La course à l'Assemblée nationale décryptée
Élections 2018

La course à l’Assemblée nationale décryptée

Il ne reste plus que 74 jours avant les élections générales au Québec. Bien que les Québécois se trouvent présentement à des années-lumière de la politique, nos politiciens ratissent déjà leurs circonscriptions, avec pour objectif de faire bouger l’aiguille en leur faveur.

L’opération d’aujourd’hui consiste en une mise à jour du classement des 125 circonscriptions par parti en ordre de probabilité de victoire. Il s’agit d’une façon visuelle de représenter le chemin de la victoire pour la CAQ, le PLQ et le PQ.

Pour ce qui est de Québec solidaire, comme ce parti n’est présentement pas concurrentiel dans de nombreuses régions du Québec, nous limitons cette liste à 12 circonscriptions, soit le seuil que QS doit atteindre afin d’obtenir la reconnaissance officielle de parti à l’Assemblée nationale.

Les données utilisées pour ces classements proviennent de la projection électorale Qc125 du 28 juin 2018 publiée dans L’actualité. Ces données par circonscription sont aussi accessibles sous forme de carte interactive.

Les circonscriptions sont classées en quatre catégories :

  • Les circonscriptions solides : probabilité de victoire supérieure à 95 % ;
  • Les circonscriptions probables : probabilité de victoire entre 80 % et 95 % ;
  • Les circonscriptions pivots : probabilité de victoire entre 60 % et 80 % ;
  • Les pivots blancs : probabilité de victoire inférieure à 60 %.

Je rappelle aux lecteurs et lectrices que ces données ne constituent pas une prédiction pour le résultat du scrutin du 1er octobre prochain, mais bien une projection du portrait actuel, selon les données présentement disponibles. Lorsque de nouvelles données seront publiées, les projections seront mises à jour.

La route vers 63 sièges pour la CAQ


Quelques observations :

La route vers 63 sièges pour le PLQ

Fort d’une victoire de 70 circonscriptions en 2014, le PLQ a perdu de nombreuses plumes depuis, particulièrement auprès de l’électorat francophone. Néanmoins, nous pouvons constater sur la figure ci-dessous que le PLQ possède tout de même une base solide.

Quelques observations :

  • Les 23 premières circonscriptions de cette liste sont les bastions libéraux qui demeureront probablement inébranlables d’ici le 1er octobre. Parmi celles-ci se trouvent les 13 circonscriptions de la moitié ouest de Montréal, ainsi que deux circonscriptions de la région de l’Outaouais : no 17 Pontiac et no 22 Hull.
  • Les positions no 24 à no 30 sont les circonscriptions libérales probables. Parmi elles se trouvent deux autres circonscriptions de l’Outaouais, no 24 Chapleau et no 27 Papineau, ainsi que deux circonscriptions lavalloises, no 25 Fabre et no 30 Mille-Îles.
  • Les circonscriptions pivots libérales commencent à la position no 31 Gatineau jusqu’à no 38 Sherbrooke. Le fait que le PLQ peine à se rendre jusqu’à 40 sièges est certainement une indication sérieuse de la baisse de popularité du gouvernement Couillard.
  • Justement : la circonscription du premier ministre Philippe Couillard est elle-même en danger : no 40 Roberval est un pivot blanc, selon la dernière projection.

La route vers 63 sièges pour le PQ

Quelques observations :

  • Selon les données de la projection, il ne reste qu’une seule circonscription péquiste solide : il s’agit de Matane-Matapédia, circonscription du leader parlementaire péquiste Pascal Bérubé.
  • Les positions no 2 à no 6 sont les circonscriptions probables et pivots du Parti québécois : no 2 Gaspéno 3 René-Lévesqueno 4 Rimouskino 5 Bonaventure et no 6 Duplessis.
  • Alors comment le PQ obtient-il une moyenne d’environ neuf sièges dans la projection ? La réponse est simple : le PQ demeure hautement concurrentiel dans de nombreuses circonscriptions, même s’il n’est pas actuellement présenté comme étant le favori. Parmi ces circonscriptions qui pourraient retourner au PQ si celui-ci parvient à reprendre quelques points (ou quelques fractions de point !) : no  7 Jolietteno  11 Lac-Saint-Jeanno  12 Jonquièreno  13 Rosemont et no  16 Marie-Victorin. Si le PQ pouvait remonter de quelques points et s’approcher de son total de 25 % aux élections de 2014, il pourrait sérieusement brouiller les cartes.

La route vers 12 sièges pour QS


Quelques observations :

  • À moins d’un revirement majeur, les trois circonscriptions présentement détenues par Québec solidaire (no  1 Gouinno  2 Mercier et no  3 Sainte-Marie–Saint-Jacques) ne devraient pas changer de couleur. Sur la figure ci-dessus, Sainte-Marie–Saint-Jacques est étiquetée comme probable, notamment parce que Mme Massé n’a remporté cette circonscription que par moins de 100 votes en 2014. Néanmoins, puisque ses deux adversaires principaux, soit le PQ et le PLQ, ont perdu du terrain dans la métropole dans la dernière année, il serait fort étonnant que Mme Massé perde sa réélection. C’est à suivre.
  • La circonscription qui a le plus de probabilité de tomber aux mains de Québec solidaire demeure encore no 4 Hochelaga-Maisonneuve, présentement représentée par la députée péquiste Carole Poirier. Mme Poirier a remporté cette circonscription par un peu plus de 1 000 votes en 2014 (avec près de 35 % des suffrages). Il s’agira à coup sûr d’une circonscription à surveiller pendant la campagne.
  • Avec les chiffres actuels, le plafond réaliste de Québec solidaire se situe à six circonscriptions, car ce parti possède des probabilités de victoire non négligeables dans no  5 Rosemont et no  6 Laurier-Dorion. À partir de la position no  7 Taschereau, les probabilités de victoire de QS deviennent négligeables (voire nulles).

Les probabilités et projections des 125 circonscriptions seront mises à jour dès que de nouvelles données deviendront disponibles. Les prochains sondages seront fort probablement les derniers de la précampagne. Nous pourrons donc mesurer les niveaux d’appuis pour chacun des partis présents sur la ligne de départ de la campagne.