Voter mieux, voter localement
Élections 2018Carnets de campagne

Voter mieux, voter localement

En ne vous intéressant qu’à la campagne nationale, vous risquez gros. Mathieu Charlebois vous suggère d’aller voir un débat entre vos candidats locaux, pour éviter (ou découvrir) une mauvaise surprise.

Il a d’abord affirmé qu’il allait rester en place et continuer sa campagne — ce qui est toujours le signe que ce ne sera pas le cas —, mais le candidat Guy Leclair a finalement jeté l’éponge. Accusé de conduite avec les facultés affaiblies et refus d’obtempérer à un ordre d’un agent de la paix, il s’ajoute à une liste de plus en plus longue de candidats qui mettent leur parti dans l’embarras.

On pense à Philippe Laplante, du Parti conservateur, qui nous a rappelé qu’il ne faut jamais s’attacher à quoi que ce soit sur Internet. Oui, il était drôle à voir dans sa vidéo où il nous parle du prix de l’essence et de sa BMW. Mais laissez la caméra rouler cinq minutes de plus et vous le verrez peut-être écraser une femme autochtone avec son bazou.

On pense aussi à Stéphane Le Bouyonnec, dont le rôle dans une entreprise de prêts privés plombait la campagne de la CAQ, comme un prêt à 90 % d’intérêt peut plomber ton budget.

Il y a aussi eu Pierre Marcotte, le presque candidat que le PQ a failli présenter alors que son passé numérique avait été moins scruté que s’il avait été engagé pour flipper des boulettes chez Ti-Oui. Le cas de Marcotte ressemble beaucoup à celui de Muguette Paillé, qui est venue rappeler que certaines des pires choses qu’on peut lire sur Internet sont écrites par des grands-parents qui partagent aussi des images de couchers de soleil avec phrase inspirante, comme « Le bonheur, c’est le plaisir d’être heureux ».

Et il y a le cas de Michelle Blanc, qui est encore là AU MOMENT OÙ J’ÉCRIS CES LIGNES. (Et il faut le spécifier, parce que qui sait ce qu’on va trouver dans 15 minutes sur son compte Twitter ?)

Michelle Blanc, rappelons-le, est une spécialiste en gestion de crise sur le Web. Elle offre des forfaits complets de type 360 degrés :

  • Elle crée la crise.
  • Elle l’empire.
  • Elle la calme.
  • Elle la règle.

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Cela dit…

C’est normal qu’il y ait des candidats douteux par-ci par-là. Juste avec les quatre principaux partis, à 125 candidats chacun, on se retrouve avec 500 candidats. Ils ne peuvent pas tous être la crème de la crème. La petite crémette à 5 % au travers est inévitable.

C’est pourquoi j’ai pris, il y a quelques élections déjà, l’habitude de me rendre au débat des candidats de mon coin. Il y en a toujours un d’organisé par un groupe communautaire ou le Cercle des fermières, et c’est toujours extrêmement instructif.

En 2011, année de la vague néo-démocrate, j’y ai découvert que mon candidat orange était en fait un citron qui parlait à peine français et ne connaissait pas le programme de son propre parti. Je me suis imaginé ma deuxième voisine, une dame âgée un peu mêlée, entrer dans son bureau et lui expliquer ses problèmes. C’était impossible qu’il comprenne ce qui se passe, et pour ça, c’était impossible qu’il ait mon vote.

L’élection provinciale suivante, j’avais l’œil sur un candidat au CV fort intéressant. Mais au débat à quelques rues de chez moi, j’ai eu l’horreur de découvrir que ce monsieur était complètement vide et qu’on l’avait rempli (et seulement qu’à moitié) avec des slogans du parti. Comme je ne pouvais pas voter pour sa pancarte, qui avait plus de substance que lui en personne, mon X est allé ailleurs.

En ne vous intéressant qu’à la campagne nationale, vous risquez gros. Si vous ne prenez pas une petite soirée de votre temps pour aller voir un débat entre VOS candidats, vous votez peut-être sans le savoir pour un nono raciste qui flashe sa BMW, pour un idiot ou, pire, pour une spécialiste des médias sociaux.

De rien !