Comment va le Québec ?
Élections 2018

Comment va le Québec ?

La question est simple, la réponse est tout en nuances. Pour aider les électeurs à faire leur choix, L’actualité a passé au peigne fin les 125 circonscriptions du Québec… et a fait des découvertes surprenantes.

Le Québec est sur la corde raide. Au boulot, le patron en demande plus, mais le salaire ne suit pas. À la maison, avec les enfants, c’est la course du lever au coucher. Et il y a papa et maman qui prennent de l’âge et dont la santé fragile requiert davantage d’attention.
Aux nouvelles, les manchettes sur la pénurie de main-d’œuvre et la bonne tenue de l’économie s’enchaînent, mais dans la vie quotidienne, la majorité des Québécois ne le ressentent pas. L’inquiétude prend toute la place. Selon un sondage Angus Reid publié le 1er août dernier, 60 % des Québécois affirment qu’il est de plus en plus difficile de maintenir le rythme de vie de la classe moyenne dans leur collectivité.

De l’inquiétude à l’angoisse, puis de la frustration à la colère, la palette des sentiments est vite franchie. Ce n’est pas propre au Québec. Tout l’Occident est dans le même bateau. La planète change rapidement, les frontières physiques et numériques sont plus poreuses que jamais. Les repères s’effondrent. Dans cet inconfort prend racine le populisme. Les gens cherchent des solutions. Et l’attrait de la simplicité à l’ère du manque de temps ne se dément pas, même si les problèmes sont souvent complexes.

De bains de foule en porte-à-porte, les politiciens en campagne électorale reçoivent le message haut et fort. Un cri de détresse qu’il vaut mieux tenter de comprendre que de repousser.

Depuis une vingtaine d’années, le Québec a beaucoup changé. En 1996, Internet était une étrange bibitte, la délocalisation des usines en était à ses balbutiements, les camps du Oui et du Non digéraient le résultat serré du référendum et Jean Charest était encore un politicien fédéral ! C’est dire.

Pendant ces deux décennies, sans trop s’en rendre compte, certaines circonscriptions du Québec ont vu le sort de leurs habitants s’améliorer de manière spectaculaire, alors que d’autres souffrent, négligées par les médias et les autorités.

Lesquelles ? Où se retrouve le Québec des oubliés ? Celui qui va mal et dont le prochain gouvernement devra s’occuper ? En revanche, quelles circonscriptions ont décollé et prospéré ?

 

 

En contexte électoral, ce n’est pas une information anodine. La santé économique et sociale d’une collectivité dicte les enjeux locaux : des villages ferment des écoles, faute de jeunes, alors que d’autres, en croissance, doivent les loger dans des roulottes temporaires, faute de places. Dans certains coins de la province, la fréquentation des banques alimentaires grimpe, alors qu’ailleurs c’est la valeur des logements qui bondit.

Au moment de faire leur choix dans l’isoloir, le 1er octobre prochain, les électeurs seront nombreux à se demander : est-ce que ça va mieux chez moi, dans mon coin, depuis quelques années ?