La CAQ aux commandes
Élections 2018

La CAQ aux commandes

À moins de 100 jours de l’élection du 1er octobre, Philippe J. Fournier nous présente sa nouvelle projection électorale et lève le voile sur l’hypothèse la plus probable : un gouvernement caquiste majoritaire.

Au cours des trois derniers mois, alors que la dernière session parlementaire de la 41e législature québécoise avait lieu à l’Assemblée nationale, quatre maisons de sondage ont pris le pouls des électeurs québécois afin de mesurer les intentions de vote en vue du scrutin du 1er octobre. Voici ces données :

Bien que les chiffres publiés par ces maisons diffèrent quelque peu, ils s’inscrivent tous à l’intérieur des tendances générales des 12 derniers mois :

  • Forte de ses appuis chez les électeurs francophones, la Coalition Avenir Québec mène le peloton depuis l’automne 2017 ;
  • Le Parti libéral du Québec, bien qu’affaibli depuis sa victoire majoritaire, en 2014, se maintient aux environs de 30 % d’appuis — un vote qui est toutefois concentré dans la région de Montréal et donc peu efficace dans notre mode de scrutin ;
  • Le Parti québécois semble perdre graduellement des plumes, principalement au profit de la CAQ, et risque d’être rayé de la carte dans le sud du Québec.
  • Québec solidaire, après une année 2017 riche en rebondissements (la projection Qc125 d’août 2017 lui accordait 15 % sur la scène nationale !), ne semble pas avoir progressé depuis le Nouvel An. Ni l’arrivée de l’ancien chroniqueur Vincent Marissal ni le départ de son premier député, Amir Khadir, ne semblent avoir fait bouger l’aiguille du côté de QS.

À 96 jours de l’élection québécoise du 1er octobre, voici la projection électorale Qc125 du 28 juin 2018.

Projection du vote populaire

Forte de deux sondages qui lui ont été favorables en juin (Léger, CROP), la Coalition Avenir Québec consolide son avance dans la projection du vote avec une moyenne de 35,2 %, une hausse significative de deux points depuis la projection du 23 mai dernier.

De son côté, le Parti libéral du Québec se maintient avec une moyenne de 30,0 %. Loin derrière la CAQ chez les électeurs francophones, le PLQ conserve toujours la tête à Montréal, Laval et dans l’Outaouais. Toutefois, la route vers la victoire pour le PLQ doit aussi passer par les circonscriptions de l’Estrie et de la Mauricie — deux régions qui ne lui sont pas favorables, selon les chiffres actuels.

Pour la première fois depuis la création du modèle Qc125, le Parti québécois glisse sous la barre des 20 % et n’obtient qu’une moyenne de 19,3 %. Le sondage CROP-Cogeco publié plus tôt cette semaine mesurait des appuis péquistes à 14 %, mais cette valeur semble quelque peu aberrante lorsqu’on la compare avec les données des autres maisons de sondage, et elle a donc été amortie par les algorithmes du modèle. Nous verrons au cours des prochaines semaines si le PQ a réellement chuté à ce point. À la mi-juin, Léger mesurait 19 % d’appuis au Parti québécois.

Québec solidaire demeure stable et récolte une moyenne de 9,7 %. Selon les chiffres actuels, il ne semble pas que QS puisse percer à l’extérieur de l’île de Montréal.

Finalement, le Parti conservateur du Québec (Équipe Adrien Pouliot) récolte une moyenne de 2,5 %, et le Nouveau Parti démocratique du Québec (dirigé par Raphaël Fortin), 2,1 %.

Voici les moyennes des quatre principaux partis avec les intervalles de confiance de 95 % :

Projection des totaux de sièges

Sans surprise, la Coalition Avenir Québec trône confortablement en tête de la projection de sièges avec une moyenne de 70,9, une hausse importante de 8 sièges depuis mai 2018. L’hypothèse la plus probable avec les chiffres actuels serait donc un gouvernement caquiste majoritaire :

Le Parti libéral du Québec parvient à traduire son vote populaire moyen de 30,0 % à une récolte moyenne de 40,6 sièges. La baisse du PQ, combinée à la progression de la CAQ, fait que le PLQ, même si ses appuis demeurent stables, s’éloigne graduellement du pouvoir, selon ces chiffres.

Par conséquent, les chiffres désastreux de juin pour le Parti québécois font chuter sa projection de sièges à une moyenne de seulement 9,2. Il s’agit certainement d’un nouveau creux pour le PQ, mais ces chiffres représentent-ils vraiment la réalité sur le terrain ? Se pourrait-il que les quatre maisons mentionnées plus haut sous-estiment les appuis péquistes ? Les chiffres des prochaines semaines aideront à confirmer ou à infirmer cette tendance.

Voici les intervalles de confiance de 95 % :

Voici les densités de probabilités de la projection de sièges pour la CAQ, le PLQ et le PQ :
Et voici celle de Québec solidaire :

L’hypothèse la plus probable pour QS selon les chiffres actuels est une récolte de quatre circonscriptions, soit les trois qu’il détient déjà (Gouin, Mercier, Sainte-Marie-Saint-Jacques) et la circonscription voisine d’Hochelaga-Maisonneuve.

En arrondissant les moyennes de sièges à l’unité près, voici ce que nous obtenons :

Projection du vainqueur

Évidemment, il n’est pas étonnant de constater que, avec les chiffres actuels, la Coalition Avenir Québec sort lourdement favorite de cette projection. En effet, parmi les 50 000 simulations, la formation de François Legault obtient une majorité ou une pluralité de sièges dans une proportion écrasante de 98,4 % des simulations.

Une majorité caquiste est maintenant l’hypothèse la plus probable et survient dans un peu plus de quatre simulations sur cinq (82,5 %).

Une victoire du Parti libéral du Québec, avec une probabilité de seulement 1,2 %, est une hypothèse maintenant hors de l’intervalle de confiance et serait considérée comme une aberration.

Attention : le graphique ci-dessus indique que la CAQ l’emporterait tout probablement si une élection avait lieu aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une prédiction pour le scrutin du 1er octobre.

Distribution régionale

Voici les cartes régionales de cette nouvelle projection Qc125. Les couleurs pâles indiquent les circonscriptions pivots. Les circonscriptions blanches sont considérées comme trop serrées pour mériter une couleur. Vous pouvez consulter la carte interactive de la projection en visitant ce lien.



En conclusion

En janvier dernier, nous étions en droit de douter que la CAQ puisse se maintenir en tête des intentions de vote pour la durée de cette session parlementaire. Non seulement la CAQ est demeurée en tête, mais il semble qu’elle ait continué sa progression en grugeant principalement des appuis au Parti québécois au cours de l’hiver et du printemps.

La question brûlante devient maintenant : la CAQ est-elle en mesure de tenir le coup pendant cette précampagne estivale et de faire voter ses partisans le jour du scrutin ? Aura-t-elle une organisation capable de rivaliser avec les machines bien huilées du PLQ et du PQ ?

Nous aurons la réponse dans 96 jours.