La réélection de Philippe Couillard loin d’être assurée

Après Jean Charest dans Sherbrooke en 2012 et Pauline Marois dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré en 2014, Philippe Couillard deviendra-t-il le troisième premier ministre québécois consécutif à perdre sa réélection dans sa propre circonscription ?

Photo : La Presse canadienne

Un nouveau coup de sonde de la société Recherche Mainstreet dans Roberval semble indiquer que les appuis libéraux dans cette circonscription du Saguenay–Lac-St-Jean ont chuté considérablement depuis 2014.

Commandé par Qc125, ce sondage a été effectué par appels automatisés (« IVR », pour Interactive Voice Response) le 26 juillet 2018 auprès de 645 électeurs de la circonscription de Roberval. Ce sondage probabiliste possède une marge d’erreur de ± 4 %, 19 fois sur 20.

Les intentions de vote

À la question : « Si une élection provinciale avait lieu aujourd’hui, pour quel parti voteriez-vous ? », voici les résultats :

Au sommet des intentions de vote, nous avons une égalité statistique entre la CAQ et le PLQ, avec un léger avantage pour la Coalition Avenir Québec, qui obtient 29 % des électeurs décidés. Il s’agit ici d’une remontée potentiellement importante pour la formation de François Legault dans une circonscription où la CAQ n’avait obtenu que 7 % des suffrages lors de l’élection générale de 2014.

Non loin derrière se trouve le Parti libéral du Québec, avec 27 % des intentions de vote. Il est de coutume (et historiquement justifiable) de croire qu’un chef de parti puisse généralement bénéficier d’une certaine « prime à l’urne » au sein de sa circonscription, mais les électeurs québécois ont montré lors des élections récentes qu’un désir de changement peut emporter même un premier ministre sortant. Parlez-en à Pauline Marois et à Jean Charest.

Parmi les 645 répondants au sondage, 21 % se sont déclarés indécis à cette première question sur les intentions de vote. Il s’agit d’un niveau d’indécis comparable à la moyenne nationale, telle que mesurée par les maisons Léger, CROP et Ipsos au cours des derniers mois.

Le Parti québécois obtient 11 % des intentions de vote, et Québec solidaire, 6 %. Finalement, le parti conservateur d’Adrien Pouliot récolte 2 %.

En ne tenant compte que des électeurs décidés et enclins, la Coalition Avenir Québec récolte 36 % des intentions de vote et jouit d’une mince avance de deux points sur le PLQ — avance qui est à l’intérieur de la marge d’erreur. Il y a donc égalité statistique entre les deux formations.

Les seconds choix

Ce sondage Mainstreet interrogeait aussi les répondants sur la formation politique sur laquelle reposait leur deuxième choix, ce qui constitue une façon pratique, quoique imparfaite, de quantifier le potentiel de croissance de chacun des partis. Encore une fois, la CAQ trône en tête des seconds choix, avec 17 % des répondants :
Nous pouvons constater ici un contraste important : le PLQ, même avec le premier ministre sortant comme candidat, n’est le deuxième choix que de 7 % des répondants. Le potentiel de croissance des libéraux serait donc inférieur à celui de la CAQ dans Roberval.

Comparaison avec les élections antérieures

[Résultats des scrutins dans Roberval lors des élections générales de 2003, 2007, 2008, 2012 et 2014. Source : Élections Québec]
Depuis le tournant du siècle, Roberval est une circonscription qui a oscillé entre les libéraux et le Parti québécois. Après trois élections plutôt serrées en 2003, 2007 et 2008, Roberval avait voté pour le PQ par une marge considérable de 18 points en 2012.

[Résultats officiels de l’élection de Roberval, 7 avril 2014. Source : Élections Québec]
L’arrivée de M. Couillard à la tête du PLQ avait toutefois fait basculer de nouveau cette circonscription vers les libéraux en 2014. En effet, les électeurs de Roberval en 2014 ont élu le chef libéral avec 55 % des voix, une avance de près de 22 points sur son rival péquiste. La CAQ n’avait obtenu qu’un résultat marginal de 7 %.

Donc, en comparant ces chiffres avec les résultats du sondage Recherche Mainstreet, nous pouvons constater que ce sont à la fois les anciens électeurs libéraux et péquistes qui semblent faire mousser les chiffres actuels de la CAQ.

Comparaison avec le modèle Qc125

La dernière projection électorale Qc125 publiée dans L’actualité le 28 juin dernier indiquait que, selon les données actuelles, Roberval devait être considérée comme une circonscription pivot entre le PLQ et la CAQ.

Voici la plus récente projection Qc125 dans Roberval :

Superposons maintenant la projection Qc125 du 28 juin avec ce nouveau sondage de Recherche Mainstreet (MS) :

Les résultats du sondage se trouvent à l’intérieur de l’intervalle de confiance du modèle Qc125 pour trois des quatre partis principaux. La seule donnée où le sondage et la projection Qc125 sont en désaccord est celle du Parti québécois. En effet, le modèle projette les appuis péquistes aux environs de 24 %, alors que ce sondage les mesure plutôt à 14 %, ce qui semble particulièrement bas.

Se peut-il que ce sondage sous-estime les appuis péquistes ? Ce n’est certainement pas impossible. Toutefois, dans la dernière année, les chiffres de Mainstreet pour le Parti québécois ont généralement été bien alignés avec la moyenne des sondages (à ce sujet, voir la chronique « Ce que nous disent les sondages », publiée plus tôt en juillet). Selon ces chiffres, il ne semblerait donc pas que Mainstreet ait un « house effect » qui désavantagerait le PQ de façon significative.

En conclusion

Selon les données du recensement canadien de 2016, plus de 99 % des résidants de la circonscription de Roberval utilisent le français comme langue principale à la maison. Considérant que les appuis libéraux ont chuté auprès des francophones dans tous les sondages de la dernière année (au profit de la CAQ, voir figure ci-dessous), il n’est pas étonnant de constater que ce mouvement des intentions de vote se soit aussi traduit par une baisse libérale dans la circonscription du premier ministre.

Néanmoins, dans ces nombreuses circonscriptions serrées qui tendent présentement vers la CAQ, selon les sondages et projections, la formation de François Legault parviendra-t-elle à traduire ces appuis théoriques en bulletins de vote dans l’urne ?

Les sondages nous offrent des captures d’écran de l’humeur de l’électorat. Si on se fie aux élections récentes (provinciales et fédérales), les électeurs québécois ont montré que leur humeur électorale pouvait changer rapidement. Une hypothétique contre-performance d’un parti pendant la campagne électorale pourrait certainement faire chavirer ces chiffres en un rien de temps. Une campagne de 33 jours et trois débats des chefs aideront assurément les électeurs à se faire une idée.

L’élection générale au Québec n’est plus que dans 63 jours.

* * *

Pour consulter le rapport du sondage Mainstreet pour la circonscription de Roberval, cliquez sur ce lien.

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17 commentaires
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11% pour le PQ au Lac! S’il y en a encore qui doute de la volée que va manger la troupe à Lisée, c’est que vous êtes aveugle rare.
En enlevant la raison d’être du PQ, en envoyant promener le 40% d’indépendantistes, Lisée aura achevé le Parti de René Lévesque. « Un champ de ruines », disait Monsieur un peu avant sa mort.

Maitrise vos transports monsieur Jack2. Ayez donc le courage d’utiliser votre vie nom en 1er lieu! En 2e lieu, cessez de croire ces amoncellements de chiffres manipulés par des holdings à la solde de Desmarais et Charles Sirois de ce monde.
Appuyons le vrai part pour tous les Québécois, à savoir le PQ.

Si on croit encore au Québec francophone qui s’assume, les Québécois doivent voter PQ. Lisée n’aura pas la responsabilité de la déconfiture du PQ s’il y a . On a les politiciens qu’on mérite. Les Québécois sont responsables individuellement de leur vote. S’ils sont canadiens d’abord, on sera canadiens d’abord et une minorité parmis d’autres minorités. Déjà si Couillard est battu, il aura pas de problème lui avec sa grosse pension et ses amis d’Arabie Saoudite.

@Micheline Otis
Mon sondage je l’ai eu en fin de semaine. On a rencontré un couple d’amis qui ont toujours voté PQ comme nous. Ils vont voter CAQ. Pour les mêmes raisons que nous:
1) Lisée nous a envoyé promener, se fout de l’indépendance.
2) On veut battre les Libéraux.
PS: Pathétiques vos attaques sur le sondeur.

@ micheline st-pierre Otis:

Bon…encore un complot contre le PQ.

Le problème, c’est que TOUS les sondages prédisent une déculottée pour le parti de Lisée. TOUS! Incluant ceux dirigés par celui qui se garde en réserve pour la République du Québec…

On ne peut quand même pas accuser PKP de comploter contre le PQ tout de même non?

Allez…sortez votre tête de dans le sable et respirez l’air rafraîchissant que vous procure notre beau et grand pays, Le Canada.

Madame Otis est un troll PQ qui avec ses propos de complot ridicule porte atteinte à la cause. Les gens comme elle ne font que nous rappeler la désuétude de ce parti.

Et vous pouvez bien attaquer Mr Fournier tant que vous voulez, toute personne sachant utiliser Google verra que c’est un professeur de cegep respecté et non un robot à la solde des libéraux. Madame Otis ne semble pas avoir la rigueur de s’informer sur qui elle crache, cracher c’est bcp trop facile.

Bref, si la tendance se maintient, un parti de droite sera élu avec tout ce que cela apporte comme lot de problèmes. Sommes-nous vraiment si stupides ou bien c’est simplement parce qu’on ne se donne pas la peine de savoir pourquoi on vote vraiment ?

LA solution? Votez pour le Parti Libéral du Québec, celui-là même qui nous a emmené au sommet de l’âge d’or économique que nous connaissons présentement. Nous dépassons même l’Ontario!!!

Du jamais vu!!!

Et en prime, nous pouvons compter sur le meilleur économiste au MONDE!!!

Qui à la CAQ (ou au PQ et chez QS) peut « accoter » Leitao? Hein? Qui? « Bruits de criquets… » …c’est ce que je pensais.

@François 1
En effet, comme plus de 60% de la population, je devrais voter PLQ ou CAQ mais j’hésite entre les 2 . Bien que le PLQ ait de bons atouts (Leitao) et ait plutôt bien gouverné , le bilan en santé et dans une moindre mesure en éducation, est loin d’être parfait. Je comprends les gens qui veulent un changement. Pour ma part, peut-être vais-je simplement voter pour le candidat qui aura le plus de chance de battre le député PQ de mon comté? Cette élection aura peut-être au moins l’utilité de nous débarrasser du PQ.

Aurons -nous un jour un chef avec un parti suffisamment fort pour se faire élire non pas en réaction aux autres mais plutôt parce que le programme est stimulant avec une vision d’avenir pour tous les Québécois. Peut-on y croire! La tableau politique est d’une tristesse sans non.

Aurons-nous un jour un chef,(fe) un parti qui saura insuffler une parole nouvelle et rassembleuse. Pourrons-nous un jour voter pour un projet de vie? Le tableau politique me désole et pourtant il y tant à faire. J’ai l’impression que l’on tourne en rond depuis des années. Ou sont nos leaders !!!!

Le PQ en pleine déroute…c’est le moins que l’on puisse dire. Tel que souligné précédemment par le site qc125, à l’aide des sondages des 6 derniers mois, portant sur plus de 30.000 répondants, la seule circonscription encore sûre pour le PQ est celle de Bérubé en Gaspésie, rien d’autre. Le PQ va t-il se retrouver comme la troisième opposition. Les péquistes qui passent leur temps à se lamenter des sondages vont aimer celui-ci, soyons-en persuadés

Comme disait Pierre Falardeau; un peuple qui met au pouvoir un parti de mongoles, c’est un peuple de mongoles.

Si les gens vote pour le PLQ en octobre, Falardeau avait raison en maudit.

Des « mongols » qui ont tout de même permis au Québec d’atteindre des sommets inégalés jusqu’à maintenant. Nous avons même dépassé l’Ontario et nous sommes devenus un modèle pour plusieurs autres provinces Canadiennes. C’est quand pas rien.

Votre PQ peut-il en dire autant?

Eh bien, est-ce le signal prémonitoire qui indique que le parti libéral va couler tout comme le bateau de son chef ? Aïe aïe !

Ce qui me semble intéressant et ce qui donne peut-être un peu d’espoir quant à l’issue de cette élection. Ce sont ces 21% d’indécis qui en pourcentage forment actuellement le 3ième parti en importance du Québec. Bien que les Instituts de sondages cherchent à trouver l’ordre et donc la répartition de cette masse dans le choix partisan, il reste encore un niveau d’incertitude important avec l’issue de cette « compétition ».

Ce que le passé montre un peu partout, c’est que les personnes sondées — qui suivent comme tout le monde les nouvelles -, c’est qu’elles hésitent quelquefois à livrer le fond de leur pensée. Les sondés qui imaginent qu’ils ont le vent en poupe, seront plus enclins à se livrer, en sorte que le meneur aura toujours plus tendance à être sensiblement surpondéré.

Comme je pense que les états-majors des divers partis politiques sont en ce moment à fourbir leurs armes. J’imagine que les Lisée, Couillard, Legault ou même Massé en sont actuellement à définir la stratégie. Je suppose que si les « leaders » officiellement n’attachent aucune importance aux sondages, que leurs lieutenants les lisent quant à eux attentivement.

Alors, lorsque je lis de la part de quelques internautes que Lisée a brisé le PQ et envoyé paitre les électeurs en excluant la tenue d’un référendum dès le premier mandat. Je suis à peu près sûr que sur ce point les « vrais » croyants seront confondus. Le PQ peut très bien organiser un référendum dès les premiers mois du mandat, si c’est le vœu de la population. Une élection peut très bien être référendaire. Cela n’est pas contraire à la règle de droit.

Si ce n’est que le fardeau de la preuve (la volonté inaliénable de former un pays), ce fardeau repose exclusivement sur les électeurs. Si les électeurs indépendantistes et souverainistes lâchent le PQ, cela signifie simplement que quoiqu’ils disent, ils veulent rester les sujets de sa majesté britannique. Les babines ne suivent tout bonnement pas les bottines. En sorte que c’est purement l’intérêt personnel qui l’emporte sur l’intérêt supérieur de la nation. Pas la moindre petite dose d’altruisme.

J’aimerais bien savoir pour combien d’électeurs, le fait de voter constitue un véritable engagement ? — Engagez-vous ! Mouillez-vous ! Responsabilisez-vous ! Et surtout allez jusqu’au bout !

Il est normal que le premier ministre soit en difficulté dans son propre comté, puisque le parti tire de l’arrière face à la CAQ dans tous les sondages.
Ce qui étonne ici, c’est en effet la très faible intention de vote PQ, dans un comté très francophone et anciennement indépendantiste, mais encore une fois, ça suit la tendance à l’échelle de la province.

En fait, il n’y a actuellement que 30 à 35% d’appuie à la souveraineté au QC. Que le PQ remette à un 2me mandat ou non un éventuel référendum ne change rien, on sait que s’il était élu, il passerait beaucoup de temps à tenter de nous convaincre que la souveraineté est meilleure que tout plutôt que de régler les problèmes de santé et d’éducation et ça, plus de 60% des électeurs n’en veulent pas. Comme des diversions avec la charte des valeurs, qui n’avait que pour but de tenter d’éveiller la flamme nationaliste.

Aussi, dans les 50 dernières années, PQ et PLQ se sont échangés le pouvoir et ont somme toute gouvernés de la même façon, ce sont des partis très semblables, sauf pour la question nationaliste. Les gens qui veulent du changement ne le voient pas dans l’un ou l’autre de ces partis, et avec raison. La CAQ est un nouveau parti qui n’a jamais gouverné, qui présente de bons candidats et qui veut faire une priorité de la santé et de l’éducation, avouez que c’est vendeur? Mais réussiront-ils, s’ils sont élus évidemment, là où les 2 autres ont démontrés leurs difficultés dans le passé, principalement dans les 25 dernières années?