages, disons-le passés de mode qui n’ont pas leur place au Canada, si ce n’est à des fins distractives ou qui relèvent de la coquetterie et le respect de la liberté religieuse qui relève de la Charte des droits ?

Personnellement l’accoutrement dans lequel les gens viennent prêter serment d’allégeance à notre Souveraine m’importe peu. Néanmoins, je pense que lorsqu’on choisit un jour de devenir canadien, on se doit de faire montre de déférence et de respect envers le pays qu’on a choisi pour y vivre et se montrer digne de la monarchie.

Lorsque dans les années 90, j’ai prêté serment d’allégeance. J’avais remarqué qu’il y avait des personnes originaires de toutes places au monde. Y compris des femmes d’origines pakistanaises comme Zunera Ishaq qui avaient comme tout le monde adopté une tenue neutre et sobre, certaines portaient tout au plus un foulard de couleur unie (pas un niqab dans un style de Tartan écossais – signe d’appartenance à un Clan, comme sur la photo) laissant apparaitre leur visage en toute modestie.

Pourquoi ce qui ne posait aucun problème à qui que ce soit, voici plus de dix ans incluant pour les femmes d’origine pakistanaises ou toutes femmes partageant les religions de l’islam ; pourquoi désormais faudrait-il rendre légitime une pratique vestimentaire qui n’a rien de religieuse (le Tartan écossais n’étant pas qui plus est un attribut de l’islam), pourquoi cela devrait-il être recevable en vertu de la Charte des droits ?

— Est-ce qu’être canadien se traduit désormais pas : « Gros caves » ?

C’est d’une certaine façon pervertir le droit canadien, c’est une offense même à la liberté religieuse de tous en donnant une dimension religieuse à une pratique vestimentaire qui n’est pas même obligatoire dans la religion musulmane. C’est même pervertir la nationalité canadienne qui soutient l’inclusion de toutes et de tous sous l’unifolié et non des mesures qui favorisent toutes formes iniques d’exclusions. Fussent-elles vestimentaires.

Je suis d’accord avec madame May notamment qui estime qu’il ne faut pas empêcher une personne de devenir canadienne pour de choses futiles qui relèvent de l’accoutrement. Dans ce cas-là cette tolérance ne doit ni relever de la Charte des droits, ni de la religion. Il s’agit d’un accommodement susceptible d’être accordé au cas par cas, au seul nom de la tolérance et du bien public, suivant la latitude des juges qui président aux séances d’assermentation. Comme cela a toujours été le cas sans problème jusqu’à tout récemment.

À noter que le juge en charge lors de séances d’assermentation dispose aussi de la latitude d’accorder la nationalité à une personne qui ne maitrise pas l’une des deux langues officielles ou encore à des personnes qui n’ont pas eu la moyenne des points lors de l’examen (j’aimerais préciser qu’en ce qui me concerne j’ai obtenu 20/20), ou encore des personnes qui ne savent pas écrire ou bien lire.

— Cette discrétion (ou ce pouvoir discrétionnaire) des juges n’a rien à voir avec la religion, ni la Charte des droits. Et lorsqu’un juge en première instance demande à une personne de retirer une partie de son voile. Il n’y a aucune entrave à la liberté religieuse. C’est simplement parce que l’usage au Canada veut que dans tout espace qui relève de l’administration publique et de la justice, incluant les espaces dédiés aux assermentations que les personnes présentes adoptent une tenue qui soit respectable pour les magistrats, ce qui implique une certaine uniformité pour toutes et tous.

Il est assez difficile de comprendre qu’une personne qui avant de se présenter à l’examen d’assermentation est réputée avoir étudié le manuel d’assermentation, remis à tous plusieurs mois à l’avance, lors du dépôt de la demande de citoyenneté, alors qu’il existe des associations qui viennent en aide gratuitement aux personnes dans leurs démarches administratives et dans l’apprentissage des usages du pays, que ces dites personnes conditionnent leur appartenance à la grande famille canadienne à de simples questions d’apparence vestimentaire.

Pour moi de telles personnes n’ont finalement pas la moindre volonté de faire partie de notre grande nation. Hors être canadien c’est un privilège ; mais se sont aussi des devoirs et quelques raisonnables obligations. Je ne vois réellement pas ce qui entrave en ce débat la liberté civile des femmes musulmanes. C’est mettre la Charte des droits à la mauvaise place et sur ce simple sujet, c’est tenter de diaboliser le Parti conservateur sur les bases d’une démarche que je ne trouve pas indispensable, mais respectable. Ceci devient même un incitatif plutôt intéressant pour voter les yeux fermés pour cette formation puisque son intention est belle et bien d’aller de l’avant.

Pour moi, les positions de Jason Kenney et Stephen Harper sont recevables. Quant aux positions de Tom Mulcair sur le sujet, elles sont incompatibles avec ce qu’on doit attendre d’un chef d’une formation progressiste, éprise de liberté et de démocratie. Je suis bien certain qu’un Jack Layton n’aurait jamais tenu le même langage sur le même sujet.

Et je trouve cet aspect du débat démocratique passablement décevant.

Votre point de vue M. Drouginsky dit exactement ce que cette histoire du niqab représente véritablement : une insulte aux valeurs canadiennes . Vous avez mis le doigt sur le faux argument invoqué pour porter le niqab «C’est d’une certaine façon pervertir le droit canadien, c’est une offense même à la liberté religieuse de tous en donnant une dimension religieuse à une pratique vestimentaire qui n’est pas même obligatoire dans la religion musulmane.» J’ajoute que si cela relevait de la liberté de religion, toutes les musulmanes croyantes porteraient le niqab. Le meilleur exemple est Fatima Houda-Pepin qui est musulmane croyante mais dénonce fortement cette pratique aberrante. Alors, qu’on cesse de nous faire croire que cela relève de la liberté de religion, il s’agit d’une offensive politique qui vise à vouloir changer complètement nos valeurs occidentales ni plus, ni moins!

On pourrait en ajouter un peu plus…la majorité de celles qui portent le voile au Canada on commencé à le porter en arrivant ici….. http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/09/21/017-femmes-voile-niqab-serment-musulmans-controverse-canada-analyse-elections.shtml position des mouvements musulman? <>….. Pa contre, il ne faut pas oublier tous les autres dossiers de la présente campagne. Si le Niqab enflamme, il ne faudrait pas oublié qu’il y en a a peu pres 50 au Québec qui le porte…..c’est une problème que l’on doit régler soit, mais c’est de très loins l’enjeu principale…. les conservateurs sont de bien grands manipulateurs….ils ont planifié ce coup depuis près d’un an….voila l’explication de la longue campagne…pour avoir le jugement en plein dedans…… et oui je trouve cela très dangeureux comme le fait remarqué mme Hébert…celui d’avoir utilisé une clause non-obstant…et ainsi ouvrir la porte pour tout ces délires…..voyez comment ils ont contournés la lois afin de détruire le registre des armes a feux….randant une lois retroactive afin de rendre légal leurs gestes….cela m’effrais moi….. ne pas oublié ce que le parti conservateur à accompli^^…..passer du 1er pays au 6 ieme…. allez piger dans les surplus de l’assurance emploi pour éponger un déficit causé par les réductions d’impots au plus riche…(c’est bien comme ca….c’est le petit travailleur qui pait pour le retour d’impot de son boss….j’aime bien moi pas vous?)… abandon de tous les programme environnementaux….. placer un créationiste climatoseptiique (premier mandat) à la tête des sciences du canada… baillonné la presse… couvert ses sénateurs corrompu, en affrimant ne pas savoir…..heu attend, tu es un chef d’état et tu ne sais pas ce que tes collaborateurs font?…mauvaise gestion…. Ministre des ressources naturelle qui abaisse le niveau de protection pour les exploitation pétrolière… statistiques rendu innutilisable par sa non-fiabilité…. fermer les frontieres aux immigrants, laisser les enfants en prison, faire la guerre, (vous saviez que cetains membres de l’équipes veulent réouvrir le dossier de l’avortement?) … autrefois, le canada etait un pays reconnu par la communauté internationnale …maintenant….on est aussi aimé que les américains….c’est moche….. …..et il a réussit a faire avaler à tous que le port du Niqab est une priorité

The MCC has also been outspoken on the issue of women wearing the Niqaab saying « It is not a requirement of Islam that Muslim women stay covered completely »[6] and that women should be assured that not wearing the hijab is not a sin.[7] In October 2009, the MCC called for a ban on burka and niqab (though not the hijab), saying that they have « no basis in Islam. »[8] Spokesperson Farzana Hassan cited public safety issues, such as identity concealment, as well as gender equality, stating that wearing the burka and niqab is « a practice that marginalizes women. »[8]…..l’opinion du muslim canadian congress

Ha et oui …il a eu quoi 9 ans pour le faire….et la il se reveil subitement?….c’est tres opportuniste ça

Vous êtes malhonnête, 9 ans mais seulement la moitié majoritaire et à ce moment-là , le sujet n’ était pas préoccupant dans le reste du Canada!!

Ben voyons donc! En réalité il ne s’agit pas de juger de la pertinence ou non de porter le niqab mais plutôt de décider si a) l’interdiction du port de ce vêtement est une violation aux droits garantis par la Charte, en particulier la liberté de religion et b) si on va se conformer aux décisions des tribunaux qui sont ceux qui en dernier ressort décident de l’application de la Charte et, par incidence, si l’interdiction est contraire aux droits garantis par la Charte, si la clause dérogatoire devrait être utilisée pour légaliser cette violation. Ici on parle de quelques cas par année dans une cérémonie d’assermentation de citoyenneté… Franchement, je trouve que c’est un dérapage déplorable dans une campagne électorale alors que des questions bien plus importantes sont ignorées ou oubliées.

@ Pierre,

Vous êtes carrément dans le champ. Le niqab est un vêtement. Dans le meilleur des cas c’est un signe d’appartenance régionale qui est parfaitement acceptable dans la diversité de la vie quotidienne au Canada, mais qui n’a rien à voir avec la religion. Les tribunaux n’ont pas à statuer sur cette question et moins encore la Cour suprême puisque le port ou le non port du niqab ne relève pas de la Charte et les droits civils et constitutionnels d’une personne qui porte ce genre de vêtement ne sont pas violés si par commodité un juge à l’assermentation lui demande de le retirer.

Absolument toutes les assemblées au Canada adoptent des codes vestimentaires et autant que je sache personne n’y trouve rien à redire. Même de telles dispositions existent au Pakistan.

En contrepartie, le port de voile islamique en occident, peut dans de nombreux cas être considéré comme un signe de défiance aux institutions occidentales. Des femmes qui ne portent pas le voile dans leur pays d’origine (ou seulement occasionnellement), se voient incitées entre autre par des imams à ne jamais s’en départir dans la vie civile. Cette façon de faire signifie que pour un musulman la loi islamique, la charia devrait l’emporter sur toute autre loi séculaire ou toute forme de gouvernement. Chaque victoire obtenue en Cour au nom théoriquement de la religion fait jurisprudence, elle permettrait éventuellement dans le temps de faire prévaloir la loi coranique où que ce soit pour un musulman.

Le port du foulard dans ce cas, est donc bien un cheval de Troie.

Pour avoir travaillé dans certains pays musulmans, essentiellement l’Algérie et la Tunisie, pendant 30 ans, j’ai le souvenir que le port du voile dans la rue était extrêmement rare et le port du niqab inexistant. Mes amis, en général musulmans, dont certains très pratiquants, me recevaient chez eux sans m’imposer des règles strictes. Les épouses et leurs filles étaient présentes et aucune ne s’est jamais voilée. La mode actuelle est de se dissimuler. Et ce que ne semble pas avoir compris nos candidats du NPD ou libéraux est que ces femmes ne sont pas forcées de le faire mais le choisissent. Et, si au bout des trois années (en fait 4) nécessaires au minimum pour demander la nationalité canadienne, elles n’ont pas assimilé les règles de vie dans un pays de liberté et de respect des individus, elles n’y parviendront jamais. Qu’apportent-elles ? Rien si ce n’est des sources de discorde. Je ne peux donc qu’approuver Serge Drouginsky ; devenu légalement canadien et essayant tous les jours de le devenir réellement, j’ai moi-même choisi. En demandant la nationalité canadienne, elles le font à leur tour. Rien ne les oblige à le faire. Elles choisissent donc d’imposer leurs façons de vivre. Ce n’est pas innocent.
Quant à nos candidats, certains ne semblent pas avoir compris que ce n’est pas le nombre des demandes qui est important mais le symbole. En donnant des réponses du genre « peut-être ben qu’oui, peut-être ben qu’non », certains d’entre eux montrent clairement qu’ils ne sont pas des leaders. Là est le vrai problème pour notre choix !

Laisser la charte des droits comme elle est présentement, sans balise aucune pour guider les juges lorsqu’il s’agit de statuer jusqu’où peuvent aller les droits individuels lorsqu’ils sont en opposition aux droits collectifs, c’est pour sûr laisser le champ libre à l’entrée de plusieurs chevaux de Troie dans la société canadienne.

Je crois que c’est un des problèmes que nous avons avec des questions semblables, l’autre serait qu’il n’y a rien non plus dans la charte des droits et nos lois pour aider les juges à tenir compte des valeurs de nos sociétés dans leurs jugements.

Le multiculturalisme pratiqué au Canada brouille les pistes à mon avis, nos politiques leur donnent l’impression que chaque individu a tous les droits, notre charte identifie clairement que les droits individuels primes sur les droits collectifs, qu’à la limite il suffira de négocier au cas par cas des « accommodements raisonnables « , courir après le trouble plus que ça c’est pas possible.

Qui déjà nous a concocter une charte et une constitution qui nous a mis dans la situation dans laquelle nous nous retrouvons ?

La Charte canadienne n’a rien d’unique au monde, sauf peut-être sa clause dérogatoire qui est peu répandue et qui permet la violation de droits garantis. Elle est le résultat de plusieurs années d’évolution dans les droits fondamentaux au niveau international et reflète en général les droits humains reconnus internationalement. Le Canada n’a fait que se mettre à jour et de respecter les droits fondamentaux dans sa constitution. C’est aux tribunaux de l’interpréter et ils le font très bien, qu’on aime ça ou pas, depuis 1982.

Le SEUL parti capable de nous protéger contre cette invasion de cheval de Troie est le Parti Conservateur du Canada.

Mulcair et Trudeau acceptent cette gifle faite aux femmes et le Bloc, lui, est impotent.

Comme extra, les Conservateurs gèrent éminemment bien nos finances publiques et servent de modèle au reste du monde en économie.

Aucune raison de voter pour un autre parti.

Je suis tellement d’accord avec cette réflexion . J’espère que beaucoup de canadiens seront du même avis
Nous sommes trop conciliant.. Protégeons nos enfants et petits enfants .

François 1

Le Bloc Québécois est impotent ??? Je ne partage pas vos propos… Qui peut défendre le Québec mieux que le Bloc ?

Qu’est-ce que le gouvernement Conservateur (ancien Parti Réformiste) a fait pour le Québec depuis qu’il est au pouvoir ? Vous parlé d’une bonne gestion des finances publiques ? Ouf, pas vraiment convaincu, à moins d’œuvrer pour les pétrolières…

Le seul point où j’endosse M. Harper, c’est qu’il s’oppose ouvertement au Niqab lors de l’assermentation des nouveaux arrivants !

Heu …. tu as bien lu l’article?….le cheval de troie ce n’est pas le port du Niqab…..mais la ferveur avec laquelle Harper tente de passer outre la charte….

« Le cheval de Troie du niqab » comme vous je suis convaincue que la question du niqab va bien au-delà du droit au choix vestimentaire et qu’il sert d’outil à des objectifs forts différents de ceux qui ressortent à première vue. Néanmoins, bien que je n’avais pas envisagé l’angle que vous soulevé, « Ces penseurs estiment qu’une fois la glace brisée, de préférence sur un sujet qui fait consensus au-delà des cercles strictement conservateurs — comme le port du niqab —, la pratique pourra devenir plus courante. » je suis convaincue qu’une infime minorité d’extrémistes tentent également d’utiliser cette brèche pour un jour l’utiliser aux fins d’introduire d’autres changements, tel l’instauration de la charia.

Vous faites bien de le mentionner! que cette stratégie peut aussi être utilisée du côté des migrants qui veulent garder leurs coutumes dites religieuses!!

Voici un projet de loi que je proposerais, sans avoir à changer la Charte actuelle :

Projet de loi interdisant le port du niqab sur tout le territoire canadien, visant à éviter que la femme soit effacée de l’espace public et qu’elle soit considérée inférieure à l’homme.

Le but cette loi est, d’une part, de protéger la dignité et l’intégrité de la femme, afin d’éviter le retour à l’époque où elle était discriminée sous toutes les facettes de la société et d’une autre part, de remettre les pedules à l’heure.

1. CONSIDÉRANT que la femme est égale à l’homme.

2. CONSIDÉRANT que la femme est une personne à part entière.

3. CONSIDÉRANT que le niqab est porté uniquement par des femmes et que la loi interdit la discrimination à l’égard d’un groupe identifiable.

4. CONSIDÉRANT que les femmes portant le niqab se disent de religion musulmane, alors que ce voile intégral n’a aucune racine coranique et donc, ne peut être protégé par la liberté de religion.

5. CONSIDÉRANT que la liberté individuelle ne doit pas porter atteinte aux autres droits dévolus, dont l’égalité entre les femmes et les hommes.

6. CONSIDÉRANT que les femmes portant le niqab démontrent une rupture complète face à une société ou les échanges se font en harmonie avec le sexe opposé.

7. CONSIDÉRANT que les femmes portant le niqab démontrent une crainte généralisée face aux hommes et que la loi interdit la discrimination à l’égard d’un groupe identifiable.

8. CONSIDÉRANT que les femmes portant le niqab démontrent une image négative dans la société.

9. CONSIDÉRANT que dans certains pays, les femmes sont obligées de porter le voile intégral, sous peine d’être lapidées ou décapitées et qu’au Canada, les femmes ont la chance d’éviter ce féminicide.

10. CONSIDÉRANT que les femmes canadiennes se sont battues avec acharnement pendant plusieurs années afin de ne plus être considérées comme des êtres inférieurs.

11. CONSIDÉRANT que le port du niqab est à connotation misogyne et que la loi interdit toute forme de haine.

12. CONSIDÉRANT que les femmes portant le niqab sont des victimes d’une doctrine délirante, les autorités ont l’obligation de leur venir en aide afin qu’elles puissent en être libéré.

Pour tous ces motifs, nous demandons à l’assemblée nationale à ce que le projet de loi soit adopté sans aucun délai.

Votre projet de loi devrait être envoyé à tous les chefs de partis, et au Québec et au Canada.
Il est bien ficelé et représente la situation actuelle et nos valeurs. Bravo pour cet essai.

Madame Francine,

Bravo pour votre commentaire, je l’appui à 100% !

Qui, des partis aspirants au pouvoir aurait les « couilles » de présenter un projet de loi similaire à votre proposition ?

C’est clair, les Conservateurs et le Bloc Québécois…

Tres bien dit 🙂 mais on a pas besoin d’Harper pour ca …il ne faudrait pas oublié la somme astronomique de problème qu’à créer ce mossieur et son équipe

Tout à fait d’accord.
Lorsqu’il fait -35°C avec le vent dans la face je suis obligé de me mettre un foulard pour éviter de me geler le nez et je ne le fait pas de gaieté de coeur parce que je me sens étouffé et je l’enlève dès que j’ai le vent dans le dos. Lorsque je vois des femmes obligées de se voiler en plein été je m’imagine à quel point ce doit être étouffant. Étant un homme si j’étais musulman ma femme ne pourrait pas m’obliger à me voiler heureusement parce que j’aime trop respirer librement à pleins poumons.
Pourquoi les hommes musulmans qui obligent leurs femmes à se voiler ne se voilent-ils pas eux-mêmes. J’aimerais bien qu’un mollah ou un ayatollah nous explique pourquoi les hommes musulmans ne sont pas obligés eux de se voiler.

Parce qu’eux sont des personnes et que leur femmes est un objet qui leur appartiennent comme le chien, la chèvre ect…!

Le nikab est un faux problème. A peine une cinquantaine de femmes le portent au Québec
Le véritable problème c’est le voile. Le voile islamique qui s’est répandu comme une trainée de poudre depuis le 11 septembre et que le nikab banalise terriblement

Le Niqab est un faux problème ?

Si vous avez la chance d’aller en Europe, je vous invite à visiter les bourgades et de discuter avec les habitants locaux… Combien de fois ai-je reçu des commentaires mettant en garde les Canadiens de se méfier de l’islamisation de l’occident ?

Eux, le vive au quotidien…

combine y-t-il de musulman en france? 1,299,000……combine y en a t-il au canada? 1,000,000
considérant que la france a le double de population ….faites le calcul…. désolée mais les francais sont tres raciste, je nepense pas que ce soit un super exempl a suivre

Pour information : Il y a plus de 6 millions de musulmans en France et un peu moins de 1 million au canada.

Sophie,

Je n’ai jamais parlé de la France. Certes, « certains » français peuvent paraître raciste mais ce n’est pas la majorité. Il y des « têtes brûlées » partout dans le monde, même ici !

Dans mon commentaire je faisais référence à l’Allemagne et l’Autriche.

Nikab, tchador, voile sont, en fait, beaucoup plus que des bouts de tissu.
Ils sont la manifestation évidente de la confrontation de deux civilisations: la civilisation musulmane et la civilisation judéo-chrétienne. Et dans cette confrontation, ces tissus sont des étendards.
L’Europe, depuis des décennies, est en ébullition à ce sujet. Et ce conflit s’étend maintenant au monde entier. À l’exception peut-être du Japon qui a, pratiquement , banni l’islam sur son territoire.
Ce sont deux systèmes de croyances et deux systèmes de valeurs qui s’affrontent. Il faudra bien un jour décider si nous gardons nos valeurs ou en adoptons de nouvelles.

Ok ça va finir ces histoires de choc des civilisations? L’islam est une religion occidentale à ce que je sache, elle est inspirée du judaïsme et du christianisme. Et la renaissance en Europe n’aurait peut-être jamais eu lieu, ou aurait à tout le moins été très différente, sans la culture musulmane du Moyen Âge. Il y a des limites au cherry picking là.

Les discours manichéens dramatiques est-ce qu’on peut en finir? Huntington est pas mal passé date. Et c’est qui « nous »? Et c’est quoi « nos valeurs »?

Nos valeurs ! Vous n’ avez qu’ a lire les journaux, lire les blogues et écouter les médias télévisuels et vous allez comprendre ce que c’ est nos valeurs! Ça commence par Hérouxville! Tentez de faire valoir vos valeurs dans les pays à majorité musulmane et vous verrez!

Gilbert Lavoie a noté que les femmes doivent retirer leur voile pour obtenir un permis de conduire ou pour monter à bord d’un avion, exigences validées par les tribunaux. La question me paraît fort simple : qu’est-ce qui justifierait l’interdiction d’être voilée lors de la cérémonie solennelle que représente l’acquisition de la citoyenneté canadienne? À nous de répondre.

Je relève deux problèmes majeurs dans cet article, au demeurant excellent au niveau de l’analyse et qui résume bien les stratégies de M. Harper avec le niqab de madame Zunera Ishaq. Ces manipulations électorales de ce qui reste du parti Conservateur autour du PM sont publiées et relayées abondamment par les réseaux sociaux depuis quelques temps. C’est une bonne chose, à condition de ne pas négliger les autres dimensions du Grand Leurre.

1) UNE OMISSION ÉTRANGE : LA LIMITE DE LA DISPOSITION DÉROGATOIRE

Dans son texte, Chantale Hébert passe totalement sous silence la durée limitée de l’application de la clause nonobstant qui est de CINQ ANS. Elle emploie bien le verbe « suspendre » et non « abolir », quand elle attire notre attention sur les conséquences dangereuses du précédent que constituerait ce recours à l’article 33 de la Charte, mais nulle part elle ne précise clairement cette limite. Pourquoi ce silence sur un aspect aussi déterminant pour notre réflexion, il est vrai suggéré par son emploi du conditionnel hypothétique dans l’accord du verbe ‘blinder’ au neuvième paragraphe de son texte, mais nulle part explicite ? Le recours à cette clause est pourtant central dans son propos, car non seulement elle met le projecteur sur ce que M. Harper aurait dû en faire, mais elle suggère aussi très fortement d’y recourir dans le futur pour traiter et solutionner le dossier toujours brûlant du Niqab-au-Canada. Bref, considérant la centralité de la clause nonobstant pour son propos, le silence sur sa pertinence eu égard à sa durée est pour le moins difficile à situer et à comprendre. Balayer les poussières n’est jamais une solution, la loi 101 devrait nous servir d’exemple et nous nous en souvenons.

2) UN NIQAB QUI N’EST EFFECTIVEMENT PAS LE PROBLÈME

Madame Hébert a bien raison de vouloir nous faire sortir du « cas d’espèce » que constitue ‘ce’ niqab particulier, même si la problématique du visage est beaucoup plus complexe que ce qu’elle veut bien en reconnaître. Au moins, ne tombe-t-elle pas dans la dérision caricaturale de plusieurs en ramenant cette question à une insignifiance hors d’ordre eu égard aux ‘vrais enjeux‘. – – Cela dit, en glissant, après en avoir fait l’apologie, que le recours à la clause nonobstant constitue(rait) un raccourci porteur d’un risque important pour les libertés civiles des communautés, elle grossit artificiellement un faux problème et, paradoxalement, le ramène à sa contingence sous prétexte de l’en faire sortir. En utilisant au paragraphe 11 un amalgame de singulier et de pluriel dans son expression « groupe de personnes », d’une part, et en le faisant suivre d’un exemple aussi ciblé et contextuel que le niqab lui-même, soit « les femmes musulmanes », d’autre part, madame Hébert noie le poisson et crée de la confusion sous prétexte et sous les apparences de grande clarté.

C’est pourtant de cet embâcle de la particularité réifiée qu’il est urgent de nous libérer et ici, l’exemple européen pourrait nous aider grandement à réfléchir. Mais ce ne sera possible que si l’on consent, dans un véritable et fécond esprit d’unité dans la diversité, à sortir des guerres moyenâgeuses, dont l’esprit est si amoureusement cultivé par le Canada anglais, afin de se laisser inspirer par le pays de Jeanne d’Arc et celui du Québec. – – Le 11 avril 2011, lors de l’entrée en vigueur en France de la « Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public » loi votée le 11 octobre 2010, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a été saisie d’un appel fait par une jeune française adepte de la burqa et du niqab. L’avocate de 24 ans invoquait le droit au respect de sa vie privée et à sa liberté de religion pour faire invalider la loi française. Le 1er juillet 2014, La CEDH a débouté l’appel, jugeant que la loi loi n° 2010-1192 restait « proportionnée » au but poursuivi en regard de la prémisse évoquée dans la loi même, à savoir celle du « vivre-ensemble ». La Cour ne s’est pas référée aux principes de laïcité ou des droits de l’Homme, mais sur celui, inscrit dans la loi française elle-même, selon lequel le port des voiles intégraux, nommément la burqa, manifestaient « un refus de l’autre et du vivre-ensemble ». Ce faisant, la CEDH a sorti génialement la question du visage découvert des ornières identitaires, féministes ou religieuses (et je le dis sans mépris car je suis catholique pratiquante et féministe convaincue) tout autant que de celle des droits fondamentaux et des arguments de sécurité, pour le situer totalement dans un projet de société. Finis, donc, l’utilisation abusive des cas d’espèces, ces prétextes en or pour générer des oppositions stériles – ici entre droit des minorités et unité nationale – qui nous paralysent depuis si longtemps. Il faut en sortir.

Le Canada aurait tout à gagner à s’inspirer de ce modèle, car il est plus qu’urgent de redéfinir et réajuster, philosophiquement et pratiquement, notre conception dépassée du multiculturalisme au Canada. Ce faux pluralisme est constitué dans les faits d’une mosaïque disparate qui tente de juxtaposer les tesselles des identités exacerbés. Le problème est qu’il le fait n’importe comment, sans liant digne de ce nom qui permettrait de les faire tenir ensemble dans une véritable unité nationale. Au moindre heurt, la mosaïque se défait et tout tombe. Cette conception mal ajusté du « vivre ensemble » canadien, fait l’affaire des démagogues, mais tue ce qui reste du Canada rêvé par les fondateurs du pays.

Car si Stephen Harper esst un gouvernant indigne de notre Canada, et cela est une vérité indéniable, le danger que constitue le Prince Justin, en tant qu’étendard et symbole du Canada anglais d’esprit britannique, triomphant et condescendant, ne doit pas être minimisé. Ce qui risque de revenir avec de venir avec Justin Trudeau, c’est en effet la vieille rancœur fédéraliste contre le fait français au Canada, laquelle empêche toute véritablement progrès au sein de notre con-fédération. Cela est d’autant plus vrai dans le contexte actuel, depuis que Gilles Duceppe est revenu sur l’échiquier politique, et qui force les joueur(e)s à repenser le jeu, un jeu qui inclut plusieurs Chevaux de Troie et pas qu’un, tous mortels peu importe qui les invente et les introduits. Les Pions (le peuple, vous, moi) ont tout intérêt à bouger pour faire d’urgence le tri dans l’information et la désinformation qui nous bombardent allègrement de tous côtés, l’air de ne pas y toucher. Comme diraient les Témoins de Jéhovah, une autre minorité culturelle et religieuse canadienne (0,03 %), mais silencieuse et pacifiste : Réveillons-nous !

Avec cette tempête au sujet du »niqab » ce n’est pas les conservateurs qui vont se faire »niquer » mais le NPD et les libéraux

… et puis quand on arrive dans un nouveau pays, le bon sesns a toujours été d’être » low profil » et d’adopter les us et coutumes du pays hôte et de s’y introduire le plus discrètement possible dans son « melting pot » comme aux U.S.A,. ce serait la moindre des politesse, et si le nouvel arrivant ne le tolère pas, qu’il retourne à son pays d’origine

D’ accord avec vous; qu’ est-ce qui a poussé Mme Zunera Ishaq a se rendre en cours pour défendre l’ indéfendable! À moins qu’ elle est été engagée par les conservateurs pour semer la pagaille!! Hi!Hi!

Non mais il faut avoir l’esprit tordu pour tout mettre sur le dos de Harper, c’est la faute â pierre elliot trudeau, si nous en sommes rendu là!

Entièrement d’accord avec vous !

Certes la Charte des droits et Libertés a fait un pas en avant mais malheureusement elle n’a pas tenu compte de l’aspect « responsabilité »…

Donc, trop de pouvoir au droit individuel nonobstant au Droit collectif !

La Charte à PET n’a fait que mettre le Canada au diapason du droit international en matière de droits fondamentaux, surtout reflété par les conventions internationales auxquelles le Canada a adhéré et est donc lié. Le droit international s’applique au Canada comme dans tous les autres pays et s’il est vrai que plusieurs pays violent ces droits fondamentaux, il n’en reste pas moins que leurs actions sont condamnables au niveau international et que les violations graves peuvent donner lieu à des litiges internationaux, des sanctions voire des poursuites pénales.

Ha? et ce mossieu Harper n’a pas eu le temps en 9 ans de régler le problème? portant pour le registre des armes il a mis pas mal d’energie non?…. y a un teme pour ca….. ca s’appel faire du capital politique….

Il y a de cela plus d’un demi-siècle, M. Gamal Abdel Nasser, alors président de l’Égypte, a prononcé un discours dans lequel il exprimait clairement sa position sur la place «du cheval de Troie» de la religion dans la politique, à savoir: aucune place. Il a aussi, dans la même allocution, exprimé son avis sur la place et l’habillement de la femme dans la société égyptienne. Au lieu de ratiociner jusqu’à plus soif il disait simplement: «Chacun peut faire cela chez soi» Hébin!

Une allocution que tous les Trudeau, Mulcair et autres Bouchard-Taylor auraient grand intérêt à revisiter et écouter attentivement. Cela serait quatorze minutes très bien employées surtout que cela remonte assez loin. Ce qu’on pourrait sans doute appeler la modernité de M. Nasser fait plaisir à voir….ou à revoir. C’est selon.

Tout est à cette adresse: https://www.youtube.com/watch?v=wxPRh-WHKzs

Je suppose que vous n’êtes même pas allé visionner la vidéo. Je me trompe? Vous préférez la dictature religieuse? Et l’histoire de l’Égypte sous Nasser, vous la connaissez? La décolonisation? La reprise du canal de Suez?Nasser, ça n’était pas Khadafi ou Morsi et encore moins Khomeini. Y’a des fois…..!

Je ne connais pas vraiment l’Islam mais ce que j’en ai lu me laisse penser que le niqab est une question de culture plus que de religion. Plusieurs pays musulmans ne portent pas ce vêtement. Si c’est une question de culture, les musulmanes ne pourraient-elles pas s’adapter à notre culture ?
Si c’est le cas (question de culture), comme on est dans un pays démocratique, je serais pour que soit complètement interdits les visages voilés dans l’espace public au Canada. Nous n’avons pas à nous plier à des coutumes d’autres pays. Quelqu’un pourrait-il m’indiquer si c’est vrai que le niqab n’est pas une question de religion ??? Je ne suis vraiment pas conservatrice, mais pour une fois, je trouve que Harper va dans la bonne direction.

En réponse a votre question , ce que je sais du coran , il y a un verset qui ordonne a la femme musulmane de se couvrir sauf ce qui doit apparaître…lorsque le prophète SAW a été questionné sur les parties qui doivent ( ou peuvent ) être découvert, il a montré le visage et les mains..
D’ailleurs , a la Mecque , qui est l’endroit le plus sacré de la religion de la soumission a Dieu (islam en arabe)
et pendant les rites du Pèlerinage ( 5ème pilier de la croyance ) les femmes ont le visage découvert…
Bien entendu je ne suis pas un savant , mais si je m’en remet totalement au livre sacré et aux dires du prophète SAW , la femme n’est nullement obligée de se couvrir le visage .
Il y a certains savants ( une minorité)qui rétorquent que la beauté du visage d’une femme pourrait provoquer de mauvaises remarques a son encontre et préconisent qu’il est mieux pour elle de se couvrir le visage.
Quand au fameux cheval de Troie ,j’estime personnellement que ce n’est pas ce voile intégrale (porté par quelques centaines de femmes a travers tout le Canada) qui devrait monopoliser notre réflexion comme le veulent ceux qui décident pour nous ( et en lisant la plupart des commentaire ,je me suis rendu compte qu’ils réussissent parfaitement ) mais plutôt de réfléchir a ce qu’ils nous préparent pour la suite.
La France qui a été prise par certains comme exemple a suivre est déjà au 2ème stade : début de l’élimination de l’argent comme moyen de paiement avec au début une limitation du règlement en espèces de 1000 Euro si mes renseignements sont exacts avec comme objectif final d’annuler totalement toute transaction en espèces.
Dans notre cher Canada , ca va venir , avec le passage de la loi qui dit que les représentants du gouvernement peuvent enlever la citoyenneté de toute personne définie par ces mêmes agents comme terroriste.
Bien entendu ils ne mentionnent pas qu’il y a déjà la fameuse loi d’exception qui autorise les agents du gouvernement a arrêter quiconque est soupçonné d’un délit qui peut porter préjudice a la sécurité du pays
sans avoir a en référer a quiconque ni a justifier leurs accusations des citoyens , ni a leur permettre de communiquer avec qui que ce soit..
Bientôt on nous jugera sur nos intentions et non sur nos actes….
Aux USA , ils en sont a tester les puces personnelles pour pouvoir suivre un citoyen partout ….bien entendu c’est spécialement pour sa sécurité…
Les lois d’exceptions leur permettent déjà d’interdire tout port de masques , de casquettes , de chapeau ou de parapluie qui pourrait cacher le visage pendant une manifestation….vive la liberté…
Je suis vraiment curieux de voir jusqu’ou peut aller le génie des politiciens pour garder cette drogue dont on ne guérit jamais une fois qu’on l’ a goûté qui se nomme LE POUVOIR….

Un bien beau débat, qui passe à côté du problème. Le problème, ce n’est pas le croyant, fut-il musulman, adventiste ou catholique, c’est la présence au sein de ces groupes religieux de prêtres, imams, rabbins, ou gourous obscurantistes. C’est que chaque religion a ses intégristes, ses jusqu’au-boutistes, ses sectaires. Il faut s’en prendre à l’opium, pas aux opiomanes. Il faut accélérer le processus de sécularisation et c’est par l’éducation, le maintien d’un État de droit et une laïcité (modérée et tolérante), que l’on progressera en ce sens. Curieusement, Harper et Duceppe, les plus « indignés », se servent de la religion comme d’un marqueur identitaire (le patrimoine !), réservent une place de choix dans leur parti à la hiérarchie religieuse, mettent de côté la science au profit de la « majorité silencieuse » et font la guerre aux juges.

Bref si je vous suit dans vos commentaires Mme Hébert , la charte des droits et libertés protège trop les citoyens ! Ils les protègent tellement bien que la cour Suprême aura toujours le dernier mot sur les gouvernements élus par le peuple!!

Donc en résumé si on doit concéder à la cour suprême le droit inliélable de gérer la démocratie canadienne; changeons donc la constitution et redonnons au gouvernement ses pleins pouvoirs! Il ne faut pas oublier que cette constitution est très jeune( 1982) et n’ a pas eu consensus total puisqu’ elle n’ a jamais été signée par le Québec!

Cet article et les commentaires (dont j’en suis) démontrent le dérapage ridicule de cette campagne électorale. Parler de « cheval de Troie » est exagéré compte tenu du fait qu’on ne parle que de quelques dizaines de personnes à l’échelle du pays par année dans une cérémonie purement symbolique qui inclue le serment à la reine d’Angleterre et non pas du comportement des fonctionnaires ou de l’identification d’une électrice. Les conservateurs veulent berner les électeurs en leur faisant croire qu’il s’agit d’un « cheval de Troie » pour surfer sur une vague à saveur xénophobe (ça plaît beaucoup à leur clientèle) et se faire réélire. C’est une manoeuvre purement politique. En fait ce sont les tribunaux qui vont décider, comme c’est le cas dans toutes les affaires d’allégation de violation des droits garantis par la Charte (et le droit international).

Mais ce qui est le plus décourageant avec cette histoire, c’est qu’on laisse de côté les vraies questions importantes dans cette élection, et, selon moi la plus importante pour la stabilité du pays c’est toute la question des rapports entre les peuples autochtones et les gouvernements. On oublie trop facilement que la question autochtone est de la compétence fédérale selon la constitution et que le gouvernement Harper a agi avec une désinvolture incroyable face aux premiers peuples. Le mouvement « Idle No More » est un pré-soulèvement et tout indique que les tensions entre les autochtones et les gouvernements vont augmenter si on ne fait rien. On parle ici de décolonisation et de réconciliation, des processus difficiles dans les meilleurs cas.

En réalité et malgré les sondages, la majorité des Canadiens se fichent éperdument du niqab dans les cérémonies de citoyenneté mais vont être directement visés et affectés par l’évolution des rapports entre les peuples autochtones et l’État canadien et, néanmoins, cette question n’a pas été abordée sérieusement dans cette campagne électorale… Avec la réélection d’Harper, les lendemains ne chanteront pas fort mais vont faire pas mal de bruit…

Le niqab et après…
De mon point de vue, tant et aussi longtemps qu’on fera du port du niqab une question de religion – et donc une question de croyance et d’adhésion à une telle croyance – et donc du droit de chaque personne d’y adhérer ou non, de le « pratiquer » ou non, nous nous retrouverons dans un cul-de-sac, parce que la question est mal posée, parce qu’elle fait appel à des opinions et que, dans ce domaine, chacun a droit à la sienne.

En effet, la question du port du niqab ou non n’est pas de savoir si certaines personnes ont ou non droit de le porter – pas plus d’ailleurs qu’on se demande si quiconque a droit de porter des lunettes ou un chapeau ou une toge ou que sais-je, que ce soit par nécessité ou pour une quelconque croyance, religieuse ou non.

La seule question à poser, selon moi, est celle-ci: « Est-ce qu’une société a le droit d’exiger certains comportements de tous ses citoyens et de toutes ses citoyennes, non pas que lesdits comportements reposent sur des valeurs supposées admises communément, mais bien parce que jugés indispensables au bon fonctionnement de la société et donc obligatoires pour tous.

La question du port du niqab, puisque c’est de cela qu’il s’agit à l’heure qu’il est, ne doit donc pas se poser en termes de valeurs ou de religions, mais bien et uniquement en termes de règles pour un fonctionnement cohérent d’une société. Bref, la seule question qu’on devrait poser et à laquelle il faudrait répondre est la suivante: « Existe-t-il déjà chez nous des situations auxquelles toutes les citoyennes et tous les citoyens doivent répondre de la même façon et cela quelle que soit leur religion, quelles que soient leurs croyances, quelles que soient leurs valeurs, quelles que soient leurs habitudes de vie, quelle que soit leur origine ethnique, etc.? Bref, pour en revenir au niqab, existe-t-il des situations au Québec et au Canada où toutes les citoyennes et tous les citoyens sont tenus de se présenter à visage complètement découvert? Si la réponse est oui – et je crois qu’il en est ainsi – le niqab dans ces cas et quelqu’autre masque que ce soit doit être banni et ce quel que soit le motif.

Quant au reste, dans la vie de tous les jours, je ne vois pas pourquoi une façon de se vêtir pourrait être prohibée sinon pour des motifs purement subjectifs du genre « connotation mysogyne ou androgyne… », signe que la personne est « victime d’une doctrine délirante » », bref pour des opinions respectables sans doute mais non moins discutables et, à la limite réfutables.

vous en avez fumé du bon Pierre! Êtes-vous sérieux? Les rapports avec les autochtones est impérieusement plus important que le NIQAB!!!!! Sur quelle planète vivez-vous?

@ Pierre,

Vous parlez hélas sans savoir, vous ne connaissez rien du « modus operandi » des intégristes.

Voici en l’occurrence ce qu’écrivait très récemment l’ex-député libérale Fatima Houda-Pepin sur cette question : « Le Québec n’est pas un goulag. Sauf pour les islamistes radicaux qui rejettent la démocratie et militent pour l’implantation de la charia, rien dans notre dispositif législatif n’entrave la liberté de religion des musulmans au Canada. Bien au contraire, aucun pays arabo-musulman ou même occidental ne peut leur offrir un niveau comparable de protection juridique et social. »

Vous voyez et brandissez la Charte précisément là où elle ne s’applique pas. Vous refusez de voir les évidences et Tom Mulcair l’ancien collègue de madame Houda-Pepin préfère se voiler la face (lui aussi) en prenant les gens de haut comme si nous ne comprenions absolument rien aux faits de société.

Monsieur Mulcair ne parle pas en futur Premier ministre, il parle comme un politicien qui ne veut pas s’aliéner plusieurs votes ethniques dont il a absolument besoin pour pouvoir gouverner. Justin Trudeau ne fait pas mieux. Comment expliquer alors que Stephen Harper par ses propos ne s’aliène pas le moins du monde le vote juif, le vote sikh et même le vote musulman ?

Vous voyez une vague de xénophobie là où elle n’existe pas. Je suis très bien accueilli et reçu par les musulmans et pourtant je ne cache pas mon opinion sur le port du niqab. La franchise dans l’Islam est d’ailleurs toujours très bien vue.

Vous cherchez qui plus est à nous culpabiliser, mettant de l’avant la question des premières nations. S’il est bien une personne qui apprécie les premières nations, c’est bien moi. Vous cherchez hypocritement à détourner les vrais débats sur un autre débat.

Vous vous trompez même sur les sondages. S’il est vrai que c’est au Québec que vous trouvez la plus grande proportion de citoyennes et de citoyens tous clivages politiques confondus qui estiment qu’une tenue neutre est bienvenue lors d’une séance d’assermentation, cette opinion raisonnable et mesurée est partagée par une majorité de canadiens partout au Canada.

— La question est finalement plutôt de savoir si messieurs Trudeau ou Mulcair sont réellement les portes étendards du changement ?

Les femmes musulmanes passent leurs vies à se faire défendre ceci et cela. Elles viennent ici en pensant qu’au moins au niveau de la loi, elles pourront choisir et la 1ère chose qu’on feraient serait de leurs opposée une autre interdiction? Je ne crois pas que c’est ainsi que nous aideront leur émancipation. Cela ne se fait pas du jour au lendemain et à mon avis ça doit venir d’elles et de notre part, à travers l’enseignement et le support dans leurs requêtes.

4 ans , qu’ ils ont les femmes musulmanes pour s’ intégrées avant de faire leur serment au pays!! A un moment donné il faut que ça se règle et après 4 ans ils n’ ont pas été capable de s’ intégrer , il ont toujours le choix de retourner dans leur pays!!!!

«Ce serait la première fois depuis l’entrée en vigueur de la Charte que le parti au pouvoir à Ottawa suspendrait ainsi les libertés civiles d’un groupe de personnes — dans ce cas-ci, des femmes musulmanes»
C’est faux. Le seul groupe visé sont les croyants qui sont incapables du moindre compromis civique. et il y a de bonnes raisons pour qu’un État démocratique et pluraliste s’oppose à ça.

Les pays occidentaux ont l’art de multiplier les règles paradoxales dont l’application conduira à la fin de leur civilisation. Le Canada – et le Québec – sont-ils des pays occidentaux, définis par une tradition culturelle propre dont les sources sont connues, ou bien ont-ils vocation à devenir des pays orientaux, soumis à d’autres traditions culturelles qui en sont à l’opposé ? Fallait-il faire la Révolution tranquille pour en arriver là ? Tout immigrant sur le sol canadien devrait se voir imposer un contrat social posant des règles de comportement public claires et non négociables. Celui à qui elles ne conviennent pas n’est pas obligé de rester. Personne ne le retiendra. Et l’on n’a pas à reculer petit à petit par le biais d’accommodements raisonnables de plus en plus déraisonnables et qui ne sont que manifestations de faiblesse, devant les revendications de plus en plus fortes de ceux qui veulent bien profiter du pays sans en accepter les lois et les règles de comportement en société. Il n’est nullement nécessaire de se couvrir le visage pour être bon musulman, sauf dans les pays les plus arriérés et intolérants : Afghanistan, Arabie saoudite, pays du Golfe, Soudan, Somalie et quelques autres. Est-ce là l’idéal vers lequel nous voulons tendre ? Que deviendront nos petits-enfants si c’est là l’avenir que nous leur préparons par manque de lucidité et d’anticipation sur le long terme ?

Franchement, il faut en revenir. Il n’y a pas de problèmes à voter le visage couvert, mais il y a certainement un problème à voter les yeux fermés! S’il y avait autant d’émoi au sujet du coup électoral que viennent de nous faire La Presse, le Toronto Star et le Globe and Mail en couronnant Justin Trudeau «grands défenseurs des droits individuels» 10 jours avant le scrutin, on arriverait peut-être à trouver une façon de mettre tout notre poids dans la défense de nos intérêts. Pour tous les offusqués du niqab, sachez que la manoeuvre a réussi: il s’agissait de marginaliser les Québécois complètement. Maintenant le cirque est parti dans l’ouest canadien, où l’histoire du niqab joue un tout autre rôle – celui de confirmer la victoire des libéraux contre les conservateurs. Alors je ne répète: pas de problème à voter le visage couvert, mais un gros problème à parler, écrire et texter sans réfléchir. Pourquoi souverainistes ne défendrions-nous pas les droits de tous au même titre que nous réclamons les nôtres! Ce serait agir en ligne directe avec Les Patriotes et du même coup on tirerait le tapis sous le pied de ceux qui parlent de défendre les droits individuels comme un simple slogan de campagne.