Le PLQ et la question du vote francophone

Seuls 17% des francophones voteraient pour les libéraux. Un chiffre historiquement bas et sûrement une très mauvaise nouvelle pour le PLQ, affirme Marie-France Bazzo. 

Photo : Antoine Bordeleau

Comme notre collègue Philippe J Fournier, mais pour des différentes raisons, je me réjouis toujours de la parution d’un sondage sur les intentions de vote. Hier matin, c’était un Léger/Le Devoir qui m’a régalé. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont les interstices, que je recoupe avec des faits de société. Le chiffre sur lequel j’ai sauté est 17. Oui, 17%, comme le pourcentage de répondants francophones qui voteraient pour le PLQ. Un chiffre historiquement bas.

Avec un faible taux se situant entre 20 et 25% du suffrage francophone, les libéraux ont toutefois réussi à se faire élire depuis 15 ans, mandat après mandat. Certes, peu de francophones, mais beaucoup de montréalais. Qui dit 514 dit découpage de circonscriptions électorales qui favorisent l’expression du suffrage anglophone et allophone, où les libéraux font le plein. Ils sont 33% de Montréalais, selon le Léger, à préférer le PLQ. Un Montréalais sur trois !

Dans les années 1980, les francophones représentaient 87% de la population du Québec. En 2018, c’est 80% -incluant les francophones issus de l’immigration, haïtiens, marocains, etc. Et ce vote francophone est maintenant divisé entre 4 partis, puisque l’axe structurant souveraineté/fédéralisme, qui le répartissait entre PQ et PLQ, s’est tari.

Qu’est-ce que ça veut dire?

Que le PLQ peut ( pouvait?) prendre, depuis 15 ans, le pouvoir SANS le support de la majorité francophone du Québec. À l’exeption toutefois de l’élection de 2014, où il a gagné de peu le vote francophone dans la Capitale Nationale, en Mauricie, en Estrie, dans l’Est du Québec. Mais encore plus exacerbé en 2018, ce fractionnement pourrait causer la perte du pouvoir du PLQ.

Autre conséquence : Montréal, votant différemment, s’éloigne du reste du Québec. Dans sa démographie, sa sociologie, sa manière de voter. Elle s’isole, comme Toronto de l’Ontario, NYC du reste des États-Unis. Le fameux 17% est sûrement une très mauvaise nouvelle pour le PLQ. Mais l’éloignement de Montréal du reste de son territoire d’appartenance me semble bien plus préoccupant…

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7 commentaires
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Les Libéraux ont réussi a percer en province en 2014 grâce à leur fantastique machine, au vote par anticipation, et à la présence de quelques % d’Anglos et d’Allos maintenant partout au Québec.
Ils profitent des 5 jours maintenant de vote par anticipation (oui 5 jours!) pour faire voter tous leurs vieux dans les centres d’accueil. Eux, ils votent. En ajoutant leurs partisans et les Anglos et les Allos de province, ils ont réussi des miracles a Québec et dans l’Estrie en 2014. Ils pourraient sauver Jean-Talon cette année avec cette technique qu’aucun autre parti ne peut appliquer. C’est ca le secret des Libéraux.

« Dans les années 1980, les francophones représentaient 87% de la population du Québec » Me souviens pas de ca. Avez-vous vos sources?

La fin des années 70 et le début des années 80 ont vu le départ de beaucoup d’anglophones de l’ouest et du centre de montréal. Le West Island s’est vidé à moitié après la prise du pouvoir par le PQ qui voulait la séparation du Québec.

Le chiffre de 87% vient possiblement de la période suivant cet exode des anglophones.

En 2014 c’est la gaffe PKP du PQ qui a fait élire les libéraux, un PKP avec le poing de l’indépendance bien dans les airs! Les intentions de vote ont changer drastiquement à partir de ce moment.

Merci de souligner cet aspect, terriblement important… Ne nous comptons pas d’histoires : ce problème récurrent et tenace est bien réel, les « autres », quoique si gentils et si bien « intégrés » à notre société ( de notre côté, de la part des si gentils et accueillants « voisins francophones » que nous sommes… ), seront toujours nos « gentils ennemis », rendus à l’urne… Ils voteront toujours « contre nous » : c’est écrit dans le ciel, et rien ne pourrait nous fournir le plus petit espoir que cela puisse changer un jour… Voilà notre « triste et déplorable situation » : les Québécois francophones sont assiégés de l’intérieur par leurs « gentils voisins » qu’ils accueillent encore et toujours, avec tout le « bon coeur » du monde. De reconnaître ce fait « indécrottable », ce n’est pas du racisme, ni de l’intolérance… C’est simplement un court instant de lucidité, de réalisme. Prisonniers sommes-nous, tout simplement, dans notre propre demeure… Nous l’avons dit et nous continuons de le redire, avec toute la « charité chrétienne » dont nous avons hérité de nos pères et mères : « Ma maison, c’est votre maison ! », puis « Mon Pays, ce n’est pas le Québec »… « c’est l’hiver »… Voilà notre projet de société : l’hiver pour tous, sans discrimination, sans plus… In english, if you prefer… Everything is all right, everything is the same, equal!

Moi je vote pour que Montréal se sépare du reste du Québec, le reste de la province s’en portera mieux.

@ Francis:
À prime abord, cela pourrait sembler une bonne idée, mais peut-être pas tant que ça ! Je l’ai déjà écrit et je le répète, voici. Si Montréal se séparait du reste du Québec, plusieurs régions voudraient en faire autant; la Beauce s’en irait aux ¨States¨, la Gaspésie se rallierait au ¨New Brunswick¨, la région de Gatineau et Abitibi opteraient pour l’Ontario, les régions du nord voudraient se déconnecter du Québec pour demeurer au fédéral et les autochtones de partout voudraient former une nation distincte eux aussi tout en restant reliés à la mère nourricière fédérale par un traité spécialement pour eux. C’est peut-être farfelu tout ceci, mais pas plus irréaliste que d’autres théories.
Tout ce qui resterait au ROQ (Rest of Quebec), ce sont quelques richesses naturelles dont ils pourraient se servir pour négocier avec la grande Métropole ghettoïsée, et si le cœur est encore là, le peuple québécois français pourrait enfin développer son réel savoir faire et sa débrouillardise selon ses vues et projets. Mais ce monde là est loin en bibitte.

C’est le contrôle et l’intégration de l’immigration qu’il faut remettre en question.
Un immigré au vote, vote pour le Canada, sa terre d’accueil, même au élections provinciales, ici le PLQ représente le Canada, c’est le parti le plus proche d’Ottawa, c’est pour cette raison que Montréal et Laval sont rouges!