Economie sociale : le temps de l’ambition

En quoi l’économie sociale et solidaire est-elle un rempart contre la prochaine crise économique ? En quoi est-elle même un ingrédient essentiel dans la transformation du capitalisme ?

C’est ce que j’ai tenté d’expliquer, en juin dernier, devant l’assemblée générale de la Corporation de développement économique de Rosemont-La-Petite-Patrie. Ils l’ont mis en ligne. La voici, en deux parties:

Première partie de deux:

Deuxième partie de deux:

Les commentaires sont fermés.

Faut pas essayer de convaincre des convaincus.
Allez faire cette démonstration devant des gens de l’ADQ ou autre branche de la droite,

M. Lisée,

Dans votre conférence vous nous présentez un chemin tout à fait praticable afin de contrer le terrible problème de la surconsommation et de sa ribambelle d’effets délétères.

Comment se fait-il que nos dirigeants politiques, au pouvoir ou dans l’opposition soient si timides voir même muet sur le sujet ?

Il y a là un projet de société enthousiasmant, porteur et gratifiant pour tous les citoyens.

Y a-t-il des forces obscures qui travaillent dans l’ombre pour empêcher que ce secteur d’activité économique prenne son essor ? Est-ce notre indolence qui met les bâtons dans les roues ?
Peut-être les deux. Mais je vois de plus en plus l’urgence de changer les choses à ce niveau.

Il faut donc porter cette question au niveau politique.

«Aujourd’hui, on peut dire “bite” et “enculé” même au cours d’un dîner mondain, mais on ne peut plus dire “prolétaire” ou “lutte des classes”.»
[ Jean-François Kahn ]

Belle présentation c’est très pertinent mais il faut s’adresser à ceux qui ne sont pas convaincus.

Autrement dit l’indépendance ça ne se demande pas, ça s’acquière. Plus on est autonome, moins on a de compte a rendre. Plus on est responsable de son devenir, plus on s’assume et moins les autres ont d’emprise sur nous.
Existe t-il un important fond de développement de coopératives au Québec. Un fond ou les investisseurs (pour du long terme minimum des 10ans mais aussi des 20,30 et 40ans)aurait un taux d’intérêt minimum garanti) par le gouvernement et ou les gros détenteurs de fonds d’ici pourraient investir pour appuyer le développement de l’économie sociale. J’ai quelques projets sur la glace qui n’attendent que les partenaires sérieux pour avancer.

Un plan ambitieux pour les Québecois serait de créer une coopération de produits pétroliers.

Le plan pourrait s’opérer comme suit (je suis conscient que ça serait plus ardus). Pour commencer, lancer des succursales de distribution de produit raffiné comme l’essence, le diésel et l’huile à chauffage. La coopérative pourrait importer des produits raffinés, selon les cours de la bourse, comme Shell s’apprête à faire avec son ancienne raffinerie.

Ensuite une fois le réseau suffisamment riche, il pourrait envisager de construire une raffinerie, s’appropriant la marge de raffinage (où les profits se prennent de plus en plus) pour soit garder les prix au plus bas ou pour maximiser les ristournes.

Finalement à terme acheter Pétrolia et compagnie pour une intégration complète de la filière pétrolière québecoise. Le mouvement « maitre chez nous » pourrait pousser dans cette direction au lieu de pousser vers une nationalisation ou pour des redevances. Il y a aussi le mouvement Dejardins qui pourrait soutenir ce projet de coopérative en tant que grande sœur.

Évidement les membres de cette coopérative y trouveraient leur compte par les ristournes sur les inévitables profits liés au secteur pétrolier et le Québec tout entier y trouverait son compte en gardant ici toute l’économie du Pétrole. Le mouvement serait aussi avantagé par la loi qui fixe le prix plancher. Les pétrolières majeures ne pourraient même pas se lancer dans une guerre de prix visant à tuer dans l’œuf le mouvement naissant.

En commençant petit et en visant gros, je pense que cette idée serait parfaitement réalisable.

J’aimerais vraiment voir les politiciens (je ne compte pas trop sur les libéraux par contre pour ce genre de projet, mais bon on sait jamais…) encourager la naissance d,un tel mouvement qui serait réellement de nature a enrichir tous les québecois.

Bravo pour votre analyse démystificatrice et plein gaz sur le cap de l’économie sociale et solidaire.

J’aimerais apporter un bémol qui conforte votre point de vue ; dans cette analyse qui court-circuite des éléments d’appréciation sur le niveau de vie et plus généralement sur l’art de vivre.

Dans le calcul de l’indice de la qualité de revenu ; il faut renoncer à l’obsession productiviste ; après tout l’exercice d’une certaine dose du droit à la paresse et par extension au droit à la relaxation (moins d’heures de travail : le temps de travail n’est pas l’essentiel de l’existentiel : le minimum nécessaire devrait suffire dans notre existence fugitive et tellement si courte) n’est pas si mauvais que cela dans le comportement socio économique et culturel du québécois en comparaison du citoyen américain. Moins de stress et son cortège de maladies et moins de suicide dont la japon détient le prix nobel, de ce japon piègé par l’obsession productiviste.

C’est dans le détail et le cumul de ces avantages intangibles mais néanmoins réels que se trouve la pierre angulaires du véritable comparateur ou baromètre d’évaluation du niveau de vie. a bon entendeur salut.

Il va falloir réfléchir au calcul de l’indice national de la sagesse et du bonheur de vivre et cesser d’être prisonnier des calculs réducteurs des indices classiques du niveau de vie économique.

Dommage que vos idées sont soumis à un public restreint.

Imaginez-vous à Tout le monde en parle pour faire le même speech. Des centaines de millier de Québécois seraient à l’écoute.

L’économie solidaire et les coopératives, c’est l’avenir. On évite le contrôle de l’État, tout en redistribuant la richesse et on amène un aspect humain dans l’entreprise.

Au contraire, c’est aux convaincus qu’il faut prêcher. Les convaincus sont prêts à se mobiliser. Les convaincus sont prêts à s’informer, à établir des plans, à réaliser des projets.

Le monde entier plaide pour la fin du capitalisme. Ceux qui n’ont pas encore compris ne seront pas convaincus par un discours. Certains comprendront à la prochaine crise. D’autres à la suivante. Certains ne comprendront jamais. Laissons-les derrière.

Hydro Québec, la Caisse de Dépôts, Desjardins, rien de tout ça n’a été créé par des idéologues de droite. S’il avait fallu convaincre tout le monde pour les créer, nous serons en train de payer l’électricité trois fois plus cher à des étrangers.

Les mouvements sociaux doivent à la fois dénoncer les injustices ET construire des alternatives. Au Québec, l’équilibre n’est peut-être pas encore tout à fait trouvé à cet égard mais surtout il reste à constituer ces alternatives en réseaux, renforçant ainsi la société civile québécoise et chacune de ses composantes. On offre alors aux citoyens davantage de choix en matière de produits et services plus près de leur réalité. Qui parle encore de développement social au Québec (qui est à la base d’un développement économique plus équitable) ?

Avez-vous l’étoffe d’un René Lévesque, vous qui l’avez côtoyer ? Vos talents naturels de pédagogue associés à vos convictions profondes et enfin à votre charme charismatique, pourrait bien servir le Québec.

On a bien besoin d’un rassembleur, pour enfin nous guider hors de l’ornière dans laquelle nous sommes odieusement pris.

Le mouvement Desjardins est le mieux placé pour encourager et financer des initiatives de coopératives de toutes sortes.

Bravo, très éclairant! J’oserais dire que vous apportez quand même un peu d’espoir, M. Lisée, même si ce n’est pas de cela dont nous avons réellement besoin. Mais si ça nous fait bouger, alors, c’est un autre levier… Merci, au nom des gens d’ici.

Ce qui s’est passé et ce qui se passe dans l’économie financière mondiale relève plus de la psychiatrie et de l’immoralité (peur irraisonnée de manquer, avarice sans limite) que des caractéristiques propres de tel ou tel système. On s’est laissé déborder par la folle finance, c’est tout!…
La coopérative n’est pas la panacée! La coopérative n’est qu’un autre système administratif de gestion; et, comme tout système administratif, il a tendance à vivre pour lui-même: à assurer son développement propre au dépens de ceux qui devraient normalement en profiter; c’est dans le code génétique de toute administration…Il faut donc rétablir la méritocratie, quelque soit le système: chacun reçoit en fonction de son investissement personnel, ce qui est la base du capitalisme (investissement monétaire)…
Une économie sociale et solidaire fait intervenir une notion de morale: il faut donc rétablir la morale (pas sûr que l’on y arrive avec le système d’éducation actuel)…
Vous le dites vous-même, à la fin de l’exposé: l’économie finacière a besoin de plus de réglementation; notre système bancaire a mieux survécu que les autres grâce à la réglementation. À défaut de pouvoir rétablir la méritocratie et la morale tout de suite, Il faut donc rétablir d’urgence des…garde-fous, au niveau mondial!… Au niveau mondial, c’est pas facile: les fous tiennent le gros bout du bâton…Est-ce que la folie va gagner? Vous le saurez dans les mois qui viennent…

Un grand absent ici sur ce sujet et j’ai nommé notre ami John Bull. C’est qu’il réfléchit notre ado de service qui sévit normalement en ne pensant pas, mais en répétant ses thèmes favoris jusqu’à plus soif. Mais face à la question fondamentale qu’est l’avenir du capitalisme, il demeure dubitatif.

Omar Aktour des HEC propose une lecture semblable à celle de Québec solidaire en faisant la promotion d’une économie réelle et non de pacotille. L’économie des marchés boursiers favorise les riches alors que le marché des petits épargnants profite immédiatement aux gens qui produisent pour eux et pour leur environnement de proximité.

Un changement de paradigme nous convie en pensant le monde économique autrement. On reviendrait à système à dimension humaine. Où les notions de partage et d’équité sont centrales.

De gras durs à solidaires et responsables…

Vous continuez d’être épatant monsieur Lisée.

Votre vision globale dans les dernières années semble s’être étoffée et solidifiée.

Monsieur Fortin et vous, semblez avoir grandement bénéficiés de cette crise économique générale, dans vos convictions et dans votre argumentaire.

Tout à fait d’accord avec le message de Trebor… Mais, en attendant et souhaitant le moment de voir M. Lisée à la tête du Québec… je transfers tous ses messages sur Facebook et à mes amis à convaincre !!!