Un bulletin qui fait honte !
Élections 2018

Un bulletin qui fait honte !

La seconde édition du bulletin des ministères de L’actualité montre que, malgré quelques progrès, près de la moitié des ministères planifient toujours mal ou pas du tout leurs actions et la gestion de leurs ressources. Et parmi les cancres, l’un s’illustre avec un plan particulièrement lamentable : le ministère de l’Éducation. 

Denys Jean a beau être habitué à lire et à entendre des critiques sur la fonction publique québécoise, ce vieux routier de l’appareil étatique, sous-ministre dans plusieurs ministères depuis 1991, avoue avoir eu un « choc » en lisant les conclusions désastreuses du premier bulletin des ministères de L’actualité, publié en octobre dernier. Lui qui surveille l’efficacité de la machine gouvernementale en tant que secrétaire au Conseil du Trésor depuis avril 2017 voyait pour la première fois un portrait d’ensemble de la gestion des principaux ministères, analysée par un chercheur indépendant. « Ça nous a fait réfléchir », dit ce haut fonctionnaire de 64 ans au ton parfois cassant.

C’est dans le bureau aux murs beiges jadis occupé par le premier ministre Robert Bourassa, au quatrième étage de l’austère édifice de béton surnommé le « bunker », en face du parlement, que Denys Jean a ouvert le magazine l’automne dernier. Ce grand bureau est aujourd’hui celui de son patron, le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand. Les deux hommes ont pris connaissance de notre enquête en même temps, quelques jours à peine après l’entrée en fonction du ministre à la suite d’un remaniement du cabinet Couillard.

Issu du milieu des affaires, où la planification stratégique est cruciale pour une entreprise qui souhaite atteindre ses objectifs, Pierre Arcand n’a pas davantage aimé nos constatations sur la gestion des ministères, dont le Conseil du Trésor est le chien de garde en vertu de la Loi sur l’administration publique. « J’ai vu ça comme un défi d’amélioration », dit-il en entrevue.

Les conclusions du bulletin de cette année risquent de faire de nouveau grimacer le ministre, puisque seulement quatre ministères obtiennent la note de passage pour la qualité de leur planification. La moyenne est d’à peine 47 %, ce qui signifie que la moitié de la planification stratégique des ministères est déficiente — un résultat semblable à celui de l’an dernier. Autre exemple : les ministères ont atteint seulement 44 % des cibles qu’ils se sont eux-mêmes fixées.