L’environnement, le parent pauvre du dernier gouvernement

Un plan stratégique échu depuis 2014, des objectifs absents, des indicateurs inexistants… et une inaction manifeste. Plus encore que l’éducation, le vrai cancre du bulletin des ministères, c’est le ministère de l’Environnement, avance Marc-Nicolas Kobrynsky. 

Photo : La Presse canadienne

L’humanité est à la croisée des chemins dans l’utilisation qu’elle fait de son écosystème. Le Global Footprint Network estime annuellement la date où les humains utilisent plus de ressources que la capacité de la terre à les régénérer.

En 1987, c’était le 19 décembre. En 2018, le 1er août.

Les avertissements fusent de partout ; la NASA, l’ONU et les communautés de scientifiques sonnent l’alarme. Le ministre de l’Environnement de la France démissionne avec fracas, en guise de protestation contre la lenteur des changements.  On nous dit qu’il est minuit passé.

Que fait le ministre de l’Environnement du Québec pendant ce temps ?

Rien.

Parce qu’on a beaucoup parlé de l’éducation, mais le vrai de vrai cancre du bulletin des ministères, c’est le ministère de l’Environnement.

Le plan stratégique du ministère de l’Environnement est échu depuis 2014. Le Ministère, conformément à sa mission, a le devoir de gérer l’enjeu du XXIe siècle, et il se permet de le faire sans plan pendant trois ans. Pas d’objectifs. Pas d’indicateurs à jour. Pas de cibles.

Et surtout, quand je vous dis qu’il ne fait rien, je ne vous mens pas. Voyez les résultats du rapport annuel 2016-2017 du Ministère, lié à l’atteinte de son plan stratégique 2009-2014.

En gros, le Ministère a atteint le gros de ses cibles du plan 2009-2014, qu’il a reconduit jusqu’en 2016-2017, en 2011-2012 et 2012-2013. Et depuis l’année 2014-2015, c’est le néant. Sur quoi travaille l’appareil administratif de l’Environnement depuis les deux dernières années ?

No idea. Eux non plus, probablement.

Il n’y a même pas de quoi célébrer l’atteinte des cibles du Ministère, puisque le plan stratégique de 2009-2014 est médiocre, ayant obtenu une note de 34 % au premier bulletin des ministères. Les indicateurs sont une longue liste d’épicerie de projets législatifs à déposer, avec très peu d’indicateurs de résultats. Quelles ont été les répercussions réelles de ces lois, politiques et règlements sur la qualité de l’air, de l’eau, de la gestion des matières résiduelles, sur la réduction du CO2 ? Aucune idée. Impossible de le savoir. Probablement aucun.

Et le peu d’indicateurs de résultats présents dans le plan sont ou bien sans intérêt ou d’une mauvaise foi légendaire. Par exemple, dans le rapport annuel 2016-2017, le Ministère indique avoir atteint en 2012 les cibles pour la réduction de CO2, tout en sachant très bien, au moment de la rédaction du rapport, que le Québec allait rater celles de 2020. Qu’en 2014, l’année la plus récente où l’inventaire est disponible, les tonnes de CO2 ont augmenté.

Bref, le plan 2009-2014 était médiocre et fallacieux. Mais ce n’est rien à côté du torchon qui a été présenté cette année. On entre directement dans le domaine de l’atroce.

Le plan stratégique 2017-2021 du ministère de l’Environnement n’est que la réponse à un impératif politique et nullement un réel plan d’action stratégique répondant aux défis du XXIe siècle. C’est un document vide de sens et de contenu. Comment le sais-je ? Quelques indices flagrants.

Premièrement, à la sortie du premier bulletin, en octobre 2017, M. Couillard, talonné par l’opposition à l’Assemblée nationale, s’est engagé à ce que tous les plans stratégiques soient mis à jour d’ici la fin de l’année budgétaire gouvernementale, le 31 mars 2018. Qui est le seul ministère à avoir déposé son plan le 31 mars 2018, la dernière journée possible ? Le ministère de l’Environnement.

Aussi, qui a le culot de prétendre que son plan couvre 2017, alors qu’il le dépose le 31 mars 2018, la dernière journée de l’année budgétaire 2017-2018 ? Le ministère de l’Environnement.

Deuxièmement, le sous-ministre de l’Environnement, M. Patrick Beauchesne, en poste depuis le 4 juillet 2017, n’a pas signé le plan stratégique 2017-2021, pourtant déposé le 31 mars 2018.

Le dépôt d’un nouveau plan stratégique est normalement l’occasion pour les sous-ministres d’exulter de joie et d’enthousiasme pour l’avenir de leur ministère en introduction du plan, le présentant généralement comme la plus incroyable chose depuis l’invention du pain tranché. Dans ma revue des 10 dernières années, tous les sous-ministres sont signataires du plan stratégique de leurs ministères respectifs.

Pourquoi M. Beauchesne n’a pas signé son plan stratégique 2017-2021 ? Faudrait le lui demander. Mais entre vous et moi, c’est un plan stratégique qui n’en est pas un, et moi aussi, j’aurais eu honte d’y apposer ma signature.

Le plan 2017-2021 du Ministère est particulièrement pauvre en indicateurs de résultats. Ne cherchez pas de tonnes de CO2, de nombre de jours de smog à Montréal, de qualité de l’eau du Saint-Laurent.

En gros, vous allez trouver que le Ministère s’engage à traiter 80 % des sols contaminés excavés, à constituer 17 % du territoire du Québec en aires protégées et à protéger cinq milieux humides ou hydriques.

Le monde court à la catastrophe, mais nous, on protège cinq milieux humides.

En cinq ans.

Dans la même veine ? Le plan 2009-2014 avait comme cible d’augmenter les aires protégées à 12 % du territoire. Le plan 2017-2021 augmente cette cible à 17 %, tout en sachant qu’en 2017 le taux avait péniblement augmenté de 0,02 %, étant passé de 9,33 % à 9,35 %.

Mais surtout, en 2010, la superficie protégée est de 8,14 %. Pourquoi cet engagement ridicule à 17 %, une augmentation de 7,65 % en quatre ans, alors que le Ministère n’a pu faire mieux que 1,21 % en sept ans ?

L’ensemble de l’œuvre du ministère de l’Environnement depuis 10 ans montre une absence criante de leadership dans sa mission et une abdication presque totale dans l’apport de résultats importants pour la population.

On ne peut en trouver meilleur exemple que dans sa gestion du dossier du myriophylle à épi, communément appelé « plante zombie ».

Le myriophylle est une plante aquatique qui n’est pas native de l’Amérique du Nord et est donc considérée comme une espèce exotique envahissante. Elle se caractérise par une vitesse de croissance effrénée, amenant une diminution de la biodiversité par l’élimination des espèces indigènes de nos lacs et causant une importante nuisance aux activités récréatives, puisqu’elle pousse jusqu’à la surface, ce qui crée une voûte dense et — disons-le franchement — dégueulasse.

Elle est maintenant présente dans 188 lacs, dans de nombreuses rivières et dans le fleuve Saint-Laurent. Elle a colonisé l’Estrie, la Montérégie, les Laurentides et l’Outaouais. On la trouve jusqu’à Rouyn-Noranda. Parce qu’elle se reproduit principalement par ses tiges, on l’appelle la plante zombie, puisque l’arracher sans d’infinies précautions augmente simplement l’infestation.

Jusqu’à 2018, la réponse du Ministère à la progression fulgurante de cette espèce envahissante qui détruit la biodiversité et le plaisir des riverains a été de créer un site Web. On y retrouve un magnifique exemple de l’absence complète de responsabilisation du Ministère à ce propos. En voici un extrait :

Il peut être utile d’établir un plan d’intervention adapté aux différentes colonies. […] Nous vous invitons à communiquer avec votre bureau régional pour mener à bien votre projet de contrôle. […] Un analyste pourra vous conseiller et déterminer les autorisations dont vous aurez besoin.

Traduction libre — le rôle du Ministère n’est pas d’être un leader sur le terrain proactif dans la maîtrise et l’éradication de la plante zombie. Le rôle du Ministère consiste à donner de l’information et à délivrer des permis. Ce n’est pas le problème du ministère de l’Environnement, la plante zombie — c’est le vôtre.

Et pendant des décennies, c’est ce qui s’est passé. Ce sont les municipalités qui, tant bien que mal, ont investi pour tenter de maîtriser et de faire diminuer l’infestation. Si le résultat final est généralement un échec, ce n’est pas par manque de volonté locale, mais bien plus par manque de moyens, l’absence de stratégie commune ou nationale pour aborder la crise et celle d’un maître d’œuvre pour s’assurer que tous la suivent.

C’est ainsi que, exaspérés, à bout de souffle et de moyens financiers, les différents organismes chargés de la conservation des plans d’eau locaux ainsi que l’Union des municipalités ont fait front commun en juin 2018 pour demander formellement au ministère de l’Environnement un programme national de gestion du myriophylle à épi.

Prenez un instant ici pour savourer l’ironie de la chose. Un regroupement de forces locales doit créer une alliance pour forcer le ministère de l’Environnement à… faire son travail. Cette situation est aux antipodes de la Loi sur l’administration publique, qui souhaitait des ministères transparents, devant rendre des comptes et axés sur les résultats.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Devant les demandes de l’alliance, le Ministère annonce finalement un investissement de huit millions de dollars en juillet 2018 pour la lutte contre les espèces envahissantes.

Malheureusement, je peux d’ores et déjà vous prédire que cet argent sera dépensé en pure perte et que le myriophylle poursuivra sa colonisation des lacs de la province. La raison est fort simple ; le Ministère n’offre pas une vision cohérente de la lutte contre les espèces envahissantes comme le myriophylle à épi, il offre simplement des fonds et continue de refuser le leadership du dossier.

En effet, le Ministère n’est pas le maître d’œuvre de la lutte, puisqu’il s’est promptement délesté de ce dossier en transférant la responsabilité à la Fondation de la faune. De la faune.

Comme son nom l’indique, la Fondation de la faune s’occupe, sans surprise aucune, de la faune. Les projets listés sur son site Web parlent de faune. Elle s’occupe de biodiversité, mais sous l’angle de la protection de la faune. Depuis 2000, la Fondation de la faune a financé un grand total de deux projets sur le myriophylle à épi, un en 2005 et l’autre en 2012, alors qu’elle en finance une centaine par année.

C’est donc à une fondation qui n’a pas d’expertise dans le myriophylle et dont l’intérêt pour la biodiversité est accessoire à sa mission de protection de la faune que le Ministère a délégué 78 % du financement pour lutter contre les espèces envahissantes.

Mais ce n’est pas tout. Sans leadership provincial, c’est le retour de l’approche locale fragmentée. En effet, il revient aux organismes ou municipalités qui souhaitent démarrer des initiatives pour la lutte contre le myriophylle de faire une demande d’aide financière. Il n’y a toujours pas de cohérence nationale et toujours pas de maître d’œuvre, juste de l’argent à dépenser.

Ce n’est pas un plan que le Ministère a présenté, c’est un chèque. Et selon mon expérience, c’est plutôt rare qu’un tel contexte mène au succès.

En résumé, le ministère de l’Environnement est impuissant à présenter une stratégie et à obtenir des résultats dans la lutte contre une mauvaise herbe au Québec. Mais on compte sur lui pour gérer les changements climatiques, le surplus croissant de matières résiduelles, la fragilisation de notre écosystème par la disparition de la biodiversité ainsi que la qualité et la pérennité des ressources fondamentales à la vie, comme l’eau et l’air ?

M’est avis qu’on serait mieux de recommencer à aller à l’église. Et de prier fort, fort, fort…

À propos de l’auteur

Marc-Nicolas Kobrynsky est diplômé de HEC Montréal et titulaire d’une maîtrise en gestion de la London School of Economics. Il compte 15 années d’expérience de consultation en stratégie de gestion dans le secteur privé et tient un blogue à lactualite.com. Depuis avril 2018, il travaille pour PricewaterhouseCoopers à Montréal.

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On parle pour parler, mais il y a une culture du moins possible, plus bête l’emporte, plus économe tout autour de chaque question politique

« En 1987, c’était le 19 décembre. En 2018, le 1 er août. »
Bouillie pour les chats. En 1973, lors de la première crise de l’énergie, on nous disait qu’à partir des réserves connues de pétrole, on allait en manquer dès 1990. On est 28 ans après la « fin du monde », y’a 6 fois plus d,autos sur la terre qu’en 1973, et y’a tellement de pétrole que le baril est relativement bas.
Qu’est-ce qu’il en est du fer? Du cuivre? De l’argent? etc
En 1960, on était 3 milliards sur la terre. Les 2/3 souffraient de faim. Là, on est 7,5 milliards et 6,5 milliards mangent plus qu’à leur faim au point où un milliard sont obèses
Bref, je ne crois pas du tout à votre calendrier….

J’avais une petite question pour vous monsieur Kobrynsky : Pourriez-vous nous dresser une liste de pays ou de provinces dans le monde qui tous atteignent leurs objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre ?

Pas grand monde d’après mes informations. Certains même vont carrément défoncer les limites qu’ils s’étaient assignés. La constatation que vous faites pour le Québec s’applique malheureusement à presque toute la planète. Et fort heureusement pour nous, le Québec n’est pas le plus gros pollueur du Canada et le Canada est très loin d’être le plus gros pollueur de la planète.

Seule une coopération pancanadienne pourrait nous permettre d’atteindre les objectifs et même de les dépasser. Seule une véritable coopération planétaire pourrait nous permettre d’atteindre les cibles fixées tant par les Accords de Kyoto que par la COP 21 de 2015 qui ne faisait dans les grandes lignes que reprendre les cibles définies par Kyoto.

Comment expliquer que le Canada qui a signé toutes ces ententes et bien que les cibles du Canada soient parmi les moins contraignantes, comment expliquer que ces cibles ont bien peu de chances d’être atteintes. Qui est le cancre d’entre tous les cancres ? Si ce n’est Ottawa. Étonnement, c’est encore le Québec avec la Colombie-Britannique qui parmi les provinces font ce qui se fait de mieux en environnement.

Êtes-vous allé vérifier les Plans stratégiques de l’Alberta ? Il y a pourtant avec ses déchets toxiques la plus grande menace du siècle pour l’environnement.

Nous savons que le principal facteur de réductions de gaz : c’est l’automobile. Il est très clair que l’atteinte des cibles ne relève pas de la compétence seule du Ministère de l’environnement ; bel et bien administrativement de plusieurs ministères. Que prévoit-on de faire pour arrêter une bonne fois pour toute l’étalement urbain ? Est-ce que la CAQ a un plan aussi pertinent que l’école maternelle à 4 ans, la réduction massive des immigrants, des maisons pour ainées pour tous avant dans le meilleur délai d’ici 50 ans, sabrer dans la fonction publique par attrition, externaliser les missions informatiques de l’État vers des prestataires privés ?

Cette transformation du parc automobile, camions, autobus, etc. ; elle ne peut se faire sans des investissements massifs, pas plus que cela ne peut se faire si l’offre industrielle n’est toujours pas au rendez-vous. Accroitre la production industrielle peut aussi avoir un impact sur l’environnement. Et surtout ne faisons pas abstraction du pouvoir d’achat de chaque ménage tant au Québec qu’au Canada.

Prenons simplement pour exemple la production de bus électriques. Tout le monde veut plus de bus électriques, tous les partis en veulent mais… les fabricants de bus ne peuvent actuellement répondre à toute la demande. En raison de leurs carnets de commande, les délais ne cessent d’augmenter. Cela a une incidence sur la production de CO2. Aucun ministère de l’environnement au monde n’y pourra rien changer.

On croirait que les Plans stratégiques soient la solution universelle, laquelle soit susceptible de répondre à tout. Si c’était le cas, cela ferait des lustres qu’on le saurait. L’ex-URSS serait encore sur pied, mieux même, cela serait avec ses ressources, la nation la plus prospère de l’univers. Pourtant, presque toutes les économies planifiées se sont effondrées.

Estimez-vous que les Plans stratégiques des États-Unis soient à jour depuis l’arrivée de Donald Trump ? Qui pouvait prétendre qu’il faudrait renégocier l’Alena il y a deux ans ? Cela pourrait-il avoir aussi une incidence sur l’environnement ? Si les USA produisent plus de CO2 et toutes sortes de polluants, nous allons devoir malgré tout inhaler plus de CO2 et ces polluants malgré nos propres réductions. Avons-nous un Plan stratégique pour détourner le parcours du vent ?

Mais bien sûr, selon vous, c’est évident, c’est le Québec libéral, ces rouges usés jusqu’à la corde, voleurs et corrompus jusqu’à l’os qui font figure de cancres dans tous les domaines ; lorsque nos finances publiques n’ont jamais été aussi en ordre en quelques 70 ans. Quand même, une belle réalisation qu’il faut mettre au crédit de politiciens qui à vos yeux seraient de bien mauvais élèves dans tout.

— J’avions zzz’encore une petite question pour vous monsieur Kobrynsky : Si c’est pas trop indiscret d’ma part, vous avec l’intention de voter pour qui le 1er octobre prochain ?

Bon point concernant le fait que la lutte contre les GES est une lutte planétaire. Pour ce qui est du myriophylle, il me semble qu’on ait pas besoin de nos voisins pour y voir. Concernant les Plans stratégiques, que ceux de l’Alberta ou des É.-U. soient bons ou mauvais, ça n’excuse pas que ceux du ministère de l’Environnement ne vaillent pas le papier sur lequel ils sont écrits (lorsqu’ils sont écrits). Et je crois savoir pour quel parti vous allez voter le 1er octobre: votre jupon libéral dépasse.

@ Claude Perras,

Merci pour vos commentaires. Je ne comprends toutefois pas l’usage que vous faites d’un mot savant : « myriophylle » emprunté à la botanique. Si ce n’est que le myriophylle à épis soit considéré comme une plante invasive dans quelques localités quoique remarquable pour sa beauté. Je ne sais s’il ne s’y trouve ici un sens caché que malheureusement je ne saisis pas.

Pourriez-vous avoir l’insigne tempérance que… de m’expliquer, s’il vous plait ?

Quant à ce jupon qui dépasse, depuis le début de la campagne électorale vous n’êtes pas le premier qui me fasse cette sortie. Devrais-je considérer que le libéralisme soit une maladie honteuse qu’il faudrait dissimuler soigneusement ? Quand cela serait, en quoi cela devrait-il amoindrir l’acuité de mes propos ?

Au fil du temps et au fil des ans, je dois dire que ce genre d’argument du même genre, on me l’a sorti quelques centaines de fois pour à peu près tous les partis. C’est l’ignorance qui détermine les gens. La meilleure c’était quand je me faisais traiter : « d’enculé de salaud de communiste » ou variante : « enculé de tapette de gauchiste ». Faut crêre que j’suis devenu une hostie de queer pour avoir viré libéraux !

Fils de la République Française, j’ai été élevé dans cette bonne tradition révolutionnaire des « sans culottes ». Avec moi, y’a pas de jupon qui dépasse. Tout ce qu’on voit c’est ou bien mes belles proéminences fessières ou bien mes bijoux de famille. Alors faites don’ votre choix !

Ah! Ça ira ! Ça ira ! Ça ira ! — (Refrain d’une vieille chanson sans culottes).

J’ai pour finir deux petites questions techniques à fin de relever ce débat qui vire bien bas, questions pour vous et rien que pour vous, questions auxquelles vous saurez certainement répondre puisque vous êtes beaucoup plus « smart » que moi :
1 — Comment faites-vous pour faire une évaluation stable et fiable, si le ministère ou toute forme d’organisation ne disposent pas d’indicateurs de performances reconnus qui soient mis en place depuis un certain temps ?

2 — Comment puis-je établir que cette organisation ou ce ministère est un cancre si je n’ai pas de données transmissibles, compatibles avec d’autres juridictions comparables ?

Si vous ne pouvez pas répondre à ces deux questions. Alors intéressez-vous à la méthodologie et assurez-vous qu’elle soit belle et bien validée scientifiquement. Et si vous ne pouvez pas faire cela, cela signifie que tout ce que vous déplacez c’est plutôt du vent ! — Tenez bien l’empennage et puis bon courant !

Vos deux questions sont juste pour moi mais j’invite M. Kobrynsky, qui est expert en la matière, à y répondre.
Personnellement, je pense que si une organisation, publique ou privée, n’a pas de vision, n’a pas de plan crédible supporté par des ressources adéquates pour que cette vision devienne réalité, alors cette organisation se dirige vers des récifs (peu importe qui est au gouvernail). Au privé, la suite est prévisible – la faillite. Au public, c’est l’argent des contribuables qui est jeté par les fenêtres.
Pour ce qui est de «…relever ce débat qui vire bien bas». Eh bien, si vos bijoux de famille pendouillent, ne vous en faites pas, le froid qui s’en vient les fera sûrement remonter.
Sans rancune.

@ Claude Perras,

Ce qui domine actuellement l’économie et la finance dans le monde, c’est : le « courtermisme », l’obsolescence programmée, la rotation rapide du capital, des sous-produits financiers et des produits de consommation populaires.

Pensez-vous que les GAFA et autres Google de ce monde n’ont pas de plans stratégiques ? La stratégie est claire : vous laisser avec une impression de faim permanente, vous valoriser par les produits et service que vous achetez, vous inférioriser et vous humilier si vous ne les achetez pas.

Au privé, la suite, contrairement à ce que vous dites, ce n’est pas la faillite, c’est exactement l’inverse : la réalisation de profits. Le service public a-t-il pour obligation de réaliser des profits ?

Estimez-vous qu’il n’y a pas assez de clientélisme politique et institutionnel quand la vision politique est tout au plus de 4 ans ? Regardez cette campagne électorale uniquement basée sur le « marketing ». Voyez-vous franchement beaucoup de vision ? Voulez-vous plus de marketing institutionnel, des plans stratégiques bien faits, pas de contenu et peu de contenant ?

Au Nouveau-Brunswick, Blain Higgs définit les citoyens comme des clients. En Ontario Doug Ford prend les habitants de Toronto comme des citoyens de seconde zone à qui on peut imposer un « bâillon ». Est-ce que c’est ce genre d’administration que vous désirez pour le Québec ?

Avez-vous pris le temps de consulter le : « Rapport 2018 sur la performance des ministères du gouvernement du Québec » publié par L’actualité ? Moi, je l’ai sous les yeux. Prenons simplement le « plan stratégique », la loi prévoit en effet qu’un plan stratégique doit être déposé par chaque ministère pour une période minimum d’une année. Quand je parle de « courtermisme », je sais de quoi je parle.

Peut-on développer une stratégie de gouvernance globale et efficiente sur seulement 12 mois ?

La loi 82 sur l’Administration Publique a été adoptée en 2000 par le gouvernement de Lucien Bouchard. Dans les faits, et malgré tout ce que les gens croient, la LAP a contribué à apporter une meilleure gestion de la qualité des services publics. Tout n’est pas encore parfait, pour y voir clair, ce sont précisément les indicateurs de performance qu’il faut choisir soigneusement.

Je n’ai rien contre le fait qu’on évalue la performance des ministères. Je voudrais simplement qu’on procède sérieusement.

— Mais à propos, quel est la couleur de votre jupon ? Et accessoirement expliquez-moi comment faire pour que ça ne dépasse pas ?

M. Kobrynsky, votre travail est remarquable. Je me doutais déjà que notre gouvernement actuel n’était pas très fort en gestion mais votre bulletin des ministères a mis en lumière une incompétence remarquable… remarquablement triste! Ce qui m’attriste autant est que très peu, sinon aucun journaliste ne parle du résultat de vos recherches et évaluations durant la campagne électorale. Plutôt que de passer 1 semaine à ne parler que d’immigration et du test des valeurs de la CAQ, il me semble que la population serait beaucoup mieux éclairée en apprenant à quel point le gouvernement sortant gère l’état comme des amateurs…

Monsieur Fred, le problème est plus grave encore. Je vous parie ce que vous voulez que si tous les médias parlaient de cet article de M. Kobrynsky, la population serait certes plus éclairée… mais elle n’agirait pas davantage pour sauver l’environnement! Les Québécois ne sont pas verts, voilà la triste réalité. On veut des VUS, des 3e liens, sa résidence à des dizaines de km de son lieu de travail, et j’en passe. Dans notre régime démocratique, il suffirait qu’un million de citoyens descendent dans la rue pour réclamer les mesures environnementales nécessaires, et nos politiciens au pouvoir nous les donneraient. Cessons de toujours voir la poutre dans l’oeil du gouvernement et regardons plutôt par-dessus le mur d’indifférence que nous avons érigé autour de nos vies et de nos sacro-saints droits à la liberté et au confort individuels.

Vous avez parfaitement raison au contraire. Il faut arrêter de
dédouaner le gouvernement libéral de son incompétence. Il est
au pouvoir depuis 15 ans, ´les deux mains sur le volant’, pour
les soi-disant ´vraies affaires’, et il n’a pas pris la peine de
s’assurer que ses propres politiques soient correctement
mis en œuvre par à peu près tous les ministères ?
Que font les libéraux quand ils sont au gouvernement
alors ? Quelle incompétence ! Et contrairement à ce
que M. Pascal affirme concernant le ministère de
l’environnement, le gouvernement doit prendre les
devants en cas de crise, et ne peut justifier son
immobilisme en se disant que la population ne le
pousse pas assez dans le dos pour qu’il prenne ses
responsabilité…

Vous avez entièrement raison.
Lorsque nous avons rencontré la ministre de l’environnement la semaine dernière, elle était outrée que je lui parle du passé. Elle a répondu que le passé était le passé et qu’elle n’était pas là pour parler du passé, et qu’on devait regarder ce que le ministère fait maintenant sous sa gouverne.
Excusez-moi, mais les années de négligence ont fait beaucoup plus de tard que ce qu’elle peut faire maintenant.

moi je préfère que l’on s’occupe de la santé, l’économie, l’éducation, et les années l’imigration, transport et après l’environnement

D’ accord mais pourquoi ont les paient s’ il n’ y a aucun résultats probant?
La sécurité d’ emploie !! Avec fond de pension, congés parentaux,marentaux, congés maladie et vacances !!! Sans compter les échelons d’ années d’ expériences !! Quel gaspille !

Se préoccuper de la santé, c’est se préoccuper de l’environnement.
On n’est pas en santé bien longtemps en bouffant et en respirant des produits toxiques.

Ce que vous écrivez monsieur Michel c’est malheureusement ce que pensent énormément de gens qui n’ont pas encore été personnellement touchées par les changements climatiques. Je crois que les personnes qui, au Québec, au Canada et ailleurs, ont été ou sont touchés par des catastrophes dues aux changements climatiques en auraient long à dire mais ils sont en mode survie, eux. C’est bien dommage qu’il faille avoir le nez dedans pour, peut-être, avoir une vision plus élargie au fait que nous avons de graves problèmes environnementaux grandissants.

Tout le monde est pour la lutte contre les changements climatique et pour protéger l’environnement, mais ne touchez pas à mon »char »! pourrais-je caricaturer. Stéphane Dion fut un des meilleurs politiciens environnementalistes et il ne s’est pas fait élire comme premier ministre avec son projet de pollueur-payeur. Sa loi sur la clarté référendaire ne l’a pas aidé, il a été puni.

Mais pourquoi on continue de payer ces fonctionnaires ? Quand il n’ y a plus d’ objectifs ou que les objectifs ne sont pas atteints; il faut demander des comptes ! Le nouveau sous-ministre Beauchesne n’ a pas de réponses , alors pourquoi il est payer ce bonhomme -là ?

Très belle plume et surtout très instructif je ne comprends pas l’indifférence du ministère sans doute n,a t-il pas l,appui de son gouvernement car généralement chaque ministre désire voir son ministère à l,avant plan de l’ACTUALITÉ et ainsi acc`der à de nouveaux budgets.

Bref continuez à nous informer on va vous suivre

L’environnement ça « coûte » chère et ça ne rapporte pas, même que ça empêche « l’économie ». Quand je travaillais pour le Ministère de l’environnement en 2017, l’information qui circulait entre les inspecteurs était qu’il n’y avait pas de budget… Le dernier gouvernement avait largement sabré dans le budget alloué aux ressouces terrain. À l’époque, environ le tier des bureaux était vide : des postes d’inspecteurs non renouvelés. Je me souviens encore d’un prospère entrepreneur qui était traité « injustement » parce qu’il ne pouvait pas utiliser le terrain d’un ancien site d’enfouissement comme bon lui semblait, comme pour entreposer d’autres déchets et économiser sur les frais d’enfouissement, alors que « tous le monde » (les compétiteurs) faisaient la même chose que lui, mais sans se faire « pogner ». Il n’y avait tellement plus d’inspecteurs que le Ministere de l’environnement servait autant d’outil de vengeance entre compétiteurs, qui se dénoncent entre eux sous la forme de signalements confidentiels, que de police de l’environnement. Les derniers inspecteurs avaient comme consigne de répondre aux plaintes en priorité et, s’il restait du temps, de faire des inspections prévues aux différentes Programmes annuels ou des suivis de contrevenants. Pas de ressouces pour le reste… La Loi sur la protection de l’environnement est pourtant très complète et serait même d’avant-garde comparée à celles d’autres pays développés. Elle n’est que très peu appliquée faute de budget. C’est l’économie qui importe, peu importe le reste pour les gouvernements ET pour les électeurs. On n’a qu’à penser à nos bons concitoyens qui sont persuadés que les cours d’eau sont pollués par l’agriculture alors que leur municipalité a un réseau d’égouts désuet ou que leur fosse septique n’a pas été changée depuis la construction de leur belle maison en campagne (non, la vidange aux deux ans ne garantit pas son étanchéité et non, ce n’est pas normal un champ d’épuration qui se vide dans le fossé). En conclusion, oui le Ministère de l’environnement est un Ministère de pacotille, mais il est à la hauteur de ce pour quoi que le Québec paie.

Pas très surprise, car pour le gouvernement actuel (M. Couillard), ce n’est pas une priorité l’environnement. Il s’occupe des priorité de la classe fortuné et se fout du reste!