L'avance peu confortable de la Coalition avenir Québec
Élections 2018

L’avance peu confortable de la Coalition avenir Québec

Il n’est pas impossible que la CAQ et le PLQ se retrouvent nez à nez dans les intentions de vote des Québécois, explique Philippe J Fournier. Le PQ peut encore espérer remporter une vingtaine de sièges.

Un premier sondage Léger/Journal de Montréal de cette (pré)campagne a été publié samedi. Ce coup de sonde, conduit à l’aide d’un panel web de 2488 répondants du 10 au 14 août dernier, contenait peu de surprise outre le fait que les intentions de vote des Québécois n’aient pas bougé de façon significative au cours de la période estivale.

Ainsi, après répartition proportionnelle des indécis, la formation de François Legault obtient 36 % des intentions de vote, suivi du Parti libéral avec 30 %. Loin derrière, le Parti québécois se maintient à 18 % et Québec solidaire ferme la marche avec 10 %.

Nous ajoutons donc ces nouvelles données au modèle Qc125 et mettons à jour ici la projection électorale (une brève explication de la méthodologie se trouve à la fin de cet article).

Projection du vote populaire

À 42 jours du scrutin au Québec, la Coalition avenir Québec détient toujours une avance peu confortable au sommet des intentions de vote des Québécois. En effet, la CAQ obtient une moyenne de 34,8 % du vote populaire, un niveau stable depuis la semaine dernière.

Le Parti libéral suit non loin derrière avec 31,1 % de moyenne. Comme nous pouvons le remarquer sur la figure suivante, les intervalles de confiance de la CAQ et du PLQ se croisent de façon significative. Sans toutefois parler d’égalité statistique, si le PLQ devait être sous-estimé par les sondages, il serait plausible, avec les chiffres actuels, que la CAQ et le PLQ soient nez à nez dans les intentions de vote.

Le dernier sondage Léger n’a pas été tendre envers le Parti québécois. Avec seulement 18 % des répondants décidés (14 % avant répartition des indécis), le PQ tirerait de l’arrière dans chacune des sept divisions régionales présentées par ce sondage, soit Montréal, Montérégie, Capitale nationale, Laval-Laurentides-Lanaudière, Grand Centre du Québec, Ouest et Est. De plus, avec seulement 11 % à Montréal et 20 % en Montérégie, toutes les circonscriptions péquistes de la région métropolitaine doivent être considérées en danger de changer de couleur.

Dans cette nouvelle projection Qc125, le PQ obtient une moyenne de 18,1 %.

De son côté, Québec solidaire demeure stable avec une moyenne de 9,6 %.

Projection des totaux de sièges

Avec une telle avance dans les intentions de vote, la Coalition avenir Québec remporte une moyenne de 68,1 sièges. Le scénario le plus probable avec les chiffres actuels serait donc une courte majorité caquiste.

Avec ses appuis actuels, le Parti libéral remporterait une moyenne de 43,9 sièges. Donc, même si la CAQ demeure la formation favorite avec ces chiffres, nous remarquons que les intervalles de confiances des totaux de sièges caquistes et libéraux se croisent substantiellement :

Voici les densités de probabilités des totaux de sièges pour la CAQ, le PLQ et le PQ:

Nous pouvons constater que la courbe péquiste est hautement asymétrique. Pourquoi? Sur la carte de la projection, nous pouvons remarquer que le PQ n’est projeté en avance que dans six circonscriptions, mais comme le PQ est compétitif dans plusieurs autres (principalement dans les régions du 450, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi), quelques points de plus au niveau national et le PQ pourrait remporter une quinzaine ou une vingtaine de sièges. En effet, l’efficacité potentielle du vote péquiste est telle qu’une faible augmentation de ses appuis pourrait complètement chavirer cette projection.

En arrondissant les moyennes des totaux de sièges à l’unité près, voici ce que nous obtenons:

Projection du vainqueur

En compilant les résultats de 50 000 simulations d’élections générales, la Coalition avenir Québec remporte le plus grand total de sièges dans près de neuf simulation sur dix.
De son côté, le Parti libéral remporte 10 % des simulations. Avec les appuis actuels, seule une forte division du vote dans des régions clés peut mener à une courte victoire libérale minoritaire.

Distribution régionale

Pour consulter la carte complète de la projection, visitez ce lien. Sur les cartes, les circonscriptions pâles indiquent les comtés pivots, où les probabilités de victoire du parti en tête sont sous les 80 %.



En conclusion

Pour conclure, quelques observations:

  • Il y a toujours triple égalité statistique dans Rosemont, mais la piètre performance du PQ sur l’Île de Montréal dans les récents sondages laisse entrevoir une minuscule avance de Québec solidaire. Dans cette circonscription comme dans plusieurs autres, la bataille de terrain sera déterminante.
  • Trois circonscriptions libérales de l’Île de Laval sont présentement des circonscriptions pivots: Sainte-Rose, Laval-des-Rapides et Vimont.
  • À l’exception de la circonscription de Joliette qui demeure encore incertaine, la projection actuelle prévoit que la CAQ pourrait balayer la région de Laurentides-Lanaudière, y compris toutes les circonscriptions de la Couronne nord de Montréal (les Basses Laurentides).
  • La route vers 63 sièges pour la CAQ contient plusieurs circonscriptions péquistes de l’est de la Montérégie, notamment Taillon, Verchères, Richelieu et Saint-Jean.
  • Dans la Capitale nationale, la CAQ est en position d’enregistrer des gains importants aux dépens des libéraux. Seul le bastion libéral de Jean-Talon demeure, de justesse, favorable au PLQ. La circonscription de Taschereau, au centre-ville de Québec, semble toujours incertaine.
  • En Estrie, où le PLQ a raflé les six circonscriptions en 2014, cinq des six circonscriptions sont des pivots, selon les chiffres actuels.
  • Les circonscriptions péquistes les plus probables se trouvent dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Matane-Matapédia semble pour l’instant être la seule circonscription péquiste solide.
À propos de la méthodologie:
Cette projection électorale Qc125 est basée sur les sondages publiés au Québec ces derniers mois, particulièrement les sondages Léger, CROP et Recherche Mainstreet depuis juin 2018. Par ailleurs, le modèle utilise les données du recensement canadien et l’historique électoral des 125 circonscriptions du Québec afin de déterminer les tendances et corrélations entre les régions du Québec. De plus, il utilise une distribution non proportionnelle des indécis en lien avec l’historique des performances des sondages électoraux au Québec.Chaque sondage utilisé dans cette projection est pondéré selon la taille de son échantillon et sa date de terrain. Les sondages récents possèdent une pondération plus importante. Au cours de la campagne, l’étendue des sondages utilisés ne dépassera pas deux semaines, mais comme il s’agit toujours de la précampagne, les sondages des trois derniers mois ont été considérés. Pour plus de détails sur la méthodologie Qc125, visitez cette page.