Cette impression de me faire prendre pour un nono

De la théorie du complot de Jean-François Lisée aux amis pauvres de Philippe Couillard en passant par les hésitations de François Legault, Mathieu Charlebois a parfois l’impression que les politiciens se moquent des électeurs.

Photo: Antoine Bordeleau

Est-ce la fatigue ? Je veux dire… Je rêve ces jours-ci d’habiter dans une dictature, mais ça ne veut pas dire pour autant que cette élection est trop longue. N’est-ce pas ?

Toujours est-il que depuis une semaine, j’ai l’impression de me faire prendre, moi, l’électeur, pour un nono.

Je pense à Jean-François Lisée, qui s’est rappelé cette semaine qu’il n’y a rien qu’un électeur péquiste aime plus qu’une bonne vieille théorie du complot.

* Partez la musique d’Halloween *

La une de La Presse Plus contient des messages codés ! Quand tu écoutes le Téléjournal de Radio-Canada à l’envers, tu peux entendre le Ô Canada ! Québec solidaire est secrètement dirigé par le cerveau de Trotski conservé dans un bocal de formol !

Whouuuuuuuuu !

Bon, peut-être pas Trotski dans le formol, mais il n’en demeure pas moins que le mystérieux chef de QS reste caché parce que… parce que… personne ne nous dit exactement pourquoi.

C’est vous dire à quel point le complot a de profondes racines !

Wouuuuuuuuuuuuh !

***

Philippe Couillard aussi nous prend pour des nonos avec ses histoires d’épicerie à 75 $. Remarquez, c’est possible que ça ne coûte pas cher d’épicerie à Philippe Couillard s’il passe ses semaines avec un pied dans la bouche.

Sa bourde a même attiré l’attention de la BBC, qui en a fait un article. Bonne chance pour faire élire un député libéral dans la circonscription de Londres-Matapédia maintenant.

Les journalistes ont consulté des nutritionnistes et leur verdict est sans appel : ce n’est pas possible de faire une épicerie pour si peu. À ces prétendus « experts », Philippe Couillard répond ceci :

« Malheureusement, ces nutritionnistes n’ont pas rencontré les bonnes personnes. Il faut rencontrer les gens. Moi, je connais personnellement du monde qui l’a fait et qui le fait. »

Certains ont des amis noirs, Philippe Couillard a des amis pauvres.

Le premier ministre nous a aussi offert son truc du porc sans fin, qui commence en rôti, continue en pâté chinois, se transmute en macaroni pour finalement se multiplier en sandwichs. Comme le dit le proverbe : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui donnes un rôti de porc, il va être correct pour au moins deux semaines. »

***

Et finalement, les explications de François Legault sur ses mesures en immigration.

On connaît sa proposition : les nouveaux arrivants vont devoir passer des tests. C’est assez important pour en faire une promesse électorale, mais s’ils ne les réussissent pas, ils vont pouvoir les reprendre autant de fois qu’ils le veulent. Ils ont trois ans pour y arriver, mais on peut aussi leur donner une année de plus.

Et si des immigrants n’y arrivent pas malgré toutes ces chances, eh bien…  ça dépend du moment auquel vous demandez à François Legault.

Un jour, ce n’est pas grave si on les déporte, parce qu’on parle « d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens ». Le lendemain, il nous assure que si c’est un père de famille, on ne l’expulsera pas non plus.

Oh, et de toute façon, le surlendemain, le chef caquiste va ajouter qu’il « n’est pas question d’expulser une personne. On dit qu’on ne va pas les accepter. »

Grosse nuance.

Et que va-t-il arriver à une personne qui n’est « pas acceptée » ? Pour le savoir, il faut demander au gouvernement fédéral, nous dit Legault.

Legault nous propose d’être comme le père qui répond : « Va demander à ta mère » quand son ado lui demande une permission spéciale. Au final, l’ado va se faire dire non et l’immigrant qui est ici depuis trois ans va se faire retourner dans son pays, mais pas directement par nous. Nous, on va pouvoir continuer à croire qu’on est un parent cool, et c’est tout ce qui compte.

Franchement, je ne me souviens pas avoir déjà vu un politicien mettre autant d’énergie à essayer de convaincre l’électorat que les mesures qu’il veut mettre en place n’auront AUCUNE incidence.

Nous prendre pour des nonos, est-ce que ça fait partie des valeurs québécoises ? Est-ce que ça va être dans le test ?

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18 commentaires
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Et rien à dire sur QS?
Pourtant avec eux c’est tout leur programme qui nous prend pour des nonos.

Hâte que ce soit fini. Tanné de ce chamaillage de cour d’école. Et tout autant de voir les médias en faire quotidiennement leurs choux gras. Grosse fatigue.

J’ai bien aimé lire votre opinion et je suis pas mal en accord! Cela dit, sans vouloir entrer dans les théories conspirationistes du PQ, je trouve étrange votre omission des promesses de QS! Sans vouloir les pointer directement, je suis d’avis que tous les parties disent un peu n’importe quoi en campagne, et vu la place qu’occupe QS en ce moment dans l’actualité, on ne peut plus simplement les ignorer dans ce genre d’articles commentant sur tous les partis!

M.Charlebois, vous avez omis de parler de notre sainte Manon de QS qui dès qu’ elle va prendre le pouvoir elle va mettre la main sur votre argent c’ est è dire votre CELI ! N’ est-ce pas nono à ton goût c’ est la championne des nonos ; elle va te voler littéralement ton argent pour le bien de la communauté !!! Lorsque vous étiez dans l’ autobus de celle-ci ; lui avez-vous posé des questions sur le programme du parti?

Quand il mentionne les conspirationnistes, c’est un peu de toi qu’il parle. Si tu avais lu comme il faut au lieu de répéter ce que t’a entendu, tu saurais qu’il n’est aucunement question que QS mettre la main sur les CELI des gens.

Les trois ‘é’: Économie, Écologie, Équité.

Des trois, c’est la dernière, l’équité, qui, toujours, devrait prévaloir.

Malheureusement, ce n’aura guère été le cas souvent. Sinon, jamais.

Par (dé)formation professionnelle, le PM sortant, chirurgien, estime encore que couper (saigner) abondamment était ce qu’il y avait à faire. Indépendamment des conséquences immédiates. En quoi aura-t-il montré que, « les grandes pensées venant du coeur », en pensant et agissant comme il le/l’a fait, il ne «l’a»/«l’avait» pas mais vraiment pas. Dommage.

Sera-ce mieux avec celui pressenti pour lui succéder lundi soir prochain? À l’évidence, non. Ce n’est pas la tête à Papineau. Et d’ailleurs, lui non plus n’erre pas en la bonne aire eu égard à ses atouts, sa personnalité, sa formation, ses pratiques ou ses avoir$. ‘En avoir’ beaucoup ne prédispose ni n’incline à faire ou à y voir mieux côté pauvreté, par exemple, notamment. Alors que c’est là justement le genre de problématique requérant le plus de trouver et voir mises en oeuvre des «solutions» aussi fonctionnelles que rationnelles, adaptées, en politique, la pauvreté du ‘pauvre monde’, de ‘pauvres diables’, de pauvres d’argent, de biens ou d’esprit.

Si bien qu’après avoir longuement éprouvé l’inadéquat de médecins pour gouverner ou «ministrer» en santé, constatera-t-on prochainement que la gouvernance politique n’est pas réductible ou assimilable au monde du gestionnariat, de la comptabilité ou de la business, petite ou grande. De même, en effet, que le fait social est social (Durkheim), le/la politique est politique. Pas du journalisme ou quoi que ce soit d’autre non politique. Elle serait censée être davantage lieu de véréalité que de téléréalité, comme elle semble de plus en plus conçue et agie.

Enfin, nul besoin de souhaiter ou appréhender plus avant la sécession, elle est déjà là! Considérez seulement la représentation sur l’Ile, comparée à celle à «l’extérieur». N’aperçoit-on point là (‘comme’) DEUX pays?… Or, tout indique que le prochain gouvernement pourrait n’avoir aucune représentation sur/de l’Ile. «Édifiant!», n’est-ce pas? «On» est sûrement dans la bonne voie ou la bonne ‘direction’, ‘trouvez pas?

Des promesses, des promesses, des promesses. Une chose est certaine, le parti élu, dépensera les avoirs accumulés.

La prochaine législature semble devoir débuter comme se sera terminée la précédente, i.e. dans le déshonneur.

On apprenait, le printemps dernier, que le président de l’Assemblée nationale ne l’avait certes pas, lui, l’esprit de bouffe/75$emaine. Ça lui en prenait plus.

À la reprise, là, (si la tendance se maintient) ce ne sera plus le président mais le PM même qui fera office de personnage n’appréhendant pas de faire un pas de côté.

Il sera le seul, encore là, en l’enceinte de l’institution présentée récemment comme la plus noble, à en avoir fait la plus ignoble, la plus déshonorante ou déshonorée, il y a dix-huit ans, en ayant eu le culot de se lever, comme la totalité des autres parlementaires présents, pour «condamner», à tort, sans raison ni justification ni vérification aucunes, un parfait innocent, sur la foi de rien du tout; au lieu de… l’honorer, le louanger, le décorer, le «médailler», comme c’eût plutôt dû être le cas en l’occurrence, considérant la pertinence-véréalité et le courage inédits qu’il en prenait pour oser dire ce qui l’avait alors été par lui.

Alors, voilà, on sera «greillés» de premier ministre. Tenez-vous-le pour dit et surtout t’nez vous ben!

C’est vous dire à quel point le complot a de profondes racines !

Wouuuuuuuuuuuuh !
C’est curieux que le seul parti dont tu ne parles pas dans ce complot est … quand même … Québec solidaire

C’est ça les conséquences de faire semblant qu’il ne s’est rien passé, depuis le vol référendaire, par le Camp du NON, en 1995. Du côté fédéraliste, on s’est fait bien discret, après le tollé généré de toutes pièces par les partisans du NON face au constat, bien réel et brutal, qu’a fait Jacques Parizeau le soir-même. Malheureusement, TOUT son entourage l’a lâchement abandonné à la vindicte malhonnête des fédéralistes plutôt que de démissionner, en bloc, pour signifier aux électeurs québécois que refuser de se choisir comme pays entraîne de très graves conséquences. D’ailleurs, le PQ était rendu à son moment de vérité. Après les deux rebuffades du ROC, Meech en 1990 et Charlottetown en 1992, la conclusion logique était l’indépendance politique, d’autant plus qu’Ottawa n’avait RIEN à offrir aux fédéralistes pour satisfaire leurs revendications de pouvoirs spécifiques pour le Québec.

Stéphane Dion et Pierre Pettigrew sont venus à Ottawa pour passer la « Loi sur la clarté ». Guy Bertrand a questionné la Cour suprême sur le droit du Québec à son autodétermination et à une déclaration unilatérale d’indépendance et un jugement a été rendu. En réponse, le gouvernement de Lucien Bouchard se contente de répondre par une loi provinciale (Loi 99) pour affirmer le droit inaliénable du peuple québécois à décider de son avenir. Mais il ne fait PLUS RIEN pour faire la promotion et la pédagogie de l’indépendance. Et son engagement pour la réaliser se réduit, désormais, à la seule tenue d’un référendum décisif, sans cesse repoussé dans le temps et en attente d’un contexte de plus en plus vague. Et, enfin, en attendant, il ne fait que promettre un bon gouvernement provincial, sans admettre, explicitement, que ses moyens, pour y parvenir, sont toujours plus réduits, à mesure que le fédéral profite de ses surplus pour envahir les champs de compétences du Québec.

Pourtant, à devoir poser des gestes d’austérité qui ont fini par lui aliéner son électorat social-démocrate, il a fini par perdre le pouvoir, en 2003. Et, depuis ce jour et 15 ans plus tard, alors que les libéraux ont continué à s’en prendre à l’État québécois pour équilibrer les finances publiques, faisant appel au privé dont les amis lui ont généreusement retourné les faveurs, le PQ se contente de remises en question très limitées, dans ses congrès, et ses chefs ne font que continuer à solliciter des mandats de seule gouverne provinciale, constatant seulement que les appuis à l’indépendance stagnent ou commencent à baisser. Élection après élection, depuis 2003, le PQ perd de façon de plus en plus gênante, devant les pires gouvernements de l’histoire moderne du Québec, montrant les pires taux d’insatisfaction dans les sondages, change de chef et revient toujours avec la même stratégie attentiste et provincialiste.

Sans surprise, avec un mode de scrutin archaïque favorisant le bipartisme, les alternatives politiques, tant fédéralistes qu’indépendantistes, sont réduites à la marginalité, la polarisation PLQ-PQ rendant laborieuse leur émergence. Les partis fédéralistes étant incapables d’attirer le vote anglophone et allophone, inconditionnellement acquis au PLQ. Les partis indépendantistes ne parvenant pas à concurrencer le PQ, malgré son imposture comme exécutant de l’accession à l’indépendance, les meilleurs candidats succombant à l’attrait du pouvoir à court terme et l’électorat indépendantiste restant prisonnier des appels au « vote stratégique » pour ne pas diviser le vote « indépendantiste ».

Cette année, dans une élection où l’indépendance a, d’emblée, dès l’élection du dernier chef du PQ, été écartée comme enjeu, ce parti ne fait alors que s’ajouter aux autres partis qui prétendent bien gouverner la province et qui laissent croire qu’Ottawa ne constitue pas un obstacle à la réalisation de leurs promesses.

L’élection du 1er octobre 2018 est donc, plus que jamais, un marché de dupes.

C,est pas le jupon qui dépasse, c’est une robe longue… Mauvaise foi et omission bien pratique… Rien de nouveau de sa part.

Ouais, à lire les commentaires, j’ai sûrement lu, et rigolé, trop rapidement. En fait, ce n’était pas un billet d’humour, mais un éditorial. Autre « free ride » pour madame Massé? Autre « free shot » à venir pour monsieur Lysée. M Charlebois n’a pas utilisé l’isoloir!

Pour entendre moins de niaiseries, il faudrait donner moins de temps aux candidats pour en dire. Réduisons la durée de la campagne électorale à 14 jours (même 7). Nous sauverions beaucoup d’argent et ne perdrions rien en retour.

Et vos commentaires sur Québec Solidaire et Manon Massé ?
Où sont-ils ? Hmmm, assez biaisé comme article, M. Charlebois.