Ce bon vieux changement
Élections 2018Regard humoristique

Ce bon vieux changement

S’il y a bien une chose que Céline Dion nous a apprise, c’est qu’on ne change pas. Alors peu importe qui gagne la prochaine élection, le Québec ne se réveillera pas fondamentalement différent le 2 octobre.

Un des thèmes de la campagne électorale de 2018 sera… « LE CHANGEMENT ».

Oui, le changement, encore, comme lors des huit dernières élections, parce que s’il y a bien une chose que Céline Dion nous a apprise, c’est qu’on ne change pas. On met juste les costumes d’autres sur soi.

Et comme une veste ne cache qu’un peu de ce qu’on voit, merci encore Céline, difficile de ne pas voir que sous la veste du changement, ce sont bien la CAQ et le PLQ. Ce n’est pas exactement eux qui vont nous brasser le paradigme.

Pour prouver que François Legault ne peut pas représenter le changement et la nouveauté, les plus jeunes candidats du Parti Libéral ont posté sur Twitter une photo d’eux en 1998.

En 1998, Céline pleurait la mort de Jack sur l’air de My heart will go on, et François Legault se joignait au Parti Québecois. C’était la belle époque, avant l’invention de la coupe de cheveux moderne…

… alors la veste en jeans se portait encore de façon non-ironique.

Si on admire le courage de ces aspirants-politiciens qui se montrent tels qu’ils étaient à une époque peu flatteuse de leur plastique, on a quand même envie de leur demander s’ils sont au courant qu’ils se présentent pour le Parti Libéral du Québec.

Voyons, les libéraux! Vous êtes les Rolling Stones de la politique au Québec : vous êtes là depuis une éternité et vous jouez toujours les mêmes vieux succès comme « I can’t get no REFERENDUM! » et « You can’t always get what you want en ces temps d’instabilité économique ».

Quand Jean Charest est arrivé au pouvoir, Changer de Jean-François Breault et Marie-Ève Janvier était numéro 1 à la radio. On changeait pour que la passion nous délivre, mais on changeait surtout un gouvernement pour un autre qui est encore là 15 ans plus tard.

Mon fils avait deux ans au début du règne libéral. Il a aménagé en appartement samedi dernier. ÇA, c’est du changement.

Le Parti Libéral qui rit de la longévité politique des autres, c’est comme si Matusalem entrait dans une hospice pour y traiter les résidents de vieux schnocks.

Aussi, il suffit d’une petite recherche sur Google pour découvrir que…

Le vent de fraîcheur a une petite odeur de boule-à-mites.

Cela dit, il faut avouer qu’il est vrai que le parti de Philippe Couillard présente son lot de nouveaux visages en 2018. *Tousse*

Parce que la moitié des députés ont décidé de quitter le navire. *Tousse*

Mais la CAQ aussi propose des candidats tout frais. Marguerite Blais, par exemple.

La semaine dernière, alors que la canicule nous permettait de faire cuire une dinde simplement en la laissant traîner sur le comptoir, elle avait ceci à dire :

Immédiatement, on se dit que la Ministre responsable des Aînés de 2007 à 2012 (dans un gouvernement en poste depuis 2003) a bien raison. Et on se demande qui est responsable de cette situation. Et on se dit qu’il serait temps d’essayer quelque chose de nouveau. Nouveau comme… elle?

Et le Parti Québécois, lui? La dernière fois que j’ai entendu parler de lui, il dénonçait une situation « inacceptable », dixit le député Pascal Bérubé: l’anglais sur les plaques d’immatriculation personnalisées. L’anglicisation du Québec passerait donc maintenant par des mots de 7 lettres à l’arrière des bazous des citoyens? On va se le dire : le successeur de la vendeuse anglophone du Eaton fait pic-pic pas mal.

La vérité, c’est qu’aucun des trois principaux partis ne représente un grand changement. Ils ne sont pas interchangeables pour autant, comprenez-moi bien. Mais peu importe qui gagne l’élection, le Québec ne se réveillera pas fondamentalement différent le 2 octobre. Et c’est correct. Le Québec ne rêve probablement pas de changer radicalement. Après tout, on ne change pas, on attrape des airs et des poses de combat.