Élections 2014 : les chefs se mouillent

Révélation ! Ils ont des réponses fort différentes aux mêmes questions du journaliste Alec Castonguay…

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Tout juste avant le déclenchement des élections, les quatre chefs ont accepté de répondre aux mêmes cinq questions de L’actualité. Voici leurs réponses, publiées dans le numéro du magazine en kiosque depuis le 7 mars, pour nous aider à comprendre la campagne électorale en cours.

Quel est le grand enjeu de la campagne électorale ?

Pauline Marois : L’économie et le renforcement de notre identité. Contrairement à ce que tout le monde dit, on connaît des reculs, notamment sur la langue. Le fait qu’on n’a pas pu faire adopter notre projet de loi 14 sur la langue ne facilite pas les choses.

Philippe Couillard : L’économie, l’emploi, les finances publiques. C’est ce qui préoccupe réellement les gens. C’est avec une économie plus forte qu’on pourra mieux soutenir nos programmes, comme l’éducation et la santé. Trois chiffres résument notre situation : le Québec représente 23 % de la population canadienne, mais seulement 20 % de la richesse du pays ; et la part des dépenses du Québec dans le Canada est de 27 %, bien plus élevée que son poids démographique ou son économie.

François Legault : Élire la meilleure équipe pour gérer le portefeuille des Québécois. La commission Charbonneau a montré tout le gaspillage qui se fait ; le PQ et le PLQ augmentent les taxes et les tarifs, notamment ceux des garderies et de l’électricité. Les citoyens doivent avoir un répit et décider quelle est la bonne équipe pour baisser les taxes et les impôts. Nous allons défendre les contribuables.

Françoise David : La santé. C’est le secteur qui prend le plus d’argent de l’État. De sondage en sondage, on constate que c’est la principale préoccupation des Québécois. Il y a deux vastes problèmes : l’attente à l’urgence et l’attente pour subir des tests ou traitements. Nous voulons nous concentrer sur trois aspects : nouvelles pistes de financement, mesures pour lutter contre le gaspillage et renforcement de la première ligne de soins.

Y a-t-il un problème important dont on ne parle pas assez ?

Pauline Marois: La perte d’influence du Québec dans le Canada. On l’a vue dans nos désaccords avec Ottawa sur la réforme de l’assurance-emploi et sur la formation de la main-d’œuvre, des décisions prises au détriment de nos populations. Il faut nous battre sans arrêt. C’est triste que le fédéral ne soit pas conscient des différences que le Québec représente au Canada.

Philippe Couillard: L’adéquation entre la formation et les emplois. Il y a une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs. Il faut adapter la formation et inciter les jeunes et les immigrants à combler les besoins. Il faut revoir la sélection des immigrants économiques afin qu’ils viennent investir ici et combler notre pénurie.

François Legault:  L’écart de richesse. L’écart entre le Québec et les États-Unis ainsi que le reste du Canada a continué de grandir et est devenu insoutenable. Le Québec est 20 % moins riche que les autres provinces et 40 % moins riche que les États-Unis. On reçoit 9,2 milliards de dollars en péréquation — c’est gênant. On ne peut pas être moins riches que nos voisins et espérer avoir des programmes aussi bons ou meilleurs qu’eux.

Françoise David: L’endettement des ménages. Pour chaque dollar de revenu, une famille a une dette de 1,60 $. C’est très préoccupant. On n’est plus dans la crise de 2008 et ça ne diminue pas. En plus, les libéraux et les péquistes augmentent les taxes et les tarifs, alors que les salaires n’augmentent pas.

Y a-t-il un trésor caché, quelque chose qui va bien, dont on devrait parler davantage ?

Pauline Marois: La créativité des Québécois, qui nous permet d’exercer une grande influence sur la scène internationale. J’ai fait plusieurs missions économiques depuis 18 mois, et vous ne pouvez pas imaginer le nombre de personnes qui sont en admiration devant ce qu’on fait ici. Les entreprises veulent investir au Québec en raison de notre imagination.

Philippe Couillard: La force des jeunes Québécois en mathématiques et en lecture. On l’a encore constatée cet automne avec les résultats internationaux PISA. On est parmi les meilleurs au monde. Coup de chapeau aux élèves, parents et professeurs. Le Québec a encore des défis à relever en sciences, mais notre système d’éducation a si souvent été critiqué qu’il faut aussi souligner ses bons coups.

François Legault: Le fleuve Saint-Laurent. J’en ai même fait un livre ! Il peut être le catalyseur pour relancer le Québec. On doit y créer une vallée de l’innovation ; augmenter ses attraits touristiques, sous-exploités ; hausser le volume de marchandises qui transitent vers les Grands Lacs… Le fleuve est un bijou dont on peut être fiers et qu’il faut mieux utiliser.

Françoise David: L’économie sociale. Des coopératives ou des organismes sans but lucratif créent des emplois dans plusieurs domaines dans toutes les régions. Ce sont, par exemple, des agriculteurs qui font du bio en groupe ou des coopératives qui exploitent la forêt. Il y en a beaucoup en culture. Cette mobilisation citoyenne est extraordinaire.

Les jeunes portent un lourd fardeau sur leurs épaules, avec l’état des finances publiques et le vieillissement de la population. Qu’y a-t-il pour eux dans votre vision ?

Pauline Marois: Je ne suis pas si pessimiste. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on va laisser un monde moins intéressant à nos enfants. Quand j’ai eu mes enfants, il n’y avait pas de congé parental. Il n’y avait pas de services de garde à prix abordable. Ma génération leur laisse de meilleurs services. Il faut continuer à leur offrir l’égalité des chances et la possibilité d’aller au bout de leurs rêves. Il faut que les générations s’entraident, plutôt que de se regarder comme chiens et chats.

Philippe Couillard: Ils ne sont pas attirés par le discours péquiste sur la séparation et le repli sur soi. Ils sont confiants, ouverts sur le monde, alors un enjeu comme la Charte de la laïcité, ça ne les touche pas. Par contre, économiquement, ma génération sera leur fardeau de demain. Il faut assainir les finances publiques et créer de la richesse pour qu’ils aient accès aux mêmes services que nous.

François Legault: Il existe un problème d’équité entre les générations au Québec. Les jeunes ne pourront pas se payer les mêmes services que les baby-boomers. Il faut faire le ménage dans les dépenses du gouvernement et élaborer un plan économique qui va créer des emplois de qualité, pour que les jeunes exploitent leur plein potentiel. Il faut réduire notre dette.

Françoise David: Je fais beaucoup de conférences dans les cégeps, et une des grandes préoccupations des jeunes, c’est la dette écologique qu’on va leur léguer. Les « lucides » parlent de la dette économique, mais l’environnement est un autre fardeau important. C’est navrant. Quand on aura pillé les ressources et tout pollué, on va leur laisser quoi ? Nous allons répondre à ça pendant la campagne.

Les promesses non tenues des politiciens ont été nombreuses au cours des dernières années. Pourquoi les citoyens devraient-ils croire à vos engagements ?

Pauline Marois: Nous allons être très raisonnables dans nos engagements. Parce que nous formons le gouvernement, nous avons une bien meilleure connaissance de l’impact de nos promesses. Nous pouvons le mesurer de manière plus précise, ce qui est plus difficile dans l’opposition. Nous sommes au pouvoir depuis un an et demi et nous avons respecté 59 % de nos engagements. Nous allons être responsables.

Philippe Couillard: Il faut être franc et direct. Je vais continuer de l’être et ne promettrai pas des dizaines de nouveaux programmes — les gens ne me croiraient pas. Nos engagements doivent être concrets, réalistes et chiffrés. Je propose aussi d’instaurer un discours annuel de l’État, en février, un peu comme le discours sur l’état de l’Union, aux États-Unis : un bilan des derniers mois et une perspective de l’année à venir. Il y aurait ensuite débat à l’Assemblée nationale, ce qui permettrait à l’opposition et aux analystes de faire une mise au point sur les promesses et les actions du gouvernement.

François Legault: La CAQ déposera son cadre financier dès le début de la campagne pour montrer comment elle va baisser les impôts des familles. La crédibilité dépendra de l’honnêteté des moyens. Le PQ et le PLQ ont promis de réduire les taxes et les impôts aux dernières élections, mais ils n’ont pas rempli leurs engagements.

Françoise David: Nous allons dire la vérité, déposer un cadre financier, avec une colonne pour les dépenses et une pour les revenus. Nous ne cacherons rien. Ce n’est pas vrai qu’on peut investir dans nos priorités, comme le transport en commun, seulement en réduisant les autres programmes ou services. Il faut avoir le courage de proposer de nouvelles pistes de financement. Certaines grandes entreprises ne seront pas heureuses, mais l’angoisse fiscale des riches ne doit pas nous freiner !

 

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Est-ce que L’Actualité pourrait sortir l’article ou Couillard disait qu’il avait voté OUI en 1980?

M.Arsenault a avoué à la commission que lors des élections la F.T.Q mettait son personnel à la disposition du P.Q et ceci gratuitement .Nous prend-il pour des valises?Maintenant, la F.T.Q. va travailler à faire élire un anti-syndicat Péladeau qui a décrété 14 lock-outs et fait travailler des scabs. Mais, ce n’est pas grave en autant que le P.Q soit majoritaire.et qu’on l’aie notre pays Quelle déception.Mais attention Mme Pauline dans votre parti vous avez beaucoup de traîtres prêts à vous remplacer .

Ce dont on aurait besoin au pouvoir c’est un leader comme Georges Cope qui sait vraiment comment faire un bon ménage. C’est bien beau des belles promesses mais ça ne règle rien.

Informatif, pertinent et sans commentaire subjectif et partisan… Félicitations ( Par contre, à mon avis, celui ou celle qui choisit parmi les INNOMBRABLES photos disponibles des chefs ne fait pas vraiment preuve de bon goût de façon égale !!!! à moins que…… Ah je dois me tromper les gens ne peuvent pas être aussi mesquins que cela….. ( 😉 Pourtant, il y a souvent une corrélation entre le choix des photos et l’allégeance….. Je me trompe… peut-être