Lettre à mon nouveau premier ministre

Mathieu Charlebois a sorti sa plus belle plume pour écrire à François Legault. Il lui parle d’immigration, de Véronique Hivon et de « circulationo-scepticisme ». Et lui raconte sa blague favorite sur les trois sondeurs qui entrent dans un bar. 

Photo : Antoine Bordeleau

Cher Monsieur Legault,

Vous allez bien ? J’imagine que oui. Si je suis content quand je me réveille avec une bonne chanson dans la tête, on doit être vraiment, vraiment heureux quand on se réveille premier ministre pour la première fois.

Quel lundi on a vécu, quand même…

La renégociation de l’ALENA.

Shea Weber qui devient chef sans même avoir mis sa face sur une pancarte.

Le décès du grand Charles Aznavour, et Philippe Couillard qui termine sa journée en chantant « Hier encore, j’avais un gouvernement, je traversais le temps… »

Le Parti libéral aura donc été la première entreprise en faillite qu’Alexandre Taillefer n’aura pas réussi à sauver. Avec moins de 25 % des Québécois derrière lui, le PLQ est à un plancher historique si bas qu’il a des airs de sous-sol pas fini.

Pour emprunter le vocabulaire de Philippe Couillard, ses résultats électoraux connaissent une période de « rigueur ». Il paraît même que dans l’ouest de l’île de Montréal, on a recensé plus d’une dizaine d’anglophones qui n’ont pas voté pour les libéraux.

Gertrude Bourdon, grande magasineuse devant l’Éternel, doit être en train de se renseigner sur la politique d’échange de ce qu’elle a décidé d’acheter. Elle qui voulait marquer l’histoire, l’étrange madame qui dansait au rassemblement de la CAQ aura réussi à lui voler la vedette. D’ailleurs, c’est une amie à vous, Monsieur Legault ?

Comme elle, vous devez trépigner d’impatience de voir Gaétan Barrette vous talonner sur les dysfonctions du ministère de la Santé. On l’imagine insinuer que c’est votre faute si un homme a attendu 55 heures à l’urgence, et je pense que même l’homme en question sourit un peu.

Pour quelques semaines, voire quelques mois, vous pourrez légitimement commencer toutes vos réponses par « Le gouvernement libéral avant nous… » N’en abusez pas ! Ce serait triste que « la réforme Barrette » devienne pour vous ce que « les infirmières à la retraite sous Lucien Bouchard » était devenu pour les libéraux.

Pendant que les libéraux goûtaient pour une première fois depuis longtemps à la défaite, le PQ, lui, déboulait son 65e escalier en 10 ans. Si j’étais Manon Massé, j’aurais de la difficulté à me retenir d’appeler Jean-François Lisée pour lui demander « Qui est le chef du Parti québécois ? »

Véronique Hivon, survivante du naufrage, sera-t-elle la nouvelle capitaine de cette barque avec deux pieds d’eau dedans ? Il serait temps que les femmes en politique (et ailleurs) cessent d’hériter des désastres des autres. D’autant que Madame Hivon a probablement amassé une frustrante collection de « Je vous l’avais bien dit » dans les dernières semaines.

Reste Québec solidaire, qui célébrait comme vous auriez célébré à la CAQ s’il y avait eu moins d’économistes et de comptables à votre party.

Les solidaires n’ont pas la réputation d’être forts avec les chiffres, mais dans leur euphorie d’avoir 10 députés, on dirait qu’ils avaient oublié qu’il y avait 106 députés pas particulièrement à gauche en face d’eux.

Cent six, dont 74 sont à vous, Monsieur Legault. Soixante-quatorze ! On parle ici d’une majorité majoritaire majeure. Qui avait prévu tout ça ? Pas grand monde.

Vous connaissez la blague des trois sondeurs qui entrent dans un bar ? Finalement, ils étaient quatre et ce n’était pas un bar, c’était un magasin de souliers.

Certains diront que le Québec vient d’élire son Ford. Ou même son Trump. Faut pas charrier.

Ces deux crapets sont ce qu’ils sont parce qu’ils ont oublié comment ressentir la gêne et la honte. On ne peut jamais les faire changer d’idée parce qu’ils n’ont aucune boussole morale autre que leur certitude d’avoir toujours raison, même quand la réalité au complet leur montre le contraire.

Mais vous, Monsieur Legault, semblez encore capable d’être embêté par une bourde. On peut encore vous regarder croche après une déclaration débile et vous faire ressentir de la gêne. Sinon, pourquoi auriez-vous changé autant de fois de version quant aux conséquences de vos tests pour nouveaux arrivants ?

D’ailleurs, puisqu’on parle de ça…

Mettons quelque chose au clair : je ne suis pas un imbécile. Vous demanderez à ma mère si vous ne me croyez pas. Ce qui est bien, c’est que vous n’êtes pas un imbécile non plus. Je vais le dire sans même le confirmer avec votre mère, comme preuve de ma bonne foi.

Maintenant que c’est établi, peut-on agir en conséquence ?

Quand vous affirmez « Il n’est pas question d’expulser une personne [qui ne passerait pas les tests]. On dit qu’on ne va pas les accepter », mon nez se met à saigner. Même le pire épisode de XOXO me prend moins pour un imbécile que cette explication.

Pareil quand vous déclarez « Je ne suis pas d’accord avec ces études », alors qu’on vous parle de circulation automobile. Quelles études ? Simplement… TOUTES les études sur l’accroissement de la capacité des routes, qui mène invariablement à une augmentation du nombre total de voitures. On ajoute des routes, on ajoute des autos.

Je connaissais déjà les climatosceptiques (vous n’en êtes pas un, n’est-ce pas ?), mais vous êtes le premier « circulationo-sceptique » que je croise.

Vous croyez vraiment que votre instinct et les observations à cinq cennes que vous vous êtes faites en étant pris dans le trafic ont plus de valeur que ce que des scientifiques étudient depuis des années partout dans le monde ?

Allons ! Je pensais qu’on avait établi plus haut que vous n’étiez pas un imbécile. Ne me faites pas mentir, Monsieur Legault.

Tout au long de la campagne, vos réponses sur les questions environnementales se limitaient souvent à rappeler que vous avez déjà écrit un livre à propos du Saint-Laurent. Tant qu’à être aussi bien parti, vous auriez pu ajouter que votre livre a été imprimé sur du papier recyclé.

Maintenant que vous êtes premier ministre, vous feriez mieux de penser à des solutions pour la crise environnementale que nous vivons. Autrement, les enfants que vous allez placer en maternelle quatre ans vont vous en vouloir dans quelques années.

Et finalement, j’aimerais prendre quelques instants pour vous parler de la réforme du mode de scrutin.

En gros, ben… FAITES-LA !

Vous ne pouvez pas passer une décennie à vous plaindre de l’alternance entre les vieux partis sans changer ce qui leur permettait d’alterner. Ce serait tellement « vieux parti » de votre part.

Vous et moi, nous ne sommes pas de grands amis. (Sauf sur Twitter, où nous sommes maintenant BFF.) Vos idées et vos idéaux ne sont pas souvent les miens. Mais si vous parlez à mon intelligence et à celle de tous les Québécois, vous trouverez mes chroniques ici moins acides.

Et si vous réformez vraiment le mode de scrutin, je promets de vous donner mon premier vote proportionnel.

Allez ! Bonne chance à vous (et donc à nous) dans votre nouveau poste.

Amicalement, mais pas trop, parce que mon travail est quand même de vous surveiller,

Mathieu

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34 commentaires
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Mathieu Charlebois s’adresse ici au nouveau PM Legault, et par la même occasion s’adresse aussi à tous les chefs des autres partis. Et, ma foi, il est d’une franchise qui me plaît. Et vous ?

un autre qui pousse pour modifier le mode de scrutin. J’espere que nous allons avoir notre mots a dire. Moi changer pour que tout les petits groupuscules aille le droit au chapitre je suis contre. Moi le mode de scrutin me conviens tres bien, on viens de se debarraser des Liberaux comme ont c’etait debarasser de Harper.

M.Charlebois, la réforme du vote n’ est pas du tout une priorité pour les québecois! Il y a beaucoup à faire pour améliorer notre bien-être financier que de commencer à faire du bla bla avec la réforme du scrutin! Vous l, avez dit vous même il y a 19 députés à gauche et à l’ extrême gauche et il ferait n’ importe quoi pour augmenter leur nombre de députés sans avoir été élu!
Pour ce qui est de Taillefer il devra encore demander des subventions au gouvernement caquiste pour s’ acheter des députés libéraux!

J’ai une priorité à vous proposer: améliorer votre français au risque de vous faire expulser. Sans blague, le mode de scrutin est une promesse et il me semble que le gouvernement de M legault sera capable de travailler sur plusieurs dossiers de front. Faites-lui confiance.

Ben oui, la démocratie c’est pas grave pourvu qu’on ait du pain et des jeux n’est-ce pas? Alors le mode de scrutin peut bien aller paître pendant que les politiciens qui obtiennent une fausse majorité peuvent jouer aux petits dictateurs…

Vous avez droit à votre opinion. Mai je ne suis pas du tout en accord avec vos commentaires. Le partage semble vous faire peur.

Je vous rappelle que M. Legault s’est angagé par écris à modifier le mode de scrutin. Il faudrait bien qu’il respecte sa signature.

1000 fois d’accord sur le don d’un vote juste pour changer le mode de scrutin, j’aurais fait la même chose pour Justin Bieber… eeee je voulais dire Trudeau

pour l’environnement, c’est déjà un gros morceau que de faire augmenter moins la population, l’activité humaine étant la première source de pollution, mais comme Justin Trudeau a abaissé la barre assez bas, la CAQ pourra pas vraiment faire pire, quoiqu’ils pourraient peut-être acheter la voie ferrée de megantic et faire paseset 1 fois plus de train, par exemple…

depuis que Trudeau ezt en politique ce sera facile pour les autres de faire mieux, Trudeau est déjà en train de préparer sa campagne en prédisant un campagne négative, pas difficile à prédire du négatif quand on a reussi aussi peu de chose en un mandat avec comme objectif économique de faire des déficits…

moi je crois que la CAQ a pas à faire grand chose pour épater….

Citation : « Le Parti libéral aura donc été la première entreprise en faillite qu’Alexandre Taillefer n’aura pas réussi à sauver. » [Sic] — Est-ce que d’après-vous la pérennité de L’actualité ou encore quelques « jobs » soient « maintenant » assurés ?

Taillefert a clairement indiqué qu ‘ il voulait être premier ministre un jour! Ça sent la course au leadership du parti libéral pour lui ! J’ ai hâte de voir comment la vieille garde libérale va faire avec sa candidature ! Chose certaine , il n’ a pas encore fait assez de temps et devra convaincre un pan de partisans de la base sans compter qu’il y a de bons candidats en lice!!

Dans le même sens que le domaine corporatif, il faudrait rentrer des bonis aux résultats pour le premier ministre et les député. 100 000$ pour le mode de scrutin, 100 000$ par super clinique.

La réforme du mode de scrutin est très loin à l’arrière dans les priorités des Québécois.

Quand c’est rendu que Patrick Lagacé, un gauchisto-platoïste notoire se pose (enfin!) de sérieuses questions au sujet de la proportionnelle, c’est tout dire. Par exemple, il se demande quelle place occuperaient des groupes de pression extrémistes (La Meute?) dans ce genre de patente à gosse. Il se demande même si René Lévesque aurait pu passer sa loi 101 telle qu’elle est dans un tel contexte.

Personnellement, je préfère conserver le système actuel qui nous apporte une stabilité incomparable et qui force les nouveaux partis à faire leurs preuves avant d’imposer leurs choix à toute une population. Avec le temps et si leurs idées conviennent à une majorité, ils ont accès au pouvoir. Après tout, le PQ et la CAQ ont réussi non?

Avec un tel système, aussi imparfait soit-il, le Canada est devenu un des pays les plus admirés et les plus enviés de la planète…

D’ autant plus que QS se dise dès maintenant : » La vraie opposition « ; il faut vraiment être culotté pour s’ attaquer à 31 députés libéraux qui ne sont pas nés de la dernière pluie !

@ beauly02,

Il est vrai qu’il y a quelques recomptages en vue, je suppose que dans votre décompte, vous avez réduit le caucus à 31 au lieu de 32 parce que monsieur Couillard a démissionné. La vraie opposition c’est en dehors de l’Assemblé nationale qu’elle se trouve. Le milieu des affaires n’aime pas le style de Legault. Les investissements pourraient très bientôt s’en ressentir.

Tout cela risque de coûter un bras à toute la population, à vous et à moi aussi, soit dit en passant.

@ beauly02:

Je crois que QS est sur un nuage et qu’ils prennent leurs rêves pour de la réalité. Ça leur passera…

Maintenant qu’ils sont plus nombreux, ils seront aussi plus souvent sous les projecteurs et ils auront ainsi à répondre de façon plus responsable de leur programme bolchevique. Je serais très surpris de les voir améliorer leur score dans 4 ans, les journalistes (du moins ceux qui sont encore neutres) étant maintenant plus sensibilisés aux incongruités de leur utopie.

La CAQ a eu un excellent score et les attentes sont très élevées. Peut-être même trop élevées. On verra comme le disait si souvent leur chef.

Personnellement, j’aurais préféré de loin que les Libéraux demeurent au pouvoir mais le peuple a parlé. Au moins, nous n’aurons pas à nous taper 4 ans de communisme.

@ François1,

Vous vous contentez manifestement de peu. Quatre ans d’intolérance vous trouvez que c’est mieux ?

@ Serge Drouginsky:

Je dois me contenter de ce que la loi me donne et je ne vais quand même pas m’ouvrir les veines sur les marches de l’hôtel de ville seulement parce que j’ai perdu, d’une certaine façon, mes élections.

L’intolérance envers l’étranger qui semble se dessiner sous la CAQ me rebute tout autant que vous, mais ils ont été démocratiquement élus et nous ne pouvons rien n’y faire si ce n’est que d’ajouter nos voix aux protestations, surtout venant de la gauche, qui ne manqueront pas de se manifester.

Imaginez… Hurler avec QS…

@ François 1,
Vos commentaires du 7 octobre 2018, 11 h 27 min :

En vertu de la loi électorale, vous avez raison, c’est la CAQ qui a remporté cette élection. Cependant, vous conviendrez avec moi que c’est seulement 1 électeur sur 4 qui a effectivement voté pour la CAQ (Suffrages exprimés pondérés par le pourcentage élevé d’abstentions : 1 électeur/3).

Je suis tout de même un peu déçu que vous preniez les choses avec autant de frivolité.

Nous avons toujours la liberté d’unir nos voix pour exprimer notre opposition. N’oubliez pas tout de même qu’au Canada, c’est le peuple qui est souverain, ainsi la voix du peuple lorsqu’elle est légitime, prime toujours sur quelque Parlement que ce soit.

Québec comme province du Canada n’a pas tous les droits. Si l’on brise les lois, nous avons toujours le pouvoir de nous tourner vers Ottawa.

La proportionnelle, pourquoi pas? D’ailleurs, trois partis politiques provinciaux sur quatre au Québec – pour lesquels une majorité de Québécois ont voté au total – sont favorables à cette idée. Il convient d’en débattre et d’exposer à l’électorat québécois les tenants et aboutissants de cette réforme.

Ce qui j’aime dans la proportionnelle, c’est que chaque vote est important. Actuellement, les électeurs d’un parti qui habitent une circonscription dite « château fort » d’un autre parti se trouvent systématiquement lésés : dans les faits, d’une élection à l’autre, leur vote ne compte tout simplement pas. On peut certainement y percevoir l’une des causes de l’abstentionnisme, ce mal qui occasionne de plus en plus une participation anémique aux élections au fil du temps. Si chaque électeur était conscient que son vote pouvait véritablement changer le cours des choses, il aurait alors davantage tendance à aller voter et, somme toute, la démocratie s’en porterait mieux.

Reste à voir maintenant si la CAQ aura le courage de se pencher sur ce dossier. Moi, je le souhaite.

Plus vous multipliez les options et plus vous avez de chances que les gouvernements soient paralysés ou que leurs décisions soient tellement édulcorées qu’elle ne veulent plus rien dire. L’Italie est un parfait exemple de ce que j’avance ici. Ils ont une moyenne d’un gouvernement par année depuis la dernière guerre et ils ne sont pas exactement un exemple de probité. La corruption y est rampante et fait clairement partie du modus operandi du gouvernement. De plus, je vous souhaite bonne chance pour expliquer de façon à ce qu’il comprenne, à un peuple qui possède presque 50% d’illettrés fonctionnels, les subtilités de la proportionnelle mixte etc…

Ça prend un référendum!

@ François 1, si les tenants et aboutissants des systèmes susmentionnés sont exposés clairement, je ne vois pas pourquoi la population québécoise ne saisirait pas de quoi il retourne. Quoi que vous en pensiez, les Québécois ne sont pas plus cons que les autres : la démocratie s’exerce depuis plusieurs siècles au Québec et l’électorat peut très bien (moyennant des explications claires) comprendre les enjeux s’y rapportant. Le cas de l’Italie, que vous évoquez fréquemment, ne saurait être strictement attribuable à la proportionnelle : d’autres maux, sur lesquels je n’épiloguerai pas ici, rongent le système démocratique de ce pays. D’autres pays ont adopté la proportionnelle (p. ex., Pays-Bas; Danemark; Suède; Norvège; Suisse) et, ma foi, ils ne s’en portent pas plus mal. La proportionnelle, ça vaut la peine!

@ Yann:

Les Québécois comprennent le système actuel parce qu’ils l’ont utilisé depuis les 150 dernières années. Je ne veux pas paraître bêcheur ou vaniteux mais nous faisons affaire ici avec une population qui compte près de 45% d’analphabètes fonctionnels (ils ne comprennent pas des instructions simples!!!) et vous voulez leur faire comprendre clairement comment une proportionnelle mixte fonctionnerait? Good luck. Au dernier référendum, près du quart de ceux qui ont voté « oui » croyaient que nous demeurerions dans le Canada… Imaginez!

Le système actuel a fait du Canada (et du Québec) l’un des endroits les plus enviés et les plus admirés de la planète et vous voudriez changer cette combinaison gagnante pour une chose informe et complexe qui paralyserait en grande partie les gouvernements et qui laisserait une place disproportionnée aux partis extrémistes et enragés? NON merci.

Le système actuel a permis au PQ et à la CAQ de prendre le pouvoir MAIS ils ont dû faire leur apprentissage et leurs preuves avant et c’est parfaitement bien ainsi.

La stabilité que nous procure notre système électoral est un gage de calme et de justice sociale.

@ François 1
Merci de prendre le temps de me répondre. Cela dit, le système actuel n’empêche aucunement l’abstentionnisme de progresser, à un point tel que les partis politiques prennent le pouvoir en récoltant un pourcentage de votes qui s’amoindrit considérablement d’une élection à l’autre. C’en est ridicule! Au bout du compte, c’est une minorité d’électeurs en rétrécissement perpétuel qui finit par régner à cause d’un système politique qui pervertit la majorité de sièges obtenus. De quoi décourager le plus vaillant des électeurs, quelle que soit son allégeance politique.

Il s’agit là d’un problème à régler au plus sacrant. Il y va de la vitalité et de la pertinence de nos institutions et pratiques démocratiques. Pour revitaliser l’exercice de la démocratie et faire en sorte que chaque vote puisse véritablement compter, vivement la proportionnelle! La CAQ, le PQ et Québec Solidaire ont inscrit cette promesse à leur programme électoral respectif. La CAQ n’a donc pas d’excuses pour ne pas y donner suite : elle est majoritaire et peut bénéficier de l’appui du PQ et de Québec Solitaire à ce chapitre. Qu’elle fasse preuve de courage; je lui en saurai gré longtemps!

Je suis persuadé, d’une part, que l’électorat saura comprendre ce qu’il retourne de cet exercice si on prend le temps de lui expliquer et, d’autre part, que de nombreux abstentionnistes (tous ne sont pas des fanatiques enragés, n’ayez crainte) se remettront à voter, confiants de voir leur vote compter véritablement. Si le Canada et le Québec font l’envie de la planète, c’est aussi parce que l’innovation et le progrès y trouvent un terrain fertile. À ce chapitre, il serait dommage de rater cette belle occasion de revigorer l’exercice de la démocratie dans notre pays.

Hier, deux énoncés tout différents émanant de la CAQ. L’un disant que le Québec allait/serait «changé» [sic] au point de n’être plus du tout le même Québec dans quatre ans; l’autre, (plus ecclésiaste), opinant qu’il n’«y a rien de nouveau sous le soleil!» — (implicite/sous-entendu qu’il ne devrait rien y avoir non plus de changeant ou changé au pays du Québec ou à – (ou par?) – la CAQ).

‘Chanceux’, vous, que ce soit votre premier ministre. Moi, pas. Et peut-être, voire probablement, jamais ne sera-t-il tel pour moi.

Je ne saurais en effet reconnaître comme PM mien qqn que je verrais davantage derrière les barreaux qu’à la barre de l’État. Un voyou, quoi. Voyou!?

Ben, voyez-vous, sous peu — (c’est peut-être déjà commencé) —, on passera au crible d’enquêtes/investigations de police ‘fines’ et ‘serrées’ les histoires de vie des sélectionnés pour accéder au conseil des ministres. Or, nul besoin d’avoir complété telle revue générale pour savoir déjà qu’il ne saurait guère y avoir pire, parmi tous ces «scrutés»/«examinés» à la loupe (pour vérifier s’il y en a qui auraient trempé en quelque affaire louche ou ‘pas ben ben catholique’), que le PM désigné même.

Celui-ci est maintenant le seul, non seulement au gouvernement mais en toute l’Assemblée, à avoir activement et délibérément pris part au pire coup pendable de celle-ci de toute son histoire, par l’incroyable pour ne pas dire épouvantable aussi injuste qu’indigne exécution parlementaire «gratuite» à l’aveugle d’un non-parlementaire à laquelle ils se sont tous et toutes adonnés comme en meute grégaire le 14 décembre 2000.

Qui plus est, comme si ce n’était assez, alors que l’immense majorité des péquistes ont manifesté personnellement à l’exécuté parlementaire leurs regrets et repentance subséquemment pour avoir agi si (ser)vilement, incongrument et inéquitablement; F.L., lui, n’en a rien fait.

Voilà pourquoi ce ne sont pas que ses circonvolutions/contorsions à propos de nouveaux arrivants qu’on «retournerait» « back», — que vous évoquez ci-dessus —, qui le disqualifient comme PM, poste/fonction inoccupable sans avoir les vertus minimales d’Honnête Homme. C’est, bien avant et bien davantage, ce fait de s’être montré indigne tant a priori qu’a posteriori d’occuper tel poste/fonction.

Car c’est une chose de n’avoir pas la tête à Papineau. C’en est une autre, tout autre, de n’avoir rien d’autre… C’est-à-dire? C’est-à-dire que, que ce soit par manque d’intelligence, de bon sens, d’entendement, de clairvoyance, de sens moral ou éthique, de capacité/volonté/disposition à reconnaître avoir erré le cas échéant et être disposé à s’en excuser et à ‘réparer’; de bonne foi!, quoi, en un mot; peu importe le ou les motifs/«raisons» ou déraisons; rien, absolument rien ne justifie a posteriori d’avoir agi comme il l’a été il y a dix-huit ans à l’ANQ par F.L. et al. De même que rien ne justifie aujourd’hui non plus, encore moins, d’omettre à nouveau de faire «rappeler» (révoquer), librement, cette indue «condamnation». C’est là la toute première chose qui eut dû être mise sur la table, afin de restaurer confiance en l’institution, que celle-ci se récuse, comme institution, de ses inacceptables agissements passés. Motion qui eût d’ailleurs dû émaner de ce nouveau PM. Qui ne le sera jamais pour moi tant qu’il n’aura pas daigné le faire. Parce qu’ayant trop bien démontré ainsi par le passé, et persévérant à le faire encore, n’être résolument pas fiable, n’être pas qqn en qui on puisse avoir confiance.

Besoin d’autre exemple? Eh bien, la démangeaison/tentation de retourner back de nouveaux arrivants lui semblant maintenant un tantinet trop compliquée…, là, maintenant, n’aura-t-il pas trouvé d’autres ‘sujets’ à renvoyer éventuellement chez elles — des enseignantes indûment voilées. «Brillant», n’est-ce pas? Incommensurablement! Bref, je vous le ‘laisse’.

Pour les internautes qui ne seraient pas au courant, Denis Beaulée fait référence à « L’affaire Michaud » aucours de laquelle Yves Michaud fut blâmé par l’Assemblée nationale pour ses propos à l’égard des communautés ethniques et des juifs tout spécifiquement.

Ce blâme était complètement injustifié car Yves Michaud est un homme érudit et intelligent. Plusieurs personnalités se sont excusées par la suite, Pauline Marois et Bernard Landry notamment… mais jamais Legault.

Rectificatif/’amendement’…

Je croyais que l’actuel premier ministre serait le seul, encore ou à nouveau au parlement, à avoir participé à la «chose» du 14 décembre 2000. Or, je viens de constater qu’il y en a un autre : J.-F. Simard. (Mes «excuses»).

Des ambitions hâtives de la CAQ ont de bonnes chances de fouerrer. Cela en raison notamment d’un chef pas suffisamment fort. Pas assez fort en tête et personnalité.

Pour ‘performer’, en effet, eu égard aux dossiers litigieux ou sujets à controverse, les partis politiques, et plus encore lorsqu’au gouvernement, requièrent d’avoir qqn fort à leur tête ou en charge du dossier concerné.

Un Lucien Bouchard, un P.E.T. pouvaient venir à bout de situations ultra-corsées grâce au fait qu’ils étaient à la fois ‘fins’/malins et forts en tête et en personnalité. Ce qui n’est pas le cas du nouveau PM/Q, genre Père Laloge. Qui n’a pas tout ce qu’il faut pour passer à travers de complexes problématiques requérant force ou doigté ou les deux.

Par rapport à la saga des signes religieux, par exemple, dont on est loin, infiniment, de la sortie, considérant que ç’a été si mal reparti, ça pourra difficilement faire autrement que fouerrer à nouveau.

Du côté enseignant, en effet, il suffira qu’une couple d’instances représentatives dynamiques se rebiffent et fassent faire de même aux leurs; ou qu’advienne le cas d’UNE enseignante voilée, appréciée, sans problème aucun, refusant net d’être affectée à quoi que ce soit d’autre, pour que ç’achoppe en cette aire – le ‘plan’ caquiste que l’on sait.

On voit mal, d’ailleurs, comment/pourquoi pourrait tout à coup s’effectuer un virage aussi inintelligible que d’avoir laissé des personnes (être) formées avec la perspective d’accéder sans problème au marché du travail correspondant tout en affichant des signes religieux, pour ensuite leur fermer platement et brutalement la porte à cet égard ou, pis, les renvoyer après-coup.

Bref, si l’on ne veut avoir à adopter une clause grand-père élargie à l’extrême, il faudra commencer à agir tôt pour être équitable et cohérent. Pour n’en donner qu’un exemple concret, cette année même la mairesse de Montréal s’est montrée non seulement non réfractaire mais intéressée/souriante à ce qu’il y ait des membres du SPVM porteurs de ces signes que justement le gouvernement de la CAQ ne voudrait pas voir chez eux; pendant que leur dg intérimaire (aussi ex-dg et prochain dg de la SQ), lui, a semblé n’avoir émis aucun avis ou directive ni opinion à cet égard. Si bien qu’ainsi ne sait-on résolument pas où l’on s’en va. Si eux-mêmes, elle-même, lui-même l’ignorent. On parle de respect? Eh bien, le respect, ça devra commencer par dire au monde, à tout le monde, assez tôt, à quoi on doit s’attendre et devra faire ou pas faire. Pas dix, quinze ans trop tard.

Bonjour à vous,
L’expression circulationo-sceptique m’était inconnue avant de lire le présent article. Bien que difficile à prononcer sans trébucher, c’est un terme utile qui je crois deviendra rapidement très populaire.
Vous avez accompli un bel exercice de créativité.
Merci.